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SUJET : "Le numérique contribuera à lutter contre l’échec scolaire… si on y travaille !" (Cahiers pédagogiques)

"Le numérique contribuera à lutter contre l’échec scolaire… si on y travaille !" (Cahiers pédagogiques) 14 Sep 2016 21:48 #17153

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Dans les "Cahiers pédagogiques" du 14/09/16 : "Le numérique contribuera à lutter contre l’échec scolaire… si on y travaille !"

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Ce qui est moderne peut (aussi) être idiot.
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"Le numérique contribuera à lutter contre l’échec scolaire… si on y travaille !" (Cahiers pédagogiques) 14 Sep 2016 21:50 #17154

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"si on y travaille !", "n’est pas la solution miracle", "conscient de ses limites et des conditions", "On a vu l’échec" : c'est la révolution aux "Cahiers". :cheers:

On a vu l’échec du Plan Informatique pour tous de 1984-85, avec les formations peu adaptées des enseignants, la production de nombre de programmes médiocres, les exercices mécaniques, le tout sans vraie réflexion de fond sur ce que pourraient être des outils pertinents pour personnaliser les apprentissages de manière progressive et interactive.
Toute ressemblance...

D'autant qu'à l'époque les élèves ne faisaient pas face à des produits de consommation comme les tablettes ou les smartphones et aux mille tentations de distraction offertes par Internet. :santa:

Le mouvement des classes inversées, nous parait fécond et riche de promesses, bien qu’il engendre aussi d’autres illusions, lorsqu’il en reste à une conception simpliste qui pourrait sous-estimer la difficulté du travail « à la maison » d’une grande frange de la population scolaire.
Donc, c'est bien ou c'est pas bien ? :scratch:

Oui, le numérique peut nous éloigner du concret, de la manipulation effective (pas seulement avec les doigts sur le clavier), alors même que tant d’élèves auraient besoin de pouvoir exprimer leurs compétences manuelles et physiques, dans un cadre cependant bien différent de la séparation élitiste entre soi-disant manuels et soi-disant intellectuels.
Mais non : Célestin Freinet aurait commandé des tablettes pour ses élèves !

Oui, internet est aussi un monde de dangers, de possibles enfermements communautaires et déversoir d’un culture fragmentée. Mais ne peut-on dire, à peu de chose près, la même chose de l’écrit, des autres médias, etc. si l’on ne fait pas travailler les élèves sur le sens et l’esprit critique ?
Rien sur la la dispersion et le divertissement, sur la dimension addictive de plus en plus marquée et de plus en plus précoce des écrans, sur l'illusion de facilité, sur les possibilités démultipliées de fraude, sur le nouveau harcèlement, sur les effets sur la lecture, sur la santé, sur la capacité de concentration etc. ?

Plus que jamais, il nous faut quitter les logiques binaires improductives et les prêt-à-penser qui fleurissent dans les ouvrages simplistes ou les discours démagogiques de certains politiques…
Le numérisme est un prêt-à-penser binaire.

Conditions

Le problème n’est plus, nous semble-t-il, s’il faut ou non du numérique à l’école et par rapport à la thématique de cette journée si le numérique peut être un élément de lutte contre l’échec, ou plutôt une contribution à la réussite de tous, mais à quelles conditions cela se peut faire.
Voilà qui n'est pas du tout "binaire". :xx:


Citons-en seulement ici quelques-unes :
• 1. Le numérique est un plus, « ceci ne tue pas cela » selon les mots de Victor Hugo, ou ne doit pas le faire.
Le temps d'écran est du temps volé pour bien d'autres activités.

Les élèves doivent aussi bien apprendre à se servir d’un GPS que d’une carte de géographie...
Relativisme consternant : un GPS est conçu pour être utilisé intuitivement. Une carte géographique nécessite un apprentissage...

...et lire sous les supports les plus divers, même si on ne lit pas de la même façon sur tablette et dans un livre, de manière linéaire ou hypertextuelle.
Le lecture "hypertextuelle" ? :scratch:

Même relativisme consternant : la lecture "linéaire" (de livres, donc) demande un effort et un apprentissage qui n'est pas nécessaire dans les formes de lecture dégradées.

• 2. Le numérique ne doit pas être seulement un moyen plus attrayant de faire la même chose qu’avant le numérique. On a évoqué plus haut ces activités mécaniques qui sont aussi inefficaces sur ordinateur qu’autrement. On connait aussi le peu attrayant diaporama qui ne fait que moderniser le cours magistral dans trop de cas. En revanche, le numérique apporte un plus quand on écrit de manière collaborative un texte, qu’on peut travailler les réécritures en live, quand on échange en langue étrangère à l’autre bout du monde…
D'accord sur le dernier point. En revanche les pédagogies dites "coopératives" ne convainquent que ceux qui en sont convaincus.

• 3. Le numérique permet d’éviter des activités fastidieuses, si on sait bien s’en servir. L’écriture a bien jadis permis de libérer la mémoire de tout ce par cœur nécessaire dans une culture orale. Arrêtons de valoriser la recherche dans le « bon vieux dictionnaire » si improductive pour beaucoup d’élèves...
En quoi est-elle "improductive" ? Chercher des mots dans le dictionnaire serait donc devenu une "activité fastidieuse" ? :shock:

L'écriture a libéré la mémoire collective des hommes, mais ne les a jamais dispensés d'apprendre et de mémoriser. En suivant le raisonnement des "Cahiers", il est inutile d'apprendre le vocabulaire ou la syntaxe d'une langue vivante... :shock:

...au détriment des multiples utilisations d’outils de toutes sortes sur ordinateur (banque de synonymes, recherche adaptée à l’âge, etc.)
Précisément Internet, contrairement à des manuels scolaire, n'est adapté à aucun âge...

• 4. La recherche d’informations doit devenir une compétence essentielle du socle commun, à condition qu’on conjugue les trois verbes : chercher, trier, exploiter et qu’on mette au premier plan la vérification des sources.
La recherche documentaire est une compétence très secondaire à l'école, au collège et même au lycée. D'autres compétences sont bien plus "essentielles".

Nous proposons par exemple dans le dossier des Cahiers pédagogiques « Apprendre à chercher, chercher pour apprendre » (n°508) des pistes très riches empruntées par des enseignants dans cette perspective. Une nécessité : que les élèves n’aillent pas chercher dans une seule direction, diversifient leurs sources, comme le soulignait Jacques-François Marchandise dans une conférence-débat de nos récentes Rencontres d’été.
Quelle découverte ! :santa:

Ce ne sont là que quelques suggestions, qu’il faut sans doute compléter par la richesse créative qu’offre le numérique et la nécessité de faire entrer les élèves dans le « back office » (d’où un apprentissage raisonné du codage par exemple, comme le propose La main à la pâte).
Raisonnement simpliste : entrer "dans le « back office »" exige bien plus que quelques rudiments de code...

Nous renvoyons à la réflexion déjà ancienne de notre revue sur le sujet, depuis des numéros et ateliers des années 80 jusqu’à la production actuelle de plusieurs dossiers sur l’usage du numérique à l’école primaire, dans les disciplines au collège et lycée, en attendant un numéro sur les classes inversées dans quelques mois.
En contradiction avec les concessions du début de l'article, l'activisme numériste des "Cahiers" est en effet saisissant.
Ce qui est moderne peut (aussi) être idiot.
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