L'orthographe à l'école

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31 Déc 2014 17:51 #12790 par Loys
"La question de l'orthographe à l'université, une nouveauté ?" (Claude Lelièvre)
Heureusement le relativisme de Claude Lelièvre vient à la rescousse de l'école !
"La question de l'orthographe à l'université, une nouveauté?" (30/12/14)

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31 Déc 2014 18:01 - 02 Jan 2015 18:21 #12791 par Loys
"La question de l'orthographe à l'université, une nouveauté ?" (Claude Lelièvre)

Sans doute dans un autre contexte ( vraisemblablement moins en proie au délitement, et surtout moins ‘’massif’’ : à peine 1% d’une classe d’âge faisait alors des études supérieures ), le ‘’ niveau ‘’en orthographe ( et plus généralement en français ) des étudiants a été depuis très longtemps et régulièrement stigmatisé.
« Nous voudrions simplement rappeler aux candidats que la faculté désirerait ne plus avoir à corriger des fautes d’orthographe aussi nombreuses que stupéfiantes » ( Gaffarel, doyen de la faculté des lettres de Clermont, 1881 ).
« J’estime que les trois quarts des bacheliers ne savent pas l’orthographe » ( Victor Bérard, maître de conférences à la Sorbonne, 1899 ).
« Les élèves des lycées n’ont ni orthographe, ni vocabulaire exact et varié, ni connaissances grammaticales » ( Paul Lemonnier, « La crise de la culture littéraire », 1929 ).

Que de nombreux exemples, mais s'agit-il bien des mêmes exigences orthographiques ? A ce sujet Claude Lelièvre fait semblant de croire que c'est le cas. :santa:
On peut se demander ce que penserait MM. Gaffarel, Bérard, Lemonnier et Duruy de l'orhographe d'aujourd'hui...
Par ailleurs la baisse du niveau d'orthographe a été mesurée en CM2 par la DEPP de 1987 à 2007 au moins. Mais c'est sans doute être un vilain décliniste que de le constater.

« La décadence est réelle, elle n’est pas une chimère : il est banal de trouver vingt fautes d’orthographe dans une même dissertation littéraire de classes terminales. Le désarroi de l’école ne date réellement que de la IV° République » ( Noël Deska, « Un gachis qui défie les réformes : l’enseignement secondaire », 1956 ).

Vingt fautes ? Voilà qui paraît très peu aujourd'hui... Sans parler même de leur gravité.

PS1: Une recommandation: "L'anti-manuel d'orthographe" de Pascal Bouchard (Point-Seuil)

Pourquoi faire puisqu'il n'y a pas de baisse de niveau ? :mrgreen:

PS2 :Quel est l’écolier de onze ans, futur écrivain célèbre qui a écrit le texte n° 1 : " Je suis dévoré d’impatience de voir le meilleur de mes amis celui avec lequel je serait toujours amis nous nous aimerons, ami qui sera toujours dans mon cœur. Oui ami de la naisance jusqua la mort " ? Quel est l’écolier de onze ans, futur écrivain célèbre qui a écrit le texte n°2 : " Mon cher grand-père pardonne moi de mon péché car j’ai moin mangé qu’a l’ordinaire j’ai pleuré pendant un cardeur après cela j’était en senglot " ?

Flaubert et Proust. Des exemples un peu trop brefs pour signifier quoi que ce soit, d'autant que ces deux auteurs n'ont soit pas connu l'école républicaine, soit ses tout débuts. Bizarrement, ce sont les deux extraits déjà cités par Pierre Greilsamer ( voir plus haut ) en 2005... Pierre Greilsamer précisait alors qu'ils avaient été écrits avant dix ans...
Que M. Lelièvre consulte maintenant des copies d'élèves en fin de collège : www.laviemoderne.net/mirabilia/10-copies-non-conformes .
Sans nul doute de futurs Proust et Flaubert.
Une argumentation qui hésite entre absence de baisse du niveau en orthographe et le peu d'importance de l'orthographe. Mais sans faire de faute, bien sûr ! :doc:

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03 Jan 2015 22:11 - 04 Jan 2015 09:48 #12820 par Hervé
La "twictée"
Heureusement qu'il y a des enseignants modernes et imaginatifs.
"Vive la dictée 2.0" dans "Le Monde" du 19/12/14

:roll:
J'aime beaucoup l'idée de la négociation...

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04 Jan 2015 09:47 - 04 Jan 2015 09:48 #12822 par Loys
La "twictée"
Il y a même un fil dédié à Twitter à l'école où la "twictée" est évoqué à plusieurs reprises . Mais il effectivement il faut faire le lien avec le présent fil. :topla:

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19 Jan 2015 19:16 - 19 Jan 2015 19:17 #12940 par Loys
"Dans les entreprises, zéro pointé en orthographe" (Le Monde)
Article incident.
Dans "Le Monde" (abonnés) du 19/01/15 : "Dans les entreprises, zéro pointé en orthographe" par Gaëlle Picut.

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19 Jan 2015 20:14 #12941 par Shane_Fenton
Les folles (més)aventures de l’orthographe rectifiée...
Je ne compte plus les témoignages de proches qui sont effarés par le niveau d'orthographe des actuels diplômés. Et très souvent, ce sont mes amis d'origine étrangère (vietnamienne, laotienne, allemande...) qui sont scandalisés parce qu'ils ont travaillé dur pour maîtriser la langue, et ils se retrouvent obligés de corriger les innombrables fautes de leurs collègues "de souche"... lesquels ne voient pas toujours où est le problème.
Pour en revenir aux entreprises, je connais des recruteurs qui mettent la lettre de motivation à la poubelle dès qu'ils voient une faute. Et ce n'est pas limité aux entreprises, d'ailleurs : Michel Desmurget m'expliquait, lorsque je l'ai rencontré il y a 3 ans, que c'était ce qu'il faisait : quand il lisait "chère monsieur", allez hop ! à la poubelle direct, et on ne regarde même pas la suite. Hors de question que je le désapprouve, d'ailleurs.
Dans mon école, notre directeur a essayé d'imposer la "certification Voltaire" : l'idée était de faire passer un concours de français aussi obligatoire et éliminatoire que celui du TOEIC en anglais. On en avait même fait la pub au JT ( voir ici ). Mais au fil des ans, c'est devenu facultatif. Allez savoir pourquoi.

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28 Jan 2015 13:51 #13024 par Loys
"AFEF : « nous sommes pour une simplification de l’orthographe »" (VousNousIls)
Dans "VousNousIls" du 28/01/15 : "AFEF : « nous sommes pour une simplification de l’orthographe »"

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28 Jan 2015 14:35 #13026 par Loys
"AFEF : « nous sommes pour une simplification de l’orthographe »" (VousNousIls)

Cette discipline qui irrigue toutes les autres est fondamentale dans la construction de l’élève citoyen, et notre association est très préoccupée par les inégalités sociales, culturelles et également scolaires – celles que l’école produit elle-même – dont sont victimes les élèves.

L'école suit pourtant les bons conseils de nouveaux pédagogues comme ceux de l'AFEF depuis longtemps.

Enfin, une de nos problématiques fondamentales est également la formation des enseignants. Leur formation devrait les conduire à être davantage dans une posture d’accompagnement de l’élève. Il s’agirait là d’une formation non pas académique, mais bien professionnelle. A ce jour, la formation reçue en ESPE est très hétérogène, et bien que des initiatives soient tout à fait intéressantes, elle se heurte globalement à un manque de temps réservé à la formation pédagogique.

Tout ceci est bien abstrait ("posture", "accompagnement", "formation")

En effet, le volume horaire du français au collège par exemple a diminué de moitié en quarante ans.

:scratch:
Non, on est passé de 22h à 17h. En revanche, si l'on inclut le primaire, un tiers des heures supprimées depuis quarante ans.

C’est ce que souligne aussi Bruno Suchaut pour le primaire : il explique ainsi que les élèves ne disposent pas en primaire du temps nécessaire à l’apprentissage de la lecture. Il faut du temps d’échange, de dialogue, avec les enseignants, surtout pour les élèves venant des milieux les plus défavorisés. Et plus généralement, ce temps d’apprentissage n’est pas le même pour chaque élève. Il est nécessaire de former les enseignants à comprendre comment cette réalité fonctionne, dans le cadre d’une formation continue qui leur permette de prendre du recul sur leur façon d’enseigner. En faisant venir par exemple un chercheur dans la classe pour observer les pratiques et en discuter ensuite.

Donc résumons : le premier problème, c'est l'horaire, mais la solution, c'est la formation. Et notamment à la "pédagogie".

Nous prônons une véritable formation continue, en particulier par le biais de « recherche-action ». Nous proposons dans notre association de réfléchir sur nos pratiques, et d’être continuellement dans une démarche d’autocritique, d’autoformation.

De culpabilisation permanente des enseignants. Par contre, l'autocritique de l'AFEF, on peut toujours l'attendre...

A côté du temps et de la formation, ne se pose-t-il pas également la question d’une nécessaire réforme des programmes ?
Je distingue entre programmes de collège et de lycée. Ceux de lycée sont relativement ouverts : il y a de grands thèmes d’étude, mais dans lesquels l’enseignant serait plutôt libre si le bac à la fin de la première ne transformait souvent l’enseignement en bachotage. Au collège, en 2002, il y a eu des programmes assez ouverts, balayés totalement par les programmes de 2008, qui ont opéré une régression par rapport aux avancées de la recherche. Deux exemples : on a vu apparaître dans ces programmes de 2008 la leçon de grammaire, et en disparaître la littérature jeunesse.

Effectivement la "littérature jeunesse" aurait mieux fait de prendre la place de la grammaire ! :cheers:

Les changements de programme incessants compliquent considérablement la tâche des enseignants. Et cela se ressent d’autant plus fortement dans la discipline français, qui est au cœur des déchirements sociaux. Dès que l’on veut changer un point de grammaire ou d’orthographe, c’est une levée de boucliers.

On se plaint des changements permanents et on propose... une nouvelle réforme orthographique : c'est très logique.

Les enseignants de français portent cette pression sociale forte. Si un jour vous dites : on va supprimer la dictée, imaginez les réactions !

C'est surtout qu'elle a déjà en grande partie été supprimée dans les pratiques. :fur

Précisément sur l’orthographe, quelle est votre position ? Faudrait-il la simplifier ou du moins changer les méthodes d’enseignement ?
Cette question de l’orthographe est une spécificité française, avec laquelle nous devons travailler.

C'est sûr que l'orthographe de l'anglais est beaucoup plus simple. :santa:

Durant une période dans l’enseignement, certains aspects de son apprentissage ont été négligés. Or l’orthographe est un système dans lequel il faut entrer. Les enseignants doivent être formés à ce qu’est ce système orthographique français avec ses régularités et ses irrégularités, et doivent avoir du temps pour se focaliser avec leurs élèves sur ce système-là.

C'est vrai qu'ils n'y ont jamais songé : heureusement qu'il y a l'AFEF !

La dictée n’est pas un moyen d’apprendre l’orthographe, mais de la fixer. Il s’agit plus d’amener les élèves à réfléchir sur un texte écrit et à voir comment cela fonctionne. Il faut absolument prendre le temps de le faire.

Non, il ne s'agit pas de réfléchir mais au contraire de donner des automatismes. La pédagogie du "sens", on voit où elle nous a menés. :fur

D’autant qu’en France il est vrai que le français est plus une langue de l’écrit qu’une langue de l’oral dans l’enseignement.

Quel dommage ! Heureusement l'oral a pris une bonne place dans les programmes et dans le LPC depuis vingt ans.

Dans notre association, nous sommes pour une simplification de l’orthographe. Et si la société veut continuer à maintenir la pression sur la norme orthographique, alors qu’elle donne les moyens à l’école.

C'est-à-dire ?

Il faudrait également arrêter de se focaliser sur les programmes. Mais davantage se focaliser sur ce qu’apprennent les élèves.

Effectivement. :fur

La logique de programme en effet est difficilement compatible avec l’idée de conduire la classe, c’est-à-dire tous et chacun, à un certain niveau.

Il faudra m'expliquer la différence avec un programme. :scratch:

Pourquoi ne pas entrer plutôt dans une logique de curriculum ? Les élèves aujourd’hui écrivent peu et parlent peu en classe. Il serait souhaitable de les faire pratiquer.

L'oral est l'aspect le plus valorisé dans les réformes pédagogiques récentes : cf histoire des arts, TPE etc.

Concrètement aujourd’hui, pourriez-vous proposer une première piste pour améliorer l’enseignement du français ?
Oui, ce serait de favoriser la formation continue des enseignants, mais de l’accompagner impérativement de recherche-action.

Passons de l'enseignant qui perpétue une tradition d'enseignement à l'enseignant chercheur, qui, faisant tabula rasa de cette tradition, invente chaque jour son enseignement !

Sans la mise en œuvre de nouvelles pratiques, cela ne sert à rien. Prenons l’exemple des maîtres supplémentaires au primaire. Cette initiative est formidable si elle s’accompagne de nouvelles pratiques. Mais si le maître supplémentaire refait la même chose que son collègue, ou si par exemple dans le cadre d’un travail en demi-groupe, il refait la même chose qu’en classe entière, l’efficacité est limitée.

Si une pratique est "nouvelle", c'est qu'elle est bonne. :santa:

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17 Mar 2015 00:34 #13602 par Loys
"Orthographe à l'université : objectif zéro faute" (EducPros)
Dans "EducPros" du 16/03/15 : "Orthographe à l'université : objectif zéro faute".

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23 Mai 2015 20:42 - 23 Mai 2015 20:45 #13979 par Loys
"La faute d'orthographe d'aujourd'hui est la norme de demain" (Alain Rey)
Ce brave Alain Rey : "La faute d'orthographe d'aujourd'hui est la norme de demain" dans le JDD du 22/05/15.

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11 Jui 2015 20:11 - 11 Jui 2015 20:12 #14098 par Loys
"Les Français et l’orthographe" (Baromètre Voltaire)
Choux gras dans les médias aujourd'hui : "BAROMÈTRE VOLTAIRE - Les Français et l’orthographe" (1ère édition - juin 2015)

Aujourd’hui, les Français maîtrisent 45% des règles d’orthographe. En 2010, les Français maîtrisaient 51% de ces mêmes règles, ce qui représente une baisse de niveau de 6 points

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16 Jui 2015 11:24 - 16 Jui 2015 23:11 #14112 par Loys
"L’orthographe, cette grande oubliée du baccalauréat" (Le Figaro)
Dans "Le Figaro" du 16/06/15 : "L’orthographe, cette grande oubliée du baccalauréat"

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Et aussi : "Les profs de français font aussi des fautes"

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24 Sep 2015 09:47 - 09 Nov 2016 20:09 #14752 par Loys
La "dictée quotidienne" de Najat Vallaud-Belkacem
Le coup médiatique de la "dictée quotidienne" le 18/09/15 :

Dans "Le Monde" du 23/09/15 : "Trop d’étudiants fâchés avec l’orthographe"

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04 Nov 2015 20:29 #15141 par Loys
"Orthographe: la baisse alarmante du niveau des étudiants" (Le Figaro)
Dans "Le Figaro" du 4/11/15 : "Orthographe: la baisse alarmante du niveau des étudiants"

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28 Mai 2016 21:38 #16540 par Loys
"Les fautes d’orthographe diminuent les chances d’être recruté" (Le Monde)
Dans "Le Monde" du 27/05/16 : "Les fautes d’orthographe diminuent les chances d’être recruté"

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01 Nov 2016 15:20 #17593 par Loys
"La langue française est un discriminant social" (Julien Barret)
Dans "Le Figaro" du 1/11/16 : "La langue française est un discriminant social" , entretien avec Julien Barret.
Julien Barret est titulaire d'un DEA de linguistique : www.criticomique.com/a-propos-de-l-auteur

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05 Nov 2016 11:16 - 10 Nov 2016 22:30 #17628 par Loys
"Bien apprendre l’orthographe" (Jacques Crinon)
Dans les "Cahiers" n°440 : "Bien apprendre l’orthographe"

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09 Nov 2016 09:34 - 08 Jan 2017 17:18 #17676 par Loys
1987-2015 : La baisse des compétences orthographiques continue en CM2 (DEPP)

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09 Nov 2016 09:40 - 10 Nov 2016 10:29 #17677 par Loys
1987-2015 : La baisse des compétences orthographiques continue en CM2 (DEPP)
  • 44% des élèves de CM2 en 2015 ne savent pas écrire "Le soir tombait" (13% en 1987).
  • 48% ne savent pas écrire "peut-être" (32%)
etc.

Ainsi, d’après une étude de la DEPP de 2013, si « parler correctement » était le premier choix pour 49 % des enseignants, pour 41 % d’entre eux « écrire correctement » arrivait en deuxième choix. Si 67,4 % des enseignants interrogés déclaraient pratiquer souvent la dictée, un tiers révèle ne la pratiquer que de temps en temps, exceptionnellement ou jamais.

...l’essentiel des difficultés relève de la non-application des règles grammaticales, notamment celle de l’accord entre le sujet et le verbe

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09 Nov 2016 19:58 - 12 Nov 2016 18:54 #17679 par Loys
1987-2015 : La baisse des compétences orthographiques continue en CM2 (DEPP)
On se souvient que, en 2015, Najat Vallaud-Belkacem expliquait que les nouveaux programmes comportait une dictée quotidienne. Ce coup médiatique, contredit par nos soins , trouve donc encore des échos dans la presse un an après :

La Croix dit: Des dictées quotidiennes ?
La ministre Najat Vallaud-Belkacem avait insisté l’an dernier sur la nécessité de prévoir, sous diverses formes, des dictées quotidiennes en primaire.

Le Monde dit: « Grâce à la recherche scientifique, ces nouveaux programmes ont été pensés pour être plus cohérents, plus progressifs, et surtout mettre véritablement l’accent sur l’apprentissage et la consolidation du français », fait valoir Najat Vallaud-Belkacem, rappelant, entre autres, « l’instauration d’un exercice désormais quotidien de dictée ».

:santa:
De la même façon, les explications convaincantes d'un professeur en psychologie cognitive (qui du moins souligne la baisse générale des horaires en français depuis des décennies même si ceux-ci ont augmenté... en 2008) dans "L'Express" du 12/11/16 :

Michel Fayol dit: Nous avons des +marques+, telles que le +ent+ à la fin du verbe à la 3e personne du pluriel ou le +s+ des noms et adjectifs au pluriel, qui ne s'entendent pas, contrairement à la plupart des autres langues. Il n'y a aucun autre système comme le nôtre.

Cette difficulté naturelle du français explique, bien évidemment, la baisse des résultats. :santa:
Bien sûr, ce genre de considération n'empêche pas qu'on enseigne une seconde langue autrement plus difficile dès le primaire : en anglais, seuls 50% des mots s'écrivent de façon régulière. :santa:
Pour un professeur de français dans un lycée de la banlieue est de Paris et formatrice auprès d'enseignants stagiaires dans l'académie de Créteil, un "bagage commun" doit suffire :

Karine Risselin dit: Cela fait longtemps que l'école s'est donné d'autres missions que de former de petits grammairiens. On demande aux enfants d'aujourd'hui des compétences qu'on ne demandait pas à ceux d'il y a 50 ans : réaliser des synthèses à partir de plusieurs documents, développer son esprit critique...

C'est vrai que l'école avait vocation à "former de petits grammairiens"... :santa:

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09 Nov 2016 20:54 - 13 Nov 2016 23:23 #17680 par Loys
1987-2015 : La baisse des compétences orthographiques continue en CM2 (DEPP)
Dans le "Café" du 9/11/16, on dégaine la grosse artillerie :
- Orthographe : La nouvelle chute des résultats interroge le statut de l'orthographe
- "Orthographe : Oser une vraie réforme ?"

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09 Nov 2016 21:08 - 09 Nov 2016 21:51 #17681 par Loys
1987-2015 : La baisse des compétences orthographiques continue en CM2 (DEPP)

Orthographe : La nouvelle chute des résultats interroge le statut de l'orthographe

Oui : c'est mieux que d'interroger la chute.

La France ton orthographe fout le camp.

La question traitée donc avec la désinvolture des anti-déclinistes. Quelle blague, la question de l'orthographe !

C'est ce que montre une nouvelle étude de la Depp (division des études du ministère). Sur la même dictée d'une dizaine de lignes (67 mots) donnée depuis 1987 et évaluée en Cm2, le nombre d'erreurs a encore progressé. Le pourcentage d'élèves faisant moins de 6 fautes est passé de 31 % en 1987 à 16% en 2007 et 8% en 2015. L'erreur orthographique, longtemps discriminante socialement, est maintenant socialement très partagée. C'est bien le statut de l'orthographe classique dans la société qui est interrogé.

Mais surtout pas dans l'école. :santa:
Par "orthographe classique", il faut donc comprendre par exemple l'accord de "tombait" avec "le soir".

Ce qui est nouveau c'est que les écarts sociaux sont toujours présents mais n'évoluent pas. En 2015 un enfant de retraité ou d'ouvrier fait entre 19 et 20 fautes quand un enfant de cadre en fait 13. Mais ce qui a changé depuis 1987 c'est que le nombre de fautes a doublé chez les enfants de cadre alors qu'il n'a fait qu'augmenter de 3 points chez les retraités.

Quelle bonne nouvelle ! :cheers:

L'enquête Depp montre même que l'éducation prioritaire réduit l'écart avec le non prioritaire. : 19 fautes contre 13 en non prioritaire en 2007, 21 contre 17 en 2015.

Si la réduction des écarts prime sur la dégradation généralisée...

Le déclin des compétences orthographiques est continu et avéré. En 2007 déjà c'était l'orthographe grammaticale qui avait décliné par rapport à 1987. Ni la "refondation" de l'orthographe lancée par Luc Chatel en 2012, ni les programmes de 2008, qui pourtant insistent sur l'orthographe, n'ont changé les choses. Rappelons que les élèves de Cm2 évalués en 2015 n'ont connu que ces programmes de 2008.

Ne nous interrogeons pas sur les programmes précédents (2002 et 1995)...

Cela n'empêchera probablement pas les adeptes du traditionalisme de se manifester bruyamment...

Les mêmes déclinistes qui s'inquiétaient "bruyamment" du niveau quand les anti-déclinistes s'en amusaient.

La ministre réunit le 9 novembre une grande conférence sur l'apprentissage du français, réunissant de nombreux spécialistes, parmi lesquels de véritables spécialistes de l'apprentissage de l'orthographe, comme Catherine Brissaud et Michel Fayol.

C'est intéressant puisque les programmes viennent d'être mis en application. :santa:

V Youx : Faire un choix de société
Pour Viviane Youx, présidente de l'Association française des professeurs de français (AFEF), interrogée par le Café pédagogique...

On ne sait puisque l'AFEF ne représente qu'elle-même...

...cette baisse des performances orthographiques tient à "un système orthographique très complexe...

Bien sûr : les terminaisons de l'imparfait sont très complexes.

...qui gagnerait à être simplifié

De quelle façon simplifier l'imparfait ou les règles d'accord ? :scratch:

...et en parallèle une société française dans laquelle la vigilance orthographique baisse alors que l'exigence orthographique reste très forte.

Visiblement, pour Vivianne Youx, l'accord de l'imparfait reste une "exigence orthographique […] très forte". A noter qu'on ne parle pas de "la société" ici, mais du niveau orthographique à la sortie du primaire.
Un bel effort de relativisme, très contant chez l'AFEF.

L'orthographe est encore largement enseignée par des règles à appliquer alors qu'il faudrait l'enseigner comme un système qui ait du sens pour les élèves.

Car les règles n'ont pas de sens : un verbe ou un adjectif qui s'accorde, ça n'a évidemment pas de sens.

Les nouveaux programmes vont dans ce sens".

Tout va bien, alors ! Mais pourquoi réunir une conférence avec des spécialistes aujourd'hui ? :santa:
En réalité, ce point mériterait à lui seul un long examen.

Mais V Youx interroge aussi la société. "Si on considère que la question de l'orthographe est essentielle (et elle l'est, non en soi comme le respect d'une norme, mais comme élément de compréhension de l'écrit et comme moyen de communication,...

La tournure "Si on considère que la question de l'orthographe est essentielle (et elle l'est)" est rassurante pour l'enseignement du français.

...les carences orthographiques sont pénalisantes) alors, il faut y consacrer des moyens forts au détriment d'autre chose. Si la société ne veut pas faire ce choix, la situation a peu de chances de se renverser".

Mais, mais... et les nouveaux programmes ?

Orthographe : Oser une vraie réforme ?
Avec la publication de la récente évaluation de l'orthographe des écoliers de Cm2, le moment est-il venu d'une vraie réforme orthographique ? C'ets à dire pas seulement des améliorations marginales de l'écriture des mots mais une refonte des méthodes d'apprentissage de l'orthographe et une nouvelle définition des règles adaptées à la communication de masse. Car qui aujourd'hui a encore le temps de vérifier l'orthographe exacte des innombrables textes qu'il publie quotidiennement sous des formes variées (Sms, mails, notes, lettres, listes, articles etc.).

Pas qu'une affaire de règles
La question de l'apprentissage de l'orthographe, est clairement posée depuis 2007. Elle a suscité des travaux poussés qu'il n'est pas inutile de rappeler pour comprendre la crise orthographique.
Danièle Cogis et Catherine Brissaud, co-auteures avec JP Jaffré, C Pellat et M Fayol de "Comment enseigner l'orthographe aujourd'hui", expliquaient que l'apprentissage de l'orthographe n'est pas qu'une simple affaire d'apprentissage des règles. " C’est un point important : l’idée qu’il ne suffit pas d’avoir des connaissances mais qu’il faut savoir les utiliser dans le feu de l’écriture, quand on a plein d’autres choses à gérer, a fait son chemin", disaient-elles. "Les enseignants avec lesquels nous travaillons nous interrogent souvent : leurs élèves savent les règles, ils ont des connaissances mais tout se passe comme s’ils les oubliaient quand ils écrivent un texte. L’école doit apprendre aux élèves à mobiliser leurs connaissances dans des tâches d’écriture variées de plus en plus longues, à utiliser les outils que les adultes (nous en tout cas !) utilisent quotidiennement (correcteur, dictionnaire, grammaire, etc.).

:santa:

Mais ces compétences de haut niveau ne peuvent s’exercer que si préalablement des connaissances existent. Les connaissances de base sont celles, précisément, que nous avons ciblées dans notre ouvrage : l’accord dans le groupe nominal, l’accord sujet-verbe, les formes en /E/, la distinction de certains homophones. C’est un programme déjà conséquent !

Il faut simplifier la langue, a dit Vivianne Youx !

Il y a aussi et surtout la manière de se mobiliser sur ces compétences et c’est pour nous très important. Si l’on admet qu’apprendre à faire l’accord sujet-verbe dans des contextes variés prend plusieurs années (nos propres travaux l’ont montré, tout comme ceux de la psychologie cognitive), on peut travailler progressivement en sériant les problèmes".
Elles posent ainsi la question de l'investissement du système éducatif dans ce travail orthographique. Or dès 2007, Danièle Manesse, co-auteure avec D Cogis de "Orthographe à qui la faute", montrait que la rupture entre école et collège nuit à un apprentissage de l'orthographe.

Oui, enfin l'effondrement est constaté en fin de primaire par la DEPP...

Une question de statut
Mais c'est aussi le statut de l'orthographe qui est interrogé. Jean-Pierre Jaffré nous disait : "Le statut social de l'orthographe n'est plus aujourd'hui comparable à ce qu'il fut naguère, les demandes faites désormais à l'école ne sont plus du même ordre et le profil des enfants auxquels l'école à affaire n'est plus le même non plus. Pour relativiser cette notion de baisse de niveau, il convient par conséquent de ne pas se laisser enfermer par la relative objectivité des chiffres mais d'accepter l'idée d'une société en mouvement qui, sans renoncer à certaines options traditionnelles, accentue leurs limites."
C'est que pendant longtemps la production écrite , et donc l'orthographe, a été une affaire de corps spécialisés (clercs, imprimeurs, correcteurs etc.). Or la société de communication fait exploser le statut de l'écrit. Jamais il n'a eu l'importance qu'il a aujourd'hui.

Le reste de la société ne se préoccupait pas de l'orthographe avant la "société de communication". :santa:

Une mutation orthographique nécessaire
Pour lui, " les sociétés futures vont devoir apprendre à ne plus raisonner en termes de monographie, avec une orthographe officielle valant pour toutes les situations.

En supprimant ce qui fait la difficulté, on supprime la difficulté : il fallait y penser !

Ce faisant, l'écrit exploite un potentiel qui l'apparente aux divers registres de l'oralité : la forme d'un message peut varier avec les situations. Plus que d'un déclin orthographique, finalement très relatif, nous avons plutôt affaire à une mutation orthographique qui retrouve les vertus de la variation, sinon dans un même texte, comme ce fut le cas jadis, du moins dans des textes dont le but et le statut social sont distincts...

Finalement, un effondrement vertueux, en somme !

L'iconoclasme relativisme dans tous ses ravages...
Je ne trouve personnellement pas aberrant de considérer que toute époque doit disposer des outils les mieux adaptés à ses modes de vie et plus généralement aux besoins qui sont les siens. Or l'orthographe du français, sous la forme que lui ont donné les grammairiens, les imprimeurs, les Académiciens, etc., n'est pas adaptée aux besoins d'une communication de masse".

Car la "masse" est capable de "variations", mais pas d'une orthographe commune.

Par ces mots, JP Joffré interroge aussi l'apparente permanence de l'orthographe à travers les siècles. Voilà l'Ecole mise devant des choix et à travers elle toute la société. Devant l'étendue croissante des connaissances à transmettre, quelle place doit être donnée à l'orthographe et comment l'ajuster à cette place ?

Visiblement, une toute petite place.

C'est ce débat là que la société française n'a pas réussi à mener depuis 30 ans.

Au contraire, de grands "progrès" ont été menés dans ce sens : jamais les "variations" vertueuses n'ont été aussi nombreuses dans l'école moderne, comme en témoigne cette étude de la DEPP. La "sensation de pluriel", par exemple, a été valorisée dans les formations de collège 2016.

Le fait que la crise orthographique touche maintenant tous les jeunes , y compris ceux des milieux les plus privilégiés, nous donne peut-être l'opportunité de poser la question ?

Quelle belle opportunité !

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14 Nov 2016 13:42 #17709 par Loys
1987-2015 : La baisse des compétences orthographiques continue en CM2 (DEPP)
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14 Nov 2016 13:43 #17710 par Loys
"C'est un choix de société: que voulons-nous faire de notre orthographe?" (Michel Fayol)
Encore Michel Fayol dans "Libé" du 13/11/16 : "C'est un choix de société: que voulons-nous faire de notre orthographe?"

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15 Nov 2016 23:52 - 16 Nov 2016 00:18 #17722 par Loys
"L'orthographe a perdu son statut de trésor national" (Jean-Pierre Jaffré)
Et M. Jaffré, encore et toujours dans "L'Express" du 15/11/16 : "Toujours plus de fautes: "L'orthographe a perdu son statut de trésor national""

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15 Nov 2016 23:59 #17723 par Loys
"L'orthographe a perdu son statut de trésor national" (Jean-Pierre Jaffré)
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16 Nov 2016 00:02 - 16 Nov 2016 00:17 #17724 par Loys
"Meirieu : De la conquête de l'orthographe" (Café pédagogique)
Dans le "Café" du 15/11/16 : "Meirieu : De la conquête de l'orthographe"

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Article non daté (dans Google 10/11/16) : www.meirieu.com/ARTICLES/ENTREE_ECRIT.pdf

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16 Nov 2016 14:09 - 17 Nov 2016 11:59 #17729 par Loys
"Meirieu : De la conquête de l'orthographe" (Café pédagogique)


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