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SUJET : Ce que le bac est devenu...

"Diplôme de bacotille" 07 Nov 2013 18:50 #8325

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Encore un grand progrès pour le Bac : un bac de français en série technologique est désormais considéré comme équivalent à un bac de français en série générale (S et ES).

A lire dans le "Café pédagogique" du 7/11/13 : "Bac : Dispenses pour les redoublants"

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"Comment obtenir la moyenne au Bac quand on n’est pas prêts?" (Claude Garcia) 14 Mai 2014 11:51 #10491

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Sur son blog hébergé par "Le Monde" : Comment obtenir la moyenne au Bac quand on n’est pas prêts? (14/05/14)

L'auteur de ce blog défend généralement des positions pédagogisantes. Par exemple, comme on peut le voir ici, ce n'est pas un furieux du respect de l'orthographe. L'intérêt de ce poste est qu'il confirme la grande générosité de la notation du bac, du moins dans sa matière. J'attends avec impatience le billet promis sur l'influence de l'IPR.

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"La grande illusion, ou l'école schizophrène" 29 Mai 2014 14:47 #10688

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Vous pouvez commenter ici l'article "La grande illusion, ou l'école schizophrène".



Article repris dans "Marianne" du 01/06/14 : "La grande illusion ou l'école schizophrène".

Pour mémoire :
- Dans les années 60 ou 70, l'obtention du bac était fixée à 12 de moyenne. On passait l'oral de contrôle si on avait entre 8 et 12 au 1er groupe d'épreuves et cet oral comportait quatre disciplines : deux au choix, déjà passées à l'écrit, et deux pas encore passées.
- à propos des options : au milieu des années 1990 les points obtenus aux options s'ajoutent désormais au total avant obtention ; jusque là, il fallait d'abord avoir obtenu son Bac pour que les points d'options soient ajoutés, pour conférer, éventuellement, une mention. Au début des années 2000, les points d'options sont désormais coefficientés : 2 pour la 1re option facultative passée (3 s'il s'agit du latin ou du grec). Dates à vérifier.
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"La grande illusion, ou l'école schizophrène" 30 Mai 2014 23:19 #10691

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Simple citoyen pas prof mais assez diplômé pour filer des cours aux enfants de mes amis en terminale, cette histoire me fait réagir!
<beeeeh, beeeeh> le niveau du bac beeehsssse
<beeeeh, beeeeh>du temps du général de Gaulle, de Napoléon, de Clovis, le bac c'était autre chose

J'invite le journaliste, et même le Général de Gaulle, Napoléon et Clovis à se farcir le programme de SVT du bac S- SVT, dans lequel j'ai été contraint de me plonger...
En matière de niveau, dans le domaine de l'immunologie, les gamins en sont à apprendre des choses totalement inconnues il y a dix ans, et si précises qu'au point que, afin d'aider une élève particulièrement curieuse de comprendre ce qu'on lui avait dis en cours, j'ai été obligé d'interroger un chercheur en immunologie qui me l'a expliqué... Le chercheur précisant d'ailleurs que les difficultés du programme était dues au fait que ce qui est enseigné n'est que depuis très récemment accepté comme vérité par la communauté des chercheurs (2-3ans), et que de nombreuses recherches sont en cours sur le sujet. De mon temps, au bac on apprenait des trucs remâchés, on abordait les nouveautés qu'une fois en fac. Aujourd'hui, la science évolue si vite que les gamins les ont direct dans le bec. Chapeau les gosses et chapeau les profs!

Tant qu'on y est, j'invite le journaleux et ses potes à se taper le reste du programme. Que je rigole.
Si ça se trouve, il mettra beaucoup plus de temps que l'élève en question à trouver l'information que mon élève, celle étant née avec Internet et sachant où trouver l'information quand ce journaliste patinera encore pour changer sa sonnerie de portable!
Alors qu'on ne vienne pas me dire que le niveau a baissé: on enseigne peut-être plus la culture des patates et à faire des pleins et des déliés, mais le contenu est correct!

Par contre, comme la situation évoquée ci-dessus le mentionne (et l'auteur de l'article a bien raison), il y a vraiment un problème pour les lycée.
Comment se fait-il qu'une bonne élève de terminale (elle a obtenu le bac avec mention) dans un lycée publique ait eu besoin qu'un intervenant privé vienne lui expliquer son cours? Pourquoi n'a-t-elle pas pu demander cela à son enseignant ou à un enseignant de son lycée?
Parce que justement, classe de 35-40 élèves, et donc gavage d'oie obligatoire. Pas le temps de s'occuper de ceux qui n'ont pas compris, qui ont loupé une virgule. Le lycée est devenu du travail à la chaîne, de la production de masse. Du spanghero.

Si cette élève n'avait pas pu faire appel à ma modeste personne, pour deux trois bricoles un peu tordues qui ont pu être expliquées en quelques heures, elle aurait probablement décroché. Et n'aurait peut-être pas eu son bac, ou en tout cas aurait complètement raté la biologie.

Combien d'élèves vont échouer pour ces économies forcées et ces classes surchargées? Quel sera le coût final sur le plan économique de ces économies de bout de chandelle? Et social aussi, dans la mesure où les enfants des plus riches auront toujours la possibilité de recevoir l'aide d'enseignants dans mon genre...
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"La grande illusion, ou l'école schizophrène" 01 Jui 2014 19:58 #10732

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LeCancre dit:
J'invite le journaliste, et même le Général de Gaulle, Napoléon et Clovis à se farcir le programme de SVT du bac S- SVT, dans lequel j'ai été contraint de me plonger...
En matière de niveau, dans le domaine de l'immunologie, les gamins en sont à apprendre des choses totalement inconnues il y a dix ans, et si précises qu'au point que, afin d'aider une élève particulièrement curieuse de comprendre ce qu'on lui avait dis en cours, j'ai été obligé d'interroger un chercheur en immunologie qui me l'a expliqué... Le chercheur précisant d'ailleurs que les difficultés du programme était dues au fait que ce qui est enseigné n'est que depuis très récemment accepté comme vérité par la communauté des chercheurs (2-3ans), et que de nombreuses recherches sont en cours sur le sujet.
Je crois que vous êtes facilement abusé par l'ampleur et la complexité des programmes dans toutes les disciplines, une spécificité moderne... qu'il est prudent de distinguer de la réalité des exigences scolaires à l'examen par exemple. :mrgreen:

Un professeur de SVT membre de ce forum pourra peut-être nous éclairer à ce sujet.

Si ça se trouve, il mettra beaucoup plus de temps que l'élève en question à trouver l'information que mon élève, celle étant née avec Internet et sachant où trouver l'information quand ce journaliste patinera encore pour changer sa sonnerie de portable!
Ce n'est visiblement pas le cas de l'élève que vous avez aidée ! :transpi:

Alors qu'on ne vienne pas me dire que le niveau a baissé: on enseigne peut-être plus la culture des patates et à faire des pleins et des déliés, mais le contenu est correct!
Le contenu... des programmes. :doc:

Par contre, comme la situation évoquée ci-dessus le mentionne (et l'auteur de l'article a bien raison), il y a vraiment un problème pour les lycée.
Comment se fait-il qu'une bonne élève de terminale (elle a obtenu le bac avec mention) dans un lycée publique ait eu besoin qu'un intervenant privé vienne lui expliquer son cours?
Alors que cette génération née avec Internet sait où trouver les informations. :doc:

Pourquoi n'a-t-elle pas pu demander cela à son enseignant ou à un enseignant de son lycée?
Parce qu'ils ne savent pas - a contrario - accéder aux informations sur Internet. :doc:

Parce que justement, classe de 35-40 élèves, et donc gavage d'oie obligatoire. Pas le temps de s'occuper de ceux qui n'ont pas compris, qui ont loupé une virgule. Le lycée est devenu du travail à la chaîne, de la production de masse. Du spanghero.
Au contraire l'enseignement est devenu en partie "personnalisé" au lycée. :santa:

Si cette élève n'avait pas pu faire appel à ma modeste personne, pour deux trois bricoles un peu tordues qui ont pu être expliquées en quelques heures, elle aurait probablement décroché. Et n'aurait peut-être pas eu son bac, ou en tout cas aurait complètement raté la biologie.
Comme vous l'avez vu dans l'article, pour rater son bac aujourd'hui, il faut le faire. En série générale 92% de réussite dont plus de la moitié avec mentions.

C'est d'ailleurs extraordinaire : plus d'élèves au bac, plus de mentions et des programmes beaucoup plus complexes !
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"La grande illusion, ou l'école schizophrène" 02 Jui 2014 03:07 #10736

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A le lire, le programme de TS en SVT peut, en effet, faire illusion. En fait, tout dépend ce que le professeur va mettre derrière les mots du programme, et comment la compréhension de ce dernier sera testée. C'est là que la belle façade se lézarde. :devil:
Ce même programme est en effet celui de l'agrégation de SVT. On y retrouve les même thèmes. Inutile de dire, pourtant, qu'on attend davantage d'un candidat à ce concours que d'un lycéen. Pourtant, le programme est le même...

Dans les faits, à quoi se réduit ce programme, en immunologie ? Le lycéen va revoir des notions abordées en troisième, en complétant l'échelon moléculaire et en étoffant ses connaissances au niveau cellulaire. C'est tout (et ce serait déjà pas mal).

Le plus souvent, on se contente de présenter les défenses innées, rapidement, puis les défenses adaptatives avec une brève présentation des mécanismes moléculaires. On mâche le travail en présentant quelques exercices sur des expériences "arrangées" pour la circonstance, où ce qu'il faut déduire, ou observer, est fortement souligné. On montre succinctement le rôle de certaines molécules, mais les parties les plus complexes (sélection clonale et origine de la diversité des Ac) sont juste abordées, et souvent au moyens de termes dont les élèves ignorent le sens, mais qu'ils vont se contenter de répéter (et que l'on se gardera bien de leur demander de définir).
Deux exemples de ce décalage entre le niveau affiné et le niveau réel:

Dans le programme, au niveau "capacités", il est noté "Observer et comparer une coupe histologique ou des documents en microscopie avant et lors d'une réaction inflammatoire aiguë." Dans les faits, on ne fait pas observer une lame (les pauvres petits sauraient ils se servir du microscope utilisé lors de l'examen ? :xx: ) mais on distribue un document intitulé "réaction inflammatoire aiguë" avec deux microphotographies de coupes de peau saine et enflammée, et on pose des questions "Doresques" du genre "que montre le document ?" - recopier le titre donne les points; et "montrer les différences entre les deux documents" - il suffit de jouer aux jeu des sept erreurs; et montrer juste les différences évidentes suffit à obtenir la majorité des points. On ne se risquera pas à demander l'origine des différences observées, se ce n'est en fin d'examen, pour quelques points accessoires.

"Concevoir et réaliser une expérience permettant de caractériser la spécificité des molécules intervenant dans l'immunité adaptative" est aussi demandé. Dans les faits, il s'agit de mélanger deux gouttes de sang de groupes différents et d'observer la formation de "grumeaux" liés aux réactions antigène-anticorps. Un titre ronflant qui recouvre...pas grand chose!

Il en est ainsi pour l'ensemble du programme: si les mécanismes sous-jacents aux phénomènes étudiés sont, certes, issus de recherches récentes, ce ne sont pas eux qui sont enseignés: bien qu'un professeur exigeant puisse demander beaucoup à ses classes en s'appuyant sur les programmes, il est cependant retenu de le faire par le peu de temps disponible, les limites bien mentionnées dans le programme et, surtout, par les aptitudes scientifiques très limitées de la majorité des élèves et le fossé entre ses attentes personnelles et le niveau de connaissances qui sera évalué à l'examen.

Un dernier exemple, le programme stipule "les cellules de l'immunité adaptative, d'une grande diversité, sont produites aléatoirement par des mécanismes génétiques complexes qui permettent potentiellement de répondre à une multitude de molécules." Fort bien, mais il nous fixe les limites suivantes :"Limites : la description des mécanismes génétiques à l'origine de la diversité du répertoire immunologique. On en reste donc à évoquer des "mécanismes complexes", comme un deus ex machina... :doc:

Il ne faut pas oublier aussi que, très souvent, le programme n'est tout simplement pas couvert: au collège, lors qu'il n'y a pas de "nécessité" liée à un examen final, seul les ⅔ environ du programme peuvent être réalisés, le temps nécessaire au dernier tiers étant consommé par les activées péri-para-pata-scolaires qui enlèvent bien trop souvent les élèves des classes...
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"La grande illusion, ou l'école schizophrène" 02 Jui 2014 13:03 #10740

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Merci beaucoup pour cette analyse de cas très détaillée. Le sujet de physique en série S l'an passé était assez "doresque", si je me souviens bien : je crois que je vais faire mien votre concept. :P

A relire, sur le même thème, notre article : "Miri est contente".

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"Le bac donné à tout le monde ?" (Café pédagogique) 05 Jui 2014 18:58 #10781

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Après Philippe Tournier affirmant que la proportion de bacheliers dans une génération a diminué, le "Café pédagogique" monte au créneau... avec des chiffres faux ! :xx:

"Le bac donné à tout le monde ?" (05/06/14)

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"Le bac donné à tout le monde ?" (Café pédagogique) 05 Jui 2014 19:11 #10783

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A vrai dire, le taux de succès au bac a toujours été élevé.
Le taux de réussite, en progression constante, était de 65% pour les séries générales en 1983 et... 92% en 2013. :santa:

Cela tient à deux raisons. La première c'est que cet examen sanctionne un niveau moyen de fin d'étude. Ce n'est pas un concours. On peut attendre du système éducatif qu'il assure 80% de réussite comme il assure 90% pour les compétences en maths ou français en fin de primaire ou de collège.
Et si on n'atteint pas ce qu'on attend, il reste des moyens d'action. :mrgreen:

Ce taux est d'autant plus facile à atteindre qu'en fait la sélection a lieu avant le bac.
J'ai du mal à voir le rapport entre l'un et l'autre. :scratch:

Ce taux de 80% cache le fait que seulement 66% d'une génération (à l'exception de 2012) obtient le bac.
François Jarraud est bien renseigné. Citons plutôt la DEPP :
2011 : 71%
2012 : 76,7%
2013 : 73,7%
...
Un jeune sur trois quitte l'école sans le bac.
Il s'agirait plutôt d'un jeune sur quatre : il n'y en a jamais eu si peu mais il suffit de laisser penser le contraire.

Ce taux de réussite n'est pas seulement faible. Il est stable depuis 1995 où déjà on atteignait 63%
Repostons notre graphique pour étudier la "stabilité" de ces dernières années :

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"L'histoire du bac, entre controverse, "massification" et baisse de niveau" (L'Express) 07 Jui 2014 08:25 #10803

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Nouvelle montée au créneau de Claude Lelièvre, spécialiste en déminage relativiste, dans "L'Express" du 4/06/14 : L'histoire du bac, entre controverse, "massification" et baisse de niveau"

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"L'histoire du bac, entre controverse, "massification" et baisse de niveau" (L'Express) 07 Jui 2014 09:00 #10804

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C'est une spécialité de Claude Lelièvre : le déni de réalité. Il en a encore récemment fait la preuve en niant toute crise des vocations dans les concours de recrutement : pour notre historien iconoclaste (et néanmoins quasi-officiel), le métier d'enseignant serait toujours aussi "attractif" ! :santa:

L'histoire du bac, entre controverse, "massification" et baisse de niveau

Le bac-"bashing" n'est pas un phénomène nouveau puisque dès 1830 sa valeur fut remise en question. Notre contributeur Claude Lelièvre, historien de l'éducation, retrace l'histoire controversée du baccalauréat.

La baccalauréat a presque toujours été la cible de vives critiques, souligne Claude Lelièvre.

C'est un phénomène qui a commencé tôt, dès le XIXième siècle, et qui ne semble pas près de prendre fin.
Donc, en définitive, rien que de normal !

Claude Lelièvre historien (engagé auprès du PS) devrait quand même relire l'historien Antoine Prost et sa tribune dans "Le Monde" en 2013 : "Le niveau scolaire baisse, cette fois-ci c’est vrai".

Le ''bachotage''

Alors même qu'il ne s'agissait que de l'élite (1% d'une classe d'âge à la fin du XIX°siècle, pas plus de 3% à la fin de la troisième République) l'examen du baccalauréat a pourtant été vite jugé ''léger'' et ''discutable''. En 1830, l'examen, qui jusqu'alors n'avait été qu'un oral, dispose désormais d'un écrit. Le ministère justifie la réforme par la faiblesse de certains bacheliers en orthographe (un autre trait récurrent): "nous avons reçu des lettres d'individus pourvus de ce grade par voie d'examen, et dont le style et l'orthographe offraient la plus honteuse ignorance".
C'est sans doute tout à fait la même chose que les élèves actuels. :doc:


De façon générale, il est le plus souvent considéré que l'organisation même du baccalauréat favorise le "bachotage" (titre d'un livre paru en 1910 sous la plume d'un professeur de physique de l'université de Toulouse, Ernest Bouasse).

En 1880, Jules Ferry lui-même tente une réforme de l'examen: "La question du baccalauréat, dit-il, s'est ainsi posée: arracher cet examen aux misères, aux écueils et aux mensonges de la préparation mnémonique et mécanique". Après soixante-dix ans d'existence...
Puisque Claude Lelièvre en parle, on peut consulter "10 liens pour réviser son bac sur Internet" dans "L'Express" du 02/06/14... :twisted:

La liste serait longue des âneries de ce genre (voire des applications pour smartphones) qui fleurissent dans la presse et les médias au mois de juin : le "bachotage" a parfois du bon...

Mais le résultat de sa réforme est pour le moins incertain car, quatre-vingts ans plus tard, au tout début de la cinquième République, il ne semble pas que l'on ait été beaucoup plus avancé si l'on en juge par le rapport motivant le décret du 18 août 1959 relatif au baccalauréat: "Il est normal qu'un examen de qualité incontestable sanctionne les études de l'enseignement du second degré. Mais il est anormal que ce même examen compromette les études dont il doit couronner le terme [...]. Ces études, qui devraient être uniquement orientées vers l'acquisition de la culture générale, s'orientent de plus en plus vers le ''bachotage'', c'est à dire l'acquisition hâtive, superficielle et indigeste d'un savoir encyclopédique".
Je vois mal en quoi ce reproche s'appliquerait par exemple aux exercices auxquels je prépare mes élèves en français.

Les transformations incessantes des modalités du bac dans les années 1960 lors de sa ''massification''

De 1959 à 1969 a lieu le grand moment de la ''massification'' du bac général puisque l'on passe en seulement dix ans de 10% à 20% d'une classe d'âge détenant l'un des baccalauréats généraux (on en est actuellement à 37% d'une classe d'âge, taux maximum obtenu en 1995).
Non, on est à 38% et c'est un record dans l'histoire de la République. On observe exactement la même logique que celle de Philippe Tournier : comparer le bac général actuel avec celui de 1995, une excellente année, pour faire croire qu'il n'a pas progressé et dénoncer ainsi le manque de démocratisation du bac général.

Ce raisonnement sur une progression qui devrait être continue ne manque d'ailleurs pas d'étonner, comme si une proportion pouvait augmenter indéfiniment. Philippe Tournier comparait d'ailleurs cette absence de progression supposée à celle de la croissance économique... :santa:

De 1874 à 1962, le baccalauréat a été composé de deux parties nettement distinctes: la première partie passée en ''première'', la seconde partie en classe de ''philosophie'', de ''mathématiques élémentaires'' ou de ''sciences expérimentales''. Le nombre des candidats augmentant rapidement à partir du milieu des années ''cinquante'', on supprime en 1960 la seconde session de rattrapage (qui avait lieu en septembre) et on la remplace par un oral de ''rattrapage'' donnant une seconde chance aux candidats qui ont au moins 7 sur 20 de moyenne. En 1962, la première partie du baccalauréat est transformée en ''examen probatoire'' organisé au sein de chaque établissement. Mais la Société des agrégés fait courir la rumeur que les examinateurs ont eu tendance à faire preuve d'une bienveillance coupable.
Ce qui est évidemment impossible. On ne l'observe d'ailleurs pas depuis qu'une partie récente du bac s'apparente à une forme de semi-contrôle continu. TPE, EPS, langues vivantes : autant de "disciplines" où les professeurs d'un lycée évaluent désormais leurs propres élèves au cours de l'année, voire en fabriquant leurs propres sujets d'examen maison !

La suppression de l'examen'' probatoire'' est décidée dès 1964, et il est finalement remplacé par les ''épreuves anticipées de français'' qui permettent de maintenir une première évaluation en fin de première. En 1965, on dispense de l'oral les candidats ayant obtenu la moyenne à l'écrit.

Des déplorations fort anciennes et récurrentes
Les déplorations actuelles ne peuvent donc pas être vraies ! :doc:

1881 :"Nous voudrions simplement rappeler aux candidats que la faculté désirerait ne plus avoir à corriger des fautes d'orthographe aussi nombreuses que stupéfiantes. Elle désire aussi que les aspirants au baccalauréat ne fassent pas prononcer par Bossuet ses oraisons funèbres à la cour de Henri IV, ni prêcher la première croisade par Claude Bernard" (Gaffarel, doyen de la faculté des lettres de Clermont).
Si les admis (et non les "'aspirants") actuels connaissent ne serait-ce que les noms de Bossuet et de Claude Bernard, il faudra se réjouir. :mrgreen:

1899: "J'estime que les trois quarts des bacheliers ne savent pas l'orthographe" (Victor Bérard, maître de conférences à la Sorbonne)

1929: "Les candidats n'ont ni orthographe, ni vocabulaire exact et varié, ni connaissance grammaticale, ni analyse logique, ni méthode d'exposition écrite ou orale" (Paul Lemonnier, "La Crise de la culture littéraire")
On peut tout à fait imaginer que les erreurs actuelles sont les mêmes. :doc:

Un exemple concret de la grande réussite de notre école en cycle terminal avec une copie simplement moyenne :


Par ailleurs je vois mal comment on pourrait "bachoter" son orthographe et son expression en général...

1956: "La décadence est réelle, elle n'est pas une chimère: il est banal de trouver vingt fautes d'orthographe dans une même dissertation littéraire des classes terminales. Le désarroi de l'école ne date réellement que de la IV° République" (Noël Deska, "Un gâchis qui défie les réformes: l'enseignement secondaire")
Je comprends surtout que les vingt fautes concernaient l'ensemble de la copie. :P

Des taux de succès en augmentation sensible

Durant le début des années 1960, les taux de succès aux baccalauréats généraux tournent autour de 60%. Puis (à l'exception de 1968 où il grimpe à 80%) le taux de réussite est d'environ 66% jusqu'en 1985. A partir de là (date de l'annonce de l'objectif de 80% d'une classe d'âge au niveau bac pour l'an 2000), le taux de réussite va augmenter de 10% en cinq ans, et rester à cette hauteur de 75% de 1990 à 1997. Puis le taux de succès reprend une ascension à peu près régulière pour atteindre finalement 92% en 2013.
Une explosion en somme, sans parler des mentions (voir notre article).

Bon. A chacun ses conclusions...
Il est effectivement prudent de ne pas tirer de conclusion trop explicite, comme d'affirmer par exemple et - en bonne logique - que le niveau monte. :rirej

Évidemment aucune allusion avec la contradiction apportée par les résultats de PISA 2012 à 15-16 ans et les grandes difficultés de lecture des élèves à cet âge. Claude Lelièvre déplorait pourtant en 2010 des résultats "plus que jamais très moyens globalement" : ne serait-ce pas ce que l'on appelle une baisse de niveau ? :mrgreen:

Il appelait alors avec solennité à une prise de "conscience" pour " mettre en œuvre d’autres orientations et d’autres priorités pour l’Ecole française". Mais à quoi bon puisque la "décadence" est purement imaginaire ?


Grâce à Claude Lelièvre, bon petit soldat du ministère, la schizophrénie générale et la grande illusion peuvent continuer ! ! :cheers:
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"un examen où la quasi-totalité des candidats sont reçus" discrédité (Café pédagogique) 07 Jui 2014 12:09 #10814

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A mettre en regard : "Le colloque du Mouvement contre la constante macabre vote la confiance" ("Café pédagogique" du 06/06/14)

Depuis des siècles, notre système éducatif fonctionne, avec l’accord tacite de l’opinion publique, sur le principe que la valeur d’un niveau scolaire s’exprimait non au travers des connaissances et compétences validées, mais en relation avec le nombre de ceux qui y échouaient. Un enseignant qui donne la moyenne à tout le monde, un examen où la quasi-totalité des candidats sont reçus sont actuellement, comme ils l’étaient il y a 50 ans, sont discrédités par les médias, et souvent l’opinion, ce qui n’est pas le cas dans bien d’autres pays…

C’est cette révolution culturelle qui met en avant l’exigence d’une évaluation basée sur ce que l’élève doit savoir et non comme le dit André Antibi « sur le nombre d’échecs nécessaires pour qu’une évaluation soit crédible », auquel appelle le MCLM.

La logique est difficile à suivre : puisque le problème est dans l'appréhension des merveilleux résultats au bac, pourquoi mettre en cause la notation ? :scratch:
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"Bac : le niveau baisse… depuis toujours !" (Arnaud Gonzague) 10 Jui 2014 22:20 #10868

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Arnaud Gonzague prend le relais dans le "Nouvel Observateur" du 10/06/14 : "Bac : le niveau baisse… depuis toujours !" par Arnaud Gonzague

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"Bac : le niveau baisse… depuis toujours !" (Arnaud Gonzague) 10 Jui 2014 22:30 #10869

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La logique de cet article est assez obscure.

Si le bac suscite tant de constats navrés, c’est qu’il cristallise la terreur de voir l’école se démocratiser
C'est vrai ça. Quelle convaincante explication psychanalytique. Finalement tout le monde a peur de la démocratie et de la réussite des élèves ! :santa:

Par ailleurs, il n’est pas facile d'admettre que les enfants des classes moins favorisées, aujourd’hui encouragés à passer cet examen par l’élévation générale du niveau de diplomation (due, en partie, à la mondialisation), nécessite que le collège et le lycée s’adaptent.
La logique m'échappe ici quelque peu. S'il faut "s'adapter", il y a baisse de niveau ou pas ? :scratch:

Comme le soulignait François Dubet, sociologue spécialiste de l’école dans une interview accordée au "Nouvel Observateur", la "massification modifie forcément la nature du métier de professeur. (…) Un enseignant ne peut plus continuer à se comporter comme un simple 'savant' de sa discipline qui se cantonne à son excellence académique : il doit faire œuvre de pédagogie, assurer un suivi plus précis de ses élèves." Un constat partagé par la Cour des Comptes et par la plupart des observateurs du système scolaire français.
Certainement mais quel rapport avec le sujet de l'article ? :scratch:

Résumons : les bacheliers français ne sont pas réellement "moins bons", ils sont simplement plus nombreux.
Ils sont même nettement meilleurs, compte tenu de l'inflation extraordinaire des mentions et de l'absence de baisse des exigences ! :cheers:

Une bonne nouvelle, ainsi qu'une irréversible évolution... si et seulement si l’institution scolaire en tient compte.
Mais pourquoi l'institution devrait-elle "tenir compte" de quoi que ce soit si tout se passe merveilleusement bien ? :santa:

Un bel exemple de schizophrénie, encore une fois.
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"l'effondrement du niveau des plus faibles sans progression du nombre ou du niveau des meilleurs" 12 Jui 2014 08:49 #10886

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Dans le "Café" du 11/06/14 la schizophrénie continue, ici pour justifier la mise en place d'un nouveau socle commun :

François Jarraud dit:
Le début du 21ème siècle a vu les inégalités scolaires se creuser par l'effondrement du niveau des plus faibles sans progression du nombre ou du niveau des meilleurs. Cet éclatement du système éducatif est de plus en plus visible.

La catastrophisme ne sert pas à accuser les nouvelles pédagogies (le socle est en place depuis 2005), mais à les promouvoir. :santa:
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"Il a repassé le bac, vingt ans après : « Le niveau n'a pas baissé »" (Le Monde) 21 Jui 2014 14:24 #11004

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Dans "Le Monde" du 18/06/14, nouvel exemple de schizophrénie : "Il a repassé le bac, vingt ans après : « Le niveau n'a pas baissé »"

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"Il a repassé le bac, vingt ans après : « Le niveau n'a pas baissé »" (Le Monde) 21 Jui 2014 14:28 #11005

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"Il a repassé le bac, vingt ans après : « Le niveau n'a pas baissé »" (Le Monde) 22 Jui 2014 10:37 #11020

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Excellente histoire :)
J'adore ces lignes:
"Mais ce n'est pas parce que plus de lycéens obtiennent le baccalauréat aujourd'hui que le niveau de l'examen lui-même a baissé. Si je ne l'avais pas préparé, je ne l'aurais pas eu, même avec mon équivalent de bac + 5. J'invite ces gens-là, même les diplômés, à le repasser, juste pour voir."
Et cet autre conseil est parfaitement pertinent:
"Je leur conseille aussi de gérer le bac comme on gère un marathon"
Je transmets cet article à mon entourage :)
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"Il a repassé le bac, vingt ans après : « Le niveau n'a pas baissé »" (Le Monde) 22 Jui 2014 10:52 #11022

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Mon passage préféré :
Par exemple, j'avais choisi de faire l'impasse sur les mathématiques, ma bête noire. Comme je n'en avais pas fait depuis dix ans, sans surprise non plus, j'ai obtenu un 2/20. [...] Si je ne l'avais pas préparé, je ne l'aurais pas eu, même avec mon équivalent de bac + 5.

:P
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Plan académique de Marseille 2011-2014 23 Jui 2014 15:17 #11043

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www.ac-aix-marseille.fr/wacam/upload/doc...1-03/pa11-14_web.pdf

Le plan académique pour la période 2011-2014, avec tout un tas d'objectifs chiffrés (les "cibles").

Outre les taux de réussite à divers examens, qui doivent partout monter, on notera parmi les objectifs chiffrés :
1- la baisse du coût de ces examens,
2- la baisse du nombre de d'écoles primaires de petite taille (une à trois classe),
3- l'augmentation de la polyvalence des enseignants,
4- l'augmentation du "taux de rendement du remplacement",
5- la réduction du nombre de conseils de discipline, et du taux d'exclusions définitives.
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Plan académique de Marseille 2011-2014 23 Jui 2014 15:28 #11045

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archeboc dit:
Je pense que la montée du taux de réussite au bac (ce que Boissinot appelait le taux de "réussite éducative") est officiellement un indicateur de performance dans les objectifs annuels des recteurs.

En tout cas, on le trouve ici :
www.ac-aix-marseille.fr/wacam/upload/doc...1-03/pa11-14_web.pdf

Document exceptionnel, où on affiche aussi les objectifs de baisse de coût des différents examens, et un tas d'autres objectifs passionnants. Intéressant aussi de voir comment des indicateurs d'égalité sociale viennent déborder sur les objectifs d'excellence académique.

Je ne vais pas faire le tour de tous les projets académiques. Dans celui-ci, il n'y a pas d'objectifs chiffrés :
www.ac-versailles.fr/public/upload/docs/..._fiches_janv2014.pdf

Très intéressants, ces objectifs.

Il y aurait beaucoup de choses à dire...

Au passage, je note p. 8 :

Jean-Paul Gaudemar dit:
Faire acquérir des connaissances et des compétences ne passe plus seulement par l’enseignement et la pédagogie différenciée « traditionnels » ; l’accompagnement personnalisé de tous les élèves est devenu la tâche pédagogique majeure...
:shock:
...de même que le numérique doit désormais être un outil pédagogique d’usage quotidien.
L'"outil" devient l'ambition en elle-même...

Dans les objectifs de "performance" (sic) :

- "Taux de prise en charge de l’enseignement des langues vivantes étrangères par les enseignants du premier degré" de 42,8 à 80% en 2014.
- "Proportion des enseignants qui enseignent au collège au moins deux matières" de 8,9 à 12%
- "Pourcentage d’établissements à faibles effectifs (moins de 200 élèves) - collèges" 4,3 à 3% en 2014

Et ces deux points ensemble :
- "Dépenses de fonctionnement par agent (en euros)" de 2562 à < 2500 en 2014
- "Nombre annuel de connexions au site académique (en millions)" de 7,38 à 15
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Plan académique de Marseille 2011-2014 23 Jui 2014 15:30 #11046

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archeboc, mêmes observations. :topla:
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Plan académique de Marseille 2011-2014 23 Jui 2014 16:31 #11049

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Loys dit:
archeboc, mêmes observations. :topla:

A noter : ces objectifs ne nous heurtent que parce que nous savons comment ils conduisent, sur le terrain, à la distorsion entre la réalité et le discours officiel, que tu appelles schizophrénie.

Il y a aussi quelques objectifs moins désespérants : augmentation des effectifs en allemand, par exemple. Mais on ne sait pas trop comment cela a été mis en musique.

Et le plus folklorique, c'est la kyrielle d'objectifs autour de l'application PAPEt. Cela sent l'administration qui se regarde le nombril.

Il n'y a évidemment aucun objectif sur le bien-être des agents et le climat social, non plus que sur la santé au travail, ni sur les recours administratifs et contentieux des agents, ni sur les résultats à des concours, et on pourrait en ajouter encore un paquet.
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"Est-il vrai qu’on donne le bac à tout le monde ?" (MEN) 30 Jui 2014 16:24 #11126

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Sur le site du MEN : www.education.gouv.fr/cid60987/bac-2014-questions-reponses.html

Évolutions du baccalauréat

Est-il vrai qu’on donne le bac à tout le monde ?

En 2013, 73 % d’une classe d’âge est titulaire du baccalauréat, ce qui signifie que 27 % d’une classe d’âge n’y accède pas. Affirmer que l’on donne le bac à tout le monde revient à considérer comme négligeables plus du quart d’une génération. L’objectif principal reste bien de qualifier tous les jeunes français au plus haut niveau de leurs capacités.

Est-ce que le bac sert vraiment à quelque chose ?

Il n’y a pas "un bac" mais plusieurs bacs. Les baccalauréats des séries générales et technologiques permettent de poursuivre des études supérieures et, au fur et à mesure où nous augmentons le nombre de bacheliers, nous augmentons également le nombre de diplômés de l’enseignement supérieur. L’objectif d’atteindre 50% de jeunes diplômés de l’enseignement supérieur est impératif, pour des raisons sociales et économiques.
Le baccalauréat professionnel est un diplôme dont la finalité est l’insertion professionnelle. Or, le diplôme de formation initiale est plus que jamais un rempart contre le chômage. Aujourd’hui, un jeune bachelier professionnel a deux fois plus de chances d’être embauché sept mois après sa sortie qu’un jeune sans diplôme. De plus, une partie des bacheliers professionnels aspire maintenant à poursuivre des études, notamment en BTS, ce qui permettra d’élever encore leur niveau de qualification. Un bachelier professionnel sur 5 s'inscrit en BTS.
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Constante macabre 04 Juil 2014 07:42 #11152

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Aujourd'hui résultats du bac et "France Culture" invite André Antibi, l'inventeur de la "constante macabre"... Tout va bien ! :santa:
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"Bac : taux record de lycéens reçus avant le rattrapage" (Le Monde) 04 Juil 2014 20:33 #11157

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Dans "Le Monde" du 04/07/14 : "Bac : taux record de lycéens reçus avant le rattrapage"

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En bonus : "L'hystérie des jeunes bacheliers"

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"Bac : taux record de lycéens reçus avant le rattrapage" (Le Monde) 04 Juil 2014 20:42 #11158

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Il faudra attendre les résultats définitifs.

En voie générale, le taux d’admis à l’issue du premier groupe d’épreuves est en chute de 2,2 points. A la session 2013, 82,4 % avaient franchi la barre au premier tour. Cette fois ils ne sont que 80,2 %. Le SOS lancé par 60 000 candidats mécontents de l’éperuve de mathématiques aurait donc été justifié ?
2% des 177 000 candidats en série S, ça représente trois ou quatre milliers de candidats.
:cool:

Les informations données par le ministère de l’éducation nationale, après la remontée des résultats des trente académies, montrent que le bac S a une diminution de son taux de réussite de 1,7 % avec 82,6 % d’admis. En fait, la vraie chûte est plutôt chez les bachelier ES, économique et social. Leur succès au preemier tour a diminué de 4 points, tombant à 77,2 % de réussite.
Curieux : ils n'ont pas fait de pétition.

« LE BAC, ÇA NE SE DONNE PAS »

En série technologique, la hausse est impressionnante puisque 90,7 % des lycéens ont été directement reçus. L’an dernier 73,3 % avaient franchie cette barre à la même date.
:shock:

On connaît les raisons spécifiques à cette série, à vrai dire.

Ce augmentation est d’autant plus intéressante que les bac technologiques se cherchent une identité entre les bacs généraux et les professionnels.
Quel heureux hasard ! :mrgreen:

En série professionnelle, qui regroupe plusieurs dizaines de bacs et représente 30 % des candidats 2014, le taux de réussite à l’issue du premier groupe d’épreuves est de 75,4 %. Soit une hausse de 4,9 points par rapport à 2013.
Donc des résultats qui ne sont pas "moins bons".

D'après ces chiffres on s'oriente donc vers un nouveau taux record de bacheliers. A vérifier en juillet.

A cela s'ajoute qu'en 2013 il y avait seulement 327 900 candidats en série générale (et 664 360 au total) contre 340 000 (et 687 000) en 2014. La hausse du nombre de candidats dépasse la baisse supposée du taux de réussite en série générale : il risque bien d'y avoir encore plus de bacheliers en série générale cette année en valeur brute et en proportion d'une génération.

Ces données établies par le ministère de l’éducation, avec la remontée des données des trente académies infirme le pronostic fait par le ministre Benoît Hamon ce matin sur I-Télévision. Ce dernier avait avancé : « Il est possible que les résultats soient un peu moins bons. » Il avait même ajouté : « Le bac, ça ne se donne pas. Quand il y a de bons résultats, on dit qu’on donne le bac, quand les résultats sont moins bons, on dit que le niveau baisse. »
Ce ne sont pas les infimes variations de pourcentage qui font que le niveau monte ou baisse, malheureusement.
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"Bac 2014: déjà des mentions parfaites avec plus de 20 de moyenne" (L'Express) 04 Juil 2014 21:33 #11159

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Dans "L'Express" : "Bac 2014: déjà des mentions parfaites avec plus de 20 de moyenne".

Plus-que-parfaites, donc. :xx:
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"On entend beaucoup dire que le bac est bradé" (Benoît Hamon) 08 Juil 2014 11:39 #11201

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Dans le "Café" du 8/07/17 : www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/...403990606643726.aspx

Benoît Hamon dit:
On entend beaucoup dire que le bac est bradé. Ce n'est pas le cas

Mais alors comment concilier cette extraordinaire réussite, en progrès permanent, avec la catastrophe nationale PISA à quinze ans ?
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De nouveaux résultats records au bac 2014 10 Juil 2014 23:40 #11229

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C'est officiel ! record absolu en 2014 !

www.education.gouv.fr/cid81249/resultats...approche-des-80.html

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