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SUJET : Les résultats de PISA 2015

Les résultats de PISA 2015 24 Oct 2013 18:53 #8115

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Fil dédié à PISA.

A relire d'une manière générale ces différents scénarios envisagés en 2001 par l'OCDE pour l'évolution de l'école : édifiant ! "QUEL AVENIR POUR L’ÉCOLE ?"

Pour PISA 2015 : www.laviemoderne.net/forum/le-naufrage-d...2015?start=150#17907


Les résultats de PISA 2012

Les résultats de PISA 2012 seront dévoilés début décembre : mais certains semblent en avoir déjà la primeur !

A lire dans "Les Echos" du 24/10/13 : "Etude Pisa sur les résultats des élèves : Vincent Peillon promet le pire"

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Les résultats de PISA 2012 24 Oct 2013 19:05 #8116

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Les résultats de PISA 2012 n'engagent de toute façon que les prédécesseurs de Vincent Peillon.

"choc Pisa", "La France décroche totalement", "ça devient dramatique" : voilà qui est effectivement angoissant, sans être surprenant. Mais s'il ne s'agit que d'un "recul de deux places" comme le pronostique la députée UMP Annie Genevard, voilà un catastrophisme qui est peut-être exagéré. Entre 490 et 500 pts il y a plus de dix pays de l'OCDE : reculer de deux places correspondrait donc à une perte de points presque négligeable. De ce point de vue, les résultats étant si proches les uns des autres, un classement n'a pas vraiment de sens (comme pour les lycées et leur taux de réussite presque équivalents).

« Un enseignant coûte 2 millions d'euros sur toute sa carrière, soit un coût de 120 milliards » au vu des créations de postes envisagées, précise-t-elle. La députée doute de l’efficacité de ces postes et de « l’aspect quantitatif » de la politique du ministre. « C’est dépenser plus pour mieux faire, je l’espère, confie-t-elle aux « Echos ». Mais je n’en suis pas certaine. »
En tout cas la majorité à laquelle elle appartient a fait le pari inverse pendant dix ans et on en voit les résultats aujourd'hui.

Pour mémoire :

Évolution comparée des résultats et du nombre d’enseignants dans le second degré de 2000 à 2012

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"Attention aux spéculations et aux récupérations politiques" (Educpros) 26 Oct 2013 01:43 #8151

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A lire dans "EducPros" du 25/10/13 : "Sophie Vayssettes (enquête Pisa 2012) : "Attention aux spéculations et aux récupérations politiques"

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"Attention aux spéculations et aux récupérations politiques" (Educpros) 26 Oct 2013 01:45 #8152

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Les tests sont ensuite corrigés dans chaque pays par des correcteurs (souvent des enseignants) formés spécifiquement.
J'ai participé à la première session (celle dite de 2000)... mais je n'ai pas été 'formé'. :spider:
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Quel sens accorder à PISA ? 10 Nov 2013 00:56 #8364

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Vous m'excuserez d'être extrêmement bref mais j'ai l'intention d'écrire un article plus complet sur le sujet "PISA". Mais il me semble utile de faire cependant quelques remarques méthodologiques.

Donc en bref.

On peut avoir à mon sens un certain nombre de doutes sur la valeur de la majorité des « tests de niveau », même si on peut en utiliser certains aspects mais à condition d’être extrêmement circonspect.
Je suis donc partisan de la prudence a priori pour l’interprétation des résultats de ces tests. Ceci dit venons en à PISA et aux mathématiques par exemple.
PISA ne teste en aucun cas des mathématiques. J'ai expliqué cela dans une réunion qui avait été organisée par la Société Mathématique de France et sa correspondante finlandaise en octobre 2005 juste au moment du 1er PISA[1]. Et vous pourrez donc y trouver mon exposé dans lequel j'explique - preuves à l'appui et ça n’a jamais été contesté - que la "culture mathématique" testée par PISA n'a pas grand chose à voir avec les mathématiques puisque en sont absents de l'évaluation "algèbre, calcul littéral, raisonnement déductif, trigonométrie (angles) et objets géométriques".
Autrement dit, ce qui est testé par PISA n’est pas des mathématiques mais un objet transformé au mieux en « un tas » comme disait Lebesgue.

Et en ce sens
-PISA ne teste pas des maths
-Les variations de niveau repérés par PISA n’ont strictement aucun sens par rapport aux mathématiques : on peut avoir un progrès en mathématiques et une baisse de l’évaluation PISA, ou le contraire ou toute autre combinaison.
- A mon avis et à moins de me prouver expressément le contraire, il n’y a pas grand intérêt à essayer de savoir ce que teste PISA sous le nom de « culture mathématique » puisque l’on sait que ce ne sont pas des mathématiques et qu’en fait, c’est le niveau en mathématiques qui est intéressant.

Ce qui était assez rigolo à l'époque était la déclaration que m'avait faite un des mathématiciens finlandais, je crois qu’il s’agissait de G. Malaty " Vous avez de la chance, vous, vous n'êtes pas premier à PISA. Nos étudiants à l'Université ont un niveau particulièrement faible et qui continue à chuter [2] mais ce constat est encore plus inaudible depuis qu’on est premier à PISA »

Je pense que l’on pourrait dire la même chose sur la partie « maîtrise de la langue » que ce qui est dit plus haut des mathématiques : ce que teste PISA est strictement « la langue de la com » et non tout ce qui pourrait se rapprocher de ce que l’on pourrait appeler un niveau élémentaire de connaissance académique ( ou disciplinaire ou universitaire) de la langue [3].

Ceci dit, il ya une catégorie de questions importante à traiter. Qui a conçu PISA ? Quelle est la fonction de PISA ? Quelle conception existante avant PISA était la cible visée par PISA ? J’ai quelques réponses sur la question mais il me faut un peu de temps pour le rédiger sérieusement, d’autant plus sa rédaction doit être fort précise car « elle risque d’être fortement critiquée ».

Il existe une critique intéressante de la notion de « culture mathématique » estampillée PISA, c’est celle du mathématicien britannique Tony Gardiner dans son article « What is mathematical literacy ? »

Enfin - très vite dit et donc avec une certaine imprécision- je voudrais dire que, à mon sens, nous vivons majoritairement dans un « système de pensée numérologique », c'est-à-dire dans lequel tout le monde a tendance voir derrière chaque statistique et derrière tout discours incluant des nombres, une possibilité d’interprétation du monde. Or on peut constater que si l’on ajoute +deux+ liquides, on trouve en général +un+ liquide et donc qu’en ce cas 1+1=1.

Michel Delord

[1] Toutes les interventions à ce colloque sont ici :
smf4.emath.fr/VieSociete/Rencontres/Fran...mmeFinlande2005.html
La traduction française de mon intervention est à :
smf4.emath.fr/VieSociete/Rencontres/Fran...nde-2005/DelordF.pdf

[2] Ce mathématicien avait cité, par exemple, le cas d'un étudiant de licence en mathématiques qui simplifiait un truc du type 3x / (sin 2x) et trouvait 3/(sin 2).

[3] Ceci rappelle furieusement ce que disait Henri Poincaré à propose l’apprentissage des langues étrangères au début du XXème siècle.
"La méthode directe nous apprend de l'allemand tout ce qu'en savent les Allemands sans aller à l'école, et cela n'est certes pas à dédaigner; combien d'entre nous, ayant imprudemment passé la frontière, ont à rougir de leur ignorance devant les garçons de café. L'allemand d'un garçon de café, ce serait déjà une conquête ; mais le français des garçons de café, c'est peut-être un peu maigre "
in Henri Poincare, La science et les humanités, 1911
michel.delord.free.fr/poincare-sh.pdf
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Quel sens accorder à PISA ? 10 Nov 2013 09:51 #8369

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Très honoré, MD, de votre présence sur ce forum.

Les articles où j'ai pu - à titre personnel - mentionner PISA ou d'autres données de l'OCDE ne contestent pas sur le fond ces données, mais s'appuient sur leur connaissance pour réfuter toute interprétation abusive qui en est faite. Par exemple affirmer que la dépense éducative de la France est excessive compte tenu de ses résultats PISA. C'est en effet une position facile à défendre : un tel usage (porter la contradiction à partir de données de l'adversaire en quelque sorte) a l'avantage d'interdire toute polémique.

Ce que vous vous proposez est beaucoup plus ambitieux, plus radical et - d'une certaine manière - beaucoup plus légitime. Pour vous donner raison je n'ai pas de compétence particulière sur la culture mathématique mais j'ai pu constater, quand j'ai moi-même participé à la toute première session de PISA en 1999, qu'il existait un curieux décalage entre ce qui était attendu dans les tests de l'OCDE et ce que l'école française attendait des élèves.

Hormis la recevabilité ou non des tests PISA en eux-mêmes, il existe encore d'autres problèmes :
  • Les biais et les problèmes de représentativité liés à toute enquête fondée sur un échantillon, même de 5000 élèves. Il semble difficile de comparer des pays et des systèmes éducatifs aussi divers par la richesse, la taille, la démographie, la culture etc. Le biais le plus évident est quand même que le pourcentage de la population scolarisée à quinze ans n'est pas le même dans tous les pays.
  • L'interprétation médiatique des résultats ou à leur évolution est souvent moins scientifique qu'idéologique. Il est simple d'expliquer une hausse, une baisse ou un bon, un mauvais résultat en mettant en avant un facteur et en négligeant tous les autres. On pourrait par exemple, à partir de PISA 2009, déduire du classement des dix premiers pays que la performance est surtout liée à la superficie/population réduite d'un pays ou à sa localisation orientale/septentrionale... :mrgreen:
  • Les résultats des différents pays sont la plupart du temps si rapprochés ou leur évolution si ténue qu'il est presque impossible de leur donner un sens scientifique. Les écarts de points semblent souvent importants mais en réalité, lorsqu'ils sont rapportés à l'ensemble des points ils ne constituent qu'une fraction non significative. Les pertes ou gains de place ne sont donc guère signifiants, d'autant qu'on compare des classements qui ne comportent pas les mêmes pays : de nombreux pays asiatiques se sont ainsi ajoutés en début de classement qui n'étaient pas dans le premier PISA 2000.

[ Cliquer pour agrandir ]
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"L’exploitation des enquêtes PISA : entre rigueur scientifique et exigences politiques" 10 Nov 2013 13:35 #8371

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Hasard de l'actualité : cet article, "L’exploitation des enquêtes PISA : entre rigueur scientifique et exigences politiques", dans la revue québécoise "Initio" de l'Université de Laval (N°3 automne 2013).

Extrait :
Conclusion

Dans cet article, nous avons tenté de montrer que l’équipe PISA de l’OCDE tendait à réaliser de plus en plus d’analyses secondaires afin d’améliorer l’utilité de l’enquête en termes politiques, ce qui permettrait également au programme PISA d’évoluer afin de garder son importance auprès d’une plus grande variété de publics.

Notre analyse souligne que les analyses secondaires présentées par l’OCDE découlent d’une interprétation causale des données qui n’est pas justifiée au sens statistique strict. Les matériaux écrits, dont les rapports PISA, semblent très prudents quant aux critères scientifiques et aux statistiques, mais il apparaît toutefois que les messages diffusés sont souvent concis, simplifiés et ne respectent pas tous les principes scientifiques.

Les analyses réalisées à partir des données PISA et leur interprétation par l’OCDE mettent de l’avant certains modèles et certaines pratiques éducatives qui reflèteraient, en partie du moins, le système de valeurs et les idées de la Direction de l’Éducation.

Les recommandations, de nature politique, qui sont tirées de ces analyses doivent être considérées comme un point de départ pour l’élaboration de politiques, mais elles devraient également s’appuyer sur des recherches supplémentaires qui tiennent compte du contexte national d’implantation.
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"L’exploitation des enquêtes PISA : entre rigueur scientifique et exigences politiques" 11 Nov 2013 09:00 #8375

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Loys dit:
Les analyses réalisées à partir des données PISA et leur interprétation par l’OCDE mettent de l’avant certains modèles et certaines pratiques éducatives qui reflèteraient, en partie du moins, le système de valeurs et les idées de la Direction de l’Éducation.

C'est particulièrement flagrant dans la production d'Eric Charbonnier, employé de l'OCDE et blogueur du Monde. Un exemple parmi d'autres : un article sur les problèmes de discipline en France, qui disait que la solution, c'était d'adoucir la pédagogie, pour que l'école cesse d'être l'endroit qui produit de la violence (je caricature, mais à peine).
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Quel sens accorder à PISA ? 11 Nov 2013 17:15 #8380

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Merci pour le compliment initial et l’intérêt que vous accordez à ma prose. Je ne sais si elle le mérite mais ce qui est à mon sens sûr est l’intérêt que l'on doit accorder au rôle particulier de PISA mais à condition de saisir qu'on ne peut le comprendre vraiment que si on comprend le rôle général des tests depuis les années 60.

Je pense que l'on pourrait montrer une corrélation inattendue pour les amateurs de tests, celle entre l'augmentation du rôle des tests et la baisse du niveau scolaire.

Ceci dit, pour résumer ce rôle général des tests, je renvoie à 2010 et à mon interview par Luc Cédelle
MD : Et surtout, ces nouveaux programmes [de 2007] allaient être publiés dans un contexte national et international d'évaluationnite aiguë, d'ailleurs justifiée par le mouvement antipédagogiste qui s'appuyait sur une analyse de part en part fausse : si l'on obtient la liberté de l'enseignement, on doit avoir un contrôle des résultats.
LC :Je vous trouve osé, là... Dès qu'il est question d'évaluation, vous dégainez le concept d'évaluationnite ! Vous voudriez que les enseignants fassent ce qu'ils veulent comme ils le veulent et quand ils le veulent ? Avec l'argent de l'Etat et sans jamais de comptes à rendre sur leurs résultats ? Dans ces conditions, effectivement, il n'y aurait plus que le marché comme arbitre...
MD :La question de l'évaluation est au croisement de la liberté pédagogique, du rôle des programmes et ce que l'on appelle maintenant les modes de gouvernance... Elle est centrale, très complexe et très mal abordée.

Ce que l'on appelle depuis une trentaine d'années « l'évaluation » recouvre en gros toutes les méthodes de contrôle de fonctionnement du système scolaire, en particulier du niveau des élèves, basées principalement sur des tests et utilisant le plus souvent un fort appareillage statistique, censé donner un caractère scientifique à la chose.

Ces méthodes représentent l'extension des formes mercantiles à l'enseignement. Un aspect aujourd'hui central à Bercy et dans tous les rectorats est la nouvelle gouvernance de l'appareil scolaire, centrée sur la gestion des flux d'élèves, considérant par exemple le redoublement sous sa « dimension économique tout d'abord [...], sa dimension pédagogique ensuite»

Elle n'est pas éloignée de deux autres conceptions. Celle qui pose le problème en termes de deal entre l'octroi de la liberté pédagogique et « l'obligation de résultats ». Et l'autre, complémentaire, qui confond l'appréciation de la valeur du système scolaire et l'appréciation du travail d'un maître.

Cette dernière se passait sous la forme d'inspections dont le contenu consistait avant-guerre non pas à construire son avis exclusivement à partir de la leçon du jour - c'est ce qui est fait aujourd'hui et c'est cela qui mérite d'être taxé de ringardise - mais notamment à poser aux élèves des questions permettant de savoir ce qu'ils avaient retenu des leçons des mois précédents.

Il n'est nullement question que les enseignants fassent « ce qu'ils veulent... » car ils doivent suivre les programmes. La liberté pédagogique ne signifie pas l'autorisation de faire n'importe quoi et s'exerce dans le cadre des programmes, à condition qu'ils soient cohérents et riches.

Mais la liberté pédagogique devient effectivement n'importe quoi lorsque les programmes sont de piètre qualité, lorsque l'enseignant n'a pas une formation disciplinaire suffisante et lorsqu'il est en face d'élèves qui ne possèdent pas majoritairement les prérequis nécessaires pour assimiler ce que l'on est censé leur apprendre.

Je n'ai pas la prétention de convaincre qui que ce soit en quelques mots sur un sujet aussi fondamental. Cependant une remarque : l'école primaire jusqu'aux années 50 en France, n'organisait ni tests, ni évaluations au sens où cela est entendu maintenant. Il serait peut-être judicieux de comprendre comment elle procédait.
[...]
Le fond du problème est que la mise en place des "systèmes d'évaluations" a eu comme résultat de déposséder les instituteurs qui, ne l'oublions pas, étaient les seuls à réellement connaître leurs élèves, de tout pouvoir sur leurs orientations. C'est donc une réforme qui a atteint globalement ses objectifs.

Ceci dit, je suis tout à fait d'accord avec vos remarques finales. et je rajoute une partie de cet interview pour préciser ce qu'est "La vie moderne"
Une chose est sûre : la forme mercantile envahit tous les domaines de la vie sociale et personnelle. Et la principale caractéristique de cette forme est l'exigence de croissance absolue qui ne peut se manifester qu'en rendant obsolète tout ce qui existe. La tendance fondamentale de nos sociétés est donc l'innovation contre la tradition y compris et surtout sur le marché des idées.

Michel Delord, ex élève de A' (dernière génération), ceci expliquant peut-être cela..
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"Nos mauvais résultats aux tests Pisa ne sanctionnent pas les élèves, mais nos politiques" 30 Nov 2013 23:21 #8625

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A lire sur "Slate" du 29/11/13 : "Nos mauvais résultats aux tests Pisa ne sanctionnent pas les élèves, mais nos politiques" par Louise Tourret.

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"Nos mauvais résultats aux tests Pisa ne sanctionnent pas les élèves, mais nos politiques" (Slate) 01 Déc 2013 00:22 #8626

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Avant Pisa, la désolation scolaire était un sujet qui semblait très idéologique. Nous avions –à vrai dire nous les avons toujours– d’un côté des «conservateurs» qui dénonçaient la fabrique de crétins qu’était devenue l’école, et de l’autre une critique plus sociologique qui pointait la faiblesse d’une institution qui trie les élèves en perpétuant la reproduction sociale.
Je me souviens surtout de personnalités vantant la hausse du niveau. :devil:


Mais Pisa a fait bouger nos perceptions collectives de l’école: oui, quand on compare nos résultats, il y a bien un problème de niveau pour la grande masse de nos élèves, ceux qui ne sont ni très bons ni très faibles, et oui les écarts entre les meilleurs élèves et ceux qui sont le plus en difficulté sont très corrélés en France à l’origine sociale. Mais il y a pire: ces écarts se creusent.
Ce que nous ne cessons de dénoncer ici. :|

Que dit Pisa pour la France?

Les résultats des enquêtes de 2000, 2003, 2006 et 2009 seraient bien trop longs à détailler ici, mais dans ses grandes lignes, Pisa montre que notre pays occupe une place très moyenne dans le classement. Par exemple, nous étions 18e en 2009. Une place médiocre qui a surpris lors de la première parution de l’enquête, et qui a fait de cette dernière l’objet de bien des critiques.
Une "place" qui ne veut surtout pas dire grand chose puisque les pays classés sont très proches les uns des autres. Les écarts sont le plus souvent statistiquement non significatifs.

D’abord sur le principe, l’enquête émanant d’une organisation internationale, on lui reprocha de trop dépendre de critères d’évaluation anglo-saxons.
Ce qui est fondamentalement vrai, comme j'ai pu le constater en tant que correcteur de la première session. Ce qui est attendu par PISA n'a pas grand chose à voir avec ce qui est attendu par l'école française.

Pisa semblait trop éloignée de nos standards académiques pour juger notre système scolaire. Les critiques ont donc porté sur la méthodologie, la nature des questions posées, les QCM.
Seule question : ces critiques étaient-elles fondées ?

L’enquête manipulait une notion au départ étrange à nos yeux: la littératie, c'est-à-dire la capacité des élèves à mobiliser leurs connaissances dans des exercices moins scolaires et par extension dans la vie quotidienne.
Fonder l'enseignement sur la seule utilité pratique et immédiate n'est effectivement pas une caractéristique française.

Mais l’OCDE a défendu son travail. Et ses réponses sont éloquentes. Par exemples, les élèves français sont plutôt bons en QCM et plutôt médiocres quand il s’agit de développer les réponses. Là où nous sommes très forts en revanche, c’est pour le taux de non réponse au questionnaire, et comme le rappelle Eric Charbonnier, analyste à la direction de l'Education de l’OCDE, la France se trouve dans le groupe de tête pour ce qui concerne le stress scolaire, recueillant la troisième place pour l’anxiété en 2003, derrière le Japon et la Corée.
On peut l'interpréter comme du "stress scolaire" mais aussi comme de l'exigence. Ne pas répondre peut aussi être une qualité, et répondre au hasard un défaut. Les tests sous forme de QCM y invitent d'ailleurs...

Concernant les évaluations des élèves, les statisticiens de l’Education nationale soulignent à quel point les données de cette enquête recoupent leurs propres études. Ainsi en 2009, par rapport à 2000, les écarts se sont-ils creusés. Deux groupes d’élèves ont vu leurs effectifs s’accroître dans l’étude française: les très faibles et les très forts. Nos statisticiens parlent de «grand écart dans la compréhension de l’écrit».
J'ai bien une idée ou deux sur les causes de ce grand écart. :twisted:

D’ailleurs, si vous êtes classé CSP++, d’après Pisa ce n’est sûrement pas la peine de vous inquiéter: pour les plus favorisés, l’école fonctionne toujours très bien!
Non, pas aussi bien, malheureusement. On ne parle ici que de la littératie, qui s'acquiert autant dans le cadre de la famille que dans le cadre scolaire.

Mais tout de même, des résultats à ce point médiocres, qui nous situent derrière des pays aussi différents que la Belgique, l’Estonie ou les Etats-Unis, cela commence à devenir embarrassant.
En quoi serait-il embarrassant d'être derrière la Belgique ? Surtout que l'écart n'est que d'une douzaine de points sur 400. Et techniquement en 2009 les États-Unis étaient derrière la France... à 0,5 point près. :xx:

Surtout si, comme nous avons pu l’entendre lors du point presse organisé par les statisticiens du ministère, l’arrivée de nouveaux pays asiatiques nous fait encore perdre des places. A l’heure qu’il est, c’est le Vietnam qui menace de nous faire reculer dans le classement.
Il y a effectivement une majorité de pays asiatiques dans les pays les mieux classés. Que faut-il en penser ? :scratch:

Alors que faire?

Le problème, c’est peut-être paradoxalement que l’école est en France un sujet traditionnellement très politique. Les mauvais résultats de Pisa ont servi à chaque ministre de l’Education soucieux de dénoncer l’état dans lequel il trouvait l’école à son arrivée aux affaires. Dans ses discours, Luc Chatel ne s’en servait pas moins hier que Vincent Peillon aujourd’hui.
Vincent Peillon justifie ainsi par les mauvais résultats PISA la réforme des rythmes et le retour à la semaine de 4,5 jours alors que les résultats de 2012 concernent des élèves qui n'ont connu que la semaine de 4,5 jours ! :cheers:

Lui aussi dénonçait les inégalités sociales avec vigueur. En fait, enquête après enquête, tout le monde y a trouvé matière à critiquer l’adversaire politique.
Il faut bien dire que l'alternance politique ne change pas grand chose, à quelques différences près. Malheureusement.

Faites le calcul: sous quels gouvernements et quel ministre un élève de 15 ans en 2000, 2003, 2006, 2009 a-t-il passé sa scolarité? Tout le monde (et personne en particulier) peut-être responsable de nos mauvais résultat.

Vincent Peillon n’a rien à craindre des mauvais résultats à venir, il n’en n’est pas responsable.
Non mais les programmes mis en place par la majorité socialiste dans les années 90 et au début des années 2000 pourraient bien l'être.

Le ministre ne s’est d’ailleurs pas privé de faire courir publiquement la rumeur lui-même. C’était le cas tout récemment devant le congrès des maires: «Vous allez le voir encore avec l’étude Pisa qui sera présentée début décembre, nous accroissons les inégalités scolaires.»
Aucun rapport, donc, avec les rythmes... :santa:

Et l’UMP aussi s’alarme: le 23 octobre, la député Annie Genevard annonçait que la France allait perdre 2 places au prochain classement…
Avec un demi-point ?

Renseignements pris à l’OCDE, où on ne peut rien dire officiellement avant le 3 décembre, il apparaît, d’une part que l’organisation elle-même ne disposait pas encore des données définitives au moment où ces déclarations étaient faites, et d’autre part que nos résultats, nous dit-on du bout des lèvres, ne seraient même pas si médiocres cette année.
:transpi:

Bref, si l’enquête a pris de l’importance et si les politiques reconnaissent la qualité de son diagnostic c’est peut-être, comme l’avance François Jarraud, le rédacteur en chef du Café pédagogique, parce que les politiques n’utilisent Pisa que pour conforter des idées qu’ils ont déjà à l’esprit…
Effectivement. :evil:

Mais comment cela se passe-t-il ailleurs? L’OCDE fait plutôt bien la promo de son enquête. Andreas Schleicher, chef de la Division des indicateurs et analyses de l'éducation, nous parle des programmes les plus spectaculaires que certains pays ont mis en œuvre pour redresser la barre:

«En 2000, le Brésil était dernier. Mais ce pays a réagi de manière volontaire. Il est toujours en bas de classement, mais il a réalisé la plus énorme des progressions.
+8% en neuf ans.

L’Allemagne, elle, s’est rendue compte en 2000 à quel point son système était inégalitaire. Les autorités se sont vraiment concentrées sur ce sujet précis. L’Allemagne a divisé les mauvaises performances des élèves d’origine immigrée par deux et réduit les écarts sociaux.
Mais elle n'a progressé que de 0,8% en neuf ans.

Idem pour la Pologne qui a réduit les inégalités entre ses écoles. Le Japon avait des bons résultats en 2000, mais les élèves étaient médiocres dans les tâches qui requéraient des compétences plus créatives et pour les questions ouvertes, pour lesquelles il fallait rédiger une réponse un peu étoffée. Dans ce pays, la conclusion qui a été tirée de l’enquête a abouti à une reforme des contenus des programmes et des pédagogies, et cela a été visible dans les résultats.»
Le Japon a légèrement baissé (-2,6%) et a reculé de la première à la sixième place (avec des nouveaux venus). :mrgreen:

Et on peut ajouter d’autres exemples. Vous avez peut-être entendu parler du «modèle finlandais». Pisa a mis la Finlande sur un genre de piédestal éducatif. Le pays est devenu un eldorado pédagogique, à propos duquel on a beaucoup écrit, réalisé des reportages, établi des comparaisons.
En oubliant plein de petits détails. :devil:

Dans l’école finlandaise (où l’on apprend à lire à 7 ans!)...
Une langue transparente de 28 graphèmes pour 28 phonèmes (contre 130 et 34 pour le français).

...les élèves sont suivis avec des pédagogies différenciées qui permettent aux enseignants de s’adapter aux différents niveaux dans leur classe et de moduler leurs cours pour que tous les élèves puissent progresser.
Avant de parler de nouvelles pédagogies merveilleuses on pourrait parler de la rémunération des enseignants ou du taux d'encadrement (trois élèves de moins par classe en primaire en 2010). Rappelons que "La France dernière de l'OCDE pour l'encadrement des élèves" ("Le Monde" du 14/02/2011)

Mais ce qu’il faut surtout rappeler, c’est que la Finlande a réformé son école de manière radicale depuis le milieu des années 1970. Son système éducatif,qui était élitiste, a en quelque sorte relevé son plancher: il y a moins de mauvais élèves en Finlande et les élèves moyens sont meilleurs qu’en France.
Enfin les élèves sont quand même choisis par les lycées et subissent une sélection drastique à l'entrée à l'université. :cheers:

Autre cas: la Corée, qui cartonne aussi en tête de classement, avec un progrès notable visible d’une enquête à l’autre. Comme la France, la Corée dispose d’une élite de qualité, mais surtout ce pays a relevé son niveau en maintenant celui des autres groupes. Ce qui prouve qu’une élite brillante peut se conjuguer avec une exigence forte pour tous les élèves.
Avec une "pédagogie différenciée" ? :devil:

Quand on parle avec Eric Charbonnier, on comprend que le message de l’OCDE consiste à dire que les Etats peuvent agir.
On peut l'espérer mais il ne s'agit pas d'agir dans le mauvais sens.

Avec les exemples de l’Allemagne, de la Pologne et du Portugal, pour prendre des pays culturellement assez proches du nôtre, l’OCDE avance qu’il est possible de mener des réformes –sur dix ans, et même cinq– qui portent leur fruit. Cela paraît terriblement complexe en France, mais si cela a été possible en Allemagne, où les Länder menaient des politiques éducatives bien différentes, cela doit être envisageable dans de nombreux autres pays...
En rappelant que l'effort de l'Allemagne pour sa dépense éducative a été beaucoup plus conséquent sur la période considérée.

Évolution des dépenses d’éducation en % du total des dépenses publiques entre 2000 et 2009


Et Charbonnier avance les idées phare de l’OCDE: la formation des enseignants est essentielle, la formation continue;
Bizarre car on n'a jamais formé autant les enseignants que depuis qu'on a créé les IUFM en 1989. Les résultats auraient dû monter en flèche, non ?

il faut attirer de bons étudiants vers le métier et le rémunérer convenablement.
Un point retenu par la majorité des pays de l'OCDE (+20% sur dix ans contre -8% en France selon Eric Charbon nier lui-même).

Il faut aussi former les chefs d’établissement: à Singapour, cette formation dure un an par exemple. Et surtout, il est vital d’agir sur l’échec scolaire.
Mieux : de ne pas le créer artificiellement dès le primaire. :evil:

Eric Charbonnier ne donne pas tout à fait tort à Vincent Peillon sur certains dossiers. Les rythmes scolaires devaient être réformés...
Pas les rythmes hebdomadaires...

...puisque les comparaisons montrent que nous avons des semaines chargées et mal équilibrées (mais aussi trop de vacances d’été) contrairement aux pays qui réussissent le mieux.
La Finlande a des vacances d'été de 11 semaines (contre 8,5 en France). :transpi:

Oui, il faut aussi donner plus de moyens au primaire, qui est relativement sous doté en France, c’est le sens du dispositif «plus de maîtres que de classe» par exemple.
C'est comme si c'était fait : les candidats se pressent aux concours de recrutement. :spider:

Mais aux yeux de l’expert, il faut surtout une réforme cohérente et claire sur ses objectifs. Et la baisse de l’échec scolaire devrait être le premier d’entre eux en France. D’ailleurs, on le reconnaît à la DEPP (Département de l’évaluation, prospectives et performances de l’Education nationale). Catherine Moisan, sa directrice, estime que nous pourrions être vraiment beaucoup mieux classés dans Pisa rien qu’en diminuant le nombre d’élèves en grande difficulté.
On pourrait dire que l'objectif au départ, c'est de diminuer le nombre d'élèves en grande difficulté, pas d'être mieux classé. :roll:

Qu'en conclure?

Pisa évalue le niveau des élèves...
Enfin un certain niveau.

...mais elle nous montre aussi que les politiques scolaires volontaristes et explicites peuvent inverser la tendance. Il n’est pas obligatoire d’appliquer les recettes de l’OCDE, mais si des pays comme la Corée ou la Finlande se trouvent en tête du classement avec des systèmes éducatifs extrêmement différents, c’est aussi parce qu’ils mènent une politique éducative cohérente, continue et consensuelle.
Sans doute.

Peut-être faudrait-il en France recentrer aussi le débat et faire un peu moins de publicité aux polémiques stériles qui masquent les vraies urgences: dans notre pays, on passe plus de temps à s’indigner de ce que 80% d’une génération décroche le bac et que le diplôme soit moins prestigieux qu’au bon vieux temps, qu’à se soucier du sort des 150.000 individus qui quittent chaque année le système sans formation, dans un pays où l’accès à l’emploi est de plus en plus lié au diplôme.
C'est-à-dire qu'on peut s'interroger quand même sur le sens d'un pays médiocre dans les comparaisons internationales mais qui conduit chaque année plus d'élèves à un diplôme ouvrant les portes du supérieur. :santa:

Correction : c'est 73,1% d'une génération en 2013 mais il ne faut pas oublier ceux qui obtiennent un CAP. Et que vraisemblablement moins de 100.000 jeunes quittent le système scolaire sans diplôme aujourd'hui. Ensuite on peut s'interroger sur la valeur de ce diplôme... :devil:

Bref, ce n’est pas aux élèves français que Pisa attribue une mauvaise place dans le classement, ni à leurs enseignants, c’est à un discours et des politiques éducatives qui n’ont pas été à la hauteur. Pour parvenir à redresser l’école française, il faudra que les politiques et les citoyens s’accorde sur des objectifs, les placent au centre et tiennent leurs priorités dans le temps.
Oui mais sans se tromper de diagnostic pour éviter une saignée supplémentaire. :fur


Mais quand on connaît l’histoire du débat éducatif dans notre pays, on ne peut pas dire que cette conclusion soit vraiment optimiste.
C'est surtout l'absence de débat au niveau décisionnel qui frappe. La cohérence idéologique de l'action du Ministère de l'EN, quelle que soit la majorité, a quelque chose de saisissant.
Ce qui est moderne peut (aussi) être idiot.
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"Pisa, un fétiche utile à quoi ?" 01 Déc 2013 19:06 #8628

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A lire cet article de Didier Muguet : "Pisa, un fétiche utile à quoi ?" : www.questionsdeclasses.org/IMG/pdf/pisa.pdf

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"Pisa, un fétiche utile à quoi ?" 02 Déc 2013 00:07 #8629

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@du système coréen :
44 % des étudiants abandonnent avant d'avoir un diplôme universitaire.
Quand on voit les chiffres en France, où chaque année, seuls 47,5 % des étudiants en première année de licence passent en deuxième année, nous n'avons pas l'air d'être bien meilleurs que ces si mauvais coréens. Certes, le Français s'accroche, il redouble, il se réoriente, on a bien vu combien il était difficile d'avoir d es chiffres pour une statistique aussi simple en apparence.
celui du nombre de suicides de jeunes qui n'arrivent pas à supporter les exigences que l'on fait porter sur eux. En 2009, 202 élèves du secondaires se sont suicidés selon les chiffres du ministère.

Avec plus de 550 suicides pour les 15-24 ans, nous ne sommes pas très loin des coréens. Certes le chiffre pour les collégiens seulement n'est pas diffusé en France, mais ça ne donne pas l'impression que nos jeunes ont une meilleure santé mentale que les sud-coréens.
Selon un universitaire très critique de ce système, les élèves coréens sont préparés pour les tests,
On entend le même genre de critique quand on parle du bachotage...
Autrement dit, l'école fabrique énormément de jeunes dociles, mais privés de ce qui fait une éducation culturelle complète et riche. "L'école est morte, l'éducation reste morte, les élèves agonisent", dit un jeune coréen
Effectivement, le témoignage est de haute valeur.
Ce système est somme toute conforme au totalitarisme qui a régné et règne encore sous d'autres formes dans ce pays, la dictature militaire ayant été remplacée par la dictature patronale
Mais quel argument facile !

La France a subi l'occupation Nazi, la dictature patronale n'est pas absente non plus. En écoutant bien, la France est surement dans le même cas, voir pire que la Corée du Sud...



Bref, j'ai quand même l'impression qu'on parle d'un pays lointain, que peu de personne connait, balançant des chiffres en vrac pour discréditer l'utilisation des résultats des enquêtes Pisa, mais on tombe dans les mêmes travers que ceux qu'on essaye de critiquer.


@de la méthodologie très discutable de l'enquête PISA :

La partie où on se met à nous parler de la sémantique générale et de Korzybski est surement très intéressante, mais elle a l'air de remettre en question toute forme d'évaluation classique plutôt que celle de PISA en particulier.

Plein de questions sont posées, mais en mettant en question de manière aussi abrupte le principe même de synthèse avec un seul indicateur chiffré, je sens venir le rejet total de l'évaluation dans son principe d'évaluation plutôt que des points précis.

Or au départ, l'introduction laisse entendre qu'il y a une bonne façon d'interpréter les résultats de ces enquêtes PISA. Mais si la méthodologie est si mauvaise, pourquoi s'évertuer à interpréter d'une meilleure façon ces résultats ? Toute cette hargne pour dénigrer ces enquêtes PISA discrédite l'analyse alternative qui est faite en introduction.


Oui, La Science, La Culture, ne sont pas définit clairement, et même Jean-Marc Lévy-Leblond, qui est cité dans cet argumentaire, qui a travaillé sur ce genre de question ne donne pas une réponse claire et univoque à ce genre de question. À voir tous les travers décrits, je vois bien des travers que nous avons en France. S'engager autant dans la critique de la définition de la science, vouloir à tout prix y insérer un aspect politique, c'est surement louable, mais je trouve que c'est perdre le lecteur dans l'argumentation. Je peux être d'accord ou non avec les arguments, s'ils n'ont pas vraiment de rapport avec la problématique posée, ça s'appelle noyer le poisson !
Mais on s'étrangle à la lecture des items censés évaluer ce qui devrait être une préoccupation d'ado de 15 ans
Certes avec l'idéologie actuelle où on est encore jeune à 28 ans, et donc pas encore entré dans la vie active, effectivement tous ces exemples sont hors de propos.


Tout ça pour quelle conclusion ? Celle-ci :
PISA est un instrument d'objectivation de l'homogénéisation que la comparaison cherche à imposer. PISA cherche à produire quelque chose qui n'existe pas! L'équivalence. Le sacro-saint moteur de la dynamique capitaliste.
L'idée même d'instaurer une commensurabilité sur la multiplicité hétérogène des différences culturelles, sociales, éthiques, éducatives est une contradiction insoluble, mais la maitrise, le contrôle, la capture sont à ce prix.
Si PISA n'a aucune "valeur scientifique", c'est bien parce qu'il s'agit d'un dispositif de pouvoir, non pas réglé sur une logique épistémique de vérité mais sur une contrainte normative de productivité ; non pas d'efficacité mais de performativité, à tout prix, quelles qu'en soient les conséquences.
Quand à la France qui prévoit la ré-écriture des programmes scolaires, on n'a pas vu l'ombre du bout de la queue d'une esquisse de questionnement sur ces orientations.

Heureusement que l'introduction est plus accessible...
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"Pisa, un fétiche utile à quoi ?" 02 Déc 2013 00:27 #8630

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Je n'ai pas le temps d'analyser cet article ni de vous répondre sur tout.

Juste en passant : il est quand même vrai que le modèle éducatif coréen est très particulier et rarement pris en modèle par nos amis néo-pédagogues. :devil: Concernant le taux de suicide des adolescents, on peut comparer en 2008 avec une étude de l'OCDE publiée en 2011 : ce taux avoisine 4 pour 100 000 adolescents de 15-19 ans en France contre 7 pour 100 000 en Corée (et presque 12 pour 100 000 en Finlande). A croire que la réussite à PISA est corrélée au taux de suicide...

Sur le caractère contestable de certains indicateurs de l'OCDE, je vous renvoie à celui sur la souffrance à l'école précisément : comme quoi, sous une apparence de rigueur évaluative et de scientificité peuvent se dissimuler des mesures folkloriques.
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"Pisa, un fétiche utile à quoi ?" 02 Déc 2013 01:24 #8632

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Loys dit:
Concernant le taux de suicide des adolescents, on peut comparer en 2008 avec une étude de l'OCDE publiée en 2011 : ce taux avoisine 4 pour 100 000 adolescents de 15-19 ans en France contre 7 pour 100 000 en Corée (et presque 12 pour 100 000 en Finlande). A croire que la réussite à PISA est corrélée au taux de suicide...

Le chiffre le plus élevé pour la Finlande, l'un des pays qui a la moins d'ensoleillement dans l'année, ce qui n'est pas très bon pour le moral. Doit-on forcément lier le suicide à l'école ? :papy:

3 de plus chez les coréens par rapport à la France, c'est confirmé avec es chiffres, je n'appelle pas ça une véritable victoire pour la France. L'argument du taux de suicide est plutôt un contre-argument :( Certes il y a moins de suicides en France qu'en Corée, mais l'article nous fait croire qu'en Corée que les suicides de jeune constituent une véritable hécatombe.



Sinon, à propos du folklore derrière l'apparence de rigueur, je ne le nie pas. Je dis juste que si on s'évertue à prouver le caractère folklorique d'une étude, je ne vois pas comment on peut commencer l'article par tirer des interprétations de ces études.
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"Pisa, un fétiche utile à quoi ?" 02 Déc 2013 07:30 #8633

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Frist dit:
Le chiffre le plus élevé pour la Finlande, l'un des pays qui a la moins d'ensoleillement dans l'année, ce qui n'est pas très bon pour le moral. Doit-on forcément lier le suicide à l'école ? :papy:
Mais ce n'est pas moi qui ai établi ce lien, c'est le ministre de l'EN (voir l'article sur la souffrance à l'école cité ci-dessus) : les enfants français sont « ceux qui souffrent le plus, avec les petits Japonais » et « nous sommes le pays où les adolescents se suicident le plus [...] tout cela est lié [...]."
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"Pisa, un fétiche utile à quoi ?" 02 Déc 2013 11:50 #8634

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Commentaires à venir sur l'article de Didier Muguet.
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"PISA : A quoi s'attendre ?" (Café pédagogique) 02 Déc 2013 12:56 #8644

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A lire dans le "Café pédagogique" du 2/12/13 : "Les profs et PISA" et surtout "PISA : A quoi s'attendre ?"

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"PISA : A quoi s'attendre ?" (Café pédagogique) 02 Déc 2013 12:56 #8645

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"Pisa, révélateur des faiblesses de l'école française" (L'Express) 02 Déc 2013 14:32 #8649

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A lire dans "L'Express" du 02/12/13 : "Pisa, révélateur des faiblesses de l'école française" par Marie-Caroline Missir.

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"« PISA » comme « politiques scolaires »" (Claude Lelièvre) 02 Déc 2013 15:04 #8650

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A lire sur le blog de Claude Lelièvre : "« PISA » comme « politiques scolaires »" (02/12/13)

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"Éric Charbonnier : "La formation en Espé se rapproche des recommandations de l’OCDE"" (EducPros) 02 Déc 2013 15:09 #8651

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A lire sur "Educpros" du 2/12/13 : "Éric Charbonnier (Pisa 2013) : "La formation en Espé se rapproche des recommandations de l’OCDE""

Eric Charbonnier est expert en éducation à l'OCDE.

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Les résultats de PISA 2012 03 Déc 2013 07:12 #8666

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A écouter ce mardi matin à 8h30 sur RTL l'interview par Yves Calvi de quelqu'un que vous connaissez bien. ;)

www.rtl.fr/video/emission/le-choix-de-yv...ment-pisa-7767545895
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Les résultats de PISA 2012 03 Déc 2013 10:52 #8667

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A lire sur "Alternatives économiques" du 3/12/13 : "Pisa : comment font les autres ?" par Marie Duru-Bellat.

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Le bilan du MEN 03 Déc 2013 16:49 #8668

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"Enquête Pisa: réactions politiques" (VousNousIls) 03 Déc 2013 16:52 #8669

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A lire sur "VousNousIls" du 3/12/13 : "Enquête Pisa: réactions politiques"

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"La France, toujours championne des inégalités scolaires" (Libération) 03 Déc 2013 17:00 #8670

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A lire dans "Libération" du 3/12/13 :

- "La France, toujours championne des inégalités scolaires"

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- "Peillon juge les résultats de l'enquête Pisa «préoccupants»"

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- "Le classement Pisa, une «alerte rouge» pour l'éducation, selon Wauquiez"

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"Classement PISA : la France championne des inégalités scolaires" (Le Monde) 03 Déc 2013 17:05 #8671

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"Classement PISA : la France championne des inégalités scolaires" (Le Monde) 03 Déc 2013 18:00 #8672

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Le rapport peut être téléchargé ici : www.oecd.org/pisa/keyfindings/pisa-2012-results.htm

Un des points étonnants dans mes vérifications personnelles : la France, en moyenne des trois domaines d'évaluation, remonte de la 25e à la 24e place lors même qu'un petit nouveau entre dans PISA devant nous (le Viêtnam) et le score moyen réalisé par la France est en légère hausse (de 496,9 à 499,7 points). Quatre pays passent derrière nous (Islande, Norvège, Danemark et Slovénie) et deux passent devant nous (République tchèque et Autriche).

C'est le meilleur score réalisé par la France depuis 2003 (même s'il ne faut attacher aucune réelle importance à des évolutions si ténues ou à des écarts et donc des classements si peu significatifs).

Comment se fait-il que le classement présenté dans la presse soit celui d'un recul ? :scratch:

- "Education : la France perd du terrain dans le classement mondial Pisa" ("Les Echos")
- "Éducation : au classement PISA, la France perd deux places" ("Huffington Post")
- "Classement Pisa : le recul de la France doit «servir d'électrochoc», selon Ayrault" ("Le Parisien")
- "Classement Pisa : la France rétrograde à la 25ème place" ("TF1")
etc.

L'explication : dans le rapport les pays sont classés dans l'ordre des résultats en "culture mathématique" (la dominante 2012), et non de la moyenne de leurs résultats dans les trois domaines.
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"Comment PISA est devenu la norme mondiale de l'évaluation scolaire" (Le Monde) 03 Déc 2013 22:18 #8678

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A lire dans "Le Monde" du 3/12/13 :

- "Comment PISA est devenu la norme mondiale de l'évaluation scolaire" par Maryline Baumard

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- "Education : « L'implication des parents compte, elle peut être un levier d'action publique »"

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Et ces témoignages recueillis par "Le Monde" : "Il y a toujours eu de bons et de mauvais élèves mais l'écart est devenu un gouffre"
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