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SUJET : "Education : les méthodes qui marchent à l'étranger" (Capital)

"Education : les méthodes qui marchent à l'étranger" (Capital) 19 Aoû 2016 20:11 #16934

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Dans "Capital" du 18/08/16 : "Education : les méthodes qui marchent à l'étranger"

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"Education : les méthodes qui marchent à l'étranger" (Capital) 19 Aoû 2016 20:31 #16935

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Encore un article de recettes magiques victime du One-Button syndrom. Avec, en prime, des approximations, voire de graves erreurs.

Education : les méthodes qui marchent à l'étranger

Lors de sa campagne présidentielle en 2012, François Hollande avait fait de la jeunesse sa priorité. Emplois d'avenir, contrats de génération, dispositif Garantie jeunes, service civique... Depuis son élection, on ne peut pas dire qu'il soit resté les bras ballants. Ce sont plus de 6 milliards d'euros qui sont ainsi dépensés chaque année en faveur de l'emploi des jeunes. Pour quel résultat ? Décevant, la France compte 25,9% de moins de 25 ans au chômage quand ils ne sont que 7,1% en Allemagne, 11,2% aux Pays-Bas ou 13,6% au Royaume-Uni.
Quel rapport entre "l'éducation" et le taux de chômage ? Il y a un problème dans le titre de cet article... :scratch:

AUTONOMES, NOS ECOLES POURRONT INNOVER ET RECRUTER À LEUR GUISE
Ça a marché au Royaume-Uni
Les premières academies ont ouvert en 2002 et les premières free schools en 2010 : or le Royaume-Uni a connu la deuxième plus forte baisse (-5% en 12 ans) dans le haut du classement PISA depuis 2000. La plus forte baisse (-6%) est celle de la Suède, qui elle aussi a rendu "autonomes" ses établissements d'enseignement (sur le principe du chèque éducation) dans les années 1990...

Notre système éducatif reste profondément inégalitaire et hypercentralisé. Pourtant, l'expérience des "académies" anglaises montre qu'à budget égal, mais avec une autonomie laissée aux chefs d'établissement pour s'adapter au contexte local, l'échec scolaire peut reculer.
Puisqu'il s'agit de comparer les budgets, les dépenses d'éducation par élève dans le primaire (+42% en 2009) ou au collège (+11%) sont bien supérieures dans le Royaume-Uni. Il suffit de lire les rapports RSE de l'OCDE pour le savoir.

Initiées par le gouvernement Blair, ces écoles publiques d'un nouveau type sont soit des établissements existants dont l'équipe pédagogique réclame le statut d'"academy", soit des créations ex nihilo par un groupe d'enseignants, de parents, une association caritative, religieuse...
On a pu constater les graves dérives communautaristes. Un quart des free schools sont confessionnelles.

Une fois reconnu par le ministère, l'établissement continue d'être financé sur fonds publics mais n'a qu'une obligation de résultats. Tout le reste - pédagogie, programmes, recrutement du personnel, salaires, emploi du temps - est de son ressort. Avec interdiction, cependant, de sélectionner et de faire payer les élèves. Plus de 4.000 de ces "free schools" étaient recensées en 2014. Et, selon l'Ofsted, l'équivalent de notre inspection académique, 87% d'entre elles sont considérées comme "bonnes" ou "exceptionnelles".
Attendons les résultats de PISA 2015. :devil:

L’APPRENTISSAGE SERA GÉRÉ DIRECTEMENT PAR LES ENTREPRISES
Ça a marché en Allemagne

Mirage, chimère, serpent de mer... On ne sait plus comment qualifier les promesses faites par nos gouvernants depuis trente ans à propos de l'apprentissage et jamais tenues. François Hollande comme les autres : alors qu'il avait annoncé 500.000 apprentis d'ici 2017, leur nombre a baissé en 2013 et en 2014, et il n'atteignait que 402.900 fin 2015. Un sacré gâchis quand on sait qu'ailleurs, en Suisse, en Allemagne, en Autriche, au Royaume-Uni, l'apprentissage, déterminant dans la formation et l'employabilité des jeunes, est aussi un puissant intégrateur social. Alors, comment faire pour que, chez nous, il cesse d'être une voie de garage ?
C'est reconnaître que l'apprentissage est surtout destiné aux publics les moins favorisés. Mais au fait, quel rapport entre l'apprentissage et "l'éducation" ? :scratch:



Simple : en supprimant la multiplicité des acteurs (Education nationale, Pôle emploi, les régions...) pour mettre les entreprises au cœur du dispositif.
Si les régions sont impliquées dans la formation professionnelle, c'est précisément en raison de la décentralisation à laquelle l'article appelle plus haut.

En Allemagne, par exemple, en échange d’un financement du système à hauteur de 92%, ce sont elles qui définissent les compétences exigées pour des métiers aussi divers qu’informaticien, électronicien, plombier, logisticien, aide dentiste, employé de banque, conducteur de train... A raison de trois ou quatre jours en entreprise et un ou deux en école professionnelle pendant deux ou trois ans, les apprentis reçoivent leur diplôme des chambres de commerce et d’industrie. Et deux tiers d’entre eux sont embauchés par l’entreprise à l’issue de leur formation. Moyennant quoi, l’Allemagne affiche le plus bas taux de chômage des jeunes d’Europe.
Il y a peut-être d'autres raisons...

EN SUPPRIMANT LE DOUBLAGE, NOTRE NIVEAU D'ANGLAIS PROGRESSERA
Ça a marché en Suède

Les études sur le niveau d'anglais des Européens sont unanimes : les Suédois sont toujours en tête et les Français toujours derniers. Certes, le suédois n'étant parlé que par 9 millions d'habitants, l'anglais leur est indispensable à l'étranger. Encore faut-il qu'il soit bien enseigné. Et c'est le cas : non seulement il est obligatoire dès l'âge de 8 ans, mais sa pédagogie repose sur l'écoute et la conversation, alors qu'en France c'est l'écrit qui prime. Surtout, aucun film ou dessin animé, aucune interview ou émission de radio en langue anglaise ne sont doublés ou traduits en simultané. Autant d'occasions de se faire l'oreille et d'enrichir son vocabulaire. Enfin, une année sabbatique postbac dans un pays anglosaxon est une étape quasi obligée pour tous les étudiants.
Visiblement, seul le niveau d'anglais oral compte... A vrai dire, la réforme du baccalauréat va bien dans le sens d'une oralisation de l'examen.

Pour le reste, avec 9 millions de suédophones dans le monde, les Suédois sont effectivement condamnés à parler anglais.

LES NON-DIPLOMÉS DEVRONT REPRENDRE UNE FORMATION
Ça a marché en Autriche

Quand 150.000 jeunes sortent chaque année de notre système éducatif sans diplôme, en Autriche, la loi impose à l'Etat de garantir une formation à tous les 15- 18 ans déscolarisés.
Problème : seuls 50.000 élèves français quittent chaque année l'école sans aucun diplôme...

A L'UNIVERSITÉ, LES COURS MAGISTRAUX SERONT REMPLACÉS PAR DES CAS PRATIQUES
Ça a marché aux Etats-Unis

Un étudiant sur trois seulement obtient sa licence en trois ans. La faute, notamment, à un enseignement inadapté, dénoncent les experts. Alors que, chez nous, les amphis bondés où l'on écoute passivement un professeur débitant son cours restent la norme, les Etats-Unis, de même que la Finlande ou le Canada, sont des adeptes de la pédagogie dite inversée : le cours magistral se délivre à distance par podcast, le face-à-face avec les étudiants étant réservé à des exercices pratiques et à des échanges. Une forme d'enseignement qui favorise les apprentissages, l'esprit critique ainsi que l'expression orale, et explique en partie pourquoi on retrouve treize universités américaines parmi les quinze meilleures mondiales.
Difficile de faire raisonnement plus simpliste... :santa:

NOS PETITS ÉCOLIERS SERONT MOINS STRESSÉS
Ça a marché au Canada

Les élèves français seraient parmi les plus stressés...
Aucune source pour cette affirmation fantaisiste, démentie par les études de l'OCDE sur le climat scolaire.

... et les moins disciplinés des pays de l'OCDE.
C'est vrai.

Deux freins majeurs à l'apprentissage. Surtout dans les établissements où les enfants d'origine immigrée partent avec un handicap culturel et linguistique. Pour les aider, les écoles de la très métissée Vancouver (Canada) utilisent un outil pédagogique surprenant. Baptisé MindUp, il mêle exercices de relaxation, leçons d'empathie et cours d'optimisme. Mesuré en 2015, son succès est sans appel : les incivilités diminuent, le bien-être des écoliers augmente, tout comme leurs résultats en maths. Si bien que la Colombie Britannique a fait du "développement personnel et social" l'un des fondamentaux à acquérir à l'égal du "lire-écrire-compter".
:santa:

UN SMIC JEUNES LEUR PERMETTRA DE TROUVER PLUS VITE UN JOB
Ça a marché aux Pays-Bas

Le taux d'emploi des 15-24 ans néerlandais est de 58,8%, le double du nôtre, grâce à un Smic modulé selon l'âge, donc l'expérience.
Quel rapport avec l'éducation ?

LES FACULTÉS POURRONT SÉLECTIONNER LEURS ÉTUDIANTS
Ça a marché au Royaume-Uni

Un étudiant sur deux ne passe pas en deuxième année faute d'avoir été bien orienté, un gâchis que les facs anglaises évitent par une sélection à l'entrée.
Les élèves sont sélectionnés en France... par le bac.

En quoi cette mesure améliorerait-elle l'employabilité des jeunes ? :scratch:

LES PROFS SERONT ÉVALUÉS DE MANIÈRE PLUS RIGOUREUSE
Ça a marché à Singapour

Un prof français sur deux s'estime mal formé à la pédagogie. Or ils ne sont inspectés que tous les cinq ans en moyenne, contre tous les ans à Singapour.
One-button syndrom...

AU LYCEE, LES FILIÈRES SERONT REMPLACÉES PAR DES "MAJEURES-MINEURES"
Ça a marché en Allemagne

Outre-Rhin, pas de filière reine comme la S chez nous, mais un mix de matières à la carte.
Sur quel critère est évalué le succès de cette évolution. En l'occurrence, les filières "marchent" aussi en France, avec des taux de réussite inégalés... :rirej
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