L'orientation choisie

Plus d'informations
09 Fév 2013 09:56 - 20 Jui 2013 14:34 #3714 par Loys
L'orientation choisie
A lire sur "Educavox" du 5/02/13 : "S’affranchir de l’orientation : une nécessité éducative et démocratique" .

Connectez-vous pour voir le message entier.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
22 Fév 2013 14:19 #4064 par Loys
"Le gouvernement va tester la libre orientation en fin de 3ème" (Café Pédagogique)
C'était une demande de la FCPE... On va bien rigoler ! :twisted:

"Le gouvernement va tester la libre orientation en fin de 3ème" (22/02/13) sur le "Café Pédagogique".


Connectez-vous pour voir le message entier.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
22 Fév 2013 17:16 #4068 par archeboc
"Le gouvernement va tester la libre orientation en fin de 3ème" (Café Pédagogique)

"Un nouveau service public de l’orientation (SPO) va être créé, dans le cadre de la nouvelle étape de la décentralisation,


L'Etat décide, les collectivités payent. Ce nouveau mode de fonctionnement de la décentralisation permet de faire des simulacres d'économie. Sous couvert de rendre les services publiques plus proches des citoyens, on développe une administration décentralisée pléthorique car redondante.

Les potentats locaux en redemandent, tant que la contrainte budgétaire n'est pas trop forte. On arrive aujourd'hui en limite du système.

"Un nouveau service public de l’orientation (SPO) va être créé, dans le cadre de la nouvelle étape de la décentralisation, qui rendra effectif le droit pour toute personne (élève, apprenti, étudiant, jeune à la recherche d’un emploi ou d’une formation, jeune salarié en reconversion professionnelle ou demandeur d’emploi) d’accéder tout au long de sa vie à un service gratuit d’information sur les formations, les métiers et l’insertion professionnelle.


On aurait aimé savoir en quoi les services publics existants, au premier rang desquels l'ANPE, ne donnent pas satisfaction, et comment le SPO va arriver à faire mieux.

[Le SPO] Le Comité acte qu'il soit expérimenté dès septembre 21013 dans 4 à 6 régions.
[Le libre choix de l'orientation] Cette possibilité sera expérimentée dès la rentrée 2013 "dans différents territoires".

Faire des expérimentations sur des gros échantillons de population, c'est une bonne idée. Cela permettra de sortir les "sciences de l'éducation" des discours déconnectés des réalités du terrain.

On attend évidemment l'expérimentation des classes de niveau, du retour aux programmes de 1960, de l'examen d'entrée en sixième, et de l'indexation des allocations familiales sur les résultats scolaires.

Le comité veut aussi garantir des sorties avec diplôme des études supérieures et pour cela favoriser l'accès aux BTS et IUT pour les étudiants en échec en université.


A quand le droit au diplôme opposable ? On aura ensuite le droit à la santé opposable, le droit au mariage opposable, le droit aux enfants opposable.
Le progrès est un acrobate qui tombe s'il s'arrête.

82 milliards


Cela ressemble à un titre de roman. Ce n'est pas comme si la France était en situation de pré-faillite.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
22 Fév 2013 20:06 #4075 par Loys
"Le gouvernement va tester la libre orientation en fin de 3ème" (Café Pédagogique)

archeboc dit: A quand le droit au diplôme opposable ? On aura ensuite le droit à la santé opposable, le droit au mariage opposable, le droit aux enfants opposable.
Le progrès est un acrobate qui tombe s'il s'arrête.

:mrgreen:

L'orientation en fin de 3ème. Le gouvernement veut expérimenter la possibilité de laisser aux parents le choix de la décision d’orientation en fin de 3ème. "L’objectif est de promouvoir une orientation choisie et non subie en fin de 3ème et de mieux reconnaître la place des parents dans les processus d’orientation".

On va bien rigoler quand tous les parents vont demander l'accès à la 2nde générale et technologique... En tout cas il est intéressant de constater que les parents ont désormais, par décret, les compétences pour apprécier ce qu'un conseil de professionnels de l'éducation appréciait jusqu'ici.

Le choix de la voie d’orientation "donnera lieu à un dialogue renforcé avec l’équipe pédagogique afin d’accompagner au mieux l’élève et sa famille dans son choix...

Le dialogue va vite tourner à l'inutile du point de vue des deux parties... :twisted:

Ce dialogue se poursuivra jusqu’à l’entretien avec le chef d’établissement lorsque la proposition du conseil de classe diffère du choix de la famille. Mais le choix final reviendra à la famille".

Quel intérêt de réunir un conseil de classe, dès lors ?

Cette possibilité sera expérimentée dès la rentrée 2013 "dans différents territoires".

Un nouveau concept politiquement correct.

Aujourd'hui, "en cas de désaccord, un entretien est proposé à la famille par le chef d'établissement. Le chef d'établissement peut assortir sa décision de faire droit à la demande d'orientation de l'élève de la condition que celui-ci s'engage à suivre un dispositif de remise à niveau..

Une impressionnante contrainte... toujours suivie, bien sûr. La plupart du temps, dans ces cas-là, le conseil est désavoué sans même le savoir et sans obligation d'aucune sorte.

Si le désaccord persiste, le chef d'établissement doit motiver sa décision et la famille dispose de trois jours pour faire connaître son choix de recourir à une commission d'appel.

Sans motiver sa demande, comme dans un appel... D'où des recours abusifs.

La décision de celle-ci est définitive". Les taux de désaccord tournent autour de 2% des élèves de troisième, si l'on en croit les chiffres officiels du ministère. Cela concerne surtout des garçons. L'écart entre les demandes des familles et les décisions tend à se réduire au vu de ces chiffres.

A quel niveau est quantifié un tel "taux de désaccord" ? Après le conseil, après le rendez-vous avec le principal, après la commission ?

C'est précisément l'actuel travail d'accompagnement pour formuler au mieux les vœux qui permet de réduire ce taux. En le réduisant artificiellement à zéro, on risque d'avoir quelques mauvaises surprises dans l'orientation.

Mais d'autres études ont montré un profond ressentiment d'élèves des filières professionnelles pour leur orientation en fin de 3ème.

Surtout de certaines filières non qualifiantes et servant surtout à scolariser artificiellement les élèves jusqu'à leur majorité. C'est donc à partir d'un "ressentiment" qu'on construit aujourd'hui les politiques éducatives.

On sait d'ailleurs que c'est là que se créent la majorité des situations de décrochage.

Il y a aussi beaucoup de décrochages avant l'orientation de fin de troisième, d'où des gros problèmes d'orientation d'ailleurs... Ce n'est pas l'orientation qui crée le décrochage, contrairement à ce qu'on nous voudrait nous faire croire. :fur

Le gouvernement se rallie donc à une demande de la FCPE de laisser le dernier mot aux familles.

Tout est dit.

A noter que le dernier mot est, dans certaines familles, celui de l'élève...

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
23 Fév 2013 14:46 #4083 par archeboc
"Le gouvernement va tester la libre orientation en fin de 3ème" (Café Pédagogique)

Loys dit:

Ce dialogue se poursuivra jusqu’à l’entretien avec le chef d’établissement lorsque la proposition du conseil de classe diffère du choix de la famille. Mais le choix final reviendra à la famille".

Quel intérêt de réunir un conseil de classe, dès lors ?


A mi chemin entre le CESE et le sénat : un rôle consultatif.

Il va éclairer le choix de l'élève et de sa famille.

La question la plus marrante, maintenant, c'est : que se passe-t-il si l'élève n'est pas d'accord avec la famille ?

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
05 Avr 2013 13:19 #4973 par Loys
"60 000 familles sont victimes d’une « orientation subie »" (Peut mieux faire)


A lire sur ce blog hébergé du "Monde" : "60 000 familles sont victimes d’une « orientation subie »" (05/04/13)


Connectez-vous pour voir le message entier.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
05 Avr 2013 13:40 #4975 par Loys
"60 000 familles sont victimes d’une « orientation subie »" (Peut mieux faire)

60 000 familles sont victimes d’une « orientation subie »

"subie", "victime" : on voit que l'institution scolaire est coupable d'une odieuse violence. Curieux aussi de constater que c'est la famille, et non l'élève qui est victime d'une "orientation subie". :scratch:

C’est un des sujets d’inquiétude des parents d’élèves.

Enfin des élus nationaux d'une seule fédération, pour être exact.

L’« orientation subie », autrement dit imposée aux familles par les établissements...

Elle n'est imposée qu'en cas d'appel non reçu par des commissions d'appel.

...viendrait nourrit les rangs des élèves « décrocheurs » - ces 120 000 jeunes qui quittent, chaque année, le système scolaire sans diplôme ni qualification.

C'est vrai que c'est logique : si chacun obtient l'orientation qu'il désire, le décrochage diminuera. Que n'y a-t-on pensé avant ! :cheers:

Pour y remédier, la principale fédération de parents, la FCPE, réclame l’inscription dans la « loi Peillon » du « dernier mot aux familles et à l’élève » – ce que prévoyait l’article 25 ter, retiré du projet de loi lors des discussions à l’Assemblée nationale, le 16 mars.

C'est important dans la vie moderne, que non seulement que les "familles" prévalent sur des professionnels de l'enseignement, mais même les "élèves" eux-mêmes.

Des données statistiques divulguées ce mercredi 3 avril, dans le cadre d’un colloque organisé à Paris sur la « qualité des relations entre les familles et l’école », ont donné à cette revendication une coloration particulière : 60 000 familles auraient été concernées, en 2011, par une décision contraire à leur demande d’orientation. 15 000 d’entre elles auraient fait appel, avec un taux de satisfaction de l’ordre de 30 %.

Un calcul simple montre donc que ce ne sont pas 60.000 familles qui sont "victimes", mais 55.5000...

Espérons que ces "décisions contraires" n'incluent pas les avis des conseils de classe en milieu de cycle (5e-4e ou 1e-Tle), qui sont considérés comme consultatifs et non suivis par les parents

Des inégalités entre les académies

« Dans notre système éducatif, l’orientation ne peut être imposée à un élève durant un cycle d’enseignement », rappelle Georges Fotinos, ancien chargé de mission sur la relation famille-école, qui a fournit ces chiffres issus des statistiques de l’éducation nationale.

C'est bien l'intérêt des cycles, que beaucoup voudraient généraliser à l'ensemble de la scolarité.

En revanche, en fin de 6ème, de 4ème ou de 2nde, la décision de l’établissement prime.

Non, de la commission d'appel. En sachant que beaucoup de décisions de conseils de classe contraires aux vœux des familles sont désavouées par les chefs d'établissement dans leur bureau.

« Ce qui ressort de mes recherches, ce sont les fortes inégalités en la matière entre les académies », poursuit M Fotinos : « Dans certaines, à Paris notamment, les commissions d’appel saisies par les familles semblent beaucoup plus strictes. Au final, cela ne concerne qu’assez peu de familles (60 000, pour 3 millions d’élèves scolarisés dans les classes concernées, NDRL), mais l’impact sur l'appréciation du système est très marqué. »

On est plus proche de 5,415 millions d''élèves (sans tout compter : http://www.education.gouv.fr/cid57111/l ... ffres.html ). Soit un ratio effrayant de 1% d'orientation subie. L'impact est effectivement dévastateur.

Assez peu de familles sans doute, mais des familles « remontées » : la moitié des plaintes de parents envoyées au médiateur de l’éducation nationale concernerait ces questions d’orientation.

Voilà où est le problème. Si l'on pouvait faire plaisir à ces familles "remontées"...

La revendication du « dernier mot aux familles et à l’élève » a trouvé des relais bien au-delà des cercles de parents.

Ah bon : où ça ? (à part dans le Sgen et le SE-UNSA)...

La « grande concertation » estivale réunie pour préparer la « refondation de l’école » avait rouvert ce débat. « Si nous recommandons de donner davantage de liberté aux familles dans l’orientation en fin de 3e, nous savons que nous ne sommes pas capables, aujourd’hui, d’en mesurer toutes les conséquences : c’est exactement le type de mesure qui pourrait faire l’objet d’une expérimentation », pouvait-on lire dans le rapport final, rendu public à la rentrée 2012.

Les conséquences en fin de troisième sont très simples et ne concerneront pas que 55.500 familles mais toutes celles que les équipes éducatives sont parvenues à convaincre d'une orientation.

L’idée a ressurgi à la mi-décembre, devant la commission des affaires culturelle de l’Assemblée nationale : Patrick Lefas, président de la 3e chambre de la Cour des comptes, a proposé de « donner aux familles le droit de décision finale sur la voie d’orientation, l’affectation dans un établissement public restant de la compétence de l’administration ».

Cette phrase me semble tout à fait contradictoire. :scratch:

Il est symptomatique que cette proposition émane d'un président d'une chambre de la Cour des comptes. Car cette mesure n'a pas vocation à être pédagogique, mais économique.

Le 21 février, le comité interministériel à la jeunesse a franchi un pas supplémentaire dans cette voie en décidant de donner le « dernier mot » aux parents à la sortie du collège… mais seuls quelques territoires seraient concernés en juin 2014 par cette petite révolution.

Évidemment, ne pas attendre le moindre début de réflexion critique sur une telle "révolution"...

En tout cas, on voit que le niveau scolaire ou même le travail fourni n'est plus une donnée à prendre en compte dans l'orientation : seul compte le souhait de la famille, et même de l'enfant. Vive la vie moderne.

Et pourquoi ne parle-t-on pas de ce scandale : l'orientation subie par la majorité des étudiants en fin de première année de médecine ? ou l'impossibilité de poursuivre des études en faculté sans le baccalauréat ? Agissons ! :mrgreen:

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
05 Avr 2013 14:02 #4976 par archeboc
"60 000 familles sont victimes d’une « orientation subie »" (Peut mieux faire)

Loys dit:

L’idée a ressurgi à la mi-décembre, devant la commission des affaires culturelle de l’Assemblée nationale : Patrick Lefas, président de la 3e chambre de la Cour des comptes, a proposé de « donner aux familles le droit de décision finale sur la voie d’orientation, l’affectation dans un établissement public restant de la compétence de l’administration ».

Cette phrase me semble tout à fait contradictoire. :scratch:


Rien de contradictoire. Vous choisissez l'orientation que vous voulez. C'est nous qui choisissons la poubelle. L'auteur de cette idée s'imagine que l'administration serait prête à créer des établissements et des classes de contention pour les élèves qui ne sont pas aptes à suivre l'enseignement qu'on leur propose. Il ne se rend pas compte que toute l'administration est dans une attitude inverse, qui vise à uniformiser au maximum le niveau des classes et des établissements.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
05 Avr 2013 14:10 #4977 par Loys
"60 000 familles sont victimes d’une « orientation subie »" (Peut mieux faire)
Vous décodez la langue administrative mieux que moi, archeboc.

Mais ne trouvez-vous pas honteux que les familles "subissent" ainsi l'affectation ? :devil:

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
20 Jui 2013 14:31 - 20 Jui 2013 17:32 #6474 par Loys
"Les "entretiens de ré-orientation" (France 2)
Et un exemple par la pratique (durée de la vidéo : 3 minutes) : "Orientation : c'est moi qui décide".
www.laviemoderne.net/images/videos/20130...entationchoisie.webm

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
20 Jui 2013 17:28 - 20 Jui 2013 17:35 #6482 par Loys
Les "entretiens de ré-orientation" (France 2)
Un proviseur qui "mise sur la force de leur motivation" pour donner une "deuxième chance" aux élèves. On n'est pas dans la rhétorique du travail ou de l'effort, mais dans celle du tapis de jeu. On voit d'ailleurs, avec le premier élève, que ce n'est pas la motivation en seconde qui motive le passage outre de la décision du conseil : il s'agit en fait du pari sur son éventuelle motivation à venir...
La décision du conseil de classe n'a pas été prise "contre le gré" des élèves, mais contre celui des parents. On voit qu'avant de dépouiller l'institution scolaire de ce qui lui reste d'autorité avec la doctrine de l'élève au centre du système, la doctrine de l'enfant-roi a dépouillé celle des parents. Il faudrait rayer toute mention des parents sur les documents officiels.
"[Le proviseur] est convaincu qu'un adolescent peut réussir dans la filière qu'il désire, même s'il a de mauvaises notes" : il faut donc en tirer les conclusions nécessaires : ne plus noter en seconde, supprimer les conseils de classe et fermer les filières qui ne sont jamais demandées.
Si le proviseur est "persuadé" qu'un élève "a les capacités pour réussir", pourquoi ne lui "remonte-t-il pas les bretelles" dès le premier conseil de classe ? Doit-on supposer que le conseil ne l'a fait ni au premier ni au second conseil ? Avec ce questionnement solennel : "Donc à partir de là, maintenant, soit vous êtes vraiment capable de le faire et vous le faites, et c'est pas un "oui" superficiel, soit vous le faites pas". Questionnement assez consternant, puisque exigeant un simple engagement verbal de l'élève sans aucune contrainte... "Je verrai très vite l'année prochaine si vous tenez vos engagements" : et alors ? La Première est un cycle avec la Terminale, dans lequel le Proviseur ne peut rien imposer à l'élève ! :fur
On le voit, tous les élèves dans ce reportage veulent éviter à tout prix la voie professionnelle : les 3/4 obtiennent gain de cause auprès du proviseur qui "modifie la décision du conseil de classe", doux euphémisme pour dire qu'un intervenant extérieur seul, le Proviseur, dans le secret de son bureau, s'assoit littéralement sur la décision collégiale de ceux qui connaissent le mieux l'élève, les professeurs : ce sont d'ailleurs des professeurs qui devront faire avec sa décision quand l'élève entrera en première avec un niveau insuffisant. Souvent les professeurs ne sont pas mis au courant d'ailleurs.
Selon M. Hogrel, "la plupart des élèves aux résultats médiocres réussissent dans la filière qu'ils ont eux-mêmes choisie" : en ce cas pourquoi ne réussissent-ils pas en seconde générale et technologique ? :scratch:
"Je me suis dit que les décisions d'orientation n'étaient pas une science exacte..." : en bonne logique, la décision d'une seule personne ne connaissant pas l'élève est plus exacte. :doc:
En revanche, avec 3/4 de décisions de "ré-orientation" (sic) décidées par l'élève lui-même (le Proviseur ne prenant pas lui-même la décision ! :shock: ), celles-ci ont un caractère très exact et régulier. :devil:
"... et qu'il fallait voir le problème sous un angle différent" : un angle qui fait qu'il n'y a plus de problème et qu'un cinq en mathématiques en seconde n'empêche pas de demander une filière où les mathématiques sont le deuxième plus gros coefficient au Bac ! :cheers:
"le doute doit bénéficier à l'élève" : comme si un conseil de classe n'était pas capable d'avoir ce genre de réflexion ! :fur
Évidemment, le reportage ne donne pas la parole aux professeurs ainsi déjugés et ne montre aucun bulletin de l'année de seconde...
"Depuis quatre ans les 160 élèves ré-orientés par le Proviseur ont quasiment tous décroché leur Bac" : comme c'est surprenant ! :devil:
Voyons ce que les élèves disent eux-même du Bac :
[ Cliquer pour agrandir ]

Quod demonstrandum erat ! :cheers:

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
13 Nov 2013 09:34 #8398 par Loys
"L'orientation en 3ème, le choix des parents et les inégalités sociales" (Café pédagogique)
A lire dans le "Café pédagogique" du 13/11/13 : "L'orientation en 3ème, le choix des parents et les inégalités sociales" .

Connectez-vous pour voir le message entier.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
13 Nov 2013 09:40 - 13 Nov 2013 09:40 #8399 par Loys
"L'orientation en 3ème, le choix des parents et les inégalités sociales" (Café pédagogique)

Quelques progrès ont été réalisés depuis 1997, le taux de passage en 2de GT étant passé de 59 à 65%.

Voilà qui a le mérite d'être clair : des élèves qui vont dans la voie professionnelle, c'est mal, et des élèves qui vont dans la voie générale, c'est bien. Le "Café pédagogique" contribue utilement à la revalorisation de la voie professionnelle. :devil:

Quand ils sont très bons, 98% des enfants de cadres demandent la seconde GT quand c'est seulement 80% des enfants d'ouvriers non qualifiés.

Quand ils sont "très bons" dans les disciplines scolaires qui sont celles du lycée, demandant une capacité d'abstraction par exemple. On peut être "très bon" par ailleurs...

Selon l'étude, ils ne corrigent pas les demandes d'orientation venues des familles modestes. Ils les laissent limiter les ambitions de leur enfant.

Car on ne peut pas aller dans la voie professionnelle et avoir de l'ambition. :doc:

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
26 Nov 2013 21:38 #8572 par Loys
"L'orientation en 3ème, le choix des parents et les inégalités sociales" (Café pédagogique)
A lire sur "EducPros" et "EducaVox" du 26/11/13 : "L’orientation à la main des parents, une si bonne idée ?"

Connectez-vous pour voir le message entier.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
26 Nov 2013 21:38 #8573 par Loys
"L'orientation en 3ème, le choix des parents et les inégalités sociales" (Café pédagogique)
Commentaires à venir.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
22 Déc 2013 19:10 #8917 par Loys
"Expérimentation du choix de la voie d'orientation par les parents en fin de troisième" (MEN)
A lire sur le site du MEN : "Expérimentation du choix de la voie d'orientation par les parents en fin de troisième" (novembre 2013)

Connectez-vous pour voir le message entier.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
09 Jan 2014 12:01 - 09 Jan 2014 14:49 #9105 par Loys
"Décrochage : Le décret sur le libre choix de l'orientation est paru" (Café pédagogique)

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
09 Jan 2014 12:16 - 09 Jan 2014 13:14 #9108 par Loys
"Décrochage : Le décret sur le libre choix de l'orientation est paru" (Café pédagogique)
A noter que l'expression "orientation choisie" a cédé la place à une expression sémantiquement plus intelligente "le libre choix de l'orientation".

Le décret dit: Si, au terme de ces cinq jours, le cas échéant après une nouvelle rencontre avec le chef d'établissement ou son représentant organisée à la demande de l'élève et ses responsables légaux, ces derniers maintiennent leur choix, le chef d'établissement prononce une décision d'orientation conforme à ce choix.

L'expression "prononcer une décision" a ici un curieux sens. :mrgreen:

Il en informe l'équipe éducative.

Bon résumé de la considération dans laquelle sont aujourd'hui tenus les professionnels de l'éducation que sont les enseignants. On pourrait appliquer ce principe à d'autres champs du monde professionnel : dans le bâtiment, par exemple, faire primer l'avis du maître d'ouvrage sur celui du maître d'oeuvre. Ou en médecine, celui du patient sur celui du médecin.

Aujourd'hui en fin de troisième, 65% des élèves sont envoyés en seconde GT et 32% en seconde professionnelle ou CAP. Quelques progrès ont été réalisés depuis 1997, le taux de passage en 2de GT étant passé de 59 à 65%.

Seul le taux de satisfaction des parents et des élèves peut montrer un progrès... Encore une fois (voir plus haut), derrière les belles intentions progressistes se dévoile ici le mépris pour la voie professionnelle. Seul le passage en voie générale et technologique est considéré comme un "progrès". L'orientation subie concerne pourtant également les filières professionnelles, dont le problème des affectations possibles reste entier... En même temps si la grande majorité des élèves, notamment des filières professionnelles tertiaires, pouvaient aller en seconde générale, ce serait réduire encore les inégalités entre les élèves. C'est l'étape suivante : le lycée unique.
Par ailleurs le passage en seconde générale d'élèves n'en ayant pas le niveau n'est peut-être pas de nature à empêcher le décrochage... :santa:
D'une manière générale on peut s'inquiéter de la volonté de travailler des élèves en classe quand l'orientation est de toute façon "choisie". :shock:

Le taux de redoublement a reculé passant de 7 à 3%. Les appels pour décisions d'orientation concernent que très peu de cas et les décisions finales prises contre le gré des familles sont encore plus rares.

Pour le dire autrement, l'orientation choisie n'est que la consécration d'une état de fait déjà existant. :devil:
De ce point de vue l'orientation choisie est le prolongement de la suppression du redoublement.

Voilà qui plaide en faveur du libre choix des familles.

La voie était toute tracée. :devil:

Pour autant les décisions d'orientation ne sont pas à l'abri des inégalités sociales. Ainsi si 89% des enfants de cadres sont orientés en 2de GT, c'est le cas que pour 36% des enfants d'inactifs et 43% des employés de service.

Ce ne sont pas les "décisions d'orientation" qui ne sont pas à l'abri des inégalités sociales, mais le niveau des élèves. Le glissement est grave. On ne prend pas une décision en fonction d'un niveau social mais d'un niveau scolaire. :fur

Or les demandes des familles sont e cause selon une étude de la Depp. Ainsi 91% des cadres demandent la seconde GT pour leur enfant quand ce n'est que 36% des inactifs. A notes égales, les écarts entre les souhaits sont importants. Quand ils sont très bons, 98% des enfants de cadres demandent la seconde GT quand c'est seulement 80% des enfants d'ouvriers non qualifiés.

Le premier écart est très important mais - contrairement au second écart, plus faible - s'explique surtout par le niveau des élèves. :roll:

La conclusion c'est qu'on ne saurait, dans tous les cas, faire l'impasse pour une véritable éducation à l'orientation.

Mais pourquoi puisque l'orientation doit être "choisie" ? :santa:

Mais celle-ci peut elle avoir lieu si l'élève et sa famille sont convaincus que la décision finale sera prise sans eux ?

Et peut-elle avoir avoir une quelconque utilité si la décision finale est prise par eux ?
A noter que le conseil de classe n'est pas supprimé par le décret, bien sûr. Mais du consilium latin, la réunion pour décider, il ne restera plus que la réunion, pour sauver les apparences. :devil:

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
09 Jan 2014 12:36 - 09 Jan 2014 13:58 #9109 par Loys
"Décrochage : Le décret sur le libre choix de l'orientation est paru" (Café pédagogique)
Ce commentaire de Lionel Jeanjeau est intéressant :

Connectez-vous pour voir le message entier.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
09 Jan 2014 12:43 - 09 Jan 2014 12:44 #9110 par Loys
"Décrochage : Le décret sur le libre choix de l'orientation est paru" (Café pédagogique)

Lionel Jeanjeau dit: Beaucoup trop de professeurs, de COP, et de chefs d'établissement considèrent encore l'orientation des élèves en difficulté comme une aide à choisir ce qui n'est pas réaliste pour eux. Or le caractère "irréaliste" d'une orientation est bien souvent le fruit de nos propres perceptions culturelles et de notre propre relation à l'école. Notre vision de l'orientation est donc nécessairement "orientée".

Nul doute que celle des élèves le sera moins que celle de professionnels adultes. :santa:

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
12 Jan 2014 14:47 - 12 Jan 2014 14:49 #9159 par Loys
"Le dernier mot aux familles dans l'orientation des collégiens" (Le Monde)
A lire dans "Le Monde" du 11/01/14 : "Le dernier mot aux familles dans l'orientation des collégiens" par Maryline Baumard.

Connectez-vous pour voir le message entier.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
12 Jan 2014 15:51 - 12 Jan 2014 16:52 #9161 par Loys
"Le dernier mot aux familles dans l'orientation des collégiens" (Le Monde)

Patricia Minka adore la couture. Quand elle n'a pas une aiguille entre les doigts, elle conçoit des vêtements : « Devenir styliste est mon horizon. Je ferai tout pour m'orienter dans cette voie. » Elève en 3e, la jeune fille n'imagine pas d'autre futur. Si son projet est mûr, ce n'est pas le cas pour tous ses camarades. Le spectre d'une orientation en lycée professionnel dans une filière non choisie plane sur les têtes de ceux que le conseil de classe du 3e trimestre estimera trop « justes » pour préparer un baccalauréat général.

Maryline Baumard mélange tout : le problème de l'orientation (voie générale ou professionnelle, décision du conseil de classe) et le problème de l'affectation (des places limitées dans les différentes filières professionnelles et attribuées le plus souvent informatiquement). Patricia veut aller en lycée professionnel et pas en série générale. :fur
Présenter cette dernière voie comme un "spectre" en dit long sur le mépris de Maryline Baumard pour la voie professionnelle et pour la couture qu'adore pourtant Patricia. :fur
Enfin présenter systématiquement les élèves comme "trop justes", c'est vouloir faire oublier tous ceux qui ne sont pas du tout prêts à entrer en seconde générale. :fur

Et ce, quel que soit le rêve de leur vie.

L'école n'a pas vocation à réaliser les "rêves". :shock:
Curieuse vision de l'éducation au passage. Si le "rêve", c'est d'exercer un métier exigeant de passer par la voie générale, il faut se donner les moyens de pourvoir y entrer. Ce n'est pas parce qu'on rêve de quelque chose qu'on doit pouvoir l'obtenir...

Cela commence à changer. Le décret autorisant, à titre expérimental et pour trois ans, à laisser le dernier mot aux familles est paru le 9 janvier.

Ce qu'oublie opportunément de préciser Maryline Baumard, c'est qu'en réalité, soit parce que le chef d'établissement s’assoit sur la décision du conseil de classe, soit parce qu'une commission d'appel revient dessus, soit parce qu'on anticipe une telle décision de la commission d'appel, le conseil de classe a déjà un caractère plus ou moins consultatif.

Le collège Janusz-Korczak de Limeil-Brévannes (Val-de-Marne), où étudie Patricia Minka, teste cette mesure.
La plupart du temps, l'orientation est mathématique : « La probabilité de rejoindre la voie générale et technologique dépasse 90 % pour les élèves ayant plus de 11/20 de moyenne générale, mais est quasi nulle au-dessous de 9/20 », a mesuré l'Ecole d'économie de Paris.

Ce qui est proposé ici, c'est donc une orientation fondée sur le "rêve". Il fallait y penser !

« COMMENT MOTIVER LES ÉLÈVES POUR QU'ILS TRAVAILLENT? »
La France obéissante a intégré que le choix d'un parcours est une prérogative de l'éducation nationale.

Pas du tout. Le conseil de classe ne décide (et encore c'est très théorique comme on l'a vu) que de la voie, selon par exemple que l'élève a le niveau, la capacité d'abstraction et de travail nécessaire pour réussir dans la voie générale. Un élève en grande difficulté en français en fin de scolarité obligatoire a peu de chance de réussir en lettres au lycée. A cela s'ajoute les dispositions pour poursuivre un scolarité menant vers des études longues.

La France informée connaît les stratégies pour éviter de se le faire imposer.

Les "stratégies" sont assez peu nombreuses à vrai dire puisqu'il faut simplement avoir le niveau nécessaire.

Avec 35,5 % d'enfants d'ouvriers en voie professionnelle contre 7 % d'enfants de cadres, les familles « les plus éloignées de l'école » faisaient les frais en silence de cette orientation non choisie...

Cette reproduction sociale n'est pas due à l'orientation, qui n'en est que le symptôme. C'est bien en amont qu'il faut traiter le problème de la reproductions sociale.
A noter encore une fois que pour Maryline Baumard, aller en voie professionnelle, c'est "faire les frais" et que cela ne peut être en aucun cas un choix... :fur

... jusqu'à la mise en place de l'expérimentation dans 117 collèges de 12 académies. Quelles que soient les notes d'un élève, ses parents pourront décider qu'il va en 2de générale…

"Quelles que soient les notes"... :shock:
C'est bien l'objectif : l'entrée de tous les élèves en seconde générale et - après le collège unique - le lycée unique.
On notera que l'expérimentation ne vise pas à donner le choix de l'affectation dans la voix professionnelle qui est le vrai problème parce que les places sont coûteuses et limitées.

Le 15 novembre 2013, la ministre déléguée à la réussite éducative, George Pau-Langevin, est allée à Janusz-Korczak discuter de cette initiative qui concerne six collèges du Val-de-Marne. Car c'est une petite révolution ! Autour de la table, ce matin-là, les réticences s'expriment. « Comment motiver les élèves pour qu'ils travaillent en 3e alors qu'en fin d'année ils feront ce qu'ils veulent ? », s'interroge une responsable académique, relayant l'inquiétude du terrain.

Au contraire : les élèves sachant que plus rien ne s'opposent à leurs rêves, nul doute qu'ils travailleront d'arrache-pied par reconnaissance envers l'école ! :cheers:

Les questions montrent comment notre école manie la sanction de l'orientation pour forcer l'élève à ingurgiter une dose minimale de savoirs.

"ingurgiter une dose minimale de savoirs" : Maryline Baumard aime beaucoup employer ces expressions qui sont des insultes au métier d'enseigner et caricaturent à dessein l'exigence scolaire.
Pour comprendre ce qu'est le profil d'un élève en difficulté en fin de 3e, rien de mieux que d'aller consulter de vraies copies qui montrent plus sûrement ce qui fait défaut à ces élèves : www.laviemoderne.net/mirabilia/10-copies-non-conformes

« Qu'est-ce qu'on répondra quand un adolescent nous dira “de toute façon j'irai en 2de” ?… A 14 ans est-ce qu'on est apte à choisir ? », se demande un enseignant.

Effectivement... On notera que Mme Baumard ne donne aucune réponse à ces questions très légitimes.

Pas facile pour l'école de lâcher ce bout de pouvoir aux familles.

L'emploi du mot "pouvoir" est encore inapproprié : c'est une compétence, une expertise professionnelle. :fur

« Oui ou non, l'Etat a-t-il le droit d'imposer à chaque enfant une orientation scolaire, de lui interdire toute étude autre que celle qu'il lui a assignée ?

Le terme "interdire" comme précédemment le terme "pouvoir" renvoient à une vision coercitive et répressive de l'école. Ce n'est pas l’État qui impose quoi que ce soit... :shock:
La décision est fondée autant que faire se peut sur l'aspiration des élèves et sur leur niveau scolaire. Le raisonnement d'Antoine Prost, appliqué à un examen ou à un concours, montre toute son absurdité : est-ce qu'on "interdit" à un élève d'avoir son baccalauréat en ne lui donnant pas ? :shock:
A ce compte on pourrait aussi bien parler du niveau scolaire choisi... :santa:

Si l'on veut que le mérite scolaire décide des places sociales, il faut répondre oui.

En ajoutant que le mérite scolaire ne peut se mesurer que si l'égalité des chances a été respectée depuis le départ.

Or, cette réponse n'a jamais été assumée politiquement (…). Le résultat fut donc un compromis honteux. Le système public fonctionne comme s'il avait ce droit, et il en use largement envers les humbles », s'insurgeait l'historien Antoine Prost en 2004, dans le tome IV d'Histoire générale de l'enseignement et de l'éducation (Librairie académique Perrin).

Antoine Prost qui a quelque chose à voir avec ce que le système est devenu... :rirej

« POUR NOUS C'EST UNE RESPONSABILITÉ LOURDE »
Professeur principal de 3e à Janus-Korczak, Adrien Pellicioli est favorable à cette mutation : « L'expérimentation dure trois ans. Observons. Il est plus sain que nous soyons des conseillers capables de mettre en place un dialogue avec les parents, plutôt que des décideurs. »

A quoi sert ce dialogue ? :scratch:
A noter qu'Adrien Pellicioli posait aussi cette question dans "Le Parisien" du 18/11/13 : "Qu’adviendra-t-il des élèves qui se plantent en filière générale?" :rirej

L'engagement des familles est essentiel pour la réussite des élèves.

Oui mais l'engagement des familles dès le début de la scolarité. Pas seulement au moment de la décision d'orientation, c'est-à-dire trop tard. C'est ici le message le plus contreproductif pour la réussite scolaire qui est adressé aux familles.

« Nous prenons le pari que laisser le dernier mot aux familles peut augmenter le succès des élèves. Nous allons évaluer, et nous déciderons ensuite si nous généralisons ou si nous arrêtons », expose Mme Pau-Langevin.

Un "pari" ? Les élèves seront ravis d'apprendre qu'ils sont donc considérés comme des cobayes.

Les parents semblent écrasés par cette responsabilité nouvelle : celle de faire le bon choix. La principale a bien précisé que le dialogue avec les familles allait commencer dès la 4e, rien n'y a fait. « Pour nous c'est une responsabilité lourde », avance Najia Bouanane, mère d'élève. « Dans la plupart des cas, cela ne changera rien, se veut rassurant Jean-Claude Laroche, lui aussi parent. Globalement, cela peut obliger les familles à s'investir plus dans la scolarité des enfants. Mais ce qui m'inquiète, ce sont les quelques parents qui n'ont pas assez d'informations sur les lycées et les métiers. Sur quels critères choisiront-ils ? », s'interroge-t-il.

Peu importe : il s'agit simplement de choisir la voie et il n'y en a qu'une de bonne, a dit Maryline Baumard. :doc:

« L'institution scolaire doit se poser la question de la place qu'elle veut bien concéder aux parents », ajoute Elisabeth Laporte.

Il s'agit même de céder toute la place, ici...

Quels que soient les ajustements nécessaires, la directrice départementale des services de l'éducation nationale estime que cette nouvelle pratique peut avoir un impact positif sur le climat scolaire en responsabilisant aussi les élèves sur la gestion de leur parcours.

Quelle belle langue de bois ! "nouvelle pratique", "impact positif", "climat scolaire", "responsabiliser", "gestion de parcours". Tout y est !
On notera que l'objectif n'est plus la réussite, mais le climat scolaire. On est bien - à travers cette fiction d'école - dans la seule recherche de la paix sociale.

Les plus sereins de l'assemblée, ce jour-là, sont les proviseurs de lycées voisins, satisfaits qu'on leur envoie des jeunes qui ont réellement choisi leur voie.

Les proviseurs de lycées professionnels, surtout, avec trop d'élèves et des affectations contraires aux vœux des élèves. :devil:

« L'orientation est trop pensée comme une gestion de flux plutôt qu'un chemin vers la réussite », confie l'un d'eux...

C'est vrai : il fallait y penser ! :santa:

...qui s'étonne que, chaque année, 36,8 % des sortants du collège aillent en 2de professionnelle et 56,6 % en 2de générale. Comme si, tous les ans, les ados avaient les mêmes envies.

En même temps s'il fallait planifier les postes à pourvoir, les formations des enseignants, les sections à ouvrir ou à fermer chaque année en juin pour septembre selon les seules "envies" des élèves...

Mais tant que les places disponibles n'augmenteront pas dans les formations les plus prisées, il y aura des déçus.

Et Maryline Baumard a-t-elle réfléchi à ce qui explique ces places limitées ?

Des questions restent sans réponse : qui tranchera lorsque l'enfant et la famille ne seront pas d'accord ? Lorsque le père et la mère s'opposeront ?

On va bien s'amuser. Ajoutons que dans certaines familles le choix effectif de l'orientation ne sera pas le fait des parents mais de l'élève lui-même et de ses "rêves".

Une famille peut-elle revenir sur la décision prise en juin ?

Bien sûr. Un rêve peut changer à n'importe quel moment. Il ne faut pas s'opposer à des "envies" changeantes. :doc:

Le processus s'écrira en marchant. C'est l'intérêt d'expérimenter.

Mettons en place dans l'urgence : on réfléchira après. Après tout il ne s'agit que de l'orientation des élèves.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
13 Jan 2014 12:46 - 13 Jan 2014 18:49 #9162 par Loys
"Le dernier mot aux familles dans l'orientation des collégiens" (Le Monde)
Plusieurs remarques sur le fond :
- Cette expérimentation a plus de chances de réussir que sa généralisation. Avec moins d'une dizaine de collèges par académie, il est possible en effet de donner satisfaction à une petite fraction de parents refusant la décision du conseil de classe en l'état des structures existantes. Généralisée à des milliers de collèges, c'est toute l'économie du second cycle du secondaire qui devra être revue. Nul doute qu'il faudra alors ouvrir des sections générales et technologiques dans les lycées professionnels ou plus simplement rééquilibrer les lycées polyvalents au profit de la voie générale.
- Quelle sera la politique des lycées privés à l'égard de ces élèves dont les parents n'ont pas suivi l'avis du conseil de classe ?
- Le passage en seconde sans considération de niveau rappelle immanquablement la suppression de l'examen à l'entrée en sixième et la mise en place du collège unique. Nous allons bien vers un lycée unique.
C’est non seulement renoncer à l’effort comme exigence, mais renoncer à l’effort comme idéal.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
14 Jan 2014 22:02 #9186 par Loys
"L’orientation en fin de 3e déléguée aux parents" (Atlantico)
A lire dans "Atlantico" du 14/01/14 : "L’orientation en fin de 3e déléguée aux parents : pourquoi ça ne règlera pas plus le problème que de les en exclure" par Emmanuel Davidenkoff.

Connectez-vous pour voir le message entier.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
14 Jan 2014 22:27 #9187 par Loys
"L’orientation en fin de 3e déléguée aux parents" (Atlantico)

L’orientation en fin de 3e déléguée aux parents : pourquoi ça ne règlera pas plus le problème que de les en exclure

Parce qu'ils en étaient "exclus" jusqu'ici ? :scratch:

Emmanuel Davidenkoff : Je pense que les problèmes liés à l'orientation sont plus un symptôme qu'une maladie.

La maladie, c'est l'obsession de hiérarchiser de manière binaire, entre "bonnes" et "mauvaises" filières, tout au long des études, alors que toutes les filières ont leurs vertus dès lors qu'on y réussit, et a fortiori si on y excelle.

Les voies ont leur vertus. Mais certaines filières ont moins de vertus que les autres : les bac pros tertiaires par exemple.

La maladie, c'est aussi d'avoir des évaluations strictement individuelles alors qu'une partie pourrait porter sur la capacité à travailler avec les autres, à résoudre des problèmes ensemble, à écouter, toutes compétences qui seront déterminantes dans la vie active.

La capacité à écouter n'est pas individuelle ? Et comment évalue-t-on concrètement "la capacité à travailler avec les autres, à résoudre des problèmes ensemble" ?

En tant que telle, cette expérimentation ne résoudra rien. Mais si elle devient le pilier d'un meilleur dialogue avec les familles, alors elle pourra aider les jeunes à mieux bâtir leur projet d'orientation.

On ne voit pas pourquoi il y aurait un meilleur dialogue puisque le dialogue n'est plus nécessaire.

Malheureusement, je doute qu'une réforme de l'orientation, isolément, change quoi que ce soit. L'information est là, elle est accessible, variée puisque diffusée aussi bien par le service public que par des médias comme l’Étudiant. Évidemment il n'y a pas beaucoup de conseillers d'orientation, sans doute pas assez, mais même en en recrutant plus, vous ne changerez pas les représentations.

Comme quoi la présence des informations sur Internet ne vaut pas connaissance... :devil:

Or l'orientation est pour beaucoup une affaire de représentation. Un exemple : savez-vous que deux diplômés de grande école sur trois n'ont pas fait de classe préparatoire mais sont passés par des BTS, des DUT, des études universitaires, ou bien par des écoles de commerce et d'ingénieurs qui recrutent directement après le bac ? Deux sur trois ! Pourtant, dans la tête des gens, l'équation "grande école = classe prépa obligatoire" reste très forte.
Reste à savoir ce qu'Emmanuel Davidenkoff appelle "grande école".

Vous liez orientation et échec scolaire. Et c'est en effet comme cela que raisonnent beaucoup de personnes : elles choisissent leur orientation avant tout en fonction de critères scolaires.

Quelle drôle d'idée en effet.

Une véritable révolution serait d'apprendre à s'orienter en fonction de ce qu'on est, de ce qu'on voudrait faire, et bien sûr, de ce qu'on peut faire - ce qui recouvre les mérites scolaires mais va bien au-delà.

Il faudra que M. Davidenkoff soit moins allusif à ce sujet.

Il faut sortir les questions d'orientation du strict cadre scolaire...

Voilà qui est dit. :shock:

...arrêter de définir les "bonnes" et les "mauvaises" orientations uniquement en fonction de valeurs et de hiérarchies scolaires.

Donc non seulement que les familles choisissent, mais qu'elles choisissent en reléguant au second plan le niveau scolaire ? Voilà aussi qui est dit.

La méritocratie élitiste peut et doit rester une voie de réussite. Mais il fait urgemment valoriser les autres voies de réussite, car elles existent.

Avec le mépris exprimé pour la voie professionnelle par de nombreux journalistes, c'est comme si c'était fait.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
17 Fév 2014 15:59 #9619 par Loys
"L’orientation est une affaire de justices" (EducaVox)
A lire sur "EducaVox" du 17/02/14 : "L’orientation est une affaire de justices"

Connectez-vous pour voir le message entier.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
04 Mar 2014 15:14 #9754 par Loys
"L’orientation est une affaire de justices" (EducaVox)
Commentaires à venir (peut-être un jour).

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
04 Mar 2014 15:16 - 04 Mar 2014 15:28 #9755 par Loys
"Orientation : un projet de réforme peut en cacher un autre" (EducPros)
A lmire sur "EducPros" du 04/03/14 : "Orientation : un projet de réforme peut en cacher un autre"

Connectez-vous pour voir le message entier.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
05 Mar 2014 10:02 #9768 par Loys
"Orientation : un projet de réforme peut en cacher un autre" (EducPros)
Commentaires à venir.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
26 Mar 2014 13:47 #10033 par Loys
"Orientation : Les 100 collèges qui accordent le libre choix aux familles" (Café pédagogique)
A lire dans le "Café pédagogique" du 26/03/14 : "Orientation : Les 100 collèges qui accordent le libre choix aux familles".

Connectez-vous pour voir le message entier.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Temps de génération de la page : 0.386 secondes
Propulsé par Kunena