La suppression des notes

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07 Nov 2015 10:48 - 07 Nov 2015 11:15 #15167 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet La suppression des notes

Les enseignants pourront continuer à utiliser des notes chiffrées mais celles-ci ne jouent plus un rôle déterminant dans le parcours des élèves. En effet, elles ne seront pas prises en compte pour le DNB ou pour l'orientation.

:shock:
Cette information n'est pas confirmée par la présidente de la PEEP ni par Jean-Rémi Girard (SNALC) :

Les textes qui sont passés au Conseil Supérieur de l'Éducation concernaient le livret scolaire en primaire/collège, les bulletins scolaires et le DNB. Il n'y avait rien au sujet d'Affelnet, du mode de recrutement en 2nde pro, etc.
Ces textes permettent clairement de ne pas avoir de notes sur 20 en 3e (et le DNB est déconnecté de la notation sur 20, ce qui n'est pas le cas actuellement). Il est possible que cela entraîne d'autres textes sur les questions des procédures d'orientation. Pour le moment, on a juste des textes sur les bulletins, la maîtrise des domaines du socle et le fonctionnement du DNB.

Une chose est sûre : les moyennes ne seront plus nécessairement prises en compte pour l'orientation. Et il va bien falloir harmoniser dans une même académie : collèges avec ou sans notes !
La FCPE, le CRAP, le Sgen et l'Unsa auraient-ils des informations sur les décisions à venir ?
Si les notes sont facultatives et l'évaluation par les compétences du socle obligatoire et déterminante pour l'orientation/l'affectation, il n'est pas difficile d'imaginer le devenir des notes.
Sauf que n'importe quelles compétences peuvent être évaluées par n'importe quel professeur. Dans de nombreux établissements, ce sont même les chefs d'établissement qui complètent ou corrigent les évaluations puisqu'ils ont la main sur le logiciel.

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10 Déc 2015 23:07 #15415 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet La suppression des notes
Dans "Le Parisien" du 10/12/15 : "Le retour des bons points à l'école"


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23 Déc 2015 14:39 #15537 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet La suppression des notes
Dans le "Café" du 22/12/15 : "Charles Hadji : Evaluer pour réussir ? "


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24 Déc 2015 21:22 - 05 Jan 2016 04:31 #15543 par JCP
Réponse de JCP sur le sujet La suppression des notes

Loys dit: Dans le "Café" du 22/12/15 : "Charles Hadji : Evaluer pour réussir ? "

Traduisons-le : l'évaluation par compétences, la multitude d'items du socle et leur traduction in concreto, c'est un foutoir incompréhensible. Mais les notes sont des indicateurs insuffisants... Ensuite, "il n'y a qu'à, il faut qu'on"... :devil:

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04 Jan 2016 21:47 - 04 Jan 2016 22:00 #15607 par Loys

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06 Jan 2016 20:43 - 06 Jan 2016 20:48 #15631 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet La suppression des notes
Les notes disparaissent officiellement en primaire et au brevet.
Dans la refondation de l’École, ce qui était moderne et innovant hier (B2i, histoire des arts) passe aujourd'hui par pertes et profits...

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06 Jan 2016 23:56 #15632 par JCP
Réponse de JCP sur le sujet La suppression des notes

Loys dit: Les notes disparaissent officiellement en primaire et au brevet.
Dans la refondation de l’École, ce qui était moderne et innovant hier (B2i, histoire des arts) passe aujourd'hui par pertes et profits...

Comme quoi l'innovation a une DLC (Date Limite de Consommation) rapprochée...
Le cycle de vie du dispositif innovant est très court : adieu le B2I et l'HDA, une pensée pour les défunts GEREX, modules, AI, PPCP, IDD...
Finalement, ce qui est le plus durable à l'école, ce sont bien nos disciplines... Voilà le socle, le vrai !
Le reste est billevesées... :cheers:

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28 Jan 2016 12:13 - 06 Mar 2016 00:03 #15779 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet La suppression des notes
Les nouveaux bulletins : www.education.gouv.fr/cid93640/evaluatio...ret%20scolaire%C2%A0 ?

:santa:

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08 Fév 2016 15:33 - 08 Fév 2016 15:34 #15839 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet La suppression des notes
Dans "VousNousIls" du 8/02/16 avec Anthony Van de Kerkhove : "« La note est un système totalement archaïque »"


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08 Fév 2016 16:06 - 08 Fév 2016 18:14 #15840 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet La suppression des notes

Comme il l’annonce dans le titre de son ouvrage "Libérons l’école des notes" (Éd. Belin Le Pommier), Anthony Van de Kerkhove propose la généralisation d’une évaluation par compétences. Cet agrégé d’éducation physique nous présente ses arguments.

Quel rapport ? Les compétences peuvent parfaitement être évaluées par des notes... :roll:

Je suis professeur d’éducation physique depuis 1998 et j’exerce actuellement dans un lycée général de Pithiviers. Je suis aussi formateur pour les collègues préparant l’agrégation, enfin j’accueille souvent des étudiants stagiaires qui viennent d’obtenir leur Capeps et que j’accompagne vers la titularisation. J’ai beaucoup travaillé dans les lycées professionnels avec des publics dits difficiles, ce qui m’a amené à la mise en place de stratégies pédagogiques innovantes.

De "l'innovant" pour les publics difficiles : quelle chance ils ont !

Pourquoi revenir une fois encore sur cette question des notes qui divise depuis si longtemps ?
En effet, en 1969 déjà il y avait eu une tentative de basculement vers un système en « ABCD ». Cela avait d’ailleurs été très mal accueilli par le milieu enseignant et les autorités avaient vite fait machine arrière. Mais, de mon point de vue, on basculera tôt ou tard vers un autre type d’évaluation, car celui des notes est totalement archaïque… et je pense qu’il faudrait y arriver le plus vite possible !

Mais pourquoi cette réforme si évidente ne s'est-elle pas imposée ? :santa:

En quoi la notation est-elle archaïque ?
La société a changé, l’école a évolué...

Effectivement, on n'a jamais autant noté qu'aujourd'hui. :santa:
Il est amusant de constater que suppression des notes est ici défendue par le professeur d'une discipline qui fonctionne bien souvent sur l'esprit de compétition...

...on souhaite aujourd’hui un élève actif, qui comprend ce qu’il apprend.

Alors qu'avant, pas du tout, bien sûr. :santa:

L’élève n’est plus là pour écouter et ingurgiter des connaissances, mais pour développer des compétences.

Car c'est bien connu : les connaissances ne servent à rien, et les compétences n'avaient jamais été développées à l'école.
Ces "réformateurs" qui pensent inventer l'école ont quelque chose de touchant...

On prône à juste titre la différenciation pédagogique, on individualise autant que possible les parcours, etc. La note est à total contre-courant de cette dynamique.

C'est vrai que la note ne permet pas d'individualiser. :santa:

L’école véhicule beaucoup d’implicites d’ailleurs beaucoup d’élèves ignorent quels sont précisément les attendus. Et, de ce point de vue, la note est un véritable écran. C’est une information opaque, au contraire de l’évaluation qualitative qui explique à l’élève ce qu’on attend de lui.

Sauf qu'un exercice est accompagné de consignes, d'un éventuel barème, d'annotations et d'une appréciation générale...
Les grilles d'évaluation par compétences sont au contraire tout ce qu'il y a de plus impersonnel et peuvent parfaitement être imprécises dans les compétences évaluées comme dans le degré de maîtrise. Voir notre article à ce sujet. .

Dans votre livre, vous assurez que « fin des notes » est parfois encore confondue avec « fin de l’évaluation ». En est-on encore là ?
Oui, même si pour certains cette confusion est totalement volontaire et qu’ils savent pertinemment que ce raccourci est faux.

On a vu d'autres confusions plus haut...
L'évaluation par compétence est, en plus d'être une évaluation nébuleuse, une évaluation par note qui ne veut pas se dire. Les critère de maîtrise constituent des notes grossières qui peuvent faire l'objet de moyennes et de comparaisons. Elles peuvent même, comme nous l'avons vu plus haut dans ce fil, être converties en notes. C'est d'ailleurs ce qui est officiellement prévu pour le nouveau brevet 2017.

Je pense notamment à Luc Ferry qui a souvent comparé la fin des notes à un thermomètre que l’on casserait pour ne pas voir la fièvre.
Il est vrai aussi que la note imprègne tellement le système scolaire que certains enseignants ou responsables d’établissements estiment que sans elle rien de solide ne tiendrait. Et, du côté des élèves, beaucoup viennent à l’école « chercher des notes » qui leur permettront de décrocher un BAC, un Brevet, et non les connaissances qui y sont associées.

Il est vrai que les notes d'examen ont été tellement vidées de sens qu'on peut aujourd'hui obtenir son examen sans connaissances solides (cf "La grande illusion du bac" )...
L'évaluation par compétences ne veut que parfaire cette évolution mirifique.

Parents, élèves, enseignants… qui est le plus accroché au maintien des notes ?
On entend souvent dire que les parents y sont très attachés, ce qui me laisse perplexe. Il existe sans aucun doute des parents qui tiennent à conserver ce système, mais en ce qui me concerne, je n’en ai jamais rencontré.

:santa:
D'après un sondage de l'IFOP en 2012 , 77% des parents d'enfants de moins de 18 ans étaient opposés à la suppression des notes. La FCPE étant favorable, voilà qui donne une bonne idée de sa représentativité...

C’est souvent l’argument facile des professeurs qui ne veulent rien changer et qui se réfugient ainsi derrière la soi-disant opposition des parents. Je suis loin d’être persuadé que les parents soient attachés aux notes et, s’ils le sont, ce n’est certainement pas autant que les enseignants !

On ne va quand même pas écouter les enseignants sur ce sujet...

Qu’est-ce qui explique l’attachement des enseignants à la note ?
D’abord il faut reconnaître que lorsqu’on évoque les limites du système actuel les professeurs sont souvent d’accord pour reconnaître l’intérêt d’une évaluation plus qualitative. Pourtant, lorsqu’il faut franchir le pas, cela devient très compliqué. Car il y a une facilité à utiliser la note. La note, c’est une pression sur l’élève, c’est un élément de pouvoir. Un élève ne rend pas un devoir, on lui met un zéro, il bavarde, on lui met un zéro, la classe chahute, on fait une interro surprise…

Le zéro pour comportement est interdit...
Quelle compétence a validé un élève qui ne rend pas un devoir ? :santa:
Gros avantage de l'évaluation par compétence : le zéro n'existe pas, on ne peut que réussir ! :santa:

Bien sûr, tous les professeurs n’agissent pas ainsi, mais cela reste des pratiques fréquentes. Avec l’évaluation par compétences, l’évaluation n’est plus un moyen de sanction.

Quel sympathique mépris de la pratique de tous les collègues !

Certains confrères craignent donc que sans les notes les élèves ne travaillent plus, n’obéissent plus.

Observons ce qui se passe en accompagnement personnalisé ou dans les enseignements d'exploration au lycée... :devil:

La note ne reste-t-elle pas, malgré tout, un moyen d’encourager l’élève à fournir des efforts ?
Bien sûr, en mettant la pression, l’élève va bachoter et il apprendra quelque chose… qu’il aura oublié deux semaines plus tard ! À quoi bon ?

Alors qu'une compétence cochée acquise dans un livret de compétence l'est pour toujours ! :santa:

La note a évidemment des effets dévastateurs pour l’élève en difficulté qui va vite avoir tendance à se décourager, le « sommet » lui semblant inatteignable...

Avec "non acquis", personne ne sait où il est, et c'est beaucoup mieux ! :santa:

...mais elle pénalise aussi les « bons élèves ». Beaucoup d’eux tombent de leur piédestal lors d’un passage dans une classe supérieure ou lorsqu’ils se retrouvent avec des élèves d’un meilleur niveau.

Parce qu'il existe des pressions sur les notes, notamment dans les établissements défavorisés. L'évaluation par compétences ne peut qu'aggraver les choses.

Les bons éléments des collèges qui se cassent la figure en arrivant au lycée sont légion. Bâtir sa motivation sur le seul critère des notes, sur cette compétition scolaire, en étant déconnecté des savoirs eux-mêmes, est toujours néfaste.

La "déconnexion" est totalement fantasmée par l'auteur. Curieux, d'ailleurs, qu'un tenant des compétences résume l'école à des "savoirs"...

La surcharge de travail qu’induit un système d’évaluation par compétences ne rebute-t-elle pas les enseignants ?
En effet, on ne peut nier qu’au départ cela prend un peu de temps.

Traduction : c'est une usine à gaz. On l'a vu en primaire...
Et illisible pour les parents, incapables de situer leur enfant.

C’est d’ailleurs ce qui explique en partie l’échec de la mise en place de ce système en Suisse. Mais, là encore, il faut relativiser. Il y a certes une masse de travail initiale à fournir, mais une fois posés ses attendus et ses critères, cela fonctionne rapidement de manière très fluide. Plus que de passer d’un système à l’autre, la vraie dimension chronophage c’est d’être sur deux systèmes simultanément.

C'est donc en bonne logique ce qu'on impose aux collègues avec la réforme du collège ! :santa:

Vous défendez la suppression des notes jusqu’à quel niveau ?
Selon moi la problématique des notes ne devrait apparaître que pour les classes prépa et le supérieur. Dans le secondaire l’enjeu est tout autre. Un niveau d’enseignement de savoirs est défini par un programme et l’on — « on », c’est-à-dire la collectivité, la société — souhaite qu’un plus grand nombre atteigne ce niveau.

De toute façon "le niveau" est atteint artificiellement, du fait des pressions de l'institution...

Il n’y a donc aucune justification à classer les élèves, à les mettre en compétition, puisqu’ils sont tous là pour évoluer et atteindre un objectif partagé.

Dans tout le secondaire, les notes ne servent que pour l'affectation au lycée ou dans les filières sélectives post-bac. Quel système d'affectation propose donc M. Van de Kerkhove pour le remplacer ? :devil:

En 2012, le candidat François Hollande affirmait vouloir revenir sur le système actuel de notation , ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Comprenez-vous la frilosité des responsables politiques ?
Il est vrai que Vincent Peillon soutenait cette bascule d’une évaluation sanction vers une évaluation bienveillante...

Nous y voilà : il ne s'agit pas de mieux noter pédagogiquement, mais socialement. Participer à une fiction d'évaluation, où la réussite serait apparente pour tous.

...et il y a incontestablement eu un certain recul. Je reste persuadé que les acteurs politiques sont globalement convaincus de la nécessité d’évoluer, mais ils sont tout aussi conscients du poids que cela aurait dans l’opinion publique et des éventuelles polémiques médiatiques qui naîtraient.

Mais non : aucun parent n'y est opposé, selon M. Van de Kerkhove ! :santa:

Supprimer les notes est un sujet difficile à porter politiquement, les tenants d’un conservatisme étant toujours prompts à hausser le ton.

Les tenants de la réflexion surtout, et non de l'idéologie...

Il est compliqué d’avoir des discussions de fond sur cette question, car la plupart des gens sont sur des postures.
Votre objectif est de dépassionner le débat ?
Oui...

C'est réussi avec le mépris affiché pour les collègues...

...le livre est d’ailleurs né à la suite de discussions que j’avais eues avec des collègues. Nous n’étions pas d’accord ce qui, en soi, ne pose pas de problèmes. Là où l’échange était problématique, c’est que nous n’arrivions même pas à envisager la question d’une manière rationnelle.

C'est le propre de l'idéologie...

Il est vrai que les enseignants manquent de temps pour se pencher objectivement sur la question.

Ce qui n'est visiblement pas le cas de M. Van de Kerkhove...

Ils sont pris par le quotidien exigeant de notre métier et il n’y a pas non plus d’espace de discussions sur ce sujet. On ne sait d’ailleurs pas quel pourcentage de professeurs y est favorable ou opposé.

La seule enquête connue est une enquête du SE-UNSA (syndicat favorable à cette suppression) en 2012, qui montre une majorité de ses membres... contre cette suppression ou estimant que la question ne se pose pas.

C’est pourquoi j’ai créé le site www.liberonslecoledesnotes.com afin de former un collectif de personnes, enseignantes ou non, souhaitant faire évoluer la manière dont les élèves sont évalués, et échanger des témoignages, des expériences, des réflexions… Le but du livre est de nourrir le débat. Qu’est-ce qui serait avantageux dans la suppression de la note ? Qu’est-ce que l’on perdrait ? Qu’est ce que cela imposerait ? Bref, j’aimerais que l’on passe du dogme au pragmatisme. C’est important pour l’école, pour les enfants et pour refaire fonctionner l’ascenseur social.

"nourrir le débat" tout en affirmant donc que "la note est un système totalement archaïque" ou qu'il faut "libérer l'école des notes". Imposer une idéologie, plutôt...
Bonne nouvelle : défendre la suppression des notes peut permettre à certains professeurs d'être bien notés eux-mêmes !

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09 Fév 2016 03:41 - 09 Fév 2016 03:41 #15848 par JCP
Réponse de JCP sur le sujet La suppression des notes
:topla:
Il n'y a rien à ajouter, Loys : lorsque certains Diafoirus seront las de jouer avec le thermomètre, peut-être qu'ils s'intéresseront aux malades... :rirej

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23 Fév 2016 13:58 #15970 par Loys

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23 Fév 2016 14:00 - 23 Fév 2016 14:00 #15971 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet La suppression des notes

Petit à petit, les tampons remplissent les tableaux d’évaluation, au bout desquels l’élève a droit à une petite récompense. Fatma vient ainsi de finir un deuxième tableau, mais elle délaisse les boîtes à bijoux et joujoux. « J’ai pris deux bonbons », lâche-t-elle, gourmande.

C'est tout de suite moins "innovant"...

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25 Fév 2016 09:59 #15990 par JCP
Réponse de JCP sur le sujet La suppression des notes

Loys dit: Dans "NordEclair" du 21/02/16 : "Roubaix: Camille Vandewalle, l’enseignante qui a inventé un nouveau système de notation"

Ce qui est savoureux avec cet article, c'est qu'il décrit un fonctionnement de type Freinet classique, sans jamais le nommer et en le présentant comme un dispositif "inventé", original et innovant... Mais c'est de l'innovation plus que sexagénaire ! :lol:

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04 Mar 2016 18:26 - 16 Mar 2016 13:20 #16044 par Loys

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05 Mar 2016 10:20 - 16 Mar 2016 16:25 #16053 par Loys

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05 Mar 2016 11:16 - 05 Mar 2016 11:18 #16055 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet La suppression des notes
En 2014, un syndicat s'est ému de cette expérimentation : www.orleans.snes.edu/IMG/pdf_Lettre_Rect...exper_evaluation.pdf


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05 Mar 2016 14:13 #16059 par JCP
Réponse de JCP sur le sujet La suppression des notes
Ce qui ne laisse pas de m'étonner, c'est surtout ça :

D'autant que les grilles de compétences ont dû être composées par les établissements eux-mêmes. « Les inspecteurs ont trouvé notre grille intéressante. Elle pourrait profiter aux autres », indique Philippe Niemec qui ajoute : « On attend un décret sur l'évaluation qui doit donner des objectifs. J'espère que ce dispositif va être systématisé ».

Depuis le temps qu'on entend parler de l'évaluation par compétences et de ses vertus (supposées), aucune grille qui accorde tout le monde ou pour le moins les adeptes de ce mode d'évaluation n'a été présentée au niveau du collège... Chacun prépare sa soupe dans son coin, avec sa collection d'items personnels plus ou moins prolifique !
Et l'inspection trouve ça intéressant. Pas mieux ! On ne se mouille guère... :mrgreen:

« Les inspecteurs ont trouvé notre grille intéressante. Elle pourrait profiter aux autres »,

La note chiffrée a certes des défauts, mais c'est un indicateur (grossier, admettons-le) qui permet de situer l'élève, et à l'élève de se situer, et à ses parents de le situer. Quid de grilles diverses qui n'ont de sens que pour l'enseignant qui les a conçues ? Le problème se pose en particulier pour l'orientation... C'est pourquoi, en troisième, les professeurs qui recourent à l'évaluation par compétences confient parfois à Sacoche ou Pronote le soin de convertir leurs grilles de compétences en notes... Ce n'est plus le professeur qui note, c'est un logiciel ! Est-ce mieux ? J'en doute ! :xx:
Lorsque je mets une note à un élève, je suis capable de lui expliquer comment progresser. Je le fais systématiquement d'ailleurs ! Et mes conseils personnalisés ont davantage de sens que : tu dois améliorer la compétence "écrire" ou "rendre-compte", infinitifs vaseux que l'on trouve souvent dans les fumeuses grilles de compétences !
Et ma note ne vise jamais à brimer l'élève ! Le but est de le situer par rapport au niveau attendu, et de lui indiquer comment s'améliorer... La bienveillance n'est pas question de notes ou pas ! Les clichés véhiculés par les zélotes des compétences sont quand même extraordinaires : on lit parfois des positions édifiantes, comme si derrière chaque professeur qui note, il y avait un sadique qui prenait un malin plaisir à traumatiser ses élèves ! C'est loufoque au mieux, malhonnête au pire...
Je comprends cependant la critique de la moyenne générale sur les bulletins : ça a peu de sens, hormis en terminale avec les coefficients du baccalauréat, car ça permet alors à l'élève de se situer par rapport à l'examen... Mais pour ce qui est des notes et des moyennes par discipline, c'est un système d'évaluation que tout le monde comprend, et qui fonctionne. Faute de mieux...
J'ajouterai que certains zélotes de la "compétencité" (sic) disent quand même pratiquer deux ou trois évaluations sommatives notées au cours de l'année... Afin de situer les élèves par rapport au niveau attendu. Si un élève rate une évaluation pour une raison X ou Y, n'est-ce pas traumatisant pour lui ?!
Personnellement, j'essaie de donner 7 ou 8 notes par période (trimestre ou semestre), car je comprends qu'on puisse se rater... Un élève peut avoir la tête ailleurs... Il peut aussi avoir oublié de réviser... Il peut par erreur d'analyse faire du hors-sujet... Et donc je donne la chance à chacun de se rattraper, en multipliant les évaluations donc les notes.
Pour conclure, le fait qu'aucune grille officielle d'évaluation par compétences n'existe en collège témoigne, me semble-t-il, de l'embarras que ladite évaluation par compétences génère... On se souvient des collections d'items de l'évaluation en primaire : un casse-tête de cases à cocher pour les professeurs, illisible pour les parents !
Bref, cet engouement pour l'évaluation (floue) par compétences ne laisse pas de me stupéfier ! :scratch:

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05 Mar 2016 15:08 - 09 Mar 2016 22:28 #16060 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet La suppression des notes

Lorsque je mets une note à un élève, je suis capable de lui expliquer comment progresser. Je le fais systématiquement d'ailleurs ! Et mes conseils personnalisés ont davantage de sens que : tu dois améliorer la compétence "écrire" ou "rendre-compte", infinitifs vaseux que l'on trouve souvent dans les fumeuses grilles de compétences !

L'évaluation par compétence peut parfaitement être très imprécise, illisible ou même trompeuse, comme dans cet exemple concret pourtant donné par la presse.
Par ailleurs, l'argumentation contre la note est caricaturale quand elle oublie que la note, quand elle n'est pas accompagnée d'un barème ou qu'elle ne porte pas sur une compétence précise, l'est souvent d'une observation générale mais surtout de commentaires précis et détaillés sur la copie...

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08 Mar 2016 14:14 - 10 Mar 2016 09:43 #16084 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet La suppression des notes
Un témoignage d'une collègue, Véronique Marchais :

Je suis dans l'académie d'Orléans-Tours et mon collège avait décidé, à l'initiative de deux collègues, de se joindre à l'expérimentation. J'ai été plus ou moins désignée d'office en français, dans la mesure où je développais déjà un travail par compétences en écriture. J'ai accepté.
M'y voilà donc. Je joue le jeu de bonne foi. Assez vite, je remarque quelques problèmes : manque de prises pour contraindre les élèves à apprendre leurs leçons (l'air de rien, le petit contrôle de cours en début d'heure, même oral, fait des miracles), difficulté à évaluer certaines tâches ; par ailleurs, si certains élèves très faibles n'abandonnent pas complètement (l'eussent-ils fait s'ils avaient eu des notes ? On ne le saura jamais), un grand nombre d'élèves moyens cesse tout travail et s'effondre ; par ailleurs, d'excellents élèves, qui aiment l'émulation, ne voient pas l'intérêt de travailler pour des points verts et se mettent en service minimum. Ils perdent en motivation, cessent les efforts, baissent eux aussi en performance.
Dès le conseil de classe du premier trimestre, je fais part de mes inquiétudes. Elles ne sont guère entendues. Au deuxième trimestre, je dresse un bilan négatif de l'expérience : je ne suis pas en mesure de juger si elle a réellement bénéficié aux élèves faibles, mais elle a plombé un grand nombre d'élèves. De ce point de vue, on peut dire, si l'on veut, que la suppression des notes a réduit les écarts, mais avec beaucoup de cynisme, car c'est en tirant le plus grand nombre vers le bas.
À la fin de l'année scolaire, je découvre avec stupeur qu'il y a eu une réunion d'évaluation du dispositif avec IPR et tout le gratin. Je n'y ai pas été conviée. Ce qui permet à mes deux collègues très satisfaites de dresser un bilan parfaitement positif de la suppression des notes. L'IPR vient ensuite en grand messe faire le bilan à l'ensemble de nos collègues, les enjoignant à participer à une démarche qui a fait ses preuves. Je prends la parole pour dire qu'ayant participé au dispositif et n'étant pas parvenue aux mêmes conclusions, ce que mes collègues ne peuvent ignorer, je suis étonnée du manque de nuances du bilan. Mon intervention est reléguée au profit des questions matérielles sur la mise en place de l'évaluation sans notes.
L'IPR est ensuite allé dans d'autres établissements porter le modèle de l'expérimentation si réussie, et unanimement applaudie, de notre collège.

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09 Mar 2016 22:14 - 09 Mar 2016 22:20 #16100 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet La suppression des notes
Dans le "Café" du 9/03/16 : "L'évaluation par compétences : Une solution pour lutter contre les inégalités sociales à l'école ?"
[ Cliquer pour agrandir ]

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10 Mar 2016 09:10 - 15 Mar 2016 17:12 #16107 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet La suppression des notes

"On livre des pistes intéressantes. Je suis convaincu qu'il faut sortir du système de notation dont on connait les biais". Pour Pascal Huguet, directeur de recherches au CNRS - Sciences cognitives), qui a livré de premiers résultats d'une enquête menée dans l'académie d'Orléans Tours, il n'y a pas de doute : l'évaluation par compétences doit s'imposer pour faire reculer les inégalités sociales à l'école.

En même temps, il n'y en avait pas au départ (voir plus haut).

Interrogé par le Café pédagogique, il partage les conclusions de ses travaux qui continuent à poser des questions.
Difficile de parler d'une étude qui n'est ni publiée ni même rédigée.

Mais qui fait quand même l'objet d'une dépêche AFP reprise par plusieurs médias. :santa:

Pour en savoir plus force est de se tourner vers son directeur, Pascal Huguet, directeur de recherche au Laboratoire de Psychologie Cognitive (LPC) à l'Université de Provence. Le Café pédagogique l'a interrogé sur le protocole mis en place, ses résultats et les interprétations de ces résultats.
Le protocole
L'enquête a touché 2600 élèves de l'académie d'Orléans - Tours , 1500 suivant une évaluation par compétences et 1100 constituant un groupe témoin ayant les mêmes caractéristiques sociales, selon P Huguet.

Et pas les mêmes caractéristiques scolaires ? :shock:
Par ailleurs comment a été constitué ce "groupe témoin" ? Les élève avaient-ils les mêmes professeurs dans les mêmes collèges ? L'expérimentation par compétences a des contours mal déterminés, à l'appréciation de chaque professeur.

L'évaluation par compétences a touché trois disciplines : maths, histoire-géo et français. Le niveau retenu a généralement été la classe de troisième de façon à pouvoir comparer les résultats avec ceux d'une épreuve nationale, celle du brevet.

A l'examen ou en incluant le contrôle continu ? Et s'il s'agit de l'examen seul, le sujet retenu n'est pas sans importance : les évaluations PISA sont par exemple conçues comme des évaluations par compétences (de niveau très faible).
A noter que l'expérience devait toucher toutes les disciplines et à tous les niveaux. Pourquoi ce changement ?

Le protocole d'évaluation a été défini dans chaque établissement.

Il s'agit donc d'une expérimentation où chaque collège expérimente ce qu'il veut.

Les professeurs dans chaque collège ont défini les compétences à évaluer, disciplinaires et transversales, en s'appuyant sur le socle. Les notes n'ont pas totalement disparu puisque les bulletins trimestriels continuaient à afficher une note et que les autres disciplines ont gardé leurs notes. Mais dans le quotidien de la classe le travail est évalué selon les compétences à acquérir.

C'est déjà le cas avec la notation chiffrée...

Les résultats
Selon P Huguet, dans les classes qui ont suivi les protocole d'évaluation par compétences, le niveau global des élèves est plus élevé en maths. L'écart avec le groupe témoin est de 3 points, ce qui est très important. Surtout l'écart entre le niveau moyen des élèves favorisés et celui des élèves issus des catégorise socialement défavorisées est de 6 points dans le groupe témoin. Il n'est que de trois points dans le groupe suivant une évaluation par compétences.

On aimerait bien consulter l'étude dans le détail pour vérifier ces résultats mirifiques.

En histoire-géographie et en français, l'évaluation par compétences n'a pas d'effet notable sur les résultats.

Voilà qui n'apparaît pas du tout dans les titres des articles de presse...

"Pisa nous dit que ce qui caractérise l'école française c'est l'importance des inégalités sociales dans es résultats. Avec l'évaluation des compétences, on tient une piste opérationnelle pour réduire ces inégalités", nous dit P Huguet.

Une "piste" qui a le mérite d'être gratuite. Nul doute en effet que les pays les plus performants dans PISA, comme les pays asiatiques, ont supprimé les notes depuis longtemps. :santa:

Les explications de P Huguet
Comment expliquer cet effet ? "On a introduit, dans les questionnaires des élèves, des questions sur leur motivation et le type de motivation (pour eux ou par rapport aux autres), le climat de la classe. On observe que les résultats positifs de l'évaluation par compétences ne se retrouvent que là où les professeurs des 3 disciplines ont été d'accord pour participer à l'expérimentation. Quand certains professeurs sont contre et critiquent le protocole, il n'y a pas d'effet.

Curieuse logique. :shock:

Cela veut dire que les élèves sont sensibles au consensus dans l'établissement. Cela veut dire aussi que les chefs d'établissement ne doivent pas introduire l'évaluation par compétences par petits morceaux. C'est une méthode du tout ou rien."

Curieuse conclusion. On note au passage que l'évaluation n'est donc pas, selon M. Huguet, du ressort de l'enseignant.

"Le protocole améliore le climat de la classe", poursuit P Huguet. "Il n'y a pas l'effet décourageant de la mauvaise note. Surtout l'évaluation par compétences permet de donner un meilleur feedback aux élèves sur leur niveau qu'une note. Les élèves savent où ils en sont beaucoup plus précisément.

S'il s'agit de grilles impersonnelles et floues, les élèves sont moins renseignés qu'avec des annotations et une appréciation sur la copie. Rappelons que la plupart des évaluations peuvent porter sur une compétence spécifique, ou bien suivre un barème...
La caricature de la notation chiffrée ne sert pas le caractère scientifique de l'étude...

Interrogé sur l'absence de résultats en français et histoire-géographie, P Huguet nous dit que dans ces disciplines les compétences sont peut-être plus difficiles à définir.

Pour une évaluation par compétences, ce serait effectivement problématique.
Plus curieux encore : si seuls l'examen de mathématiques et une classe en expérimentation sont responsables des progrès extraordinaires du collège Rosa-Parks de Châteauroux (de 64% à 94% de réussite), les résultats à l'examen ont dû être mirifiques. :santa:

"Mais les maths c'est important car c'est ce qui détermine l'orientation".

Au collège ? :P
Alors que le français ne détermine pas la réussite dans toutes les autres disciplines...

Préconisations ?
Le rapport n'étant pas formellement rédigé, P Huguet n'envisage pas de publier tout de suite des préconisations. Mais il estime tenir une piste scientifiquement établie pour améliorer le système éducatif.

Le caractère scientifique en est très douteux.
On notera qu'il ne s'agit plus des mathématiques, mais du "système éducatif dans son ensemble".

"Il faut écouter les données et conclure fermement", dit-il. "Je suis convaincu qu'il faut sortir du système des notes".

On l'a bien compris.
Quant à "conclure fermement" (sic), il faut en tirer toutes les conclusions sur la liberté pédagogique.

Une étude déterminante ?
L'évaluation par compétences est-elle la solution si longuement attendue pour réduire les inégalités sociales à l'école ? Si les résultats de l'étude de P Huguet doivent être pris avec sérieux, les explications qu'il donne sont plus sujettes à débat. D'autant que l'évaluation par compétences est déjà largement répandue au primaire, un niveau éducatif où les inégalités sociales sont bien là et où le niveau scolaire des élèves ne s'améliore pas à en croire les évaluations nationales...

Observation que nous faisions plus haut. Cette contradiction ne semble pas apparaître à M. Huguet...

Plus que le meilleur feedback que permettrait l'évaluation par compétences, la suppression des notes peut avoir un effet de prise de confiance pour les élèves fragiles. La démonstration en a été fournie par Camille Terrier, une doctorante de la Paris School of Economy. Elle a étudié les résultats de près de 5 000 élèves de 6ème de l'académie de Créteil en maths. Elle a pu montrer que les enseignants discriminent positivement les filles (d'environ 6%) et que à la fin de la sixième cette pratique se traduit par une élévation du niveau des filles en maths. Il y a donc bien un effet en lui même de l'évaluation.

Quel lien entre "discrimination positive" (sic) et "suppression des notes" ?

Il pourrait expliquer l'écart entre les maths et les autres disciplines : c'est en maths que les élèves français perdent le plus leurs moyens selon Pisa. Il n'y a pas la même pression dans les autres disciplines.

Affirmation gratuite au niveau collège...
Par ailleurs, si l'on se réfère à la note PISA 2012 pour la France (p.16) : "Le niveau d'anxiété des élèves est resté stable entre 2003 et 2012 en France, ce qui cache néanmoins certains changements dans les causes de cette anxiété. En effet, en 2012, plus d'élèves se sentent perdus quand ils essaient de résoudre un problème de mathématiques qu’en 2003 (43 % en 2012 contre 37 % en 2003), et une plus forte proportion d'élèves s'inquiètent souvent en pensant qu'ils auront des difficultés en cours de mathématiques (65 % contre 61 %). Par contre, ils sont moins nombreux à s'inquiéter à l’idée d’avoir de mauvaises notes en mathématiques (73 % contre 75 %) et ils sont aussi moins nombreux à devenir très nerveux quand ils travaillent à des problèmes de mathématiques (39 % contre 36 %)". :santa:

Un autre effet est écarté par P Huguet. C'est l'effet de motivation des enseignants. Les professeurs qui se sont engagés dans le protocole sont des enseignants volontaires qui ont aussi décidé de travailler ensemble. Ce sont de facto des militants pédagogiques. Par suite on peut attendre d'eux qu'ils aient davantage de capacités pédagogiques et que les élèves soient sensibles à un suivi pédagogique plus important.

Car un "militant pédagogique" a "davantage de capacités pédagogiques". :santa:

Ces qualités disparaitraient dans le cas de l'imposition de l'évaluation par compétences.

Ah, tous ces enseignants qui ne sont pas des "militants" aux "Cahiers pédagogiques"...

Si l'évaluation par compétences peut faire reprendre confiance des élèves et éviter qu'ils se résignent à l'échec c'est une bonne chose. Mais bien des facteurs interviennent dans la construction des inégalités sociales à l'école. Y compris des facteurs que l'institution scolaire ne souhaite pas voir portés en avant comme le déficit d'enseignants formés dans les établissements Rep, le nombre d'élèves par classe, le cadre culturel et social dans lequel vivent les élèves etc.

Et d'autres facteurs encore. Dans la même note PISA on peut lire : "La France se classe parmi les pays de l’OCDE où la discipline est le moins respectée…"

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15 Mar 2016 16:17 - 15 Mar 2016 16:57 #16144 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet La suppression des notes
Dans "Le Monde" du 15/03/16 un article sur l'étude fantôme de Pascal Huguet : "La suppression partielle des notes réduirait les inégalités entre élèves" (abonnés)



Et communiqué du SNALC : www.snalc.fr/national/article/2248/

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16 Mar 2016 21:13 #16159 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet La suppression des notes
Vous pouvez commenter ici l'article "Une étude qui dénote" du 16/03/16.
Fichier attaché :

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16 Mar 2016 23:38 - 16 Mar 2016 23:56 #16161 par Loys

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02 Avr 2016 17:35 #16273 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet La suppression des notes

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03 Avr 2016 10:16 #16282 par Chris
Réponse de Chris sur le sujet La suppression des notes
A qui s'adresse ce genre de vidéo ?
Si c'est aux enseignants c'est une insulte à leur pédagogie ; qui donne une note dès le début d'un nouvel apprentissage !
Si c'est aux parents cela s'apparente à de la diffamation envers les enseignants. On voit maintenant (et depuis longtemps dans certains quartiers) les parents contester les notes de leurs rejetons et suspecter une certaine "malveillance" du professeur. Imaginent-il ces parents, qu'en évaluant nos élèves nous nous évaluons nous-même pour notre capacité à les faire progresser et réussir ?

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03 Avr 2016 16:10 #16286 par JCP
Réponse de JCP sur le sujet La suppression des notes
Cette vidéo bien niaise élude surtout deux paramètres, ce qui confine à la malhonnêteté :
1. Elle préjuge de ce qu'évalue l'enseignant avec une note, du moment où intervient l'évaluation, et du poids respectif qu'il donne éventuellement au formatif et au sommatif.
2. Les "compétences" ne sont pas toujours aussi facilement identifiables que dans l'exemple cité : "réaliser un barreau de chaise au tour à bois". Ainsi, en Lettres ou HG, la multiplication des grilles de compétences aux items plus ou moins nombreux témoigne de la difficulté à rendre compte par ce biais des tâches complexes que sont par exemple rédiger une dissertation ou une synthèse de documents.
Bref, cette vidéo est binaire et caricaturale. Consternante. :pendu:

Mehr Licht !

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19 Mai 2016 10:07 - 19 Mai 2016 11:19 #16485 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet La suppression des notes
"Une étude qui dénote" : suite...
A propos de cette étude sur l'évaluation par compétences du CNRS, sur le "journal" du CNRS du 18/05/16 : "Comment mieux évaluer le travail des élèves ?"


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19 Mai 2016 10:45 - 19 Mai 2016 11:19 #16486 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet La suppression des notes

La nouvelle a fait les gros titres de la presse française il y a quelques semaines : une étude scientifique préconiserait l’abandon des notes à l’école. Dans un pays attaché de longue date à la notation de 0 à 20, l’annonce a aussitôt fait l’objet de débats aussi intenses que… prématurés.

Donc, les débats sont "prématurés" mais la communication tapageuse sur la préconisation de l'abandon des notes ne l'est pas. :santa:

En effet, les résultats dont les commentateurs se sont emparés ne sont que les tout premiers d’une expérience en cours, menée depuis la rentrée 2014 dans 70 collèges et lycées de l’académie d’Orléans-Tours. Cette étude ambitieuse livrera ses réelles conclusions dans de longs mois, en 2018. Il n’en reste pas moins qu’elle interroge déjà, et dans des proportions inédites, l’évaluation du travail scolaire telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui.

Et avec de nombreuses interrogations méthodologiques.

Des notes subjectives et anxiogènes
« Contrairement à ce que l’on a pu lire çà et là, notre but n’est pas de faire disparaître la note pour le plaisir de la faire disparaître, mais d’en promouvoir un usage raisonné pour renforcer la qualité des apprentissages, précise d’emblée Alain Diger, doyen des inspecteurs pédagogiques de l’académie et instigateur de cette expérimentation.

Le "but", c'est donc de "promouvoir un usage raisonné" : curieuse démarche scientifique qui confond l'objectif et l'observation scientifique, et qui postule d'emblée que l'usage actuel des notes n'est pas raisonnable...

Une jauge est nécessaire pour les élèves et les parents. Mais la manière dont l’évaluation est pratiquée aujourd’hui dans la plupart des classes est excessivement centrée sur une notation systématique et, à ce titre, archaïque. »

Si elle "archaïque" à ce point, à quoi bon une étude scientifique ? :santa:

De fait, nombre de travaux en docimologie (science de la notation)...

La docimologie se résume, dans l'Éducation nationale, à la "Constante macabre" d'André Antibi...

...montrent que la notation chiffrée pèche par sa subjectivité, la valeur d’un 15, par exemple, variant d’un enseignant à l’autre dans n’importe quelle discipline.

L'évaluation des compétences n'est - elle - jamais subjective. Surtout quand des compétences disciplinaires peuvent être évaluées par des professeurs de toute discipline, dans l'esprit du nouveau socle commun. :santa:

Autre biais majeur : la notation, en plus d’être anxiogène, n’est guère informative. « Une note est un indicateur très fruste, explique Alain Diger. Elle sert davantage aux élèves à se situer les uns par rapport aux autres qu’à identifier les points sur lesquels ils doivent concentrer leurs efforts pour progresser.

Se situer par rapport aux élèves est plutôt une bonne chose, s'il ne s'agit pas de classer les élèves. De toute façon, l'évaluation par compétences n'empêche aucunement le classement, comme on l'observe en primaire.
Et c'est une caricature grossière que de réduire le travail d'évaluation du professeur à la seule note : une copie est accompagnée de bien d'autres choses. :roll: .

Par ailleurs, la note, en exacerbant la compétition au sein de la classe, véhicule son lot de vainqueurs mais aussi de vaincus.

Quelle curieuse façon d'appréhender le travail scolaire des élèves: réussir, c'est donc vaincre et ne pas réussir, perdre. A ce compte, c'est la réussite elle-même qui pose problème.

Elle amplifie les inégalités scolaires et renforce le déterminisme social, des effets délétères dont le système éducatif français souffre exagérément. »

Ce n'est pas de rendre impossibles à appréhender de façon claire ces inégalités scolaires qui les fera disparaître. Au contraire, même.

D’où l’idée de tester de la sixième à la seconde un nouveau type d’évaluation à l’échelle d’une académie entière (une première en France !), et de confier la supervision d’une partie de cette expérience à des chercheurs en psychologie pour en mesurer scientifiquement les effets. Conduite auprès d’un échantillon de 1 627 élèves de troisième répartis en deux groupes[1] et centrée sur trois disciplines (français, histoire-géographie, mathématiques), l’étude pilotée par Céline Darnon et Pascal Huguet, du Laboratoire de psychologie sociale et cognitive[2], et Isabelle Régner, du Laboratoire de psychologie cognitive[3], fait la part belle à l’évaluation par compétences.

La méthodologie n'est toujours pas indiquée : quelles étaient les conditions précises de cette "part belle à l’évaluation par compétences" ?
.

Le principe de cette approche est de « pointer les acquis des élèves et de focaliser leur attention sur les connaissances et les savoir-faire qui leur restent à acquérir, rappelle Isabelle Régner. Cela les amène à délaisser les stratégies d’apprentissage dites de surface (recours au par cœur...

Le par cœur est un exercice exigeant qui a ses vertus propres...

...centration sur les contenus les plus importants en vue d’un examen…)

Il n'y a pas d'examen avant la 3e...

...au profit de stratégies de profondeur (recherche d’informations complémentaires, point de vue critique sur le contenu des cours…).

:scratch:

De même, ils tendent à considérer leurs pairs comme des collaborateurs plutôt que comme des compétiteurs. »

De quelle "compétition" parle-t-on au collège ? :scratch:

La note, enfin, est réduite à la portion congrue.

Quasi-nulle, donc "raisonnée". :rirej

Et celle qui figure dans le bulletin scolaire transmis aux parents à la fin de chaque trimestre n’est plus une moyenne, dont le principe est désormais très contesté...

Par les mêmes qui ont commandé l'étude...

...mais un indicateur calculé au vu des compétences acquises.

Une moyenne, donc... :P

Les effets positifs de l’évaluation par compétences
Les premiers résultats de cette étude en cours permettent d’ores et déjà de dégager quelques conclusions.

Qui, elles, ne sont pas "prématurées". :doc:

Dont ce constat : l’évaluation par compétences produit des effets positifs en mathématiques, où les élèves cherchent moins à se comparer. Et, lorsqu’elle est mise en place de manière collective et concertée entre enseignants, les élèves réussissent mieux les épreuves standardisées du brevet. Autre effet avéré, toujours en mathématiques : l’écart entre élèves de milieux favorisés et élèves de milieux défavorisés a fondu de moitié (3 points de différence dans le groupe expérimental, contre 6 points dans le groupe témoin). « Cela est assez phénoménal si l’on veut bien se souvenir qu’aucune réforme du système éducatif, au cours des trente dernières années, n’est parvenue à un tel résultat, commente Pascal Huguet. L’évaluation par compétences semble à même d’aider l’ascenseur social à redémarrer », sachant que la France est le pays où l’influence de l’origine sociale des élèves sur leurs performances scolaires est la plus marquée.

On ne parle que de "l'écart" : mais les résultats eux-mêmes ? :scratch:

Le procédé exerce en outre une influence bénéfique sur tous les élèves, quel que soit leur niveau. Autrement dit, il n’entraîne pas les meilleurs vers le bas.

Il les entraîne vers le haut, non ? :rirej

En revanche, son efficacité est moins nette en histoire-géographie et indétectable en français pour des raisons qui restent à élucider.

Mais ça n'empêche pas de communiquer sur les résultats phénoménaux ! :santa:

« Le retrait, voire la suppression des notes, ne signifie pas la fin de l’évaluation, comme certains croient pouvoir l’affirmer, insiste Céline Darnon. C’est même presque l’inverse.

Eh oui : c'est le début de l'évaluation, en toute modestie !

Cette méthode, qui se traduit souvent par un surcroît de travail pour les enseignants et exige qu’une culture de collaboration et d’échange se développe entre eux, génère une évaluation bien plus informative pour l’élève qui sait clairement et constamment où il en est. »

Curieusement, aucune considération sur l'effet produit en primaire, où la notation a été progressivement évincée...
.

Reste que les premières conclusions des chercheurs, aussi stimulantes et utiles soient-elles pour faire sortir la question de l’évaluation de l’enclos de l’opinion, et l’installer dans le champ des sciences...

Compte tenu des conditions de cette étude (conforme à ce que le ministère veut promouvoir et avec une communication étonnante des chercheurs), on peut s'interroger...

...demandent à être confirmées. L’expérience menée l’an dernier dans l’académie d’Orléans-Tours n’est que le premier étage d’une fusée dont la mission se poursuivra jusqu’en 2017. L’année scolaire 2014-2015 a été « une année pilote, dit Pascal Huguet. Cette phase 1, avec son lot d’imperfections liées notamment au manque de formation de certains professeurs à l’évaluation par compétences, nous a permis d’engranger 800 000 données, mais peu de certitudes. Nous restons par conséquent prudents et sommes les premiers à dire :“Cette expérimentation est encourageante, mais il est indispensable de la répliquer pour s’assurer de la solidité des effets observés et disposer de mesures complémentaires aux épreuves standardisées du brevet” ».

Une "prudence" qu'on observe guère dans un propos comme : "Le retrait, voire la suppression des notes, ne signifie pas la fin de l’évaluation, comme certains croient pouvoir l’affirmer. C’est même presque l’inverse".

L’année scolaire 2015-2016, dans cette optique, se veut une année de maturation. L’occasion pour les enseignants d’histoire-géographie et de français impliqués dans l’étude de remettre sur le métier leurs pratiques pédagogiques et d’en imaginer de nouvelles, en phase avec les exigences de l’évaluation par compétences.

Si l'évaluation n'a pas été probante dans ces deux disciplines, c'est donc la responsabilité des enseignants.

« Nous voulons homogénéiser la population enseignante pour ne pas nous retrouver avec, d’un côté, des professeurs qui ont déjà une grande habitude de cette méthode et, de l’autre, des enseignants qui la découvrent ou ne la maîtrisent pas suffisamment, explique Isabelle Régner. C’est pourquoi, tout au long de cette année, nous laissons les professeurs les moins expérimentés se familiariser avec cette alternative à la note. À la rentrée prochaine, une fois que ces derniers seront pleinement opérationnels, nous réactiverons le dispositif méthodologique que nous avons élaboré et que nous aurons, entre-temps, perfectionné. »

Dispositif qui reste bien discret.

Rendez-vous en 2018 pour les résultats définitifs
L’expérimentation parvenue à son terme à la fin de l’année scolaire 2016-2017, et la masse de données recueillies une fois traitée, les chercheurs seront en mesure de savoir si l’évaluation par compétences, à défaut d’être la panacée à tous les maux de l’école...

C'est ainsi qu'elle est présentée ou presque.

...offre à davantage d’élèves la possibilité de progresser non seulement en mathématiques, mais aussi en histoire-géographie et en français. De même espèrent-ils extraire des filets de cette seconde expérience in collegio des données relatives à l’impact de ce mode d’évaluation sur des compétences transversales (maîtrise de l’oral, capacité à s’intégrer dans un travail collectif, conduite de projet…).

Si on forme les enseignants à de nouvelles pratiques pédagogiques (collaboratives, de projet), on s'aperçoit que les élèves réussissent à mettre en œuvre ces pratiques : étonnant, non ?
De fait, ce qui ne semble être que des moyens pédagogiques au service la transmission devient ici une fin en soi.

Viendra, enfin, l’heure de publier, sans doute fin 2018. L’ambition des chercheurs, sur ce plan, est double. D’une part, rendre compte de leur expérimentation dans une revue faisant autorité en matière d’éducation, telle que le Journal of Educational Psychology, et apporter ainsi une « touche française » à un débat qui a cours en ce moment en Europe et ailleurs dans le monde. D’autre part, rédiger un rapport en français à destination des acteurs du terrain éducatif (ministère, corps d’inspection, chefs d’établissement, professeurs, ESPE[4]…). Ce document explicitera la méthodologie employée et détaillera les résultats d’une manière plus abordable qu’un article destiné à une publication scientifique internationale.

La confirmation que l'évaluation par compétences n'a rien de miraculeux serait si décevante dans le cadre d'une si belle "ambition"...
On note que les chercheurs songent déjà à l'exploitation "pédagogique" de ces résultats.
.

Par ailleurs, l’évaluation par compétences devrait croiser à brève échéance la route des nouvelles technologies. « La révolution numérique a commencé de traverser l’école et ce tropisme va nécessairement s’intensifier, assure Pascal Huguet. Demain, la pédagogie sera massivement assistée par des machines qui délivreront non pas des notes, mais des évaluations-diagnostics extrêmement fines et recentreront l’élève sur certains apprentissages.

On est en plein numérisme...
Des déclarations prospectivistes qui permettent de douter encore un peu plus du sérieux de ces auteurs.

Dans ce nouveau paysage scolaire, les professeurs seront toujours indispensables car ce sont eux qui auront, entre autres, à concevoir les contenus des ressources numériques mises en ligne. Mais ce jour-là, la note appartiendra à la Préhistoire… »

En toute "prudence" scientifique.
Une étude qui pose bien des questions, autant par sa méthodologie que par sa conformité étonnante, dans la chronologie comme dans les conclusions, avec les aspirations réformistes du ministère de l'Éducation nationale.

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