Ce que le bac est devenu...

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13 Juil 2016 20:24 - 28 Juil 2016 16:22 #16860 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Ce que le bac est devenu...
Dans "Le Monde" du 13/07/16 : "Le bac 2016 détient aussi le record de mentions"



A signaler : un nouveau mode de calcul du MEN depuis 2015. Le pourcentage n'est plus "des admis", mais "des candidats". Une petite astuce comptable qui permet de minorer efficacement la proportion de mentions.

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20 Juil 2016 11:02 - 20 Juil 2016 11:05 #16875 par Loys

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28 Juil 2016 16:05 - 28 Juil 2016 16:38 #16890 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Ce que le bac est devenu...

Non, aujourd’hui, « en France, tout le monde n’a pas son bac »

Formule hyperbolique : mais jamais on n'a été si près de cette réalité, en proportion d'une génération ou en taux de réussite (87,8% toutes filières confondues et 91,6% en série générale, record en 2016), ce que Nathalie Mons se garde bien de rappeler.

Faut-il brûler le sacro-saint baccalauréat, jugé par ses détracteurs comme trop cher, trop complexe à organiser pour les établissements scolaires, trop stressant pour les élèves ?
Chaque année les débats renaissent autour de ce monument historique de notre éducation très nationale. Pour dépasser nombre d’idées reçues sur le bac, penchons-nous sur quelques comparaisons internationales et certains constats d’enquêtes statistiques et de recherche.
Premier constat, au vu des comparaisons internationales : le bac n’est pas une spécificité française. Aujourd’hui, dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), une très grande majorité des systèmes éducatifs pratiquent un examen national externe à la fin du second cycle du secondaire pour certifier le niveau des élèves qui quittent le système scolaire.

Reste à savoir si ces examens connaissent la même évolution merveilleuse qu'en France.

Mieux, ce modèle du bac français – des sujets d’examen et des corrections indépendants de l’établissement – s’est développé dans l’OCDE depuis quinze ans. Au milieu des années 1990, la très grande majorité des pays laissaient aux écoles la possibilité de délivrer un titre certificatif maison uniquement fondé sur le contrôle continu en cours d’année par les enseignants. Désormais, le modèle français du bac est devenu dominant dans l’OCDE.

Curieusement, dans le même temps, le bac français s'est de plus en plus transformé en contrôle continu ou examen local...

De multiples facteurs convergent pour expliquer cette généralisation des examens externes en fin de secondaire. Leur intérêt principal est de permettre une évaluation des acquisitions réelles des élèves qui soit, de plus, harmonisée au niveau national. Dans un contexte de démocratisation de l’enseignement scolaire et du supérieur, de mobilités croissantes nationales et internationales des jeunes et face à un développement économique qui requiert des ressources humaines de plus en plus qualifiées, les exigences sociales des universités, des entreprises et des parents de plus en plus éduqués se sont conjuguées pour à la fois mieux connaître et certifier les compétences des élèves.
La recherche a montré que ces examens standardisés ont des effets bénéfiques sur le niveau général des apprentissages des élèves et surtout diminuent les inégalités sociales à l’école significativement.

Qui en doutait ?

Par quel processus ? Obligés de faire passer un examen national à leurs élèves, les enseignants des lycées les moins favorisés socialement s’adaptent aux exigences et au niveau national.
Mais, pour atteindre ces effets vertueux, les examens doivent être organisés autour d’un champ large de disciplines et d’objectifs pédagogiques pour éviter que les enseignements se transforment en entraînements répétitifs aux tests sans valeur ajoutée pédagogique. Le bac à la française rentre bien dans ce modèle d’examen riche par ses matières et la variété des épreuves passées (dissertations, travaux pratiques, oraux, etc.).

Il faut donc revenir sur cet aspect au plus vite ! :doc:

Des options à revoir
Faut-il pour autant garder en l’état ce monument français ? Certainement pas. Mais ce qui doit être changé réellement est peu souvent pointé du doigt.
Le coût du bac est régulièrement dénoncé, la solution souvent avancée serait de limiter l’évaluation drastiquement à trois ou quatre matières obligatoires, les autres disciplines étant passées en contrôle continu. Cette formule « reader digest » du bac ferait cependant perdre à l’examen sa vertu première – réduire les inégalités scolaires –, la référence à des objectifs nationaux disparaissant pour de nombreuses matières.

A transmettre au MEN qui a ce projet en tête.

Si rénovation du bac il doit y avoir, il s’agit plutôt de réviser le choix de matières optionnelles et de leur redonner un régime de notation moins avantageux. Pour les baccalauréats généraux, la première des deux options facultatives possibles au bac (épreuves facultatives de sport, arts, etc.) pèse autant que l’épreuve de français écrite dans les séries S et ES.

C'est peut-être parce que l'épreuve de français ne pèse pas beaucoup...
On ne comprend pas en quoi les options, qui occasionnent un travail important pour les élèves les choisissant, constitueraient un problème pour l'examen national... :shock:

Aussi, en 2013, attirés par la perspective de points supplémentaires, et des mentions qui peuvent en découler, la moitié des candidats au bac ont présenté au moins une option, un phénomène qui alourdit considérablement l’organisation et le coût du bac.

Comme on l'a vu plus haut, ce chiffre est tout à fait inexact. Et on ne voit pas en quoi le passage des options alourdit "considérablement" l'organisation et le coût du bac.
Haro sur les options...

Deuxième réflexion à mener : le bac doit être démocratisé. Une exigence en contradiction avec l’affirmation fausse selon laquelle « aujourd’hui tout le monde a son bac ».

Pourquoi cette nécessité ("doit être démocratisé") ?

Malheureusement ni les comparaisons internationales, ni les statistiques nationales analysées de façon pointue ne révèlent ce phénomène.

Pratiquement quatre élèves sur cinq d'une génération, un record dans l'histoire de la République...

Inégalités
La France est tout d’abord à la traîne des pays de l’OCDE quant à la « diplomation » de fin de secondaire. En moyenne dans l’OCDE, 85 % d’une cohorte de jeunes est diplômée du secondaire supérieur, alors que la France n’a jamais atteint la barre politique symbolique des 80 %.

Il n'y a pas que la diplomation du secondaire supérieur. Selon Eurostat :

Selon RSE 2015 (A1.2A), en 2014, 85% des 15-24 ans sont titulaires d'un diplôme égal ou supérieur au deuxième cycle du secondaire en France. En quoi la France est-elle "à la traîne de l'OCDE" (moyenne de l'OCDE : 83%) ? :shock:

Le Danemark, la Suisse, la Finlande, l’Irlande ou encore la Nouvelle-Zélande dépassent même le seuil de 90 % de diplômés notamment grâce à des écoles de la seconde chance qui permettent à des jeunes sortis du système scolaire précocement d’accéder au diplôme. En France, tout le monde n’a donc pas son bac, et rares sont ceux exclus précocement du système scolaire à qui l’institution offre une seconde chance.

Visiblement, le CAP et le BEP ne sont pas des chances pour Nathalie Mons...

Par ailleurs, l’analyse précise des résultats des trois voies du baccalauréat (générale, technologique et professionnelle) montre que, certes, la « diplomation » au niveau du bac s’est bien développée depuis les années 1990, mais que l’expansion des diplômés a concerné depuis vingt ans surtout les bacheliers professionnels. Le public du bac général s’est peu ouvert.

"peu ouvert" ? Le nombre de bacheliers généraux a juste doublé depuis 1980 (327.000 en 2016 contre 160.000 en 1980) et la proportion d'une génération franchi la barre des 40%. :santa:

A des inégalités verticales (certains élèves ont le bac et d’autres non) se sont substituées, dans le cadre d’une démocratisation ségrégative, des inégalités horizontales (tous les élèves n’ont pas le même bac). Car les trois bacs ont des valeurs différentes et procurent des destins sociaux forts divergents.

Surtout depuis que le bac professionnel n'est plus qualifiant...

Les bacheliers professionnels peinent à pénétrer et surtout à réussir dans l’enseignement supérieur, même dans le technique.

Ce n'est pas la vocation du bac professionnel...

De plus, singularité très française comparativement aux autres pays de l’OCDE, ils ne s’insèrent en moyenne pas mieux que les bacheliers généraux sur le marché du travail.

A obtention égale du seul bac, certains bacheliers professionnels (passant un bac pro véritablement qualifiant) sont plus avantagés que les bacheliers technologiques ou généraux...

Au total, le cloisonnement en trois voies distinctes très étanches – une autre singularité française – doit être analysé, le bac général réellement démocratisé, et les bacs professionnels considérablement rénovés, pour mener à l’emploi ou offrir de réelles perspectives de réussite dans le supérieur.

Les "voies distinctes" et "très étanches", une "singularité française" ? :shock:
Pourquoi Nathalie Mons ne rappelle-t-elle jamais le fonctionnement de l'école allemande, par exemple ?

Des formules de secondes chances doivent être offertes aux jeunes adultes.

Comprendre que seul un bac général est une "chance"...

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28 Juil 2016 20:53 #16892 par LeCancre
Réponse de LeCancre sur le sujet Ce que le bac est devenu...
-nb: je venais à l'origine pour me désinscrire du sujet et puis finalement non :D -
On a peut-être déjà répondu à cette question mais je vais quand même la poser parce que j'ai pas trouvé la réponse:
A quoi sert le bac aujourd'hui? (par rapport à il y a 20ans, 30ans par exemple)
- Bon: aller en fac, on sait qu'on peut obtenir une équivalence.
- Trouver du travail, aucun rapport: moi qui ait bouffé du RSA malgré une maîtrise (un Master2 d'aujourd'hui) scientifique (mais pas dans une filière qui recrutait beaucoup), j'en sais quelque chose. La fac étant devenue l' "entonnoir" dans laquelle tous ceux qui n'ont pas été pris en médecine, en prépa ou en IUT, etc., vont. Mieux vaut souvent un diplôme de plombier qu'une licence.
- A acquérir un certain niveau de culture générale? C'est à mon avis l'intérêt principal aujourd'hui... (nb: pas "culture" au sens "la sélection de Cannes des 10dernières années", mais culture au sens "un bagage général pour comprendre l'histoire, la géographie, les lettres, les sciences, l'économie").

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15 Mar 2017 10:07 - 15 Mar 2017 10:08 #18603 par Loys

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02 Avr 2017 23:36 #18699 par Loys

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11 Avr 2017 16:00 #18716 par archeboc
Réponse de archeboc sur le sujet Ce que le bac est devenu...
La Ministre cherche-t-elle à brader le bac?
Prise de position étonnante de la part de cet enseignant de SES qui dans un style sans grâce produit généralement des tonneaux d'eau tiède.


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14 Jui 2017 08:45 #19183 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Ce que le bac est devenu...
Dans le "Café" du 14/06/17 : "Bac : La reforme repoussée à l'après 2018"
Extrait :

"Le bac s'inscrit dans la continuité mais poursuit la modernisation de ses épreuves", a expliqué le 13 juin Florence Robine, directrice générale de l'enseignement scolaire (Dgesco) en présentant la session 2017 du baccalauréat. [...]
Mais le bac 2017 compte quelques nouveautés. La conservation des notes en cas d'échec au bac a été étendue à toutes les séries. Pour le ministère il s'agit de lutter contre les sorties sans diplôme. Cette année voit également se mettre en place la nouvelle organisation de l'épreuve de remplacement de septembre. Un candidat absent pour un bon motif à une épreuve en juin pourra ne repasser que cette épreuve en septembre.
Des réunions de jurys à distance
La modernisation du bac ce sont aussi les épreuves de langues passées par webconférence pour les candidats malades, emprisonnés ou trop éloignés. Le ministère étend aussi la correction des copies à distance et les réunions dématérialisées de jury. Selon F Robine, ce procédé intéresserait d'autres pays.

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17 Jui 2017 18:09 #19211 par Loys

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29 Jui 2017 14:34 - 29 Jui 2017 14:35 #19272 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Ce que le bac est devenu...

A noter que ce tweet a valu à cette journaliste les foudres de deux membres des "Cahiers pédagogiques".
Voir aussi : etudiant.lefigaro.fr/article/la-desolati...7-9597-7bc7fc02e415/

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05 Juil 2017 08:07 - 05 Juil 2017 08:08 #19312 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Ce que le bac est devenu...
Sur "France Culture" du 5/07/17 :

Marie-Caroline Missir dit: Le bac a été démonétisé par APB.


Ce n'était pas le but ?

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12 Juil 2017 14:59 - 13 Juil 2017 08:52 #19362 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Ce que le bac est devenu...
Note de la DEPP n°18 (juillet 2017) : "Le baccalauréat 2017 - Session de juin"
Coup d'arrêt à la progression du taux de réussite et des mentions au bac :
www.lemonde.fr/bac-lycee/article/2017/07...5159196_4401499.html



www.lemonde.fr/campus/article/2017/07/12...5159377_4401467.html


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12 Sep 2017 22:18 #19608 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Ce que le bac est devenu...

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30 Nov 2017 11:56 #20129 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Ce que le bac est devenu...
Même le SNES le dit en 2017 : "Les enseignants jugent le #Bac trop facile à obtenir, en raison des pressions sur la notation et du poids du contrôle local."

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10 Jan 2018 22:18 - 10 Jan 2018 22:19 #20334 par Loys

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10 Juil 2018 19:38 #21166 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Ce que le bac est devenu...
Autre conséquence de la distorsion entre contrôle continu et examen, les élèves qui ne comprennent pas pourquoi, avec des résultats brillants à l'examen, ils ne décrochent pas la place de leur choix dans le supérieur. Un exemple avec cette polémique autour d'une jeune bachelière polynésienne.

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10 Juil 2018 19:39 - 10 Juil 2018 19:42 #21167 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Ce que le bac est devenu...
Heureusement, Pierre Merle nous rassure : il n'y a pas de baisse de niveau... puisqu'on ne peut pas mesurer le niveau !

Voir sur ce fil : www.laviemoderne.net/forum/les-grands-in...o-ou-pas/21168#21168

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13 Juil 2018 09:09 - 13 Juil 2018 12:37 #21172 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Ce que le bac est devenu...

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20 Jui 2019 11:24 - 20 Jui 2019 11:28 #22071 par Loys
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Encore une pétition en 2019, avec déjà plus de 30.000 signataires trois jours après l'épreuve de français : www.change.org/p/l-education-nationale-s...-%C3%AAtre-indulgent

Mais non, ce jour-là, leur travail fut réduit à néant, très peu d'avantagés connaissait ce genre de poème et le reste, cela fut l'inconnu qui était devant leurs yeux.


[ Cliquer pour agrandir ]


Et le témoignage de Laurent Nunez :





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09 Juil 2019 12:00 - 09 Juil 2019 12:54 #22129 par Loys
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Nouvel article sur les mentions avec Claude Lelièvre, avec haro sur les options : www.francetvinfo.fr/bac/infographies-bac...u-avant_3479615.html





Quelques remarques s'imposent :

Le pourcentage de mentions a fortement augmenté en vingt ans.

Comme nous allons le voir, pour la mention "Très bien", on peut parler d'explosion plus que de simple "augmentation"

Plus facile à obtenir ? [...] Souvent dans le viseur, les mentions (assez bien, bien, très bien), qui seraient bien plus faciles à obtenir qu'il y a vingt ans.

Mais l'article s'intéresse au problème des mentions en oubliant quelque peu le problème de l'obtention du bac...

Franceinfo a pu obtenir les données relatives au baccalauréat de 1997 à 2018.

Ces données sont disponibles depuis longtemps (voir notre billet de 2014 sur "La grande illusion du bac" ).

Sur cette période, le nombre de mentions a effectivement augmenté, toutes filières confondues (générale, technologique et professionnelle). On est passé de moins de 25% de mentions en 1997 à près de 50% en 2018.

Un doublement, plus qu'une simple "augmentation". Et dans les séries générales, un triplement de 20% en 1987 à 60% en 2018...

Selon Claude Lelièvre, cette tendance à la hausse remonte à la fin des années 1980. "À ce moment-là, le gouvernement fixe un objectif de 80% d'une classe d'âge au niveau bac, c'est-à-dire une classe d'âge qui aille jusqu'au baccalauréat. Cet objectif a été compris comme un objectif de taux de réussite au bac de 80%. C'est tout à fait différent", souligne le professeur d'histoire.

On est donc passé d'une politique volontariste où l'on souhaitait davantage de candidats à une politique ultra-volontariste où l'on voulait davantage d'admis.Claude Lelièvre, spécialiste des politiques scolairesà franceinfo

C'est donc bien l'institution qui a tout mis en œuvre pour obtenir une réussite artificielle, dont les enseignants sont souvent accusés d'être responsables.

Pour atteindre cet objectif, cette politique s'est traduite par une harmonisation vers le haut des résultats du baccalauréat au sein des commissions de correction du bac. "Ceci a provoqué un effet de poussée sur le taux d'élèves reçus et sur le taux de mentions 'assez bien' et 'bien'", explique Claude Lelièvre.

Et précisons-le : "Très bien" également...

Le changement progressif du système de notation est un autre facteur de la multiplication des mentions. Selon l'historien, "traditionnellement, on n'hésite pas à mettre 20/20 dans les matières scientifiques. Alors qu'avoir 20 en philosophie apparaît comme aberrant. Petit à petit, le bac de lettres a donc perdu de son attractivité. Pour valoriser leur discipline, les professeurs de lettres ont progressivement augmenté leur panel de notation." Rien à voir avec du laxisme donc, il s'agit plutôt, selon lui, "d'une autre façon d'évaluer les élèves".

Le raisonnement pas "du laxisme"/"autre façon d'évaluer" est assez amusant, tout comme la façon de "valoriser" les disciplines littéraires. Il est à noter que M. Lelièvre ne s'appuie sur aucune donnée pour justifier cet argument : la philosophie ou le français restent sans doute parmi les disciplines les moins bien notées en moyenne au baccalauréat...

On l'entend très souvent : une mention "très bien" se décroche beaucoup plus facilement qu'il y a trente ou quarante ans. Selon les chiffres de la DEPP, 7,2% des élèves ont obtenu la mention "très bien" en 2018, toutes filières confondues (générale, technologique et professionnelle). Ils n'étaient que 0,7% en 1997 (graphique précédent). On constate donc une augmentation de ces mentions de plus de six points.

La proportion de mention "Très bien" n'a pas augmenté : elle a décuplé (et plus encore dans les séries générales). On peut donc parler d'explosion des mentions.

Même constat si l'on ne prend en compte que la filière générale. En 1997, on comptait 1,1% d'élèves reçus avec la mention "très bien". En 2018, ils sont 12,7% à obtenir cette mention.

0,8% en 1989 et 14% (dès 2014).

Comment expliquer ce phénomène ? Là encore, les raisons sont multiples, selon l'historien Claude Lelièvre. "Dans les années 2000, dans les séries générales, le système des options a été mis en place.

Les options de langues anciennes sont bien antérieures, et l'inflation des mentions a commencé dans les années 1990, comme on peut le voir ici :

En revanche, M. Lelièvre ne fait aucune mention de l'épreuve de TPE, cette innovation pédagogique des années 2000, qui ne pouvait que rapporter des points au baccalauréat (avec le saut observé dans le graphique ci-dessus dans toutes les mentions en 2006).

Pourtant, le pourcentage de mentions a toujours été plus élevé dans la série S que dans les autres séries générales. Le système optionnel joue un rôle important sur ces chiffres.

Un rôle plutôt secondaire en vérité, la filière scientifique étant conçue - à tort ou à raison - comme une filière d'élite. On ne s'étonnera pas que les élèves de bon niveau suivent des options facultatives (66% des latinistes et hellénistes sont inscrits en série S en 2018) puisqu'elles demandent un important travail supplémentaire et une persévérance scolaire pendant les trois années du lycée. Mais il faut rappeler que la proportion de latinistes ou hellénistes reste néanmoins marginale : en 2017, selon RERS 2018, 27.056 élèves latinistes ou hellénistes sur plus de 390.245 élèves en série générale, soit moins de 7% (et moins de 10% en série S).

Claude Lelièvre s'appuie sur un rapport ministériel de 2011 pour expliquer cela :"Près de 26% des mentions 'très bien' obtenues par les bacheliers S, plus du tiers de celles obtenues par les bacheliers ES et environ 40% de celles obtenues par les bacheliers L n'auraient pas été attribuées sans les épreuves facultatives.

Au total en série S en 2017, 48.852 élèves suivaient des options facultatives (LCA, EPS, LV3, Arts) susceptibles de rapporter des points supplémentaires au bac, soit 27% des élèves : il n'est pas étonnant que ces élèves aient un meilleur niveau que les autres et obtiennent davantage - en vertu de ce niveau et grâce à une option suivie pendant trois ans au lycée - la mention "Très bien".

Bref, haro sur les options même si la vérité est ailleurs...

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10 Juil 2019 13:50 - 11 Juil 2019 08:52 #22134 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Ce que le bac est devenu...
Pendant longtemps en dessous 5, puis jusqu'à 5. Et en 2019 en Île-de-France :

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