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SUJET : L'anti-déclinisme dans le rétro (ou pas)

L'anti-déclinisme dans le rétro (ou pas) 28 Déc 2013 09:54 #8982

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Compte tenu de la multiplication des indicateurs alarmants, on assiste à l'heure actuelle à une multitude de revirements saisissants sur l'état de l'école.

J'ai donc pensé qu'un fil de discussion recensant, au gré des découvertes sur le web, les articles niant jusqu'ici ou relativisant le naufrage et fustigeant les "déclinistes" ou "déclinologues" (ceux qui font le constat d'une dégradation objective du niveau), serait non seulement amusant à lire mais permettrait de mettre dans une plus juste perspective les propositions actuelles de ceux qui ont ainsi quelque peu viré leur cuti.

Comme dit si bien Michel Delord, si tout va bien, à quoi bon "refonder" l'école ? :devil:

Pendant que nous y sommes, continuons de recenser également les articles qui continuent de fustiger le "déclinisme" ou bien, à rebours, ceux qui accusent l'école de n'avoir pas changé.

A lire ici : www.laviemoderne.net/forum/les-indicateu...t-claude-thelot#8984
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2001 : "École : le niveau baisse-t-il ?" (Alternatives économiques) 28 Déc 2013 10:00 #8983

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A lire dans "Alternatives économiques" n°198 décembre 2001 : "École : le niveau baisse-t-il ?" par Vincent Troger.

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Voir aussi : "L'âge d'or n'a jamais existé" dans "Libération" du 5/09/2002. Le niveau en français a-t-il baissé ?

Denis Paget dit:
On n'en sait rien. Il n'existe pas d'instrument de mesure rigoureux pour l'affirmer. Même la comparaison que cite Luc Ferry à partir du certificat d'études de 1920 est tronquée : à l'époque, les instituteurs ne présentaient que leurs meilleurs élèves à l'examen.

…Mais n'en restons pas là : disons aussi que dans d'autres domaines, les élèves sont meilleurs. C'est vrai en mathématiques.

Autre exemple dans le "Café pédagogique" du 30/09/2011 : "Quelques rappels historiques" par Jean-Louis Auduc.

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blogs.mediapart.fr/spinoza1670/blog/1711...l-baisse-ou-il-monte
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2003 : "N comme niveau" (Le Monde) 28 Déc 2013 10:09 #8985

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Il est bon parfois de prendre un peu de recul et de relire ce qui pouvait être écrit en novembre 2003 (p. 37) dans un petit bijou d'article du "Monde de L'éducation" sous la plume de Julie Chupin.

Michel Delord a analysé de manière magistrale cet article en 2003 et je recommande chaudement la lecture de son analyse que l'on peut télécharger à cette adresse : "C. Thélot – P. Joutard – B. Dancel – J. Chupin ou Et propter vitam, vivendi perdere causas. Pour vivre, perdre la raison de vivre"

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Les choses ont bien changé en dix ans... :devil:
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"Au certificat, seul un élève sur deux réussissait l'histoire" (Claude Lelièvre) 28 Déc 2013 10:10 #8986

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Dans "Le Monde" du 26/06/13 : "Au certificat, seul un élève sur deux réussissait l'histoire" avec Claude Lelièvre

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2007 : "Orthographe : à qui la faute ?" (Café pédagogique) 15 Mar 2014 17:04 #9898

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A lire dans le "Café pédagogique" du 12 février 2007 : "Orthographe : à qui la faute ?"

Et notamment ces considérations de Jean-Pierre Jaffré :

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2007 : "Orthographe : à qui la faute ?" (Café pédagogique) 15 Mar 2014 17:05 #9899

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"Lettre à un jeune professeur" (Philippe Meirieu) 22 Avr 2014 01:05 #10254

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En 2005, dans Lettre à un jeune professeur de Philippe Meirieu :

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Et en 2008 : "Faut-il en finir avec la pédagogie ?", conférence donnée dans le cadre du GREP, le 22 novembre 2008 à Toulouse


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"Le niveau baisse"... "une représentation" (Emmanuel Davidenkoff) 02 Mai 2014 19:53 #10356

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Variante actuelle :

Emmanuel Davidenkoff dit:
Cette évolution se nourrit de deux représentations solidement ancrées. La première est bien résumée par le dicton selon lequel "ce qui est rare est cher". En se banalisant, le bac aurait perdu de sa valeur - variante de la même représentation: "le niveau baisse".

www.laviemoderne.net/forum/cursus-et-exa...-bas-bruit-l-express
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"Education : l’école à Papa ? C'était la cata !" (Nouvel Obs) 23 Sep 2014 17:32 #11796

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Cet article m'avait échappé. Ç'aurait été dommage : "Education : l’école à Papa ? C'était la cata !" par Véronique Radier du "Nouvel Obs" du 9/09/14.

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Dans la même veine : "Bac : le niveau baisse… depuis toujours !" dans 'L'Obs" du 10/06/14 par Arnaud Gonzague.

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L'illettrisme selon les générations (INSEE) 23 Sep 2014 17:59 #11797

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C'est le nouvel argumentaire pour concilier naufrage de l'école et progressisme réformiste : l'école est peut-être en faillite mais c'était pire avant. Brillant ! :cheers:

A noter que le déni de la faillite continue d'exister mais n'empêche pas de proposer des solutions que rien pourtant ne rend nécessaire. :mrgreen:

Le niveau baisse… Les jeunes d'aujourd'hui ne savent rien. Le bac, donné à tout le monde, ne vaut plus tripette. Combien en sont convaincus et… consternés.
Et qu'en pense le "Nouvel Obs" ? Citons certains de ses articles de 2013 :
- "La France parmi les mauvais élèves du Pisa 2012"
- "Pisa: la France recule vers la moyenne, les inégalités scolaires creusées"
- "Pisa : la France championne des inégalités à l'école ?"
etc.

Comme chaque rentrée, des essais retentissant le proclament haut et fort : "Tableau noir" pour le très virulent Jean-Paul Brighelli qui hurle à la faillite, au désastre de notre école : "On ne donne même plus les bases".
C'est effectivement sur le constat des bases qu'il faut réfléchir puisque c'est le seul élément de comparaison avec "l'école à Papa". mais ça, le "NouvelObs" s'en garde bien. :devil:

Même les progressistes s'en alarment, pour la lecture par exemple.

Le linguiste Alain Bentolila lance, lui, un cri de colère : "Comment sommes-nous devenus si cons ?", criant lui aussi à la faillite d’une école qui tirerait les élèves vers le bas.
Tiens, un curieux conditionnel...

Les jeunes plus compétents que les seniors… en moyenne

Ils ont tout faux ! L’OCDE nous révèle en effet dans son édition 2014 de Regards sur l'Education, que les jeunes générations à travers le monde sont en réalité bien plus compétentes que leurs aînés, formés à cette fameuse école "d'avant".
Eh bien précisément : la comparaison ne tient pas pour deux raisons :
- les "aînés" ont bénéficié d'une scolarité obligatoire beaucoup plus courte
- les "aînés" en France n'ont pas nécessairement été scolarisés en France. Voir ce tableau sur l'illettrisme fourni par l'INSEE :


Plus diplômées, on le savait déjà, mais ces diplômes, loin d'avoir perdu leur valeur en étant obtenus par un plus grand nombre, répondent bien à un meilleur niveau. Ainsi, les 25-34 ans sont bien plus nombreux à obtenir le score maximal en littéracie (capacité à comprendre un texte écrit à en analyser les informations (18%) que les 55-64 ans (5%), soit 13 points d’écart, dans les 24 pays étudiés.
S'ils n'ont perdu de leur valeur, pourquoi le niveau de la France dans PISA reste-t-il stable sur la période 2000-2012 quand le taux d'accès au bac (+15%) ou le taux de mentions (pratiquement +100%) explosent sur la même période ? Et comment se fait-il que le diplôme protège de moins en moins du chômage ?

... En France aussi

C’est bien sûr également vrai en France où l’écart de compétence entre les générations atteint 11 points. Et nous partions de bien bas, avec 3% seulement de très "compétents" parmi les 55-64 ans, contre 14% chez 25-34 ans.
Quelle est la durée moyenne de scolarisation et le niveau d'études atteint par les 55-64 ans (pour ceux qui ont bien été scolarisés en France) ?

Bonne nouvelle, loin des élèves vers le bas notre école a réussi à rapprocher les plus jeunes désormais de la moyenne internationale dans ce domaine.
Heureusement puisqu'on atteint des taux de diplomation du supérieur records... Depuis un quart de siècle le nombre d’inscrits dans le supérieur a ainsi bondi près de 40%.

Vous avez dit excellence ?

L’OCDE nous avait déjà révélé voici une quinzaine d’années que nous n’étions pas, comme nous le pensions un pays très éduqué et savant, puisque la part des diplômés de l’enseignement supérieur en France était très inférieure par exemple à celle des Etats-Unis.
Un écart très facile à combler, s'agissant de l'attribution des diplômes...

Cette fois elle nous apprend que notre mythique école "d’autrefois", celle qui était censée conférer à tous une certaine excellence, laissait en réalité l’immense majorité des élèves à un faible niveau de compétence.
Quel scoop ! Il fallait attendre 2014 et un rapport de l'OCDE pour le découvrir. Quels experts de l'éducation, au "Nouvel Obs" ! :santa:

Mais au fait, quand Brighelli parle du naufrage de l'école, il parle bien des "bases", pas du taux de diplomation. Voilà qui permet de bien noyer le poisson...

Avec, chez nous, des écarts plus importants de compétence entre les adultes selon leur niveau d'étude qu'ailleurs. Autrement dit, ceux qui n'ont pu poursuivre dans le secondaire ou le supérieur sont d'avantage pénalisés dans leur capacité à s'adapter, à évoluer, à trouver ou retrouver un emploi.
Et certains qui ont suivi l'apprentissage, par rapport à ceux qui obtiennent le bac aujourd'hui ? :devil:

Pire, a niveau égal, les Français se révèlent moins compétents qu’ailleurs : seuls 19% de nos diplômés du sup obtiennent le score maximal en littéracie, contre plus de 30% en Australie, Finlande, Pays-Bas ou encore en Suède, et 25% en moyenne à travers les pays enquêtés.
Mais ça n'a rien à voir avec la "valeur" des diplômes, bien sûr. :xx:

Et ce mauvais score national se retrouve parmi ceux qui ont seulement suivi des études secondaires, ou primaires, quelle que soit la génération : là aussi leurs niveaux de compétence sont inférieurs à la moyenne de l’OCDE.
En France tous les élèves accèdent au niveau secondaire, ce qui est loin d'être le cas de tous les pays de l'OCDE...

L’organisation internationale nous invite en conséquence, à former les plus âgés et les moins qualifié des salariés. Une urgence sociale mais aussi économique.
C'est vrai : il est urgent de former les 55-64 ans (qui travaillent tous bien sûr) pour les préparer à la vie professionnelle ! :santa:

En fait toute la mauvaise foi de l'article repose sur l'ambiguïté d'un système inégalitaire... dont on fait croire qu'il n'était pas efficace. :fur
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"Education : l’école à Papa ? C'était la cata !" (Nouvel Obs) 24 Sep 2014 18:18 #11808

  • archeboc
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Loys dit:
- les "aînés" en France n'ont pas nécessairement été scolarisés en France. Voir ce tableau sur l'illettrisme fourni par l'INSEE :[..]

Et si on veut une comparaison internationale, sur les résidents nés à l'étranger, la fraction de ceux qui ne sont pas allés jusqu'au niveau PISA est de 39%. Seule la Belgique est au dessus. L'Allemagne, c'est 27%, UKUSA sont autour de 20%.
source : de mémoire, agrégation des données DIOC.
www.oecd.org/els/mig/oecdmigrationdatabases.htm

Et ce mauvais score national se retrouve parmi ceux qui ont seulement suivi des études secondaires, ou primaires, quelle que soit la génération : là aussi leurs niveaux de compétence sont inférieurs à la moyenne de l’OCDE.
En France tous les élèves accèdent au niveau secondaire, ce qui est loin d'être le cas de tous les pays de l'OCDE...

Tu as déjà donné la référence, mais je ne la retrouve plus.
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"Education : l’école à Papa ? C'était la cata !" (Nouvel Obs) 24 Sep 2014 22:26 #11811

  • Shane_Fenton
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J'ai trouvé 8 occurrences du mot "compétence" dans cet article. Cette obsession me paraît suspecte. En tout cas, j'ai bien aimé ce commentaire : "Brighelli et Bentolila parlent 'culture', au Nouvel Obs on répond 'compétences'. Tout est dit."
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"Education : l’école à Papa ? C'était la cata !" (Nouvel Obs) 25 Sep 2014 07:25 #11814

  • Desbois
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Je rapporte une petite expérience, qui ne vaut rien mais reste amusante. J'ai passé mon bac il y a 30 ans, en 1984, c'était la première année de la réforme Haby en 6e qui arrivait en classe terminale, donc nous avions passé la déferlante des maths modernes et nous étions juste au début de la pente descendante concernant les exigences mathématiques. J'ai regardé le sujet sur lequel j'avais planché et le constat est sans appel : je n'en peux rien récupérer pour mes élèves de TS cette année. Tout ce qui est nécessaire a disparu du programme, ce sujet est totalement infaisable. En 30 ans !

Quelle est la compensation ? Savent-ils autre chose ? Je ne sais pas... Je ne vois pas. Certes, je ne connaissais pas les lois normales et autres joyeusetés statistiques, mais ce ne sont que des compétences presse-calculette sans fondement théorique ni formateur. Étonnant, non ?
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"Education : l’école à Papa ? C'était la cata !" (Nouvel Obs) 25 Sep 2014 21:25 #11835

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Tu pourrais publier ce sujet ?
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"Education : l’école à Papa ? C'était la cata !" (Nouvel Obs) 25 Sep 2014 21:27 #11836

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Ce qui est moderne peut (aussi) être idiot.
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"Education : l’école à Papa ? C'était la cata !" (Nouvel Obs) 28 Sep 2014 18:51 #11857

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Sans problème.
Les transformations du plan ont disparu depuis longtemps : plus d'exercice 1
Idem pour les coniques : plus d'exercice 2
On pourrait détailler pour le problème tout ce qui a disparu, c'est ahurissant...
Et le sujet de 1983 était plus difficile...

C'est décourageant. Mes TS cette année rament sur des fractions, on en est là. Qui peut affirmer sans rigoler que le niveau monte ?
Pièces jointes :
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"Education : l’école à Papa ? C'était la cata !" (Nouvel Obs) 29 Sep 2014 11:09 #11861

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Desbois dit:
C'est décourageant. Mes TS cette année rament sur des fractions, on en est là. Qui peut affirmer sans rigoler que le niveau monte ?

Ils sont en phase avec leur ministre, qui ne se souvient plus de ce qu'est l’hypoténuse, et semble incapable de faire de tête une division par 10.
forum.hardware.fr/hfr/Discussions/Viepra...08_746.htm#t39611872
(notez le titre du topic : de profundis clamavi - je laisse Loys traduire)

Merci pour le sujet de bac d'il y a trente ans. Surprenant : il n'y a pas de dénombrement. Ce n'était pas encore au programme ?
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"Education : l’école à Papa ? C'était la cata !" (Nouvel Obs) 29 Sep 2014 11:33 #11862

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Je relève un commentaire de lecteur, assez mal rédigé mais plutôt fondé à mon avis, à la suite de l'article du nouvel obs :
[ La nouvelle ministre doit comprendre qu'il est nécessaire qu'un élève de primaire doit savoir tout simplement LIRE ,ECRIRE et COMPTER.C'est déjà pas mal!Et c'est tout! ]

Je continue à penser qu'il devrait normalement être universellement admis par 100% des français et des profs que l'école devrait apprendre à lire, à écrire et à compter, et que cela n'est pas suffisamment rappelé.

A ce sujet, je constate avec dépit que Loys n'a toujours pas créé de rubrique de propositions positives pour lesquelles les lecteurs pourraient voter. Or, on peut déplorer et critiquer à l'infini avec la subjectivité personnelle propre à chacun, mais ça ne peut en rien remplacer des propositions positives qui, SEULES, permettraient aux bonnes volontés d'avancer réellement dans une meilleure direction.

PS - au passage, je ne vois pas bien l'utilité de dénigrer gratuitement l'enseignement des probabilités et des statistiques : ce sont des matières dont j'ai quasiment le meilleur souvenir de toute ma scolarité et qui, au contraire de la plupart des autres matières du collège et du lycée, peuvent servir dans la vie courante
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"Education : l’école à Papa ? C'était la cata !" (Nouvel Obs) 29 Sep 2014 12:46 #11863

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Jack Mc Coy dit:
PS - au passage, je ne vois pas bien l'utilité de dénigrer gratuitement l'enseignement des probabilités et des statistiques : ce sont des matières dont j'ai quasiment le meilleur souvenir de toute ma scolarité et qui, au contraire de la plupart des autres matières du collège et du lycée, peuvent servir dans la vie courante

J'aimerais des exemples concrets d'usage dans la vie courante. Par ailleurs, il me semble que les probas enseignés il y a 15 ou 30 ans n'ont plus rien à voir avec celles d'aujourd'hui. En particulier la disparition du dénombrement rend totalement impossible le moindre calcul.
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"Education : l’école à Papa ? C'était la cata !" (Nouvel Obs) 30 Sep 2014 19:33 #11889

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@ archeboc : pour l'absence des dénombrements du sujet de 1983, c'est tout simplement parce qu'alors c'était un sujet parmi de nombreux autres, qui n'est pas tombé cette année là. Il n'y avait alors pas systématiquement un exercice de proba. Aujourd'hui les probas sont incontournables, les sujets sont très prévisibles, sachant que les probas se réduisent à des lois normales ou éventuellement binomiales avec tous les détails fournis, les calculs ne sont plus qu'un exercice de presse-calculatrice, sans aucun intérêt, idem pour les intervalles de fluctuations asymptotiques ou les intervalles de confiance qui sont de grands mots intimidants cachant des exercices totalement répétitifs et sans aucune initiative.
Quant à dire si les probas sont plus utiles dans la vie courante, je n'en sais rien, pour moi l'utilité des maths, si tant est qu'elles dussent en avoir, réside essentiellement dans l'enseignement de la rigueur et de la logique, dans le principe du doute perpétuel face aux affirmations gratuites, ce qu'on parvenait à faire à l'aide de la géométrie, qui a quasiment disparu.
Aujourd'hui les élèves sont dans leur grande majorité des oies qu'on gave de connaissances saupoudrées sans structure, c'est navrant, et tout le monde s'en fout...
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"L’indécrottable retour de la vieille école" (Catherine Mallaval) 24 Nov 2014 19:54 #12498

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"L’indécrottable retour de la vieille école" par Catherine Mallaval dans "Libération" du 9/11/14.

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"L’indécrottable retour de la vieille école" (Catherine Mallaval) 24 Nov 2014 21:05 #12499

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L’indécrottable retour de la vieille école
L'adjectif "vieux", dans la langue actuelle, renvoie à tout ce qui est indigne d'intérêt.

RÉTRO Baisse du niveau, égalité et mixité, manque de discipline… Moult ouvrages revisitent les enseignements d’autrefois. Et si c’était mieux maintenant ?
Pourquoi tout amalgamer ? :scratch:

La craie qui crisse. Les plumes Sergent-Major qui glissent de l’encrier au cahier ; les leçons de choses à observer les cotylédons d’un haricot ; les fleuves et les montagnes qui se détachent sur les cartes de Paul Vidal de La Blache ; et puis aussi les bons points, l’instituteur, ce «combattant du savoir» façonné par Jules Ferry, qui pose, fier, avec sa classe de garçons.

Comme un jet de sépia lancé sur des centaines de pages, les ouvrages qui revisitent l’école d’hier défilent. Ainsi, a-t-on pu, cette année, réviser les Méthodes de lecture de notre enfance (de Philippe Simon), enchaîner avec une histoire de Lycéens (de Marie-Hélène Westphalen), prolonger encore récemment avec Une si belle école, nous l’avons tant aimée (de Christian Signol), initialement un roman, qui a cartonné dans les 200 000 ventes. A peine le temps de le refermer que déjà paraissait la Vraie Histoire des instits, signé Olivier Magnan. Que des beaux livres. Un sacré sillon que celui du passé, souvent mâtiné de nostalgie. Creusé, labouré, magnifié par des clichés de gosses dont on inspectait les ongles et les cheveux, qui se tenaient bien en rang avant d’être studieusement penchés sur leurs cahiers, qui savaient lire, compter, décrocher le fameux certif…
Les clichés ont peu d'intérêt. En revanche la réalité du niveau...

A écraser une petite larme avec le revers de son tablier ? Stop. «C’est un classique qui revient régulièrement. Quand on n’a pas d’utopie porteuse, on se réfère à un passé mythique. Comme en ce moment, faute de cap. On a beau parler de refondation de l’école, l’idée ne passe pas dans le grand public et chez une partie des enseignants.
En même temps à quoi bon une "refondation" si l'école va si bien ? La contradiction n'effleure pas notre journaliste. Par, les réformes par elles-mêmes, peuvent être parfaitement critiquables...

Et comme, dans le même temps, la France n’est pas très bien placée dans les classements, notamment dans la lutte contre les inégalités. On en revient à nos mythes, telle l’école de la IIIe République, qui, dans nos esprits, englobe aussi la IVe République», analyse l’historien de l’éducation Claude Lelièvre.
Je vois mal en quoi un niveau qui serait meilleur relèverait du "mythe". Si on observe qu'il y avait moins de chômage avant le premier choc pétrolier, cela relève également du mythe ? :scratch:

Avec le terme "mythe" il s'agit de discréditer toute critique objective. A noter que Claude Lelièvre est moins un historien de l'éducation qu'un acteur engagé de l'école (ayant contribué, par exemple, au programme éducation de l'actuelle majorité).

Mais au fond, par-delà ces ouvrages qui, certes, ne manquent pas de charme, l’air si lancinant du «c’était mieux avant» sonne-t-il juste ? Inspection du passé-présent.

Avant, les écoliers maîtrisaient mieux le français ?

On se pâme sur les belles pages d’écriture, à l’encre bleue ou violette. Comme le raconte l’ouvrage de Christian Signol, «le débat a fait rage, à la fin du XIXe siècle, entre les tenants de l’écriture droite et ceux de l’école penchée : c’est la première qui a été retenue comme mieux à même d’éviter mauvaises postures et scolioses». Belle préoccupation. Belles lignes régulières aussi. Mais quid du contenu et, surtout, des fautes ?
C'est bien de poser la question, c'est mieux d'y répondre. On laisse ici entendre que la forme prévalait sur le fond, comme si l'un et l'autre n'étaient pas indissociables.

Les écoliers ont-ils perdu leur maîtrise de notre si complexe orthographe, avec - entre autres - l’autorisation du stylo-bille en 1965 ?
Un stylo dont l'écriture est plus facile... et plus malpropre.

«La question de l’orthographe est une sorte de totem français. Une obsession qui n’existe que chez nous. Et déjà au début du XXe siècle, on se plaignait d’une crise de l’orthographe. C’est récurrent. C’est encore revenu à l’entre-deux-guerres. A cette époque, on accusait la méthode de lecture globale non pas de ruiner la lecture, comme ce fut le cas dans les années 70-80, mais l’orthographe.»
Avec l'argument du relativisme, qui pose la baisse comme subjective, aucune baisse objective ne pourra jamais être constatée. :xx:

Mais, quand même, on est moins bon qu’avant, non ? «Ce qui est certain, c’est qu’avec l’allongement progressif des vacances, au siècle dernier, la fin des cours le samedi, etc., les écoliers d’aujourd’hui passent quasiment moitié moins de temps à faire du français que sous la IIIe République. Or, l’apprentissage de l’orthographe usuel requiert beaucoup d’heures. Il faut savoir ce que l’on veut, c’est tout.»
Voilà qui est en même temps un aveu de l'effondrement et en même temps que l'aveu qu'on pourrait bien se passer d'exigences aussi inutiles. On se demande bien pourquoi "Libération" accorde encore autant d'importance à l'orthographe d'ailleurs...

Avant, le niveau était globalement plus haut ?

Dites «niveau», et voilà des clichés du feu sacro-saint certificat d’études qui déboulent. «Mais de quel niveau parle-t-on ? Quelles générations compare-t-on précisément ? Sur quelles matières ?» balaie Claude Lelièvre.
La langue, voilà qui suffit bien, puisque sa maîtrise conditionne tous les apprentissages. Le relativisme est ici très orienté.

«Dans les faits, seule une minorité décrochait le fameux certif, enchaîne Olivier Magnan...
Dans les années 30 la moitié d'une génération déjà...

... qui rapporte une expérience décoiffante : En 1986, parce qu’on a mis la main sur 3 000 copies de certificats d’études, de 1873 à 1877 dans la Somme, on décide de faire passer (tous biais corrigés) les mêmes épreuves à 3 000 élèves dans toute la France.» Et ? «C’est la fin du XXe siècle qui l’emporte ! rapporte Magnan...
Dommage : cette "expérience n'est consultable nulle part. :scratch:

S'agirait-il plutôt de cette expérience de la DEPP dont parle Michel Delord, comparant des élèves des années 20 et des élèves de 1995 ? A consulter ici l'analyse de celui-ci : michel.delord.free.fr/cep96.pdf

...avant d’ajouter : Plutôt que de parler de niveau, on devrait se pencher sur les nouvelles compétences demandées aux élèves : expression orale, écrite, recherche d’information, informatique, ouverture sur le monde…»
L'expression orale et l'expression écrite sont de "nouvelles" compétences ? Les élèves ont des compétences "informatiques" ? 'L'ouverture sur le monde" est une compétence ? :shock:

C'est vrai qu'il est plus prudent de ne pas parler des "anciennes compétences", comme la lecture, l'écriture et le calcul, qui ne servent plus à rien dans le monde actuel.

A noter la logique étrange de M. Magnan : les élèves de la fin du XXe siècle auraient un meilleur niveau que ceux de la fin du XIXe mais "plutôt que de parler de niveau, on devrait"...

Avant, les filles et les garçons étaient bien rangés par sexe ?

On débat aujourd’hui d’une école chargée de lutter contre les stéréotypes de genre. On a raison, quand on observe que les filles réussissent mieux que les garçons dès l’école primaire, mais qu’à l’arrivée, 28% seulement des diplômes d’ingénieurs sont décrochés par des femmes. «Mais on revient de loin, comme le souligne Olivier Magnan. Si le mot mixité est entré dans le dictionnaire en 1842, les textes officiels de l’Education nationale ne l’utiliseront qu’à compter de 1957 !» «L’école républicaine ne pouvait pas lutter contre tout, modère Claude Lelièvre. Elle a lâché sur la mixité face à l’Eglise, qui redoutait des comportements sexuels débridés. Finalement, la mixité a commencé à s’instaurer au début des années 60, donc avant 1968. Derrière cela, il y avait l’idée que les filles soient moins godiches et les garçons moins violents.» Tiens, tiens, qui a dit qu’il fallait lutter contre les stéréotypes ? En tout cas, s’il s’en trouve aujourd’hui pour crier à la confusion des sexes, la mixité est bien installée. Et ce, n’en déplaise au défunt écrivain Jean Dutourd, qui sur ce sujet déclarait : «Que croyaient-ils qu’il sortirait de la mixité sinon une grande valse des pucelages et la transformation méthodique des lycées en bordels ?»
Je ne crois pas avoir jamais rencontré quelqu'un qui réclamerait le retour à une école non mixte... :shock:

Avant, l’école était plus disciplinée ?

Oreilles longuement tirées par un maître qui sait se faire respecter, coups de règle de bois ou de fer, et puis le bonnet d’âne : pas un livre sur l’école d’antan ne manque d’afficher la tête d’un gosse mortifié sous le fameux couvre-chef. Comment regretter cette sévérité passée, ces dérapages d’autorité, bref cette forme de pédoplégie, soit la pédagogie par les coups ?
Poser la question, c'est y répondre.

Bon, aujourd'hui, ce sont les professeurs qui prennent les coups : comme quoi le progrès est bien avancé ! :papy:

«La IIIe République avait pourtant d’emblée banni les châtiments corporels à l’école», explique Olivier Magnan, avant d’ajouter : «La tolérance de la gifle ou du tirage d’oreilles a pourtant reçu la "compréhension", pendant des décennies, des familles, complices dans une certaine limite de l’éducation par les coups.» Et aujourd’hui ? Selon Olivier Magnan (1) : «Si un ou une instit reste un être humain dont la patience pédagogique connaît des limites, l’immense majorité des sanctions se réduit à des punitions à faire signer ou à des détours par le couloir.» Encore un bon point pour aujourd’hui.
Voire l'absence de sanctions réelles dans les établissements les plus difficiles...
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"La vraie recette d'un débat bien ringard sur l'école" (Louise Tourret) 17 Déc 2014 10:17 #12729

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Dans la même veine, Louise Tourret sur Slate du 17/12/14 : "La vraie recette d'un débat bien ringard sur l'école".

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"La vraie recette d'un débat bien ringard sur l'école" (Louise Tourret) 17 Déc 2014 10:39 #12730

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Quelques observations :

D’après l’Éducation nationale, 140 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire sans diplôme et sans qualification professionnelle.

Partez de ce constat-là, c’est le seul moment du débat qui sera constructif et apaisé.
101 000 en fait, et moins si on ne compte pas le brevet.

Il est plus compliqué de débattre sur comment améliorer l’école –par exemple en évaluant mieux pour faire progresser les élèves– que de lancer un débat «pour ou contre la suppression des notes». Donc optez pour le deuxième. Surtout quand on sait pertinemment que ces notes, elles, ne seront jamais totalement supprimées étant donné que le bac reste un examen noté et que le lycée vit dans l’attente du bac. Bref, c’est le tour de magie à appliquer au débat scolaire: un coup de baguette et toute réflexion devient opposition binaire.
En l'occurrence la suppression du redoublement est bien binaire : il n'est rien proposé en échange. :fur

On l’a vu avec le redoublement –avant de le revoir avec les notes–: une pratique beaucoup plus répandue en France que dans les autres pays développés. Globalement, le redoublement coûte cher (une année de scolarité en plus, n’a pas un coût négligeable: 1,6 milliards par an) et produit peu, voire pas d’effets positifs sur le niveau des élèves, comme l’explique le Conseil national de l’évaluation du système scolaire).
Et si le CNESCO l'a dit... :doc:

Les spécialistes de tous bords, les experts réunis dans la commission mise en place pour phosphorer sur la Refondation à l’été 2012, et les politiques qui se sont penchés sur la question, comme, par exemple, l’ancien ministre de droite Luc Chatel en 2010, s’accordent à dire qu’il faut remplacer le redoublement par des pratiques de remédiation plus efficaces comme le suivi individuel des élèves.
Comprendre donc que le débat n'a pas lieu d'être. :santa:

Ce qui n’a pas empêché Europe 1 de sortir un dossier comme un scoop en octobre dernier, titré «La fin du redoublement ?» en évoquant un tremblement de terre dans l’Éducation nationale, alors qu'experts de droite et gauche étaient d'accord... et que le texte de loi était prêt depuis 18 mois. Le syndicat SNALC, important mais tout de même minoritaire, prend alors la parole, et occupe logiquement la moitié de la plupart des débats comme ici.
Ah ces gens qui ne savent pas ce qui est bon pour l'école...

En l'occurrence le Snalc n'a fait que pointer que le redoublement n'était remplacé... par rien.

On passe de: «le redoublement fonctionne mal et sa pratique doit être très limitée» (elle l’est déjà) à «pour ou contre»… C’est d’ailleurs le sujet du Ce soir où jamais du 6 décembre finement titré «école en crise, faut-il supprimer le redoublement?»
Mais puisque le redoublement est déjà très limité dans sa pratique depuis trente ans, comment se fait-il que les progrès ne se soient pas faits sentir ? :santa:

Bon, trois minutes après l’animateur se demandait s’il fallait ou non supprimer le stylo:
Certains ont bien prétendu qu'il fallait le faire... :mrgreen:


Quand on prononce le mot école, les individus sont replongés dans un passé ancien, mythifié et très personnel. Il ne faut pas oublier de laisser aller chacun à ses souvenirs émus.
Les journalistes comme les autres, malheureusement.

Augustin Trapenard, normalien et agrégé, dit très rapidement, sans que l’on comprenne si c’est en tant qu’ancien élève ou ancien prof, qu’il n’a pas eu de problème avec les notes. Il n’y a donc pas de problème avec les notes.
L'argument de l'intime n'est retenu qu'à charge ici...

Récemment lors d’une conférence organisée par la Ligue de l’enseignement j’entendais mon collègue Emmanuel Davidenkoff s’interroger: «Si l’école ne change pas c’est parce que pour la plupart des gens, elle fonctionne très bien.»
C'est fou ! Pourtant tout le monde sait que le taux d'échec au bac est monstrueux !

Le Goût de la tradition
Surtout, plus encore que vos propres souvenirs, convoquez ceux de vos grands parents, de l’époque où tout le monde connaissait le nom des affluents et des confluents de l’hexagone et où les départements et chefs lieux de France et de Navarre n’avaient de secrets pour personne. L’école des Choristes peut-être.
Caricaturer la tradition scolaire, c'est sans doute la meilleure façon d'organiser un débat bien ringard sur l'école...

Peu importe si l'école qui n’a jamais été très égalitaire (oui oui même et surtout sous la IIIe République...
Qui a dit le contraire ? Mais ce qui devrait inquiéter, c'est que l'école a bien changé et que néanmoins les inégalités n'ont fait que se creuser.

Pourtant, l’idée que l’école «c’était mieux avant», semble bien ancrée dans les esprits et pour les conservateurs, le problème c’est que l’école a déjà beaucoup trop changé!
Sur certains points objectifs, le «c’était mieux avant» est difficile à nier pourtant...



Caricaturer ceux qui ont pensé critique sur cette évolution, c'est également organiser un débat bien ringard. Comme pratiquer l'amalgame.

Ceux du Figaro Magazine par exemple qui publiait pratiquement le même dossier sur l’enseignement de l’histoire à la rentrée 2011 et à la rentrée 2012 avec des illustrations issues de manuels… des années 50 ou 60, l’enfance des grands parents d’aujourd’hui. L’époque de Jules Ferry, elle, est encore associée, souvent de manière floue, à un âge d’or de l’école. Il faudrait revenir aux méthodes de lectures d’antan, à l’instruction plus qu’à l’éducation… à l’école de nos grands parents ou arrière grands parents.
Personne ne croit à un âge d'or de l'école et personne ne veut revenir à la troisième république. En revanche il serait temps de prendre conscience que cette école républicaine était plus efficace s'agissant des enseignements fondamentaux. Et à cela il y a de nombreuses raisons, dont certaines sont assez évidentes.

C’est ce que défend Natacha Polony dans le même Figaro.

Mais l’école de la troisième République c’est 1 à 5% d’une classe d’âge au bac. En 1970 on en était à 20%. Si c’était mieux avant, ça l’était pour moins de monde.
On note que, pour Louise Tourret, la seule réussite possible est le bac. Effectivement, dans cette perspective, avec 77,3% d'une génération obtenant le bac, on s'approche d'une école idéale : l'âge d'or, c'est maintenant ! Mais si c'est le cas, pourquoi se plaindre de la France "championne des inégalités" ?

Et puis cette école adulée et adorée est impossible à faire revivre telle quelle, plus personne n’a envie voir des enfants mis au coin avec des bonnets d’ânes ni n’accepterait l’idée qu’un prof frappe ou humilie.
Re-caricature des républicains, adeptes donc des châtiments corporels.

L’historienne Mona Ozouf a publié cette année un court ouvrage sur Jules Ferry, il y a un an, au forum «l’année vue par l’histoire» (France Culture-Le Nouvel Obs) elle parle de «chimère anachroniques».

François Hollande a commencé son mandat sous la statue de Jules Ferry. Mais Nicolas Sarkozy aussi avait parlé de Jules Ferry pendant la campagne de 2012. La référence est tellement utilisée à toutes les sauces qu’elle permet surtout d’économiser une réflexion qui devrait davantage concerner l’avenir de l’école. C’est de la belle et courageuse ambition de la République des Jules qu’il faut s’inspirer, pas de son école. Pour inventer les recettes d’aujourd’hui.
Pour inventer les recettes d'aujourd'hui, il faudrait ouvrir les yeux sur la réalité de l'école, de la baisse objective de niveau, des conséquences du pédagogisme. Et ne pas caricaturer ceux qui veulent sauver en elle ce qui reste à sauver. :fur
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"La question de l'orthographe à l'université, une nouveauté?" (Claude Lelièvre) 31 Déc 2014 18:13 #12792

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Un nouvel exemple avec l'orthographe : mais non il n'y a pas de baisse, nous dit Claude Lelièvre, les élèves ont toujours été mauvais. La preuve par Flaubert et Proust !

www.laviemoderne.net/forum/les-nouvelles...ecole?start=20#12790
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"Claude Lelièvre : Il faut dénoncer les polémiques assassines" (Café pédagogique) 06 Mai 2015 15:10 #13896

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Pour sauver la réforme du collège, Claude Lelièvre fait une analogie (assez peu pertinente...) avec les opposants en leur temps au collège unique : "Claude Lelièvre : Il faut dénoncer les polémiques assassines" dans le "Café pédagogique" du 4/05/15.

Comme d'habitude, le militant PS, ayant collaboré au programme de François Hollande, devient un très neutre "historien de l'éducation". Encore une vile "polémique assassine", sans doute ! :mrgreen:

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"Claude Lelièvre : Il faut dénoncer les polémiques assassines" (Café pédagogique) 06 Mai 2015 15:13 #13897

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René Haby dit:
L'enseignement des lettres est malade nous dit-on. Le mot ''illettré'' est partout.
C'est vrai que tout va bien aujourd'hui.

D'ailleurs, question bête : pourquoi refonder l'école ?
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"La réforme du collège critiquée : le déclinisme au service de l'élitisme et des inégalités" (FCPE) 17 Mai 2015 15:19 #13945

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Dans la même veine étrange...

Päul Raoult, président de la FCPE dans "Le Plus" du "Nouvel Obs" : "La réforme du collège critiquée : le déclinisme au service de l'élitisme et des inégalités"

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"La réforme du collège critiquée : le déclinisme au service de l'élitisme et des inégalités" (FCPE) 17 Mai 2015 16:00 #13946

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Alors qu’en avril dernier le Conseil supérieur de l’éducation rendait un avis favorable avec une large majorité (51 pour, 25 contre, une abstention) en faveur de la réforme du collège...
Les syndicats enseignants y étant opposé à 80%...

...celle-ci est aujourd’hui l’objet de toutes les polémiques. Beaucoup de choses ont déjà été écrites sur la désinformation qui circule dans les médias, notamment à propos des langues ou des programmes, je n’y reviendrais pas.
Surtout que la FCPE ne répond pas aux questions qu'on lui pose...



Ce qui est moins souvent souligné, c’est l’idéologie du déclin de l’école à laquelle essaient de faire croire les opposants à la réforme pour la discréditer.
N'est-ce pas la ministre qui a évoqué un collège "dans l'impasse" ? :scratch:

Paul Raoult en est resté à la rhétorique du déni, quand Najat Vallaud-Belkacem a adopté le catastrophisme de Vincent Peillon, allant jusqu'à qualifier d'immobilistes des lanceurs d'alerte sur le niveau mais opposants à la réforme. Il est assez amusant de confronter les deux discours, ou d'évoquer la contradiction qu'il y a à prôner l'anti-déclinisme et en même temps une nécessaire refondation de l'école.

L’école est conçue pour les bons élèves

Pour comprendre cela il faut en revenir à l’origine de ce projet, la loi du 8 juillet 2013 dite de "refondation de l’école" qui se fixe l’objectif de "diviser par deux la proportion des élèves qui sortent du système scolaire sans qualification et amener tous les élèves à maîtriser le socle commun de connaissances, de compétences et de culture […] conduire plus de 80% d'une classe d'âge au baccalauréat et 50% d'une classe d'âge à un diplôme de l'enseignement supérieur".

Car la réalité, même si certains font semblant de l’oublier, c’est que notre système éducatif est toujours incapable d’amener 80% d’une classe d’âge au bac (77,3% en 2014).
C'est vrai que l'écart est abyssal... Mais heureusement cette proportion ne fait qu'augmenter (elle a été multipliée par trois en 35 ans pour atteindre un record inégalé en 2014), preuve de la réussite du système éducatif, et notamment du collège. Euh...

On est bien loin de l’idée répandue – toujours par les mêmes ! – selon laquelle on donnerait le bac à tout le monde !
Quelle idée ! comme si le bac était une "grande illusion" ou un "diplôme de bacotille"...

Quant aux diplômes du supérieur, 42% seulement des jeunes âgés de 25 à 29 ans déclaraient en 2012 posséder ce précieux sésame de plus en plus souvent exigé pour accéder à l’emploi.
Quand tout le monde l'aura, nul doute que l'emploi s'en portera mieux. :santa:

Comment expliquer ces chiffres ?
Comprendre : ces chiffres catastrophiques

Principalement par le fait que l’école est actuellement conçue pour les bons élèves. Elle écrème année après année ceux qui ne peuvent pas suivre sans beaucoup se soucier des plus en difficultés.
Surtout au collège...

C’est comme cela qu’on aboutit tous les ans à la sortie de 140.000 jeunes du système sans aucun diplôme.
C'est faux : 101.000 en 2010-12 selon la DEPP, dont 47.000 avaient... le brevet. Réussite du collège donc. :santa:

Et c’est justement la période du collège qui creuse le plus ces écarts entre les élèves ! Les "filières cachées" constituées par les classes bi-langues, les classes européennes ou les langues anciennes en options ne font qu’accentuer les fortes inégalités qui existent déjà à l’entrée en 6e.
C'est sûr qu'en empêchant les bons élèves d'être de bons élèves, on diminuera les inégalités. C'est la même logique qui fait que la FCPE s'oppose au travail à la maison.

Bon, les latinistes sont répartis dans des classes, le latin est proposé et ouvert à tous : il n'y a donc ni "filière" ni filière "cachée". Et les latinistes ne sont pas que de bons élèves, ni n'appartiennent tous à l'élite sociale puisque 93% des collèges défavorisés proposent des langues anciennes.

Paul Raoult reconnaît que les inégalités existent à l'entrée au collège (il n'y a pourtant pas de latin en primaire) mais il ne va pas jusqu'à en analyser les causes ou proposer d'y remédier. Il est vrai que la FCPE a âprement défendu la réforme des rythmes scolaires, qui - n'en doutons pas - va tout changer dans l'école primaire, avec un horaire resté minimum depuis 2008 : 24h de cours par semaine seulement.

L’élève qui enchaînait toutes ces classes ou options durant les quatre années du collège avait une demi-journée de cours par semaine en plus que les autres ! Comment l’accepter ?
Comment accepter que certains ne fassent pas ce choix offert à tous ? Telle est la question...

S'intéresser aux décrocheurs en priorité
Ce que ne fait pas la réforme puisque les horaires globaux d'enseignement sont encore diminués et les horaires des enseignements fondamentaux restent identiques, voire sont diminués.

Par ailleurs le raisonnement ne laisse pas de surprendre : pour accorder une priorité à certains élèves, il faut donc supprimer des enseignements proposés à tous.

Outre les innovations pédagogiques et le supplément d’autonomie pour les équipes enseignantes, c’est bien à cette réalité que s’attaque cette réforme, en parfaite cohérence avec les objectifs fixés par la loi.
L'interdisciplinarité mise en œuvre par cette réforme n'a aucune fait la preuve de son efficacité. Il est à craindre que seuls les meilleurs élèves puissent en tirer quelque profit.

Pour permettre d’élever le niveau de connaissance et de compétence de notre pays, c’est bien aux élèves les plus en difficultés et aux décrocheurs qu’il faut s’intéresser en priorité et non pas donner plus d’école à ceux qui sont déjà au niveau.
Empêcher des élèves d'étudier des langues anciennes va donc permettre "d’élever le niveau de connaissance et de compétence de notre pays". Il fallait y penser !

Notons par ailleurs que ces dispositifs ne feront pas baisser le niveau des meilleurs. Durant les heures d’accompagnement personnalisé ou les EPI, ceux-ci pourront approfondir leurs connaissances, leurs compétences et travailler en groupe, évitant ainsi de s’ennuyer.
C'est merveilleux ! :santa:

A relire une anticipation sur la "route des épis".

La démocratisation de l’école et de l’enseignement supérieur n’a d’ailleurs jamais fait baisser le niveau des meilleurs. Qui peut sérieusement prétendre que nos ingénieurs, médecins, avocats, chercheurs ou tout simplement nos cadres d’aujourd’hui sont moins bons que ceux d’hier ?
Sauf qu'il ne s'agit pas de "démocratisation" ici...

C’est pourtant ce couplet du déclin de l’école qui est entonné depuis des décennies à chaque fois que l’on tente de faire réussir plus de monde.
Il est désormais utilisé pour promouvoir les réformes pédagogistes. :mrgreen:

Les anti-réforme veulent perpétuer les inégalités !
Bien sûr ! :mrgreen:

A vrai dire, si on en juge par les effets des réformes précédentes, les majorités au pouvoir, dont l'actuelle majorité, y ont activement contribué.

Mais, chez les progressistes, si l'on accuse désormais l'aggravation des inégalités, on en recherche pas les causes.

En réalité, les opposants à cette réforme, et plus largement à la démocratisation de l’école, ne craignent qu’une chose : changer un système dans lequel leurs enfants réussissent très bien, au détriment des autres !
Voilà un raisonnement qui a le mérite du simplisme.

L’idée de mixité scolaire et sociale dans les classes leur est parfaitement insupportable, à tel point qu’ils font planer la menace d’une fuite des élèves dans le privé… Où évidemment la réforme devra aussi s’appliquer ! Que de mauvaise foi !
En l'occurrence l'absence de mixité est structurelle, de par l'existence de l’enseignement privé où les élèves sont sélectionnés. Donc oui : cette absence de mixité risque bien d'être aggravée.

Qui s’élève contre le fait qu’à la rentrée 2014, les enfants d’ouvriers étaient 28,2% à avoir du retard en troisième contre 10,2% des enfants de cadres ? Sûrement pas ceux qui veulent perpétuer les inégalités à l’école !
Moi je veux perpétuer ces inégalités de tout mon cœur !

À la FCPE, nous encourageons donc cette réforme qui va dans le bon sens, parce qu’elle va donner à tous les enfants plus d’heures de langues...
La priorité quand les fondamentaux pèchent... :santa:

...plus d’accompagnement à ceux qui auront des difficultés...
Un accompagnement en classe entière, donc, comme au lycée...

...et plus de travaux pratiques pour comprendre le but concret de ce qu’ils apprennent à l’école.
En retranchant sur un enseignement structuré et systématique et en ajoutant du zapping interdisciplinaire au "zapping disciplinaire" (sic).

À chaque fois que l’on essaie de changer l’école pour la rendre plus juste...
Avec les résultats que l'on constate...

...ce sont toujours les mêmes qui vocifèrent pour instaurer toutes les peurs et empêcher tout changement. L’objectif est bien la réussite de tous, ne nous laissons pas berner !
L'échec de tous dans les enseignements fondamentaux tels qu'on peut les observer aujourd'hui malgré une réussite scolaire fictive... Merci la FCPE !
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"La réforme du collège critiquée : le déclinisme au service de l'élitisme et des inégalités" (FCPE) 19 Mai 2015 11:36 #13959

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Et dans la même veine, cette interview de Paul Raoult sur "Europe 1" du 19/05/15 : www.europe1.fr/emissions/le-grand-direct...t-ce-justifie-942570

"Est-il vrai que le niveau des élèves baisse, qu'ils ne savent plus lire, ne savent plus écrire ni compter ?
- Non. Les élèves savent d'autres choses. En informatique par exemple."

- Est-il vrai qu'il pleut ?
- Non. Et la pluie, ça rafraîchit.
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