"Les 5 statistiques positives de l’école française" (L'éducation déchiffrée)

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22 Juil 2013 14:14 #6884 par Loys
A lire dans "L'éducation déchiffrée" d'Eric Charbonnier, cet article du 22/07/13 : "Les 5 statistiques positives de l’école française" .


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23 Juil 2013 11:47 #6887 par Euler
Les résultats de PISA 2012 seront connus en décembre 2013. Je les attends avec impatience car l'étude se concentrera spécialement sur les connaissances mathématiques :).
Mais je suis prêt à parier que quelques unes des "statistiques positives" évoquées par l'auteur de l'article vont en prendre un coup :(.

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23 Juil 2013 12:34 #6890 par Frist
Avec mon impertinence que vous connaissez, j'essaye de décrypter ces déchiffrages :scratch:

1ère statistique positive : la France a une école maternelle ouverte au plus grand nombre et financée principalement par des fonds publics.

La France a une garderie financée par l'État.
Si la scolarisation en maternelle de plus en plus tôt avait une influence, nos petits jeunes sauraient lire, n'est-ce pas ?

2ème statistique positive : les enseignants du primaire et secondaire sont en moyenne plus jeunes en France que dans de nombreux pays européens et de l’OCDE.

Tous les vieux se barrent, alors qu'on pourrait se dire qu'un enseignant plus âgés détient une pédagogie plus éprouvée que celle en sortant de l'école.
Et puis à regarder le graphique, on est quasiment sur le milieu, on est donc dans la médiane, mais ça ne se dit pas, n'est-ce pas ? La différence de 3% ne m'a pas l'air vraiment énorme.
Aussi, la pyramide n'a pas la même forme pour tout le monde, et donc regarder les moins de 40 ans ne donne pas les mêmes résultats que les moins de 50 ans. Or si on veut conclure sur les départ en retraite dans les 10 ans, c'est plutôt les plus de 50 ans qui devraient être regardé.

3ème statistique positive : À 15 ans, en compréhension de l’écrit, un tiers des élèves obtiennent de bonnes performances, ce qui est supérieur à la moyenne de l’OCDE

C'est positif de se dire que les deux tiers n'ont pas de bonnes performances ?
Quand on voit le graphique, on a l'impression que la France est sur le même plateau statistique autour de la moyenne. On est au-dessus de la moyenne, heureusement quand on voit la liste de tous les pays de l'OCDE ! On est donc fier d'être meilleur que les turcs ou les mexicains ? Au lieu de dire que nous sommes au 9° rang, on dit qu'on est au-dessus de la moyenne. C'est vraiment un décryptage ?
Et puis pourquoi pour les très bons on prend 678 points en référence ? Alors qu'il y a déjà des niveaux définis sur le graphique joint plus bas, à 626 et 698 !
Aussi, tout d'un coup on nous sort la moyenne dans PISA pour l'ensemble des pays, 493 points ! Oulah, ils sont mauvais l'OCDE ! Mais et nous, on a combien en moyenne ? Non, on ne le sait pas, on dit juste combien on a de bons et des très bons.

4ème statistique positive : les élèves français prennent du plaisir dans l’apprentissage des matières

Là, c'est trop fort, on nous sort les résultats de PISA 2006 ! Or dans tous les autres résultats, c'est bien PISA 2009 qui est ressorti. Ne soyons pas de mauvaise foi, et supposons que la méthodologie ait changé et que cette question n'a pas été posé pour l'étude 2009.
À regarder les performances en science, nous sommes en plein dans la moyenne, pas de quoi être fier.
Mais la conclusion sur ce paragraphe explique que c'est parce que l'élève a peur d'apprendre car il est évalué et il peut redoubler. Vu que les élèves sont motivés, si on ne les évaluait pas et s'ils ne pouvaient pas redoubler, eh bien... (ben non, on peut pas dire qu'ils seront meilleurs, puisqu'on ne les évalue pas)

5ème statistique positive : La France investit dans son système éducatif, même en période de crise économique
En 2010, les pays de l’OCDE ont consacré, en moyenne, 3.9 % de leur PIB au financement de leurs établissements d’enseignement primaire et secondaire contre 4.0% pour la France. Ce pourcentage est supérieur à 4.5 % uniquement en Argentine, au Brésil, au Danemark, en Islande, en Norvège, en Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni. De plus, cet investissement ne s’est pas réduit pendant la crise économique montrant au passage que l’éducation demeurait une priorité. Ainsi, entre 2009 et 2010, les dépenses publiques au titre des établissements d’enseignement ont diminué à cause des mesures de restriction budgétaire dans un tiers des pays de l’OCDE et de plus de 2% en Autriche, en Espagne, aux États-Unis, en Irlande, en Norvège, en Nouvelle-Zélande et au Portugal. La France ne fait pas partie de ces pays et les dépenses publiques au titre des établissements d’enseignement ont augmenté de 2 %, en moyenne, entre 2008 et 2009 et de 1% entre 2009 et 2010 (voir tableau B2.5 de regards sur l’éducation 2013).

En moyenne l'OCDE c'est 3.9 %, nous c'est 4.0 %, on est donc toujours dans la moyenne.
Supérieur à 4.5 % seulement dans 7 pays !
Bouh ! 7 pays ont baissé de plus de 2 % la part de financement, mais on retrouve 2 pays qui malgré cette affreuse baisse ont toujours un investissement de plus de 4.5 %...


On fait vraiment dire ce que veut à ces statistiques. Mais quand on voit la montagne de statistiques qu'il y a dans ces rapports PISA, trouver que 5 statistiques positives, c'est plutôt surprenant. Ce serait donc vraiment catastrophique l'état de la France si on trouve que ces statistiques pour voir la vie en rose.

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23 Juil 2013 13:38 - 23 Juil 2013 13:53 #6892 par Loys

Frist dit: Si la scolarisation en maternelle de plus en plus tôt avait une influence, nos petits jeunes sauraient lire, n'est-ce pas ?

J'avoue que ce point me laisse perplexe. Il faudra enquêter.

Aussi, tout d'un coup on nous sort la moyenne dans PISA pour l'ensemble des pays, 493 points ! Oulah, ils sont mauvais l'OCDE ! Mais et nous, on a combien en moyenne ? Non, on ne le sait pas, on dit juste combien on a de bons et des très bons.

Je vous donne la réponse : 496 points. Source : www.oecd.org/pisa/46624382.pdf

Mais la conclusion sur ce paragraphe explique que c'est parce que l'élève a peur d'apprendre car il est évalué et il peut redoubler. Vu que les élèves sont motivés, si on ne les évaluait pas et s'ils ne pouvaient pas redoubler, eh bien... (ben non, on peut pas dire qu'ils seront meilleurs, puisqu'on ne les évalue pas)

Vous m'avez bien fait rire mais vous trichez un peu en confondant l'évaluation dans le cadre d'un cursus (les notes des élèves) et l'évaluation statistique.

Le Figaro dit: La France ne fait pas partie de ces pays et les dépenses publiques au titre des établissements d’enseignement ont augmenté de 2 %, en moyenne, entre 2008 et 2009 et de 1% entre 2009 et 2010 (voir tableau B2.5 de regards sur l’éducation 2013).

En précisant que les effectifs des élèves se sont accrus de 1,8% entre les rentrées 2008 et 2011 (+270.700 élèves)

Frist dit: Bouh ! 7 pays ont baissé de plus de 2 % la part de financement, mais on retrouve 2 pays qui malgré cette affreuse baisse ont toujours un investissement de plus de 4.5 %...

Remarque très pertinente. On fait vraiment dire ce qu'on veut à ces statistiques.
Mais pour vous surprendre je pense, pour d'autres raisons, que la dépense éducative de la France, stigmatisée par la Cour des comptes par exemple, est en vérité une note positive. J'aurai l'occasion d'en reparler dans un article en cours de rédaction. ;)

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23 Juil 2013 14:57 #6894 par Frist

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30 Juil 2013 16:23 - 30 Juil 2013 16:24 #6965 par Loys
Claudia Senik, professeur à l'Ecole d'économie de Paris, nous dit pourtant que l'école est une des principales raisons de notre sinistrose hexagonale. D'après "Courrier International" du 27/03/13 "Malheureux comme un français" :

Pour Claudia Senik, trois facteurs sont à l'origine du pessimisme des Français. D'abord, leurs écoles sont trop bonnes : "En France, [...], la majorité des élèves ont l'habitude d'avoir de mauvaises notes", explique-t-elle. "Quand ils pensent à leur mérite ou à leur valeur, ils pensent à ces notes, qui sont généralement basses ou moyennes." A l'évidence, c'est un compliment à double sens, mais les élèves britanniques sont plus heureux car notre système d'enseignement est considérablement plus souple. Plusieurs décennies d'enseignement libéral centré sur les élèves (où les enfants sont récompensés pour leur simple présence) ont créé une génération de Britanniques qui ont l'habitude d'être félicités pour leur intelligence supérieure même s'ils n'ont rien dans la tête. L'ignorance est la clé du bonheur.

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