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SUJET : "Évolutions des inégalités de 1950 à 1990" (Michel Euriat et Claude Thélot)

"Évolutions des inégalités de 1950 à 1990" (Michel Euriat et Claude Thélot) 28 Déc 2013 10:05 #8984

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Cette étude un peu ancienne de Michel Euriat et Claude Thélot en 1995 est, à défaut d'autre étude similaire plus récente, assez intéressante : "Le recrutement social de l'élite scolaire en France - Évolutions des inégalités de 1950 à 1990" dans les quatre grandes écoles françaises (Normale Supérieure, Polytechnique, ENA, HEC) :
La proportion des jeunes d'origine "populaire" (père paysan, ouvrier, employé, artisan, commerçant) dans les quatre grandes écoles retenues a beaucoup diminué depuis quarante ans : environ 29% des élèves étaient d'origine populaire dans la première moitié des années cinquante, environ 9% aujourd'hui.

Bien sûr, il faut tenir compte de la baisse de la proportion des jeunes d'origine "populaire" (de 91% à 68%) sur la même période (de 1951-55 à 1989-93), comme l'indique bien l'étude. Malheureusement, elle est beaucoup plus limitée.

Pour résoudre une aporie artificielle entre méthodes "additive" (à vrai dire non recevable) et "multiplicative" (évidente), l'étude choisit donc une troisième méthode - "l'évolution "logistique"" - en comparant les chances respectives des jeunes d'origine sociale populaire et celles des jeunes d'origine sociale moyenne ou supérieure, avec un ratio légèrement plus favorable en 1989-1993.

Une première conclusion serait de constater qu'avec un ratio à peine différent la grande démocratisation scolaire entreprise dans les décennies de 1950 à 1970 n'ont guère produit d'effet.

Mais en réalité c'est pire encore. Ce ratio est parfaitement trompeur puisque les chances des jeunes d'origine sociale moyenne et supérieure ont fortement baissé en quarante ans du fait de l'augmentation la proportion de ces jeunes (trois fois plus peut-être) et de l'augmentation de la population en général (+1/3). Conclusion : le ratio est resté stable mais les chances des jeunes d'origine populaire ont bien fondu (divisées par trois) et ce malgré la démocratisation scolaire pendant ces quarante ans.
Ce qui est moderne peut (aussi) être idiot.
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