Les neurosciences au cœur de la classe

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15 Avr 2013 23:30 - 13 Jan 2018 09:21 #5213 par Loys
Les neurosciences au cœur de la classe
Les neurosciences au cœur de la classe
Sur un sujet voisin, voir l'intelligence artificielle et l'école.
* * *
A lire sur le blog hébergé du "Monde" "Passeur de sciences" : "Doutes sur la fiabilité des neurosciences" (15/04/13)

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16 Avr 2013 00:55 #5215 par Frist
"Doutes sur la fiabilité des neurosciences" (Passeur de sciences)
Toutes ces revues qui acceptent ces publications de résultats d'expériences peu recommandables ne sont elles pas autant responsables voir plus que les rédacteurs d'articles ?


Entre les articles disponibles par tous à n'importe quelles conditions, et les revues qui font payer l'article à publier, et la lecture de l'article, n'y a-t-il pas des revues sérieuses qui font de la sélection, mais qui publie de véritables avancées dans ces milieux scientifiques ?

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16 Avr 2013 09:31 #5217 par DM
"Doutes sur la fiabilité des neurosciences" (Passeur de sciences)
Il y a plusieurs biais :
* les revues veulent publier des résultats sensationnels
* les chercheurs ont la pression de publier beaucoup, donc de présenter des résultats séduisants, tout en restreignant les frais
* les médias grand public veulent reprendre des conclusions sensationnelles et qui parlent à leur lectorat, ce qui exclut toute analyse statistique (les stats, c'est incompréhensible pour une bonne partie de la population, « chiant » etc.).

cf http://david.monniaux.free.fr/dotclear/ ... pe-le-sida

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16 Avr 2013 10:07 #5218 par archeboc
"Doutes sur la fiabilité des neurosciences" (Passeur de sciences)

DM dit: les stats, c'est incompréhensible pour une bonne partie de la population, « chiant » etc.).


"Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques".
Mark Twain

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09 Sep 2013 12:55 #7451 par Loys
"Les neurosciences au cœur de la classe ?"
A lire sur "EducaVox" cet article de Pierre Frackowiak du 09/09/13 : "Les neurosciences au cœur de la classe ?"

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09 Sep 2013 12:56 #7452 par Loys
"Les neurosciences au cœur de la classe ?"
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17 Sep 2013 22:50 #7571 par Loys
"Neurosciences et éducation : la bataille des cerveaux" (IFE)
Et en complément ce dossier de l'IFE : "NEUROSCIENCES ET ÉDUCATION : LA BATAILLE DES CERVEAUX" (septembre 2013)

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27 Oct 2013 21:04 #8178 par Loys
"Neurosciences et salle de classe : beaucoup de bruit, peu d’effets" (Cahiers pédagogiques)
A lire dans les "Cahiers pédagogiques" n°508 : "Neurosciences et salle de classe : beaucoup de bruit, peu d’effets" .

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10 Nov 2013 09:23 #8368 par Loys
"Les quatre piliers de l’apprentissage, ou ce que nous disent les neurosciences" (Cahiers pédagogiques)
A lire sur "ParisTech Review" du 7/11/13 : "Les quatre piliers de l’apprentissage, ou ce que nous disent les neurosciences" .

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23 Mar 2014 10:13 - 23 Mar 2014 10:13 #9974 par Loys
"Ecole, programmes et neurosciences : Evitons un nouveau dogmatisme ! " (Café pédagogique)
A lire dans le "Café pédagogique" du 21/03/14 : "Ecole, programmes et neurosciences : Evitons un nouveau dogmatisme !" par Rémi Brissiaud.

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24 Mar 2014 15:11 #9993 par Loys
"Ecole, programmes et neurosciences : Evitons un nouveau dogmatisme ! " (Café pédagogique)
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24 Mar 2014 15:14 #9994 par Loys
"Des sciences cognitives à la classe : Entretien avec Olivier Houdé " (Café pédagogique)
A lire dans le "Café" du 24/03/14: "Des sciences cognitives à la classe : Entretien avec Olivier Houdé"

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24 Mar 2014 15:15 #9995 par Loys
"Des sciences cognitives à la classe : Entretien avec Olivier Houdé " (Café pédagogique)
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24 Mar 2014 18:15 #9999 par mewtow
"Des sciences cognitives à la classe : Entretien avec Olivier Houdé " (Café pédagogique)
Je me permet de poster quelques informations complémentaires.
Pour ceux qui veulent en savoir plus sur ce dont parle Houdé (l(inhibition), on peut aller voir du coté des travaux en neuro-éducation. Quelques exemples sont disponibles à cette adresse (exemples mélangés avec des travaux sur d'autres problématiques) : www.associationneuroeducation.org/articles/ . Comme vous le verrez en lisant ces travaux, cette inhibition joue un rôle dans ce qu'on appelle le changement conceptuel.
En somme, la grille de lecture de ces travaux est une suite des travaux sur les conceptions des apprenants (ça doit vous rappeler quelque chose...) et sur les moyens de les supprimer. Ces travaux ont été effectués dans un cadre très souvent constructiviste....
A mon avis, ces travaux se contentent de donner un vernis neuro-scientifique à des travaux qui existent déjà. Le fait que le changement conceptuel s'effectue avec l'usage d'inhibition ne semble pas vraiment donner de conseils ou recommandations pédagogiques nouvelles. Ceci dit, il se pourrait que je me trompe, je ne connais pas en détail les travaux de Houdé. Mais le fait d'identifier les connaissances antérieures incohérentes avec le nouveau matériel à apprendre ou les buggy algorithms incompatibles avec les problèmes à résoudre n'est pas neuf, pas plus que la recherche des moyens pour les surmonter.

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27 Mar 2014 11:44 - 27 Mar 2014 11:45 #10046 par Loys
"Méthodes d’enseignement de la lecture : Huit années de perdues" (Franck Ramus)
A lire dans le "Café" du 27/03/14 : "Franck Ramus : Méthodes d’enseignement de la lecture : Huit années de perdues" .

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27 Mar 2014 11:47 #10047 par Loys
"Méthodes d’enseignement de la lecture : Huit années de perdues" (Franck Ramus)
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18 Mar 2015 23:24 #13630 par Loys
"Le cerveau compte : innover à l'école avec les neurosciences" (Olivier Oullier)
Olivier Oullier est l'un des rares Français invités au "Global Education & Skills forum 2015" de Dubaï.
Sur le site de l'évènement, son intervention (en anglais) : "Brain matters: Innovating in the classroom with neuroscience"

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23 Mai 2016 17:19 - 23 Mai 2016 17:21 #16508 par Loys
"Les neurosciences exercent un immense attrait sur la communauté enseignante" (Ange Ansour)
Dans "Le Monde" du 23/05/16 : "Ange Ansour : « Les neurosciences exercent un immense attrait sur la communauté enseignante »"

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23 Mai 2016 17:34 - 23 Mai 2016 18:09 #16509 par Loys
"Les neurosciences exercent un immense attrait sur la communauté enseignante" (Ange Ansour)

Vous êtes partie prenante d’un colloque le 28 mai avec les Cahiers pédagogiques sur « Les neurosciences à l’école » et vous lancez à cette occasion un MOOC (massive open online course) sur ce thème. D’où vient cet intérêt?
Ancienne « instit », je suis, depuis 2013, détachée au CRI où je pilote les Savanturiers – Ecole de la Recherche. Ce dispositif développe trois axes d’action : projets d’éducation par la recherche à l’école élémentaire, au collège et au lycée, la formation des enseignants et la recherche.

Le fer de lance du constructivisme scolaire, en somme.
Par ailleurs, on se demande ce qui fonde la légitimité de Ange Ansour à former des collègues en primaire et a fortiori dans le secondaire.

Depuis deux ans, nous proposons aux élèves et aux enseignants de mener des projets sur les neurosciences. Il ne s’agit pas d’appliquer en classe des principes ou des scénarios pédagogiques qui en seraient issus, mais découvrir ces sciences sous leurs différents aspects, s’initier à leurs méthodes.

:scratch:

Les approches sont très variées: elles peuvent porter sur la physiologie du fonctionnement cérébral mais aussi plus largement sur les outils de la psychologie expérimentale et des sciences cognitives. Les neurosciences exercent aujourd’hui un immense attrait sur la communauté enseignante, au risque que certains puissent les voir comme détentrices de vérités sur les pratiques de classe.

Avec la bénédiction de certains... :santa:

Plutôt que de céder aux arguments d’autorité, en pour ou en contre, nous convions les enseignants à découvrir rationnellement de quoi il s’agit : comment sont construites ces connaissances, quels en sont les notions fondamentales, les outils et les méthodes.

Donc des sciences qui ne sont pas "détentrices de vérité" mais qu'il est important de découvrir.

En quoi votre démarche d’éducation par la recherche se distingue-telle du programme « La main à la pâte » conduit en milieu scolaire depuis une vingtaine d’années par des membres de l’Académie des sciences ?
Les Savanturiers s’inscrivent dans le droit fil de cette action qui a été salutaire pour sauver les sciences à l’école élémentaire et y consolider la démarche expérimentale.

Il s'agit donc bien non pas de présenter les neurosciences comme un objet d'étude mais comme un moyen de renouveau pédagogique.
Où le caractère "salutaire" de cette action est-il documenté ?

La main à la pâte effectue un considérable travail de didactique des sciences et propose aux enseignants des séances clés en main, des formations à la démarche expérimentale, une mise à jour de leurs connaissances scientifiques... Toutefois, la mise en œuvre d’un projet Savanturiers dans la classe va au-delà de la seule démarche d’investigation scientifique. L’un des objectifs prioritaires de l’éducation par la recherche est l’initiation des enseignants et des élèves aux enjeux, méthodes et notions de la recherche scientifique, en sciences exactes et humaines.

Donc il ne s'agit plus de limiter la démarche d'investigation scientifique ("l’éducation par la recherche") aux sciences - ce qui mériterait en soi d'être interrogé - mais de l'étendre à toutes les disciplines scolaires. :shock:

La scénarisation pédagogique, la conduite de projet en classe et l’introduction des supports et instruments numériques sont mis en avant pour construire des apprentissages efficients, collaboratifs et productifs.

"des apprentissages efficients, collaboratifs et productifs" : voilà des sciences qui, si elles ne sont pas "détentrices de vérités", n'en restent pas moins très catégoriques.

Et pourquoi mettre l’accent sur les neurosciences ?
Nous avons fait ce choix en raison de leur montée en puissance dans le monde éducatif. Un enseignant ne peut se permettre d’obéir aveuglément à des « prescriptions » issues de « travaux de laboratoire ». Nous autres enseignants devons être outillés pour comprendre, argumenter et opérer des choix éclairés. Pour développer l’esprit critique de l’ensemble de la profession, comprenons d’où parlent les neuroscientifiques, comment sont produits les résultats et quelle est leur validité dans leur champ avant d’opérer un hasardeux transfert en classe.

"hasardeux"…. mais déjà préconisé. :santa:

Certains enseignants voient dans les neurosciences, ou en espèrent, une source de choix rationnels dans leurs pratiques professionnelles, voire dans la conception même de l’enseignement. Mais d’autres sont plutôt inquiets à la perspective d’une « neuroéducation » qui prétendrait tout régenter...
Nous essayons justement de ne pas nous situer par rapport à une polémique et d’en rester aux fondamentaux d’une approche scientifique.

Au dessus de la polémique, mais partie prenante de celle-ci...

En amont des controverses actuelles sur les neurosciences, se sont développées celles qui portent plus largement sur l’evidence based research. Cette recherche fondée sur la preuve, en s’inspirant de la médecine, préconise des protocoles expérimentaux pour apporter la scientificité qui manquerait – j’utilise le conditionnel –aux sciences humaines et sociales. Des réserves s’expriment à ce sujet, notamment en ce qui concerne la valeur de la preuve et la possibilité de transposer des conclusions de laboratoire à une réalité aussi complexe qu’une situation de classe.

Traduisons : il y a des résultats, même s'il n'y a pas de preuves.

Les neurosciences...

Le terme de "science" n'est plus si gênant. En plus, elles sont nombreuses !

...ont accompli d’immenses progrès dans l’explication et la description du fonctionnement cérébral. Toutefois, il n’existe pas de passage direct entre la description de ces phénomènes et la prescription faite aux enseignants de ce qu’ils devraient faire dans leur classe.

Ce qui n'empêche bien sûr pas la prescription. :santa:

Ce qui a longtemps été présenté comme scientifique – l’opposition entre cerveau droit et cerveau gauche, l’utilisation présumée de seulement 10 % du potentiel cérébral, etc. - est aujourd’hui remis en cause et considéré comme des « neuromythes ». Comment faire confiance, face à des données aussi changeantes ?
En fait, ces neuromythes n’ont jamais été scientifiquement validés. Il importe de distinguer entre les articles scientifiques et la « littérature grise », toujours aussi foisonnante.

En somme il y a la bonne science et la mauvaise science !

On peut se préserver des mythes par une éthique de la vulgarisation qui doit être en partie endossée par la communauté scientifique elle-même, en collaboration avec les journalistes scientifiques, les musées et les acteurs associatifs .

Par exemple en faisant la promotion scientifique de la réforme du collège !

Les neurosciences nous présentent souvent comme des nouveautés scientifiques des lieux communs immémoriaux comme la nécessité de se concentrer pour apprendre, de répéter pour mémoriser, d’associer des apprentissages à des perceptions sensorielles, des rituels ou des émotions… Alors, « tout ça pour ça » ?

La concentration, la mémorisation, les rituels : la pédagogie de projet va bien dans ce sens !

C’est aussi une façon de sortir des polémiques stériles en fondant scientifiquement les intuitions de nombreux praticiens. Les acquis de l’expérience, les gestes professionnels éprouvés, qu’ils soient contestés ou fassent l’objet d’un consensus, relèvent des savoirs empiriques qui se juxtaposent. Les sciences valident des savoirs qui deviennent des acquis à partir desquels on peut construire et aller encore plus loin. A titre d’exemple, les travaux sur la plasticité neuronale et les périodes critiques pourraient convaincre les pouvoirs publics d’introduire de manière précoce l’apprentissage oral des langues étrangères dès le plus jeune âge.

Commencer l'anglais en CP ne suffit pas (avec les résultats que l'on constate d'ailleurs)...
Et si on profitait de la "plasticité neuronale" pour apprendre le français ?

Mais la « compétition » qui règne sur le temps de l’enfant, disputé entre différents apprentissages ou activités, de même que les arbitrages budgétaires, ne plaident pas toujours en ce sens.

Pourtant l'anglais devrait être une prioritaire républicaine !

Heureusement, les travaux en didactique des langues montrent le renforcement positif du « bain linguistique », a minima dans le cadre de l’école, ce qui illustre l’impact de l’environnement sur le cerveau même après la puberté.

Les effets bénéfiques du "bain linguistique" est bien connu des écoles bilingues fortunées. Seul problème : ce bain suppose une forte exposition, des locuteurs natifs et des pédagogues chevronnés.
L'enseignement de l'anglais sans formation, sans compétence et avec un horaire hebdomadaire ridicule non seulement relève de l'imposture mais participe de la dégradation générale.

La science progresse et tout porte à croire que, dans l’univers pluridisciplinaire des sciences de l’éducation...

Encore des "sciences" qui ont besoin d'un pluriel pour s'affirmer...

...les neurosciences deviendront une discipline contributrice supplémentaire au même titre que l’histoire, la sociologie ou la didactique.

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30 Jui 2017 14:04 - 30 Jui 2017 15:14 #19295 par Loys
"les progrès fulgurants et combinés de l’informatique, des sciences cognitives et de l’imagerie cérébrale" (O. Houdé)
Sur le site "Pédagogie, neurosciences et numérique" (sic) du 23/06/17 : colloque-pedagogie-foyerdecachan.fr/less...gogie-olivier-houde/

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Où l'on apprend, avec Olivier Houdé (qui évoque son expérience d'enseignant dans des classes Freinet), que "l’éducation est comme la médecine", un art et une science qui doit s'adosser aux progrès de la technologie. Que "l'enfant" a besoin pour apprendre de "retours continus d'information sur son travail" :

Olivier Houdé dit: On peut considérer que, pour ce retour continu qui éveille la curiosité et le défi de l'enfant, les jeux numériques éducatifs et même les robots - pourquoi pas ? - peuvent être adaptés, en parallèle du professeur au rythme de chaque élève en classe, que ces technologies peuvent y aider.

Vers 22'30, Olivier Houdé rappelle les injustes critiques subies par l'avis de l'Académie des Sciences et présente des applications éducatives pour l'âge préscolaire.
Vers 32'40, les promesses des sciences cognitives deviennent mirifiques :

Il ne suffit pas que l'école ait appris, répété voire automatisé les algorithmes exacts pour qu'ils soient utilisés. Ce qui peut expliquer que même quelqu'un de très éduqué, par exemple, cède à une heuristique égocentrée, ou une croyance ou une émotion et commette au final un acte terroriste. Ça étonne mais ça n'a rien d'étonnant du point de vue du fonctionnement du cerveau. L'erreur, l’irrationalité, le barbarisme (sic) est toujours possible parce que les heuristiques court-circuitent de façon dominante les algorithmes et qu'on n'a pas finalement éduqué avec cette connaissance du cerveau à l'inhibition de nos heuristiques [...]

:santa:
Curieusement, juste auparavant, M. Houdé concède que "la vitesse [du monde numérique] renforce le système heuristique" au détriment des algorithmes exacts ("la prise de recul peut être plus rare") : mais précisément, pour M. Houdé, il faut s'adapter et à éduquer à cette vitesse !
A 37'50, M. Houdé enrôle Montaigne qui "préconisait une éducation au contrôle de l'esprit chez les enfants pour lutter contre les idéologies du temps qui étaient en France les guerres de Religion". :shock:
Pour M. Houdé la programmation de jeux éducatifs peut se substituer, par "l'industrie du jeu", au préceptorat. Il n'envisage les écrans qu'à travers ces jeux éducatifs.
Pour M. Houdé, aucun doute que les "sciences cognitives" puissent permettre une "révolution" dans l'éducation.

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11 Sep 2017 21:55 - 11 Jan 2018 12:24 #19598 par Loys
"Blanquer contre Torquemada" (Laurent Alexandre)
Le 4/9/17 sur "France Culture" : "La sociologie face aux neurosciences : l’enfant au cœur d’une bataille de disciplines"

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Attention scientisme de haut niveau dans cet éditorial de Laurent Alexandre dans "Le Point" du 06/09/17 : "Blanquer contre Torquemada"

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18 Oct 2017 23:31 - 23 Oct 2017 21:35 #19839 par Loys
"Le système [éducatif] va sortir de l'âge du bricolage pour devenir une technologie" (Laurent Alexandre)
Nouvel éditorial de Laurent Alexandre dans "L'Express" du 18/10/17 (en ligne le 23/10/17) : "L'Education doit libérer ses innovateurs"


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19 Oct 2017 11:32 - 24 Oct 2017 20:32 #19847 par Loys
"Le système [éducatif] va sortir de l'âge du bricolage pour devenir une technologie" (Laurent Alexandre)
Commentons.

L'Education doit libérer ses innovateurs

"libérer", "innovateurs" : voilà un lexique qui fleure bon la disruption libérale.

Le système éducatif n'a pas pris une seconde pour penser sérieusement à sa modernisation, alors qu'il reste bien peu de temps avant le déferlement de l'intelligence artificielle (IA).

Heureusement l'intelligence naturelle de Laurent Alexandre, penseur averti et sérieux de l'école*, pallie cette grave faillite. L'urgence ("il reste bien peu de temps") constitue - curieusement - une injonction à NE PAS penser.
* Laurent Alexandre vient de publier La Guerre des intelligences (2017) : "comment l'éducation doit faire sa révolution". On comprend mieux pourquoi le transhumanisme occupe moins ses dernières chroniques dans "L'Express" (la dernière fustigeait par exemple le "conservatisme des enseignants [….] archaïque" dont les syndicats étaient comparés à l'inquisition de Torquemada). Il s'agit donc d'une légitime entreprise publicitaire qui n'a évidemment rien de répréhensible dans le cadre d'une honorable activité journalistique.
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Les méthodes d'enseignement doivent faire leur révolution, en laissant une large place aux expérimentations. Sinon, nous aurons une société injuste, avec une aristocratie de l'intelligence qui pilotera l'IA et des hordes de naufragés du numérique.

Le ton de la chronique devient prophétique, et même apocalyptique ("des hordes de naufragés"). À la menace s'ajoute l'injonction d'égalité et de démocratie (contre une "société injuste") : qui donc pourrait s'y opposer ?
Reste que le raisonnement, appuyé sur un postulat non démontré (en l'état de l'école, l'intelligence artificielle menacerait l'intelligence humaine) est malheureusement difficile à suivre tant il est vague. Il s'agit en effet de promouvoir des "méthodes d'enseignement" révolutionnaires à l'école (mais lesquelles ?) pour faire naître une nouvelle forme d'intelligence (mais laquelle ?) qui permettra à tous de "piloter l'intelligence artificielle" (mais comment ?). Comme on le voit, le tableau est quelque peu brumeux. On ne sait pas même de quelle école il parle : primaire, secondaire, supérieure ?
En admettant le postulat de Laurent Alexandre sur la menace de l'intelligence artificielle, si l'École retrouvait une certaine efficacité à instruire, qui dit qu'elle n'assurerait pas - au contraire - parfaitement sa mission dans un monde en évolution ?

La modernisation de l'école ne se réglera pas en distribuant quelques iPad au collège : il faut penser le projet avant l'outil.

Mais quel "projet" pour quelle "modernisation" ? Tous ces mots ne veulent pour l'instant rien dire.

L'ère de l'idéologie de la pédagogie prendra fin, pour laisser place à la preuve statistique du learning analytic.

Curieux car, comme nous le verrons, Laurent Alexandre cite comme "héros de l'école" des personnages qui s'apparentent davantage à des idéologues hors sol qu'à des praticiens pragmatiques.
L'Histoire nous l'enseigne : les pires idéologies aiment, au nom de la science, à se présenter comme des anti-idéologies.

L'apprentissage devient une véritable science fondée sur l'observation objective de la structure du cerveau et de ses modes de réponse. Le système va sortir de l'âge du bricolage pour devenir une technologie.

L'objectivité scientifique voudrait que l'on se dispense de tout prospectivisme hasardeux et que l'on observe par exemple que les neurosciences, encore balbutiantes, ont bien peu fait jusqu'à maintenant la démonstration de leur pertinence et a fortiori de leur efficacité.
Il est passionnant de constate que, derrière le mépris évident de Laurent Alexandre pour la tradition scolaire ("l'âge du bricolage"), son scientisme appelle à la transformation d'une simple technique (que certains appellent déjà "sciences de l'éducation") en une "technologie" de l'ère industrielle, avec cette confusion qui suppose que toute technologie, puisqu'elle est issue des progrès de la science et de la technique, est nécessairement un progrès par elle-même. De ce point de vue il est amusant de relire toute la chronique de Laurent Alexandre en remplaçant les termes "éducation", "école" ou "enseignement" par "agriculture" ou "alimentation".

Pour réussir cette mutation, l'Education nationale doit évoluer comme la Nasa : l'agence spatiale américaine considère que son vrai rôle est désormais d'être une plateforme d'aide et de promotion des innovateurs spatiaux.

On se demande bien, puisqu'il y a analogie entre éducation et NASA, sur quoi elle se fonde. Quel rapport entre un système éducatif et une agence spatiale ?

Comprenant qu'elle ne peut pas tout faire, elle est devenue un incubateur au service des start-up innovantes. Elle a d'ailleurs massivement soutenu Elon Musk et sa fusée SpaceX.

A vrai dire, les "innovateur spatiaux" prestataires privés de la NASA ne sont que deux : ils permettent à la NASA de réduire certains coûts de développement. Rappelons d'ailleurs que c'est la NASA qui a sauvé "Space X" de la faillite à plusieurs reprises (voir ce billet d'Eric Berger (en anglais) rappelant les échecs de lancement et les multiples déboires financiers de "Space X").
Précisément, en France, plusieurs millions d'euros publics viennent d'être investis pour permettre à des entreprises et à des startup EdTech d'expérimenter l'intelligence artificielle pour l'apprentissage de la lecture en début de primaire (avec "pré-industrialisation" en 2019). Un investissement sans risque, donc. Sauf pour l'État et les élèves.

C'est ce modèle que l'école doit choisir : devenir la matrice de tous les innovateurs internes et externes.

Pour gagner de l'argent et envoyer des touristes fortunés dans l'espace comme rêve Elon Musk ?

Et la France ne manque pas de talents dans cet univers. A côté de François Taddei ou de Nicolas Sadirac, le visionnaire qui dirige l'école 42, il y a une myriade d'innovateurs de terrain comme Nicolas Le Luherne, François Lamoureux, Marie Soulié, Eric Hitier et les membres des collectifs enseignants Inversons la classe.

On se demande bien comment Laurent Alexandre choisit ses "innovateurs de terrain" : certains n'ont jamais enseigné dans le primaire ou le secondaire (François Taddei, Nicolas Sadirac) ou n'enseignent plus (Nicolas Le Luherne, François Lamoureux) : il faut croire que c'est ce qui fait d'eux des "héros"...
Rappelons que "le visionnaire qui dirige l'école 42", cette école informatique sans professeur, sans programme, sans cursus et sans diplôme (mais avec une brutale sélection à l'entrée), est aussi celui qui vient de déclarer récemment : "Apprendre ne sert à rien, c’est dangereux et ça rend idiot" . Xavier Niel, qui a fondé et financé cette école avec sa fondation, a également déclaré en 2016 : "l'École 42, c'est un piratage du système. C'est prendre l'éducation et dire : On n'a plus besoin de profs, c'est appliquer l'économie collaborative à l'éducation... On est les premiers à le faire au monde, et c'est une forme de hacking. Parce que l'État n'a plus d'argent, mais, moi, j'en ai, je pense qu'investir dans un truc comme l'École 42, c'est en faire bon usage."
Quant à François Taddei, il est membre d'une organisation américaine, Ashoka, qui aspire à réformer notre école selon une philosophie bien particulière (voir mon analyse sur le documentaire Une Idée folle ).
A noter que les professeurs "de terrain" se sont pour certains (Marie Soulié, Eric Hitier) félicité de la reconnaissance de Laurent Alexandre, même si une responsable du SE-Unsa, Stéphanie de Vanssay, a pu protester qu'ils faisaient l'objet d'une récupération. Reste qu'on a ici, avec ces noms, une idée un peu plus précise des pédagogies révolutionnaires que Laurent Alexandre appelle de ses vœux : le bon vieux constructivisme scolaire, le même d'ailleurs qui est promu par l'institution.

Il n'y aura aucune pédagogie miracle parce que les interactions entre instruction, structure et fonctionnement du cerveau sont innombrables et d'une incroyable complexité.

Précaution oratoire : "aucune pédagogie miracle" mais, malgré tout, des méthodes qui doivent "faire leur révolution".
La "complexité" du fonctionnement du cerveau explique en effet la prudence des scientifiques à ce sujet. Mais Laurent Alexandre ne s'embarrasse pas de ces scrupules d'un autre âge puisque, selon lui, l'apprentissage - d'ores et déjà ! - "devient une véritable science".

Pour balayer tout le champ des neurosciences appliquées à l'éducation, il va falloir des centaines de start-up. C'est tout un écosystème d'Edtechs (educational technologies) qu'il faut développer autour des « innovateurs enseignants de terrain ».

Quelle chance : le fondateur de "42" est également celui de la "station F", cet incubateur de startup qui vient d'ouvrir à Paris et qui abrite Ashoka !

Il faut par ailleurs des esprits neufs venant d'autres horizons pour bousculer l'enseignement.

"bousculer l'enseignement" : encore le lexique du management brutal.
Ces esprits neufs sont tout trouvés : il suffit de ne rien connaître à l'école pour en parler : Laurent Alexandre en est le meilleur exemple et avec lui bien d'autres entrepreneurs soucieux de l'avenir de l'école publique. Les "innovateurs" n'étant pas tout à fait "de terrain", ils feront également parfaitement l'affaire.

Devenir une pépinière de start-up innovantes permettra de faire venir des gens d'horizons nouveaux ayant une fibre entrepreneuriale et psychologiquement capables de résister à la bureaucratie.

Sans cette "fibre entrepreneuriale", comment résister en effet ?
Curieux pour le reste car François Taddei, Nicolas Le Luherne, Marie Soulié ou les membres de "Inversons la classe" représentent ou ont reçu le soutien public de l'institution.

Cela permettra aussi de contourner le tabou ultime de l'Education nationale : les innovateurs doivent être payés correctement.

Ce qui signifie, en termes logiques, que les autres ne doivent pas l'être. On comprend en effet pourquoi cela constitue un "tabou"...
La perspective de mieux rémunérer ceux qui innovent (en n'enseignant plus !) entre bien dans les vues de l'institution scolaire également. Ce discours en apparence iconoclaste n'est pas si loin du discours des majorités successives et la promotion de l'innovation dans l'éducation.

Si nous n'agissons pas rapidement, nous sacrifierons l'avenir de nos enfants et nous aurons une instruction made in Californie en 2040.

L'urgence et l’absence de choix.
Curieux car le techno-constructivisme fait précisément le jeu des grands groupes technologiques : "inversons la classe" avec YouTube et en utilisant des produits Microsoft, Google ou Apple.

L'émergence d'enregistreurs cérébraux non invasifs très peu coûteux capables de mesurer de nombreuses constantes en permanence va permettre de corréler ces données à nos caractéristiques cognitives pour optimiser l'enseignement. Les géants du numérique, qui ont une connaissance de plus en plus fine des caractéristiques cognitives de nos enfants grâce aux smartphones, qui savent tout de notre cerveau, auront un avantage considérable.

Heureusement les startup françaises (en cheville avec ces groupes) vont nous en libérer et les "enregistreurs cérébraux non invasifs" seront français.

L'IA des géants du numérique permettra demain de déterminer très précisément les meilleures méthodes pédagogiques pour chaque enfant. Le patron de Facebook a d'ailleurs déclaré : « Nous savons que l'enseignement personnalisé est la meilleure solution. »

Ce serait si dommage que l'enseignement personnalisé ne soit pas la meilleurs solution, compte tenu de toutes les données personnelles accumulées par Facebook (et d'autres).
Mais voilà qui est étonnant : après nous avoir mis en garde contre une "instruction made in Californie", Laurent Alexandre nous enjoint donc d'en suivre la marche en citant Mark Zuckerberg ou en donnant l'exemple d'Elon Musk.

L'Education nationale doit encourager ses innovateurs et donner plus d'autonomies à tous les hommes de terrain comme Nicolas Le Luherne et faire pousser des centaines de start-up en son sein. Sinon, elle deviendra la prochaine sidérurgie !

Il manquait des points d'exclamation à ce ton oraculaire et menaçant. La direction d'ateliers Canopé (après une courte carrière dans l'enseignement), rien de mieux pour rapprocher du "terrain" en effet...
L'éducation est de nouveau comparée à une industrie (et les élèves à des produits industriels ?), ce qui est assez étrange : la sidérurgie a disparu en France non pas pour des raisons de modernisation, mais de rentabilité...
Voilà qui fait réfléchir à la notion de progrès...
* * *
En résumé, un prospectivisme aussi insultant et alarmiste que vague et creux, traversé de contradictions saisissantes, et moins iconoclaste que dans l'air du temps : une chronique qui n'honore guère le journalisme.
* * *

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22 Oct 2017 11:23 #19859 par Loys
"Nous ne sommes toujours pas programmé-e-s" (Questions de classe)

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23 Oct 2017 14:59 - 23 Oct 2017 14:59 #19875 par Loys
"Du 8 au 10 décembre 2017 : Hack'1 Cerveau!"
www.educavox.fr/agenda-2/hack-1-cerveau

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24 Oct 2017 20:49 - 24 Oct 2017 21:02 #19879 par Loys
"Du 8 au 10 décembre 2017 : Hack'1 Cerveau!"
Depuis deux ans, le CRI organise à Sciences-Po consacre, dans le cours "Disruptive Technologies & Public Policy", une section (d'une semaine) à l'intelligence artificielle. APB relèverait donc de l'intelligence artificielle et l'expertise force l'admiration :

cf

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25 Oct 2017 13:00 #19880 par Loys
Les neurosciences au cœur de la classe ?

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27 Nov 2017 14:44 - 28 Nov 2017 23:58 #20102 par Loys

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03 Déc 2017 11:33 - 03 Déc 2017 11:36 #20139 par Loys
"L’attention n’est pas au programme à l’école… et elle devrait l’être !" (Jean-Philippe Lachaux)
Dans "VNi" du 29/11/17 : "« L’attention n’est pas au programme à l’école… et elle devrait l’être ! »"

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04 Déc 2017 18:01 - 10 Jan 2018 22:02 #20150 par Loys
Les neurosciences au cœur de la classe ?
6/9/17
Dans "L'Express" du 6/9/17 : "Éducation et neurosciences: "En matière d'apprentissage, il n'y a pas de fatalité"

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4/12/17
www.lalettredeleducation.fr/Edouard-Gent...iser-toutes-les.html

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