"Évolutions des inégalités de 1950 à 1990" (Michel Euriat et Claude Thélot)

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28 Déc 2013 10:05 - 11 Fév 2017 20:44 #8984 par Loys
Cette étude un peu ancienne de Michel Euriat et Claude Thélot en 1995 est, à défaut d'autre étude similaire plus récente, assez intéressante : "Le recrutement social de l'élite scolaire en France - Évolutions des inégalités de 1950 à 1990" dans les quatre grandes écoles françaises (Normale Supérieure, Polytechnique, ENA, HEC) :

La proportion des jeunes d'origine "populaire" (père paysan, ouvrier, employé, artisan, commerçant) dans les quatre grandes écoles retenues a beaucoup diminué depuis quarante ans : environ 29% des élèves étaient d'origine populaire dans la première moitié des années cinquante, environ 9% aujourd'hui.

Bien sûr, il faut tenir compte de la baisse de la proportion des jeunes d'origine "populaire" (de 91% à 68%) sur la même période (de 1951-55 à 1989-93), comme l'indique bien l'étude. Malheureusement, elle est beaucoup plus limitée. Pour résoudre une aporie artificielle entre méthodes "additive" (à vrai dire non recevable) et "multiplicative" (évidente), l'étude choisit donc une troisième méthode - "l'évolution "logistique"" - en comparant les chances respectives des jeunes d'origine sociale populaire et celles des jeunes d'origine sociale moyenne ou supérieure, avec un ratio légèrement plus favorable en 1989-1993.
Une première conclusion serait de constater qu'avec un ratio à peine différent la grande démocratisation scolaire entreprise dans les décennies de 1950 à 1970 n'ont guère produit d'effet.
Mais en réalité c'est pire encore. Ce ratio est parfaitement trompeur puisque les chances des jeunes d'origine sociale moyenne et supérieure ont fortement baissé en quarante ans du fait de l'augmentation la proportion de ces jeunes (trois fois plus peut-être) et de l'augmentation de la population en général (+1/3). Conclusion : le ratio est resté stable mais les chances des jeunes d'origine populaire ont bien fondu (divisées par trois) et ce malgré la démocratisation scolaire pendant ces quarante ans.

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29 Nov 2017 16:13 #20121 par Loys

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19 Nov 2020 11:47 - 19 Nov 2020 11:57 #23032 par Loys
Note d'information du SIES du 15 octobre 2020 : "L’accès aux grandes écoles scientifiques : une égalité des chances ?" .

Dans "Le Monde" (abonnés) du 19/11/20 : "Polytechnique, ENS, écoles de commerce : une très lente ouverture sociale"




Le renforcement de la diversification des voies d’accès, hors classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE), est l’une des pistes. L’ENS Paris-Saclay constate par exemple que la part d’étudiants boursiers admis passe de 23 % à 32 % entre ses concours CPGE et les autres voies de recrutement. A Polytechnique, la filière universitaire devrait ainsi offrir leur offrir 50 places d’ici à 2024, contre 28 aujourd’hui.

Certaines écoles envisagent aussi de toucher à un totem : le concours, symbole d’équité et de méritocratie républicaine. Vraie nouveauté, les ENS travaillent à un système inédit de bonification pour les candidats boursiers à l’issue des épreuves écrites, afin de donner à ceux qui sont proches de l’admissibilité « une chance de passer devant le jury d’admission ».

Le concours signe, en fin de parcours, un échec de l'école : contourner le concours avec des voies d'admission parallèles ou des bonus revient à accepter un niveau de recrutement inférieur et à ne pas traiter le problème à sa source, en n'offrant qu'une illusion de solution.

Selon une récente étude ministérielle sur les grandes écoles scientifiques, « les boursiers sont pénalisés dans leur capacité à réussir les concours par des facteurs qui ne relèvent ni de leur niveau initial à l’issue du baccalauréat, ni du lieu de leur préparation ».

La phrase de la DEPP semble ici détournée, en laissant entendre que le le niveau initial à l'issue du baccalauréat ne serait pas en cause. La première phrase de l'étude est précisément la suivante : "Les élèves boursiers de l’enseignement secondaire accèdent moins aux classes préparatoires aux grandes écoles scientifiques (CPGE) que les élèves non boursiers en raison d’un plus faible niveau scolaire moyen".

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