Inégalités... et discrimination

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30 Déc 2014 18:34 - 30 Déc 2014 18:34 #12783 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Inégalités... et discrimination
Le "Café pédagogique" va chaque fois plus loin :

François Jarraud dit: Mais cette école qui veut faire partager les valeurs de la République n'échappe pas à la critique. Elle-même nourrit les inégalités sociales voir un apartheid scolaire...

"Comment faire partager les valeurs de la République à l'Ecole ?" (23/12/14)

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07 Jan 2015 18:39 - 07 Jan 2015 18:40 #12852 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Inégalités... et discrimination
Sur le même sujet, un peu plus tôt dans "Libération" du 29/12/14 : "L’école marquée par un principe d’inégalité"


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07 Jan 2015 19:03 - 08 Jui 2016 21:07 #12853 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Inégalités... et discrimination
Un bon exemple de pseudo-progressisme de gauche sur l'école...

L’école marquée par un principe d’inégalité

Que l'école soit traversée par des inégalités, ça ne fait aucun doute, mais qu'elle soit "marquée par un principe d'inégalité" en revanche... :shock:
Quel serait donc ce "principe" ?

En France, l’écart se creuse entre les enfants d’ouvriers et ceux de cadres, mettant à mal la volonté présidentielle de lutter contre les injustices.
Aujourd’hui en France, un enfant d’ouvrier non qualifié a deux fois moins de chances de décrocher le bac qu’un enfant de cadre.

Ce constat n'est pas celui d'une évolution ("l'écart se creuse"). Jamais le bac n'a été obtenu par une si grande proportion d'une génération. On peut donc douter d'une évolution négative... :roll:

En revanche, il a nettement plus de chances d’atterrir dans la voie professionnelle, souvent dans une spécialité qu’il n’a pas choisie mais où il reste de la place.

Ce qu'oublie de préciser Véronique Soulé, c'est que la possibilité de choisir dépend du niveau scolaire. Le problème est donc situé ici.

L’enfant de cadre, lui, va a priori tout droit vers le bac général, de préférence la série scientifique considérée comme la voie royale.

La voie royale... pour commencer des études supérieures.

L’école française ne se contente pas de reproduire les inégalités sociales. Elle les amplifie et le phénomène a même tendance à s’aggraver.

J'aimerais bien comprendre ce que signifie exactement cette phrase, qui accuse l'école. Que sont concrètement des inégalités amplifiées par l'école ?

Alors que François Hollande a choisi de placer son quinquennat sous le signe de la lutte contre les inégalités, cette école, génératrice d’injustices, lui pose un sacré défi.

C'est donc l'école qui "génère" les inégalités sociales. Même discours que François Bégaudeau, qui propose de supprimer l'école pour résoudre le problème.

A mi-mandat, le bilan est encore maigre. Le Président fait mieux que face au chômage. Malgré la crise et l’austérité, il n’est pas revenu sur sa promesse de créer 60 000 postes durant son quinquennat, postes qui ont été affectés en priorité en primaire, où se jouent souvent les destins scolaires des plus fragiles, dont certains n’arriveront plus à rattraper leur retard.

Ces "postes" ne sont qu'en partie des postes d'enseignants, et pour la plupart ce sont des postes de stagiaire à mi-temps... Ajoutons qu'ils ne sont pas pourvus aux concours.

«Petite Immigrée». Mais là aussi, François Hollande n’a pas - encore ? - réussi à inverser la tendance. Et rien ne dit que, d’ici la fin de son mandat, il puisse justifier de résultats probants. La faute au temps long des changements dans l’éducation, où il faut parfois des années pour voir les résultats concrets, mais la faute aussi à une volonté politique souvent chancelante.
Le discours reste à la mobilisation contre les inégalités. A la rentrée, la ministre Najat Vallaud-Belkacem avait pris ses fonctions en se présentant comme «la petite immigrée marocaine» qui a réussi grâce à l’école, fruit d’un ascenseur social qu’elle promettait de relancer. Depuis, elle a fait de la lutte contre «les déterminismes sociaux» un axe fort de sa politique. Mais de la parole aux actes, il y a parfois un monde. Et la ministre, qui parle et communique beaucoup, commence déjà à décevoir, notamment avec sa réforme de l’éducation prioritaire jugée trop timorée.

C'est surtout une réforme qui retire des moyens aux établissements difficiles sous prétexte de les redistribuer.

Premier ministre de l’Education de l’ère Hollande, Vincent Peillon était pourtant parti la fleur au fusil. Avec sa grande loi sur la Refondation de l’école, votée en juillet 2013, il promettait d’en finir avec une institution qui classe et qui trie, obsédée par l’idée de dégager une élite mais sans pitié pour les plus faibles.

Ils sont exécutés ? :roll:
Confusion habituelle : on glisse du reproche (légitime) de la reproduction sociale à la critique de l'élitisme. IL n'y a pourtant aucun lien entre les deux : un système élitiste peut parfaitement être égalitaire (tant qu'il ne reproduit pas les inégalités) et un système égalitaire peut parfaitement être élitiste : c'est celui que nous connaissons actuellement.
A noter que la mission sociale de l'école est finalement assez récente dans l'Histoire.

Il imaginait bâtir à la place un système plus solidaire et bienveillant, qui fait progresser chacun selon ses talents, au-delà des origines sociales et des bagages culturels.

Bon la notion de "talent" à l'école...
"qui fait progresser chacun selon ses talents" (sic) : que signifie exactement cette phrase ? Que chacun ne va pas au même endroit (ce qui serait inégalitaire) ou va au même endroit mais pas au même rythme, ce qui entre en totale contradiction avec la suppression du redoublement (voir le soutien de "Libération" à cette réforme )

Pour cette raison, il avait donné la priorité au primaire, avec des dispositifs pour les enfants de milieux défavorisés, et à la formation des profs sacrifiée par Sarkozy, qui mieux préparés allaient ainsi davantage innover et s’adapter à des publics difficiles.

Vive l'innovation ! :cheers:

Désenchantement. Le ministre, non reconduit dans le cabinet Valls, a quitté la rue de Grenelle frustré et convaincu de ne pas avoir reçu le soutien qu’il méritait. A ses yeux, la réforme des rythmes devait avant tout bénéficier aux élèves en difficultés, avec des apprentissages plus progressifs étalés sur quatre jours et demi, et en plus des activités.

Quelle blague ! :cheers:

Mais François Hollande a cédé devant les maires. La réforme de la rétribution des profs de prépa devait, elle, permettre de mieux payer ceux des zones d’éducation prioritaire (ZEP). Mais, là encore, le président énarque, produit des grandes écoles, a reculé.

Le vilain élitisme a encore frappé. Mais curieusement, quand il s'agit des primes aux chefs d'établissement ou aux recteurs...

Pour expliquer le désenchantement ambiant, deux explications concourent. Pour les uns, le problème des réformes est qu’elles se font sans moyens suffisants - les 60 000 postes ont été largement absorbés par la hausse du nombre d’élèves et par la formation des profs.

Ils ne sont surtout pas du tout atteints et ne compensent pas la hausse très importante du nombre d'élèves dans le primaire ou au lycée.

Pour les autres, au-delà des moyens, seule une vraie refonte pédagogique fera la différence.

Ah... la pédagogie qui permet de se dispenser de la question des moyens. Personnaliser en classe entière !
Bon la refonte pédagogique est déjà à l’œuvre depuis longtemps, avec les résultats que l'on constate.

Or avec les nouvelles écoles du professorat, on en reste loin.

Voilà qui est approfondi...

Najat Vallaud-Belkacem veut maintenant ouvrir le chantier du collège, sujet clivant par excellence. Cette fois, elle devra choisir entre la paix sociale et un système plus juste.

Les réformes récentes, à commencer par les rythmes, n'avaient pas grand chose de "juste". :fur

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16 Jan 2015 00:35 #12915 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Inégalités... et discrimination
Et toujours dans le "Café", le 14/01/15, après l'attentat contre "Charlie Hebdo" : "Vous pensez que le caractère ségrégatif de l'école a joué ?"

Michel Lussault dit: L'école n'est pas assez inclusive. Comme géographe je pense que ce qui est mis en évidence c'est que la manière dont on a pensé améliorer l'école avec des politiques territoriales doit être interrogée. Il faut réinventer un modèle éducatif, y compris pour l'éducation prioritaire. On voit bien en Seine Saint-Denis des effets de seuil et comment des école s quittent le prioritaire alors que les difficultés scolaires sont énormes. Ne faudrait-il pas passer d'un soutien au territoire au soutien aux personnes ? Ne faudrait il pas repenser l'école, offrir une conception plus large de la laïcité ? Il y a eu un consentement collectif à une école ségrégative. Il est temps de réagir contre cela.

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16 Jan 2015 01:45 #12919 par Shane_Fenton
Réponse de Shane_Fenton sur le sujet Inégalités... et discrimination

Aujourd'hui il faut inventer une laïcité ouverte, compréhensive, apaisante et offensive.

Euh... :shock: N'y aurait-il pas comme une contradiction dans les termes ? :shock:

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20 Jan 2015 15:46 #12945 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Inégalités... et discrimination

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21 Jan 2015 07:55 #12949 par Loys
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21 Jan 2015 07:56 - 21 Jan 2015 07:58 #12950 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Inégalités... et discrimination
Le terme "apartheid" est désormais utilisé par le premier ministre.

Il existe en France « un apartheid territorial, social, ethnique ». Les mots sont forts, surtout dans la bouche d'un premier ministre. Manuel Valls, qui s'exprimait mardi 20 janvier lors de ses vœux à la presse, est revenu sur ces « maux qui rongent notre pays », deux semaines après les attentats de Paris et de Montrouge.
« Il faut ajouter toutes les fractures, les tensions qui couvent depuis trop longtemps et dont on parle uniquement par intermittence. (...) Les émeutes de 2005, qui aujourd'hui s'en rappelle ? Et pourtant... les stigmates sont toujours présents », a-t-il souligné avant d'insister sur « la relégation périurbaine, les ghettos ».
A cette « misère sociale », selon les mots du chef du gouvernement, « s'additionnent les discriminations quotidiennes parce que l'on n'a pas le bon nom de famille, la bonne couleur de peau, ou bien parce que l'on est une femme ».
L'INTÉGRATION « NE VEUT PLUS RIEN DIRE »
Pour faire face à ces inégalités, Manuel Valls prône « l'acharnement » dans la lutte. « La citoyenneté – ne parlons pas d'intégration, oublions les mots qui ne veulent plus rien dire – nous le sentons bien, (...) a besoin d'être refondée, renforcée, relégitimée », « peut-être d'autant plus » depuis la grande manifestation d'hommage aux victimes des attentats le 11 janvier.
« Nous devons combattre chaque jour ce sentiment terrible qu'il y aurait des citoyens de seconde zone ou des voix qui compteraient plus que d'autres. Ou des voix qui compteraient moins que d'autres. (...) Dans de nombreux quartiers, chez de nombreux compatriotes, ce sentiment s'est imposé qu'il n'y a plus d'espérance et la République doit renouer avec l'espérance », a-t-il ajouté.

www.lemonde.fr/politique/article/2015/01..._4559714_823448.html
www.lemonde.fr/politique/article/2015/01..._4560022_823448.html

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21 Jan 2015 23:30 #12957 par Shane_Fenton
Réponse de Shane_Fenton sur le sujet Inégalités... et discrimination

Dans les années 1990, le pays a compris qu'il était métissé, qu'il ne fallait plus imaginer que sa population[...] parlerait comme Robert Charlebois !

Et en quoi le fait d'avoir une "autre" origine (si tant est qu'on puisse l'appliquer pour un pays aussi jeune que le Canada) empêche de parler comme Robert Charlebois ? Si j'étais mauvaise langue, je trouverais ça un peu raciste sur les bords.
Quant aux "accomodements raisonnables", j'ai cru comprendre que tout le monde ne s'en accomodait pas, justement.

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22 Jan 2015 20:15 - 22 Jan 2015 20:16 #12969 par Loys
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Les langues se délient : "La France doit sortir de l'« apartheid scolaire»" par Nathalie Mons dans "Le Monde" (abonnés) du 22/01/15.


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22 Jan 2015 20:22 - 17 Fév 2015 10:01 #12971 par JCP
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Le texte de Dubet m'écoeure, tant il regorge de niaiserie bobo délétère : "Et qu'un jour peut-être nous ne serons plus inquiets qu'une jeune Française porte un voile si elle l'a choisi et paraît épanouie de le porter." :shock:
Le libéralisme asphyxie ... Rajoutons-en une couche !
La "pédago**gie" abêtit... Remettons-en une couche !
Le communautarisme divise... Rajoutons-en une couche !
:pendu:
Alors je dégaine Elisabeth Badinter... :xx:

La pièce jointe est absente ou indisponible


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22 Jan 2015 22:08 #12972 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Inégalités... et discrimination
:topla:

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24 Jan 2015 18:22 #12992 par Loys
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Il fallait s'y attendre : dans le "Café" du 21/01/15 : "Merci Manuel Valls d'oser le mot d'apartheid"



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24 Jan 2015 18:22 #12993 par Loys
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25 Jan 2015 16:52 #12999 par JCP
Réponse de JCP sur le sujet Inégalités... et discrimination
Et si on réfléchissait au sens des mots, histoire d'éviter de profėrer des inepties...
L'Apartheid désigne une discrimination instituée par l'état Afrikaaner dans les années 50-60, donc inscrite dans la loi, et soutenue par les forces de l'ordre et autres acteurs publics sud-africains.
Constater une ségrégation de fait dans la France actuelle, quelle qu'elle soit, n'autorise donc pas à parler d'Apartheid, à moins que l'on n'ait inscrit cette discrimination dans la Constitution, sans que je ne m'en aperçoive...
Qu'on s'appelle Vals ou Jarraud, l'emploi abusif du mot "Apartheid" est au mieux une erreur, au pire une dérive langagière susceptible de mettre de l'huile sur le feu... Car les mots ont du sens. En abuser, c'est dénaturer la réalité dont on rend compte, avec un amalgame douteux.
"Pas d'amalgame", un bon mot pourtant souvent répété ces temps derniers... :mrgreen:

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27 Jan 2015 23:16 #13018 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Inégalités... et discrimination
La petite musique de l'école discriminatoire continue sur le "Café pédagogique" du 27/01/15 :

Le redoublement ne touche pas tous les jeunes de façon égale. [...] Enfin le redoublement a à voir avec l'appartenance ethnique. En 2003, un élève dont la langue des parents n’était pas le français avait une probabilité de redoubler 79 % plus élevé qu’un élève dont les parents parlent le français.

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29 Jan 2015 17:18 - 29 Jan 2015 17:30 #13041 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Inégalités... et discrimination
Ça devait arriver : ce 29/01/15 le hashtag #PayeTonEcoleRaciste a été retweeté plusieurs milliers de fois sur Twitter.
rue89.nouvelobs.com/2015/01/29/payetonec...achent-lecole-257394

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03 Fév 2015 06:59 - 03 Fév 2015 12:02 #13074 par JCP
Réponse de JCP sur le sujet Inégalités... et discrimination
L'école de la République est effectivement discriminatoire, comme en témoigne le travail de Baptiste Coulmont sur la sociologie des prénoms et les résultats au baccalauréat... Voir le lien ci-dessous.
www.demotivateur.fr/article-buzz/les-20-...e-cadeaux-no-l--1411
Adèle et Grégoire s'en tirent avec les honneurs, tandis que Sabrina et Kévin pataugent lamentablement...
Voilà de quoi révolter François Jarraud et le Café Pédagogique, non ?...
Alors que faire pour remédier à ce triste constat ?
Ma suggestion : pour lutter efficacement contre l'échec scolaire, inutile de s'en prendre aux notes, inutile de vouloir réformer et "méformer" sans cesse, inutile de jouer la sempiternelle lutte entre les réacs-publicains et les pédagos-dingos, inutile de triturer les rythmes scolaires dans tous les sens, inutile de se jeter sur le numérique comme sur le veau d'or 2.0... Non, il suffit d'interdire TF1 et les chaînes débiles de la TNT qui passent en boucle des séries TV stupides qui inspirent les pauvres d'esprit pour prénommer leurs rejetons... Ou plus radicalement, interdisons aux gueux de se reproduire. C'est plus simple et tellement efficace !
Après tout, Swift ne proposait-il pas de manger les enfants pour éradiquer la famine en Irlande ?... :devil:

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07 Fév 2015 10:11 - 07 Fév 2015 10:20 #13112 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Inégalités... et discrimination
Pas d'accord avec vous : le résultat est inégalitaire mais l'école n'est pas "discriminatoire", comme vous le souligniez d'ailleurs plus haut : accepter cet adjectif infamant, c'est s'engager dans la mauvaise direction. La preuve avec l'article suivant.

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07 Fév 2015 10:14 #13113 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Inégalités... et discrimination
Dans le "Café" du 6/02/15 : "L'Elysée connait-il le monde réel ?"


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07 Fév 2015 10:40 - 08 Fév 2015 18:13 #13114 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Inégalités... et discrimination

C'est que les lycées professionnels matérialisent de façon éclatante les inégalités scolaires. On a déjà imaginé mettre à part une partie de la jeunesse dans des structures à part au lieu de faire le choix du lycée polyvalent.

L'expression "mettre à part une partie de la jeunesse" est d'une violence inouïe. Pourquoi pas "parquer" ? :o
Les lycées "d'enseignement professionnel" dans les années 1970 puis "professionnels" dans les années 1980 ont au contraire été créés, quand un quart d'une génération ou moins obtenait le bac (général ou technologique) afin de permettre à une très grande partie de la jeunesse qui quittait l'école après le collège de pouvoir obtenir une qualification en deux ans (BEP) ou quatre ans (bac professionnel). Le succès de cette voie a malheureusement été compromis parce que cette voie a été très rapidement conçue comme une voie de relégation.
Comment en est-on arrivé là ?
D'abord un imaginaire télévisuel et culturel a fait dédaigner de plus en plus aux élèves et à leurs parents une voie professionnelle considérée comme avilissante.
De plus l'idée s'est imposée progressivement dans tous les esprits que tous les élèves devaient pouvoir accéder au "bac", terme vidé de son sens puisque le bac professionnel était en principe une qualification par un diplôme de fin de scolarité quand un bac général ou technologique est une porte d'entrée dans le supérieur : il ne vaut d'ailleurs pas qualification.
Il a suffi de pousser ensuite les jeunes en difficulté scolaire à suivre cette voie, selon une politique du chiffre, à et à repousser de fait l'âge de la scolarité obligatoire à dix-huit ans pour atteindre les mythiques 80% d'une classe d'âge au niveau bac : dans cette logique des élèves en rupture de scolarité (rupture dont il est nécessaire d'analyser la cause) se sont de plus en plus trouvés encouragés à poursuivre une scolarité malgré eux, d'autant que le choix de la filière professionnelle est conditionnée - logiquement - par certains résultats scolaires. Certaines filières professionnelles (les filières tertiaires pour ne pas les nommer : secrétariat, comptabilité etc.) ont été créées pour offrir une formation encore un peu générale à des élèves qui n'étaient pas aptes à en suivre une : ces filières sont un scandale puisqu'en réalité elles n'offrent pas de vraie qualification tout en en donnant l'illusion. Avec un quart des élèves concernés, elles ont contribué à jeter le discrédit sur l'ensemble de la voie professionnelle. Le discrédit a également été jeté quand le BEP a été supprimé, que le bac professionnel est devenu la norme, que son cursus a été réduit de quatre à trois ans, et que - comme pour tous les bacs - l'obtention de celui-ci est devenu une quasi formalité. Le CAP, lui, devient de plus en plus marginal et l'apprentissage en général est de plus en plus délaissé.
Bref le "bac" professionnel a permis de créer une sorte d'illusion démocratique puisque près d'un quart d'une génération en 2014 obtenait ce diplôme.
Le "choix du lycée polyvalent" (en réalité 38,5% des LP en 2012 étaient déjà des lycées polyvalents ) n'est qu'une façon bien hypocrite de masquer ce problème sans attaquer le mal à la racine puisque les inégalités sociales se perpétueront dans les filières. Tout comme donner un "bac" qui n'est pas un bac.
La seule vraie solution pour revaloriser la voie professionnelle, c'est de s'attaquer à l'échec scolaire bien en amont au lieu de masquer cet échec en aval.
La voie professionnelle a évidemment sa dignité : simplement, ce n'est idéalement pas l'origine sociologique qui doit déterminer l'orientation dans un lycée professionnel, mais les aptitudes propres et le souhait des élèves. Il est nécessaire de lutter contre les représentations sociales (le bac sinon point de salut, voire le bac général sinon point de salut).
Malheureusement on est exactement en train de faire le contraire, en poussant par exemple les bacheliers professionnels à poursuivre dans le supérieur. De même en poussant à la généralisation de "lycées polyvalents" pour fonder un lycée unique sur le modèle du collège unique.

Et on sait que ces lycées sont largement alimentés en élèves qui n'ont pas voulu y être voire qui sont changés de branche professionnelle au gré des capacités d'accueil.

En rappelant que l'effort de l’État est plus grand pour ces élèves travaillant dans des ateliers et en petits effectifs (sauf dans les filières tertiaires précisément). Par définition la voie professionnelle est (dans une certaine mesure) conditionnée par les besoins en emplois. Certaines filières sont plus élitistes, d'une certaine manière, que la voie générale et technologique, avec une exigence : le niveau et l'engagement scolaires.
Pour ce qui est des "élèves qui n'ont pas voulu y être", que faut-il faire : accéder à leur désir simplement parce que c'est leur désir ? La plupart d'entre eux n'ont pas de réel projet d'orientation, un désintérêt pour l'école (quand ce n'est pas un rejet). La voie professionnelle, plus courte puisque n'engageant pas en principe vers des études longues et apportant une variété dans l'enseignement, est souvent apparue comme la solution évidente pour permettre à ces élèves de poursuivre leur scolarité.

A cette mise à l'écart scolaire, déjà choquante, s'ajoutent la segrégation sociale et ethnique.

Termes scandaleux. Jamais l'orientation dans la voie professionnelle n'est fondée sur des critères sociaux ou ethniques. Seul le niveau scolaire et l'aptitude à poursuivre ou non des études dans la voie générale est source de discrimination.
La seule vraie discrimination est celle du niveau scolaire. Tant que ce constat n'est pas fait, rien n'est possible.
A noter que pour François Jarraud, la "mise à l'écart scolaire" (sic) sur la base de critères scolaires est donc "choquante". L'affectation dans la voie professionnelle ne peut pas être volontaire et bénéfique pour les élèves. Voilà comment le "Café pédagogique" travaille consciencieusement à la "valorisation" de la voie professionnelle. L'enfer discriminatoire est en réalité pavé de bonnes intentions égalitaires.

Quand on visite ces établissements on est face à cette réalité d'établissements dont les élèves et souvent les enseignants appartiennent aux "minorités visibles" comme on dit dans l'éducation nationale.

La réalité de ce constat (en partie vrai seulement) n'empêche pas la fausseté du diagnostic.

Tout le monde ferme les yeux sur cette réalité. Elle n'en demeure pas moins extrêmement choquante. Nulle part la coupure de la société est plus visible.

Ben si, dans de nombreux aspects de la réalité, malheureusement : il suffit de se promener dans certains quartiers, ou d'observer certaines professions...
La réalité est que les "minorités visibles" ressortissent davantage à des catégories sociologiques et que cette appartenance conditionne les destins scolaires. C'est contre cette reproduction sociologique que l'école doit lutter.

Encourageons cette arrivée du monde réel dans le discours officiel. F Hollande et la ministre ne manquent pas de parler de laïcité et d'égalité voire de fraternité. Ce sont des paroles qui font plaisir. Mais la réalité du moment, celle qui touche les parents, c'est l'inégalité dans l'enseignement. Elle est bien visible actuellement avec l'épidémie de grippe. C'est dans les quartiers populaires de Paris par exemple que depuis une semaine des parents réagissent pour protester face aux enseignants non remplacés.

Reformulons plus clairement : le rectorat de Paris serait responsable d'une ségrégation "ethnique et sociale" dans l'affectation de remplaçants.
Rien sur le fait que, en raison de la crise de recrutement, les remplaçants sont affectés de plus en plus sur des postes à l'année et qu'il s'agit donc d'un problème général.

C'est à Gennevilliers que les parents avaient entrepris la ministre sur la même question dès son arrivée. C'est dans le 93 que revient régulièrement la question de ces collèges où il n'y a aucun prof titulaire.

Par la volonté (discriminatoire) du rectorat de Créteil ?
Certaines académies, où les conditions d'enseignement sont objectivement plus difficiles, sont déficitaires dans les mouvements d'affectation. Les professeurs y sont plus souvent absents, du fait même des ces conditions difficiles d'enseignement.

Les quartiers ne sont pas égaux devant l'offre éducative.
Dans leurs discours, le président de la République, les membres du gouvernement tentent de répondre aux questions de l'égalité, de la société fraternelle. On aimerait plutôt des réponses à des questions toutes simples mais urgentes. A la rentrée 2015, il y aura-t-il des assistantes sociales , des infirmières dans les établissements et les écoles des quartiers populaires ? Mieux, il y aura-t-il simplement des professeurs devant les élèves ? C'est la réponse à cette question qui donnera ou pas du poids aux discours.

"Les quartiers ne sont pas égaux devant l'offre éducative" mais bizarrement François Jarraud ne pose jamais la question de la ségrégation occasionnée par les établissements privés subventionnés par l’État et libre de choisir leurs élèves, selon des critères de niveau scolaire dès le collège, voire des critères réellement discriminatoires (voir plus haut dans ce fil)...
Sur les lycées pro, voir aussi : www.laviemoderne.net/forum/cursus-et-exa...cee-eric-charbonnier

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07 Fév 2015 18:25 - 07 Fév 2015 18:38 #13119 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Inégalités... et discrimination

Loys dit: Dans "L'Obs" du 20/01/15 : "L’école française, une "machine à fabriquer des inégalités"

Et sur "France Inter" ce 07/02/15 toujours François Dubet, qui reconnaît que le titre de son livre correspond peut-être à "une formule peut-être excessive"... :roll:

François Dubet dit: Les acteurs à l'école ont plutôt intérêt à l'inégalité.

Les exemples d'"acteurs" pris par François Dubet sont... les parents ! :shock:

François Dubet dit: La priorité, c'est les élèves faibles.

On a peu entendu François Dubet sur le moindre effort républicain à l'occasion du passage au collège unique, ou plus récemment de la réforme des rythmes scolaires se faisant toujours à horaire minimal dans les écoles.
Pas un mot sur la démocratisation du bac...

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07 Fév 2015 19:23 - 07 Fév 2015 19:27 #13121 par JCP
Réponse de JCP sur le sujet Inégalités... et discrimination
:spider:

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07 Fév 2015 19:26 - 07 Fév 2015 19:31 #13122 par JCP
Réponse de JCP sur le sujet Inégalités... et discrimination

Loys dit: Pas d'accord avec vous : le résultat est inégalitaire mais l'école n'est pas "discriminatoire", comme vous le souligniez d'ailleurs plus haut : accepter cet adjectif infamant, c'est s'engager dans la mauvaise direction. La preuve avec l'article suivant.

:pendu:
Ah, le poids des mots... J'aurais dû être plus précis. Faute de l'avoir été, je me fais taper sur les doigts... :transpi:
Vous avez raison : l'école n'est pas "discriminatoire" par essence, puisqu'elle propose la même offre à chacun... Bien sûr.
En revanche, "le résultat est inégalitaire" car tous les élèves ne sont pas doués des mêmes talents (c'est heureux, sinon nous baignerions dans un monde orwellien), et parce que les conditions socio-économiques de chacun contribuent notablement aux inégalités.
Au niveau économique, abolir l'héritage permettrait de niveler les différences de classe. Voilà une vraie mesure libérale ! :mrgreen:
Au niveau sociologique, comment résorber les inégalités de départ ?... Je n'ai pas trouvé... Je crains que ce ne soit difficile... Comme en témoigne d'ailleurs les études de Coulmont sur les prénoms et la réussite au bac... Passons. :scratch:
Je retire donc mon adjectif "infamant" et irréfléchi, avec moult contrition. :cry:
Cela dit, je n'ai employé "discriminatoire" que pour rebondir sur votre message précédent ; message qui relève assurément du discours indirect libre puisqu'on comprend que vous citiez François Jarraud, sans pour autant reprendre son discours à votre compte (ô litote). Donc accordez-moi que l'emploi abusif de l'adjectif "discriminatoire" a davantage la valeur d'un mot de liaison que celle d'un concept assumé. Bref, je réclame les circonstances atténuantes... :D

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07 Fév 2015 19:54 #13123 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Inégalités... et discrimination
Excusez-moi : je suis très susceptible sur ce fil. :mrgreen:

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07 Fév 2015 19:56 #13124 par JCP
Réponse de JCP sur le sujet Inégalités... et discrimination
:topla:

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24 Fév 2015 14:38 - 24 Fév 2015 14:46 #13291 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Inégalités... et discrimination
Sur le site de l'AJEDUC, cette interview de Georges Felouzis : "« La politique d’éducation prioritaire ne sort pas l’école du bourbier ségrégatif »" (24/02/15)


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24 Fév 2015 15:03 - 24 Fév 2015 15:04 #13292 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Inégalités... et discrimination
Bien sûr la "mise à l'écart des élèves" n'est pas le fait de l'école publique elle-même.
On pourrait cependant tempérer ce propos avec l'ouverture de sections particulières (FLE, UPI etc.) dans les établissements les plus difficiles, occasionnant un effet de concentration en partie volontaire.

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24 Fév 2015 16:46 #13293 par JCP
Réponse de JCP sur le sujet Inégalités... et discrimination
Ce n'est pas l'école qui est inégalitaire, c'est la société qui l'est ; et l'école n'en est que le reflet...
Quant à "remettre en cause l’apartheid scolaire consisterait à définir une politique explicite et volontariste de déségrégation, ce qui demande une imagination et un sens de l’innovation politique", ce n'est que du "yaka", tant que ladite politique n'est pas explicitée...

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24 Fév 2015 16:51 #13294 par JCP
Réponse de JCP sur le sujet Inégalités... et discrimination
La mixité sociale fleurit dans tous les beaux discours bobos, et c'est tout... Soit ça s'impose de façon autoritaire (des HLM à Neuilly), soit ça relève du voeu pieux bien-pensant et hypocrite (pour la mixité, oui, mais pas chez moi)...
Alors, quid de la mixité scolaire ? Des bus pour transporter une poignée de défavorisés de Mantes-la-Jolie au lycée Henri IV ?...
Et le Développement Durable, qu'en faites-vous ? Les bus, ça pollue...

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