Bien-être et bienveillance à l'école

Plus d'informations
05 Mar 2013 15:04 #4228 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW
A lire dans le "Café Pédagogique" du 5/03/13 : "Dix conseils pour…Développer une bienveillance scolaire globale" .


Connectez-vous pour voir le message entier.


Une précision : Gilbert Longhi est un ancien proviseur du lycée autogéré Jean-Lurçat à Paris. Il est chargé de cours et chercheur associé en sciences de l’éducation à l’université de Paris X et préside l’observatoire déontologique de l’enseignement, qu'il cite au début de l'article.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
06 Mar 2013 16:56 #4253 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW

Le déficit de considération au détriment des élèves résulte souvent d’une kyrielle d’usages ne paraissant pas prêter à conséquence. Voici des exemples extraits des travaux de l’Observatoire déontologique de l’enseignement (1).

Lycée Emile Flamand …Les demi-pensionnaires patientent pour entrer au réfectoire tandis que les profs empruntent un raccourci qui les dispense de la longue file d’attente dans le froid, le vent et la pluie. Parfois lorsqu’un des enseignants passe devant tous les élèves quelques uns goguenards manifestent leur désapprobation. À la queue, à la queue ! Aujourd’hui un lycéen de seconde s'est fait épingler : un professeur indigné l’a prié de décliner son matricule afin de le coller. Et le professeur explique que l’on doit accepter que les enseignants passent devant tout le monde parce qu’il y des raisons à cela ...

C'est vrai, ça : tous ces droits qu'ont les adultes et qui devraient être aussi ceux des enfants...

École maternelle du Faubourg Saint-Jean… Par grand beau temps, les huit platanes de la cour de récré font une ombre centenaire réservée aux voitures des dames de service et des enseignantes… Les élèves passent leur récréation entre les véhicules avec interdiction de circuler en patinettes ou même de courir car ils risqueraient de rayer les carrosseries…

Un vrai drame, effectivement. Des traumatismes pour la vie.

Collège Antoine de Saint-Exupéry… Emma a trouvé une astuce pour utiliser des toilettes toujours impeccables ; elle va au premier dans des WC réservés au personnel. Le nettoyage est fait deux fois par jour et ça sent le propre alors que les toilettes des élèves sont puantes, bouchées, sans papier hygiénique et avec des portes qui ne ferment pas.

Les toilettes des élèves sont sûrement bouchées exprès par les professeurs.

Voilà qui me fait penser aux toilettes toutes neuves dans mon lycée et qui ont été dégradées par les élèves deux jours après leur mise en service...

Les enseignants discutent entre eux (2) et à voix haute pendant la récréation : "Éric m'a encore complètement raté son contrôle de maths. Sa collègue : Oh ! Tu sais, sa sœur, ce n'est pas mieux, elle n'a pas su compter une seule opération… Cette famille, il n'y a rien à en tirer..."

Ce genre de conversations devant les élèves est permanent à l'école...

Les jeunes français sont les champions du désamour de l’école. Lors de l'enquête menée par l'Organisation mondiale de la santé au printemps 2004, dans une quarantaine de pays, les enfants de onze à quinze ans, pouvaient choisir entre deux items : J'aime beaucoup l'école et Je n'aime pas du tout l'école. En France, 87% des garçons et 79% des filles, âgés de treize à quinze ans, n'aiment pas l'école (3) .

La consultation du document sourcé montre surtout que les jeunes français ne sont pas "les champions du désamour de l'école" puisqu'il y a de nombreux pays qui font pire, dont... la Finlande, aux résultats scolaires enviés du monde entier ! A voir aussi notre article : "La souffrance scolaire, mythe utile" .

Curieux également : le résultat "J'aime l'école" n'est pas présenté par le document d'origine (p. 41) ... Car conclure de quelqu'un qui n'aime pas "beaucoup" l'école ne signifie pas qu'il n'aime pas l'école... Bref, difficile de conclure au "désamour" sans raccourci abusif.

L'école, un univers pédophobe

À quelques exceptions près (4) l’établissement scolaire est un univers pédophobe (5).

Quel sympathique néologisme, plein de bienveillance à l'égard de tous les personnels de l’Éducation nationale ! On a vraiment envie d'écouter des "conseils de bienveillance scolaire" globale après une telle insulte. :twisted:

Peu d’éléments, dans sa marche quotidienne (horaires, aménagement de l’espace, règle de vie…) y sont pensés à l’aune de l’enfance ou de l’adolescence, considérées comme des périodes spécifiques du développent de l’être humain.

On peut même parler de prison, de mauvais traitements et de sévices.

Les tenants d’une pédagogie de la confiance dénoncent les aspects les plus incohérents de l’organisation des établissements ; leurs adversaires considèrent que l’école doit apprendre l’inconfort et l’adversité aux élèves pour les préparer à la vraie vie.

On fait tout pour procurer de l'inconfort et de l'adversité aux élèves. L'imagination du Mal est sans limite.

Dans le même ordre d’idée, Jacques Pain (6) s’intéresse à une maltraitance scolaire structurelle en notant que les établissements ignorent la parole des élèves tout en développant une vie interne déficitaire en relation et en humanité.

"déficitaire en humanité" : quelle jolie formule...

Cette tendance prégnante faite d’agissements aussi bien que de refus d’agir et de négligences se manifeste de deux manières. D’une part, sous une forme extrêmisée...

... qui est pire qu'"extrême" ! :doc:

...avec des atteintes physiques et verbales couvertes par l’indifférence, l’incompétence ou le fatalisme des adultes ;

Des atteintes qui proviennent généralement... des élèves eux-mêmes ! :rirej

... d’autre part, sous une forme insidieuse avec des pratiques inconséquentes et délétères au niveau de l’accueil, de l’écoute des élèves, de la pédagogie et plus généralement de la prise en compte des problèmes de la vie collective.

Il y aura un jour un procès de Nuremberg pour ces pratiques inhumaines et ces atteintes à l'école lieu de vie ! :doc:

En l’occurrence, dans la plupart des établissements, on peut repérer des avatars de la maltraitance institutionnelle, ni une violence actée, ni brusquerie factuelle, mais dérèglement institutionnel polymorphe…

Joli aussi, le "dérèglement institutionnel polymorphe".

Premier conseil : Instituer un moratoire

Le dossier scolaire sert souvent à transformer passé scolaire d’un élève en passif.

Heu... éventuellement pour les dossiers négatifs.

À période régulière, toute situation scolaire individuelle devrait être amnistiée (concernant le niveau, l’orientation et le comportement...).

Supprimons les dossiers : nous supprimerons ainsi les problèmes. :twisted:

A noter qu'en l'état les problèmes de comportement d'une année ne peuvent être évoqués l'année suivante : certains élèves - les plus sympathiques, bien sûr - en profitent bien.

Ainsi, des rajustements deviendraient possibles pour éviter que l’affectation forcée dans une voie (une option) ne se transforme en fiasco (voire en souffrance).

L'affectation forcée est surtout une affectation par défaut. Il y a des nombreux moyens d'éviter cela, parmi lesquels s'intéresser à sa scolarité et à son orientation et la préparer activement.

Deuxième conseil : Neutraliser les archaïsmes de la notation (évaluation)

Selon les travaux d’André Antibi (7), les enseignants se sentent obligés inconsciemment de mettre un certain pourcentage de mauvaises notes.

C'est curieux car 84,5% des candidats ont obtenu le bac l'an passé...

Il faut éradiquer cette constante macabre. Par ailleurs, les conseils de classes peuvent cesser d’être des instances rituelles ou des psychodrames pour devenir des bilans de progrès assignant des objectifs réalistes propres à chaque élève.

C'est vrai quoi : il ne peut exister que des "bilans de progrès"... Quant à l'expression "objectifs réalistes propres à chaque élève", elle me semble créer une inégalité artificielle et injuste entre les élèves. :xx:

Troisième conseil : Majorer le rêve sans créer d’illusion.

Quel sens de la formule ! "majorer le rêve" !

Un élève qui est en difficulté intériorise une dépréciation qui contracte son avenir. Ainsi, les collégiens peu brillants intègrent-ils l’idée qu’ils seront orientés contre leur gré le cas échéant dans des filières sans réputation.

Il n'y a qu'à faire le contraire !

Or, une action éducative digne de ce nom devrait faire l’inverse en élargissant les projets et donnant la possibilité d’amplifier les rêves des adolescents notamment pour les moins enclins à nourrir une ambition.

Moins tu réussis et plus je te fais rêver ! Quelle belle idée !

Quatrième conseil : Réduire l’obnubilation entrepreneuriale.

Encore un néologisme, sans rapport avec la question : l'orientation professionnelle n'a pas grand chose d'"entrepreneuriale"... :mrgreen:

Lorsqu’un élève est en difficulté, on lui propose la voie professionnelle (8) . Si en plus il paraît allergique aux études on lui conseille un CFA. Or il est possible d’utiliser les avantages de l’alternance sans le risque d’imposer un métier non choisi. Il suffit de mettre en place un va-et-vient ne reposant plus sur une professionnalisation mais sur des activités de création et d’ouverture à autrui : musique, sport, théâtre, action sociale...

Et à la fin de son cursus heureux avec de la musique, du sport ou du théâtre, que fait l'élève ?

Cinquième conseil : Modérer l’ethnicisation

Encore un beau néologisme !

En voilà une mesure concrète...

La carte scolaire consiste à faire dépendre l’affectation des élèves de leur domicile. Dans certains quartiers, ce procédé induit une ghettoïsation des établissements. Compte tenu de la composition des catégories défavorisées, ce phénomène se double parfois d’une ethnicisation (9) qui génère une forme d’inappétence scolaire spécifique liée à l’impression qu’ont certains adolescents d’être victimes d’une racialisation instituant une corrélation entre leurs origines et des filières ou des établissements dépréciés.

L'abandon de la carte scolaire permettra sans nul doute de lutter contre cette ghettoïsation.

Sixième conseil : Générer une quiétude institutionnelle

En voilà une mesure concrète... (bis)

Dans chaque famille, durant une vingtaine d’années, les multiples politiques éducatives ont institué une imprévisibilité quant au cursus personnel d’un enfant. Le système scolaire finit par projeter sur la société plus d’incertitudes que de repères. Les ministres de l’éducation devraient s’astreindre à prendre les seules décisions constituant un avantage pour la sérénité des élèves sans aucune concession.

Le pédagogisme a beaucoup de responsabilité là-dedans...

Septième conseil : Établir des procédures de repérage du déficit de bienveillance

Tout projet d’établissement devrait comprendre un axe fixant des objectifs sur la qualité de vie des élèves et permettre aux élèves eux-mêmes d’évaluer le niveau de bienveillance à leur égard. Les conseils d’administration et les conseils d’école devraient pouvoir fixer les marges de progrès que les adultes d’un établissement auraient à combler pour un accroissement de la bienveillance scolaire. Dans le secondaire, l’évaluation (classement) des lycées devrait introduire un quatrième indicateur intégrant la notion de qualité de vie des élèves. (Indicateur identique à créer pour les collèges).

C'est un peu schizophrène car l'évaluation des lycées comprend des indicateurs sur le niveau des élèves, ce qui est une forme de malveillance. :scratch:

Huitième conseil : Perfectionner l’architectonique...

"architectonique" sonne mieux qu'"architecture", même si l'emploi est ici impropre. :xx:

... et améliorer les équipements

De multiples locaux scolaires engendrent un inconfort patent et imposent des aberrations ergonomiques. Certains manquent parfois d’hygiène en raison d’un défaut d’entretien et de maintenance.

Un vrai problème d'"architectonique". :doc:

Les équipements pédagogiques sont de temps à autre désuets ou inefficaces.

Un autre.

Globalement, les établissements restent panoptiques.

J'en connais bien peu sur ce modèle, et c'est surtout dans l'intérêt des élèves qui subissent des "atteintes" de la part d'autres élèves. :roll:

L’espace y est distribué moins pour convenir aux élèves qu’aux adultes.

C'est vrai que les adultes sont traités comme des rois dans les établissements scolaires : le privé envie nos salles de professeurs, nos bureaux larges et spacieux, nos toilettes de luxe et nos saunas.

Neuvième conseil : Contenir les pratiques discrétionnaires

C'est du concret, ça. Quel sens de la formule !

La plupart des établissements neutralisent l’expression des élèves.

La neutralité a ses vertus...

Les délégués de classe sont transformés en Missi Dominici de l’administration et du professeur principal.

:shock:

On observe couramment une hypertrophie de la parole des adultes.

C'est vrai, ça : dans les conseils de classe les professeurs ne devraient pas s'exprimer davantage que les élèves.

La direction peut instaurer des manipulations (par exemple : obtenir la démission un élève pour éviter un débat contradictoire en conseil de discipline).

Surtout quand cet élève est impliqué...

Les adultes d’un établissement fonctionnent fréquemment en caste bureaucratique opposée aux élèves.

"bureaucratique", on ne voit pas bien pourquoi. mais ça sonne bien avec "caste" alors...

Dernier conseil : Garantir une instruction authentique

C'est mieux qu'une instruction non authentique, en effet. On aurait dû y penser avant.

Les enseignements prennent couramment du retard sur les savoirs disponibles.

:shock: :scratch: :lol:

Les pédagogies ne font pas toujours appel à l’intelligence des élèves. L’enseignement prodigué est souvent inerte (didactiques obsolètes, méthodes dolosives, cours empruntés, photocopillage passif, bachotage…).

Quel rapport entre le "photocopillage passif" (sic) et des "méthodes dolosives" (sic) ? :scratch:

Bref : un article vain, dans tous les sens du terme.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
12 Mar 2013 18:00 - 19 Nov 2014 18:18 #4477 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW
Je viens de découvrir que la Cour des comptes elle-même s'appuie sur l'erreur de l'OCDE :

Enfin, les enquêtes menées par l’OCDE montrent que les élèves français sont parmi ceux qui expriment le plus d’anxiété vis-à-vis de l’institution scolaire et éprouvent le moins d’attachement à l’égard de leur établissement.

Source : "L'éducation nationale face à l'objectif de la réussite de tous les élèves", Introduction, 3 (p. 9) (12/05/10)

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
15 Mar 2013 15:55 #4522 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW
Dans la même veine, cet entretien de Jacques Pain par Gilbert Longhi, sur le "Café Pédagogique" du 15/03/13 : "J. Pain : L’école se comporte comme une marâtre à l’égard du commun des élèves" .


Connectez-vous pour voir le message entier.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
15 Mar 2013 15:57 #4523 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW
Commentaires à venir.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
20 Mar 2013 11:25 #4678 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW
Rejoignant ce fil, cette brève dans "ActuaLitté" : "Un enfant sur quatre n'aurait pas confiance en lui" (19/03/13)

Trois enfants sur quatre ont confiance en eux : on en conclut très logiquement les effets négatifs du système scolaire.

De même : "39% des enfants n'ont pas confiance en leur avenir selon les parents d'élèves interrogés". Car évidemment l'école est aussi responsable de la situation économique de la France.

Bon, la lecture du communiqué de l'APEL est quelque peu différent à propos de ces 39% :

Tout d’abord cette confiance, hormis celle qu’ils accorderaient à leur parents, est de faible intensité : ainsi seuls 12% ont tout à fait confiance en eux ou 14% dans l’école, autant qu’envers leurs camarades. Ensuite la question de l’avenir pèse très fortement : 39% des parents soulignent que les enfants ne grandissent pas en confiance sur ce point.


Je conclurais en notant ce paradoxe : la confiance en eux des élèves diminue en même temps qu'augmente le taux d'accès d'une génération au baccalauréat (un record en 2012 avec 77,5%).

Comme quoi la dévalorisation du diplôme s'accompagne d'une dévalorisation de soi. :spider:

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
11 Avr 2013 21:33 #5142 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW
A lire sur "Le Monde" du 11/04/13 : "Lettre aux enseignants" .


Connectez-vous pour voir le message entier.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
12 Avr 2013 13:02 #5162 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW

Lettre aux enseignants

Un effort pour changer de l'article standard. :doc:

Chers enseignants,

Dans les boîtes aux lettres, les parents ont tout de suite reconnu votre courrier. Ces enveloppes, écrites de leur main, fournies en début d'année pour que vous puissiez leur envoyer ces fameux bulletins scolaires. Celui du deuxième trimestre a une "saveur" particulière : on se demande si les bonnes résolutions prises à la fin du premier auront porté leurs fruits. On s'inquiète qu'il n'y ait plus qu'à peine trois mois pour redresser la barre. Et on se promet de rester zen, au moins cinq minutes. "On a reçu ton bulletin !", lancent avec entrain les parents. "Ah, ouais...", répondent sans enthousiasme les premiers concernés. Mauvais signe...

Sandrine Blanchard retarde un peu : avec la numérisation de l'école et la généralisation des ENT l'envoi des bulletins devient quelque peu anecdotique puisque les parents peuvent désormais accéder en ligne aux notes des enfants à tout moment et en temps réel ou presque : ils n'hésitent pas à les réclamer quand elles se font un tant soit peu attendre. :devil:

Quant à l'exemple pris, celui d'un élève peu enthousiaste, voilà qui me semble une généralisation bien abusive, beaucoup d'élèves travailleurs pouvant éprouver une légitime fierté à la réception de leur bulletin.

C'est à la fois long et court de lire le bulletin d'un collégien ou d'un lycéen. Long, si on se met à étudier les colonnes de chiffres indiquant, pour chaque matière, la moyenne de l'élève, celle de la classe, la pire, la meilleure ; court, si on se rue instinctivement, en bas de la page, sur l'"appréciation globale". Et là, vous avez une farouche tendance à toujours pointer ce qui ne va pas, à appuyer sur les lacunes, les échecs.

L'appréciation globale est généralement rédigée par le chef d'établissement : autant dire que la lettre de Sandrine Blanchard se trompe quelque peu de destinataire. :roll:

L'expérience (selon les établissements scolaires bien sûr et l'écart vis à vis du niveau attendu) montre que les élèves qui donnent satisfaction sont au contraire très souvent complimentés : les félicitations, compliments et encouragements (quel que soit le niveau) concernent dans mon bon lycée entre la moitié et les deux tiers des élèves. A l'inverse les avertissements et les blâmes ne sont jamais - je dis bien jamais - attribués, car on sait leur importance pour l'orientation. Où donc est la "farouche tendance à toujours pointer ce qui ne va pas" ?

De toute façon, lorsque les bulletins sont envoyés aux lycées en fin de troisième, les mentions négatives, qui ne sont pas notées sur le bulletin, ne sont pas jointes. :twisted:

A force, les parents deviennent comme vous et ne voient que le négatif.

C'est donc la faute des professeurs, bien sûr. :twisted:

Il faut être bon partout...

Non, mais qu'ils donnent satisfaction dans leur travail oui. On n'attend certainement pas des élèves qu'ils soient bons partout : les élèves ont des profils, plutôt littéraire, scientifiques ou artistiques par exemple. Sandrine Blanchard semble projeter sur les enseignants ses propres attentes.

...surtout en maths et en français. Et encore. Un 12 sur 20 est juste "convenable", "mitigé", voire "décevant".

L'adjectif "convenable" est positif : c'est ce qui convient. "décevant" aussi puisqu'il montre des attentes supérieures de l'enseignant qui a décelé des capacités de l'élève.

Une moyenne qui stagne et c'est un "manque de concentration"...

Quel rapport entre les deux ? :scratch:

... un "investissement insuffisant". Pourriez-vous, parfois, inverser vos commentaires et débuter par les points forts, même s'il ne s'agit "que" des langues, de la géo, des arts plastiques ou du sport ? Tous les élèves ne peuvent pas être en tête de classe.

Il faut s'adresser aux chefs d'établissement... Heureusement certains n'hésitent pas, dans les classes à orientation, à modifier les appréciations ou les notes des professeurs pour faciliter l'orientation des certains élèves problématiques, quand ils ne modifient la décision du conseil de classe elle-même.

La réalité d'une formule policée comme "investissement insuffisant", c'est qu'elle peut traduire une réalité bien plus politiquement incorrecte. Mais il faut croire que les efforts déployés par les professeurs pour dire les choses sans heurter (les bulletins d'aujourd'hui apparaissant bien consensuels et édulcorés) ne suffisent pas à notre journaliste du "Monde".

A entendre l'éternelle complainte des parents, à relire tous ces bulletins conservés (par masochisme ?), il semble que Claudia Senik, professeur à l'Ecole d'économie de Paris, a eu raison de souligner le rôle de notre système scolaire dans son étude sur la difficile aptitude des Français à être heureux.

Nous avons déjà montré à quel point la pensée de Claudia Senik est intéressante . :devil:

Pointant un système élitiste et unidimensionnel, elle décrit une école produisant bien souvent une mésestime de soi que l'on trimballerait toute la vie comme un frein au bonheur.

Car évidemment c'est la mission de l'école de rendre les citoyens heureux toute leur vie.

Certains d'entre vous vont hurler ; excédés que l'école soit accusée de tous les maux.

C'est vrai que Sandrine Blanchard n'insiste pas assez sur les points positifs : des professeurs qui acceptent des conditions de travail difficiles, éloignées, un salaire peu enviable pour leur niveau de qualification, tout cela parce qu'ils croient dans les vertus de l'école et dans son exigence.

D'autres feront valoir qu'ils ne sont pas responsables d'un système où seules les maths et les mentions mènent aux diplômes rêvés des parents.

Avec "l'orientation choisie", on va enfin permettre aux parents de s'affranchir de ces odieux carcans élitistes imposés par des professeurs sans bienveillance. :devil:

Mais comme le jeune garçon qui demandait à Cadbury, dans la publicité pour les biscuits Finger, "tu pourrais pas les faire un petit peu plus longs ?", on a parfois en- vie de vous dire : "Vous ne pourriez pas être un peu plus positifs ?"

La conclusion résume bien l'article : il faut satisfaire le consommateur.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
05 Juil 2013 11:33 - 28 Avr 2014 17:05 #6757 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW
A lire dans le "Café Pédagogique" du 05/07/13 : "Façons de parler : Injures, insultes, jurons et autres noms d’oiseaux en éducation disséqués par Gilbert Longhi" .

Connectez-vous pour voir le message entier.

Dans la même veine : "Les mots de trop et les gros-mot à l'Ecole... " dans le "Café pédagogique" du 28/04/14.

Connectez-vous pour voir le message entier.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
05 Juil 2013 11:33 #6758 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW
Commentaires à venir.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
15 Oct 2013 23:27 - 15 Oct 2013 23:27 #7981 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW
Dans la même veine malgré un titre assez neutre : "Approche lexicale de quelques projets d’établissements & de quelques règlements intérieurs…" (14/10/13)

Connectez-vous pour voir le message entier.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
15 Oct 2013 23:28 - 16 Oct 2013 10:08 #7982 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW
Autant aller directement à la conclusion pleine de fraîcheur de Gilbert Longhi :

La plupart des projets d’établissements et des règlements intérieurs sont des œuvres de tératologie : l’élève est un repoussoir, voire une sorte de phénomène anormal.

Que ne présente-t-il pas un modèle de règlement intérieur à visage humain ? :mrgreen:

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
03 Déc 2013 23:58 - 20 Mar 2017 13:41 #8684 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW
L'école est même responsable du climat pessimiste de la France. Dans le "Nouvel Obs" du 25/10/13 : "Pessimisme français : la faute à l’école ?" avec Claudia Senik.

Vous émettez l'hypothèse que le spleen français viendrait de notre système scolaire...
- C'est une interprétation possible. L'école est censée valoriser les compétences les plus diverses : le raisonnement logique, la créativité, la capacité à entreprendre, à travailler en équipe... Or, l'école française sélectionne sur un nombre très restreint de qualités - en gros, le français et les mathématiques. Elle sélectionne par l'échec une élite trop étroite. Et son système de notation est probablement plus sévère que chez nos voisins. Les petits Français devenus adultes n'ont guère développé l'estime d'eux-mêmes s'ils ont plafonné à 10 ou 12 durant toute leur scolarité... Quand un enfant échoue à une dictée, il ne faudrait pas se contenter de le sanctionner, mais lui faire refaire l'exercice. Pour qu'il perçoive qu'il peut progresser.

Par ailleurs, qui reparle de la souffrance scolaire en France en ressortant les mêmes statistiques hilarantes ?
La FCPE , à l'occasion de la publication des résultats PISA 2012 ! :cheers:

PISA : un argument de plus pour accélérer les réformes
La France s'enfonce dans le classement de l'enquête PISA 2012 publié aujourd'hui. C'est sur ce point que se focaliseront beaucoup de commentaires mais, pour la FCPE, ce n'est pas ce classement qui doit retenir l'attention mais bien l'aggravation des inégalités par notre système éducatif.
Cette année encore, l'enquête pointe le creusement de l'écart entre les élèves les plus « faibles » et les plus « forts ». Plus grave encore, l'étude montre le mal être des élèves les moins favorisés au sein de l'Ecole. Alors qu'en moyenne, dans les pays de l'OCDE, 78% des élèves issus d'un milieu défavorisé déclarent se sentir chez eux à l'école, en France, ils ne sont que 38%. Or, l'angoisse née de l'échec et de l'exclusion ne peut constituer une bonne base pour des apprentissages sereins.
Comme à chaque fois depuis sa première édition, PISA montre que les systèmes éducatifs qui réussissent le mieux sont ceux qui excluent le moins les élèves et ont le tronc commun le plus long, sans orientation précoce et sans redoublement.
Pour la FCPE, cette étude rappelle donc l'urgence de transformer l'Ecole en profondeur et d'aller vers un système tourné vers la réussite de tous les élèves, sans exclusion.

:transpi:

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
11 Jan 2014 00:28 - 19 Nov 2014 18:22 #9145 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW
Et qui reparle de la souffrance scolaire en France en ressortant les mêmes statistiques quelque peu problématiques dans broncher ?
Un expert de l'OCDE : "Directeur adjoint de l'éducation à l'OCDE, Bernard Hugonnier milite au sein de "Conseils sans frontières", un think tank qui veut aider à la mise en place de politiques publiques"... :shock:
A lire dans le "Café pédagogique" du 10/01/14 : "Hugonnier : Les principales leçons de PISA 2012 pour la France".

Parmi les missions de l’école figure celle de favoriser le développement social et émotionnel des élèves. Or, selon PISA, le pourcentage d’élèves, qui sont dans des écoles où l’importance de ce développement est reconnue, est de seulement 48% en France contre 70% pour l’ensemble des pays de l’OCDE. De plus, si ce pourcentage est déjà très bas, il est aussi le plus faible de tous les pays de l’OCDE.
Ce résultat peut être corrélé à une autre question de PISA adressée aux élèves qui révèle que le pourcentage de jeunes français percevant un sentiment d’appartenance à l’école est de seulement 47,4% contre une moyenne de 81,3% pour l’OCDE. C’est à nouveau le taux le plus faible de tous les pays de l’OCDE.

Sur le sentiment d'appartenance des élèves français, j'ai trouvé conformation de ce chiffre dans ce résumé : www.oecd.org/pisa/keyfindings/PISA-2012-...lts-overview-FR.pdf‎
[ Cliquer pour agrandir ]

Bref depuis 2003 la même erreur méthodologique grave est perpétuée par l'OCDE. :shock:
A noter que les questions ("agree or strongly agree"/"disagree or strongly disagree") sont posées dans les deux sens ("I feel like I belong at school"/"I feel awkward and out of place in my school"), ce qui corrobore peu ou prou les résultats.
...sauf pour la France dont les résultats à "L'école est un endroit où je me sens chez moi"/"je me sens mal à l'aise et pas à ma place" divergeaient totalement dès 2003 : 45% et 13% (au lieu des 55% attendus environ) ! :cheers:

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
11 Jan 2014 17:07 #9147 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW
Et du coup nouvel article : "À l’école comme chez moi" (11 janvier 2014) :cheers:
Fichier attaché :

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
22 Jan 2014 19:06 - 22 Jan 2014 19:08 #9303 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW
Dans les vœux du ministre aujourd'hui :

La troisième priorité de Vincent Peillon pour 2014 est, quant à elle, arrivée comme la surprise du jour. Le ministre souhaite en effet s'atteler au sujet du "bien-être à l'école". "Cette bienveillance reste un enjeu pour nous", a-t-il souligné, rappelant qu'il fallait travailler sur la notation, le redoublement, la santé des élèves et le bien être des personnels. Un de ses souhaits étant "que la direction des ressources humaines intègre davantage le bien-être des personnels" a-t-il lancé après avoir souligné que cette année le rapprochement géographiques des couples avait été une préoccupation particulière lors des mutations des enseignants. La réflexion sur les notes devrait aussi trouver place. Et il y a fort à penser que le clan des Républicains fourbit déjà ses armes; le sujet étant propice à se prendre une jolie volée de bois vert...

A lire sur le blog "Peut mieux faire" du 22/01/14 : lemonde-educ.blog.lemonde.fr/2014/01/22/...4-de-vincent-peillon

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
23 Jan 2014 10:35 - 23 Jan 2014 11:08 #9307 par archeboc
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW
La souffrance scolaire est inscrite dans le nom même des écoles :
Endroit Cruel Où Les Elèves Souffrent
source : fr-fr.facebook.com/pages/ECOLES-Endroit-...uffrent/308345039546

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
23 Jan 2014 11:13 #9308 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW
Si vous trouvez que l'éducation est une souffrance, essayez l'ignorance...

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
23 Jan 2014 11:27 - 23 Jan 2014 11:30 #9309 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW
A noter, pour en revenir à l'article, que la traduction en espagnol est encore très différente et surtout très discutable : "siento que pertenezco al grupo" (merci à Pedro Cordoba).
Appartenir au groupe, se sentir à sa place ou chez soi à l'école : c'est du pareil au même pour PISA. :shock:

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
25 Jan 2014 10:25 #9327 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW
A lire dans "VousNousIls" du 24/01/14 : "Phobie scolaire : "ma fille a craqué face à la pression""

Connectez-vous pour voir le message entier.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
25 Jan 2014 10:48 - 25 Jan 2014 11:02 #9328 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW

Dans le livre "Le jour où je n'ai pas pu aller au col­lège", Anne-Marie Rocco, jour­na­liste au maga­zine Challenges, et sa fille Justine Touchard, étudiante, racontent leur com­bat face à la pho­bie sco­laire, un mal méconnu qui touche de nom­breux élèves décro­cheurs.

Il y a des profils de décrocheurs bien différents et celui de Justine Touchard ne ressemble pas à ceux que j'ai pu connaître dans des établissements difficiles où ils sont les plus nombreux.

Pourquoi votre fille a-t-elle cessé un jour de se rendre au collège ?
Ce n'est pas une déci­sion ration­nelle. En 2007, au début de sa classe de 3e, Justine n'arrivait tout sim­ple­ment plus à aller au col­lège. Elle dor­mait très mal, fon­dait régu­liè­re­ment en larmes et par­tait chaque matin avec la boule au ventre. Début octobre, c'est devenu insur­mon­table. Plusieurs para­mètres se sont super­po­sés...

C'est un peu le problème. Avant de mettre en accusation l'école il faudrait démêler les causes de cette "phobie".

Justine avait eu quelques mésa­ven­tures avec des cama­rades qui se moquaient d'elle et puis la pres­sion sco­laire était trop impor­tante.

Voilà deux raisons totalement différentes par exemple.

A mon niveau, je me sou­viens notam­ment...

Il s'agit donc ici du point de vue de la mère.

...de la réunion parents-professeurs du début d'année : le pro­vi­seur et les pro­fes­seurs ont pré­senté le bre­vet comme un objec­tif majeur. Ils en par­laient comme d'un doc­to­rat, en créant un stress inutile.

C'est vrai que l'obtention du brevet est devenu un objectif presque impossible à atteindre. :transpi:
Si Mme Rocco n'était pas satisfaite de cet établissement privé particulier, elle avait toujours la possibilité d'en changer, contrairement à l'école publique. :scratch:

Comme ma fille man­quait de confiance en elle, elle a cra­qué et s'est retrou­vée dans une situa­tion de blo­cage à la fin du pre­mier trimestre.
Comment a réagi l'équipe éducative ?
Sur le moment, elle a été assez com­pré­hen­sive. L'établissement, un col­lège privé sous contrat, se ren­dait compte du mal-être de Justine et était dis­posé à ce qu'elle reste quelques jours à la mai­son. Mais pas trop long­temps, à cause du bre­vet...

Du brevet sans doute pas, mais de l'orientation sans doute. L'absentéisme prolongé dans une classe préparant à l'entrée en seconde est très problématique.

Son pro­fes­seur prin­ci­pal, très à l'écoute, a fait en sorte que Justine soit tenue infor­mée quo­ti­dien­ne­ment par ses cama­rades des tra­vaux effec­tués en classe. Problème : au bout de quelques semaines, Justine ne vou­lait tou­jours pas retour­ner en cours et le col­lège a com­mencé à s'impatienter.

A s'inquiéter, plutôt. :shock:

Nous avons donc dû faire un choix et nous avons coupé les ponts avec ce col­lège. J'ai cher­ché des établis­se­ments dif­fé­rents, des péda­go­gies alter­na­tives... Et je dois dire qu'entre les « boîtes à bac » hors contrat et les établis­se­ments cal­qués sur le modèle de l'Education natio­nale, c'est le désert.

Comprendre que le privé, c'est mauvais à cause du public... :fur

Justine a donc ter­miné son année avec le CNED, avant de décro­cher le bre­vet en can­di­dat libre.

Comme quoi c'est très possible. :P

Au bout de deux ans de cours par cor­res­pon­dance et après une psy­cho­thé­ra­pie, elle a consenti à retour­ner dans un lycée public à taille humaine, au sein d'une classe lit­té­raire en sous-effectif.

C'est-à-dire quelque chose de facile à réaliser à grande échelle. Mes classes atteignent 37 élèves...

Justine a eu des moments dif­fi­ciles mais son retour en classe s'est fait en dou­ceur.

Pourquoi accuser l'école, en ce cas ? :scratch:

Aujourd'hui, elle pré­pare un BTS en com­mu­ni­ca­tion. Elle va mieux mais ses pro­blèmes ne sont pas encore réglés.
N'est-ce pas un effet de mode de par­ler de « pho­bie sco­laire » ? Que sait-on de cette pathologie ?
Le phé­no­mène, qui recouvre plu­sieurs types de patho­lo­gies, reste encore flou. Mais ce n'est pas un effet de mode ! Notre livre le prouve : il est le pre­mier et le seul témoi­gnage per­son­nel. Il existe un autre ouvrage sur le sujet, coécrit par deux femmes méde­cins de l'hôpital Robert Debré, beau­coup plus médi­cal. Par ailleurs, je consi­dère que je fais par­tie des parents très bien infor­més et je n'avais jamais entendu par­ler de pho­bie sco­laire avant qu'un psy­chiatre n'emploie l'expression pour qua­li­fier la situa­tion de Justine.

Les enseignants en revanche en entendent très souvent parler. :santa:

J'ai alors com­pris que nous n'étions pas seuls : beau­coup d'autres familles sont confron­tées au phénomène.

Combien, environ ? C'est en effet nécessaire pour savoir si ce problème est un cas isolé ou pas...

Comment dis­tin­guer les ados qui n'ont pas envie d'aller à l'école par fai­néan­tise et ceux qui souffrent vraiment ?
Certaines per­sonnes pré­fèrent par­ler de « refus sco­laire » plu­tôt que de pho­bie. Selon moi, ce sont deux choses dis­tinctes. En ce qui nous concerne, il ne s'agissait pas juste d'un coup de blues mais d'une véri­table dépres­sion.

La dépression est un problème grave qui peut trouver sa source dans bien d'autres choses.

Quelle est la part de res­pon­sa­bi­lité des ensei­gnants dans ces situa­tions de blo­cage vis-à-vis de l'école ? Ont-ils les moyens d'agir ?
En France, les méthodes éduca­tives sont trop rigides.

On passe donc d'un cas particulier d'élève, pour des raisons bien peu circonscrites (harcèlement ou manque de confiance en soi), dans un établissement privé à un jugement sur l'ensemble d'un système éducatif.

L'éducation se concentre sur les connais­sances, au détri­ment du déve­lop­pe­ment per­son­nel et sans cher­cher à ren­for­cer la confiance en soi.

Les chiffres de l'OCDE montrent que les enfants français font partie des plus heureux à l'école : 80,4% des élèves français déclarent "tout se passe très bien dans leur école" dans l'enquête PISA 2012 contre seulement 61,1% pour la moyenne de l'OCDE.

Les parents sont cen­sés assu­mer ce rôle mais ça ne suf­fit pas ! J'ai constaté égale­ment que les ensei­gnants n'ont pas de consigne claire sur la manière dont ils doivent réagir face à des cas de pho­bie sco­laire. Il leur manque un cadre. Le sujet reste tabou. Pour que cela change, il fau­drait une recon­nais­sance de la pho­bie sco­laire et une vraie réflexion sur les solu­tions à pro­po­ser à ces ado­les­cents en souffrance.

Pour qu'il y ait reconnaissance, il faudrait déjà identifier des causes claires et déterminées. Dans les propos de Mme Rocco, seule la réunion en début d'année à laquelle elle était présente est donnée comme exemple de "pression" à l'école.
La taille non "humaine" des classes n'est par ailleurs pas une décision des professeurs.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
26 Jan 2014 10:32 - 26 Jan 2014 10:34 #9329 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW
Vous pouvez commenter ici l'article "Petite climatologie scolaire" du 26/01/14.
Fichier attaché :

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
28 Jan 2014 13:56 - 19 Nov 2014 18:23 #9361 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW
Une remarque sur l'article précédent :

Plus récemment encore Nathalie Mons à nouveau, « professeur de sociologie, spécialiste des politiques scolaires, experte pour l’OCDE pour l’enquête PISA 2006 », ne reculait devant aucune approximation et allait encore plus loin[13] :

Plus globalement, si le sentiment d’utilité de l’école est fort en France, celui d’appartenance à l’école est largement inférieur à celui de la moyenne des pays de l’OCDE. À des questions qui interpellent les élèves sur le fait d’être à l’aise dans l’école, de s’y sentir ou non étranger… moins d’un élève français sur deux répond positivement, des réponses qui dérochent notablement par rapport à la moyenne de l’OCDE. Or ces indicateurs sont très fortement corrélés aux performances des élèves dans notre pays. Une fois de plus les élèves les plus défavorisés socialement sont en retrait face à ce sentiment d’appartenance. Ces indicateurs sur les attitudes des élèves qui sont centraux doivent nous interroger sur le fonctionnement de l’école, les modalités de notation, celles du travail collaboratif entre pairs trop peu développé en France, la compétition scolaire qui s’est installée dans notre école.

On apprend aujourd'hui que Nathalie Mons vient d'être nommée à la tête du Conseil national d'évaluation du système scolaire pour "évaluer en toute indépendance le système éducatif". On peut dire que c'est bien parti ! :santa:
Source : www.letudiant.fr/educpros/nominations/na...ysteme-scolaire.html
Sur France Culture, dans "Rue des écoles" du 29/01/14 , le but est annoncé par Nathalie Mons : évaluer mais surtout "faire évoluer les pratiques".

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
28 Jan 2014 18:27 - 28 Jan 2014 18:27 #9374 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW
Une relecture à faire sur ce blog de "Mediapart" : "Refondation: vers une école de la confiance?" (11/03/13) par Jean-Pierre Véran.
Extrait :

Dans La fabrique de la défiance… et comment s’en sortir[1], Yann Algan, Pierre Cahuc et André Sylbergerg mettent la défiance au cœur du mal français. Leur étude questionne le rôle de l’école dans cet état de fait. « Notre école n’arrive pas à créer suffisamment de lien social. Elle est devenue un milieu anxiogène, une machine à trier, à classer et à diviser. Le tout pour des résultats médiocres et un creusement des inégalités. »
A l’appui de cette affirmation, le site complément fournit des indications statistiques qui permettent de situer le climat scolaire perçu par élèves français, issues de différentes enquêtes internationales.
On pourrait, en se reportant à notre précédent billet, porter au crédit de l’école française qu’une majorité d’élèves (55%) déclarent ne pas se sentir chez eux à l’école. C’est, pourrait-on dire de manière optimiste, qu’ils ont bien compris la spécificité de l’espace scolaire, qui n’est ni l’espace privé, ni l’espace public. On peut toutefois noter que la moyenne dans les pays du monde associés à l’enquête PISA 2003[2] est de 19%, et que la France est donc en tête du classement pour ce sentiment, suivie par la Belgique à 44%.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
30 Jan 2014 11:47 - 30 Jan 2014 11:48 #9402 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW
Enfourchant son cheval de bataille, la FCPE poursuit vaillamment sa lutte pour le bien-être à l'école, avec cette enquête en partenariat avec "Défense des enfants international" : "La FCPE s'associe à DEI France pour lancer une enquête nationale sur les règlements intérieurs" (30/01/14)
:cheers:

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
05 Fév 2014 13:23 - 07 Sep 2014 15:18 #9476 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW
Suite du dossier de février du "Monde" sur l'école le 05/02/14 :
1) "Faut-il être malheureux à l'école pour bien apprendre ?" par Mattea Battaglia

Connectez-vous pour voir le message entier.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
05 Fév 2014 13:25 #9477 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW
2) "En Finlande, le bien-être de l'élève est primordial" par Alexis Duval

Connectez-vous pour voir le message entier.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
05 Fév 2014 13:27 - 05 Fév 2014 13:27 #9478 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW
3) "Yann Algan : « Nous apprenons mieux lorsque nous nous sentons confortés »" par Mattea Battaglia et Emma Paoli

Connectez-vous pour voir le message entier.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
05 Fév 2014 14:01 - 05 Fév 2014 14:29 #9479 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW

En Finlande, le bien-être de l'élève est primordial

Et dans les autres pays en tête du classement PISA (Shanghai, Singapour, Corée...) ? :devil:

Dès que la cloche retentit, une bonne centaine d'élèves se range en file indienne afin de garnir les plateaux repas. Poulet au curry, soupe de légumes, salade composée… Le tout agrémenté de lait en libre-service. Au restaurant scolaire du lycée Viikki, dans le quartier sud-est d'Helsinki, l'heure du déjeuner est un vrai moment de détente autour d'un menu concocté sur place par des cuisiniers et totalement gratuit pour les élèves.

Encore la faute des enseignants, tout ça.
Rappelons que la Finlande avait en 2012 un PIB par habitant de 15% supérieur à celui de la France.

Viikki n'est pas un cas d'école en Finlande. Réputé pour être l'un des plus performants au monde – les très bons résultats du pays aux enquêtes PISA l'attestent...

Oui enfin, en baisse plus nette que la France sur douze ans...

... le système éducatif met tout en œuvre pour le bien-être de l'élève. « Il est le centre de notre attention », confirme Markku Pyysiäinen, le directeur administratif adjoint de l'établissement qui compte également dans ses murs une école élementaire, un collège et un institut universitaire de formation des professeurs. « Nous voulons que chacun se sente bien dans le cadre de l'école, qu'il se sente en confiance, c'est la condition sine qua non pour un apprentissage efficace », renchérit Marina Martinov, qui enseigne l'anglais et le russe.

Ce qui est curieux, c'est que d'après PISA, ça n'a pas l'air de bien marcher. :devil:

Rappelons que le taux de suicide des adolescents est presque trois fois supérieur au nôtre. Comme quoi le "bien-être primordial"...

CONCEPTION ÉGALITAIRE
L'atout premier du système finlandais est sa gratuité. Rares sont les dépenses laissées à la charge des familles. Tout – ou presque – est financé par la municipalité, dont l'école dépend financièrement.

Il n'y a plus qu'à espérer que toutes les municipalités aient les mêmes ressources financières. En France, c'est tout à fait le cas ! :cheers:

A Viikki, soit environ 1 000 élèves de 7 à 19 ans, « le ramassage scolaire ainsi que l'essentiel des fournitures et des manuels sont financés par la commune. Comme la cantine », explique Markku Pyysiäinen. Une conception égalitaire qui donne sa chance à chacun, peu importe le milieu social.

Rien à voir avec la France. :doc:

Le bien-être, ce sont aussi des salles spacieuses. A Viikki, les locaux contribuent au confort du cadre d'étude. L'établissement, fondé en 1869 – c'est l'un des plus anciens du pays –, a été refait à neuf en 2003. Et les professeurs semblent heureux d'y travailler. Il faut dire que dans la société finlandaise, le corps enseignant bénéficie d'une excellente image : « De manière générale, les parents ont une grande confiance envers les équipes pédagogiques », ajoute Markku Pyysiäinen.

Ils sont très bien rémunérés : en début de carrière un professeur finlandais gagne 19% de plus qu'un professeur français dans le primaire et 15% dans le secondaire. Les salaires ont été revalorisés de presque 10% entre 2000 et 2011 (en France ils ont perdu 8% sur la même période, d'après RSE 2013).

A SALAIRE ÉLEVÉ, EXIGENCES ÉLEVÉES
Ici, pas de crise de vocation. « Nous avons une plaisanterie nationale qui dit que juin, juillet et août sont les trois raisons de la popularité du professorat », glisse Jyrki Loima, le directeur administratif de Viikki.

Tiens, des vacances très longues (11 semaines à partir de fin mai)... :mrgreen:
"Le Monde" n'enfourche pas le cheval des rythmes scolaires ? :rirej

L'argument salarial n'y est peut-être pas non plus étranger. « Un professeur avec vingt ans de carrière peut gagner jusqu'à 5 000 euros », précise M. Pyysiäinen.

Ce qui n'est pas possible dans le secondaire, même pour un agrégé en fin de carrière en France.

Mais à salaire élevé, exigences élevées.

Et comment se traduisent-elles, ces exigences ? :scratch:

Pour faire en sorte que l'élève s'épanouisse, l'enseignant déploie tout un éventail de méthodes pédagogiques.

En France, pas du tout.

« Je me remets systématiquement en question en construisant les cours de manière différente, en privilégiant le travail en petits groupes. Mais aussi en évitant les exercices de grammaire en classe, parce que c'est vite lassant…, explique Marina Martinov.

Éviter les enseignements exigeants, c'est effectivement une solution aux problème. D'autant que la grammaire n'est absolument pas évaluée par PISA. :devil:

Et puis je me dois de surprendre mes élèves ! Mais le plus important, c'est qu'ils soient conscients que je me soucie de leur réussite. Il faut être là pour les encourager. »

Enfin, ceux qui restent à l'école puisque seulement 93% des enfants finlandais sont inscrits dans le secondaire (contre 99% en France).

Le système d'évaluation constitue également un atout de poids.

Aux yeux du "Monde" en tout cas. Car dans les autres pays en tête de PISA la notation n'est pas proscrite en primaire. :devil:

Avant l'âge de dix ans, toute note est proscrite.

Mais ensuite elle n'est plus est devient aussi cruciale qu'en France pour l'affectation au lycée. Certains lycées pratiquent même l'entrée sur examen.

Pour le reste, si l'on excepte la matriculation de fin de lycée – l'équivalent du baccalauréat –, les notes s'échelonnent entre 4 et 10. Qu'un élève ait raté partiellement ou complètement son évaluation, il sera sanctionné par un 4.

L'équivalent d'un zéro, en somme. :santa:
Et quand un élève ne rend rien, il a presque à moitié réussi malgré tout ! :cheers:

En sachant qu'il lui faut atteindre un minimum de 5 pour valider un examen.

Un élève en échec total est donc toujours tout proche de la réussite : c'est intelligent !

« En attribuant un 4, le but est de lui montrer qu'il n'a pas complètement échoué, affirme Markku Pyysiäinen. Le zéro serait synonyme d'humiliation. Et nous ne voulons pas de cela. »

Et soyons assurés que la plus mauvaise note n'est plus du tout humiliante pour les élèves. :santa:
Ajoutons que ce système vient d'entrer en France : les zéros étaient déjà découragés au baccalauréat (rapport à rédiger) mais désormais en langue la note minimale est de 4/20 : tout va aller mieux ! :cheers:

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
05 Fév 2014 14:49 - 05 Fév 2014 15:18 #9480 par Loys
COM_KUNENA_MESSAGE_REPLIED_NEW

Si l'on mesurait le haut niveau d'anxiété, la faible estime de soi…la France serait championne du monde ?
Yann Algan : C'est effectivement l'un des apports insuffisamment soulignés du programme PISA : les jeunes Français sont plus anxieux que la plupart de leurs camarades. Au moins la moitié ne se sentent pas chez eux à l'école.

:cheers:

Dans leur ressenti, l'école est au moins aussi anxiogène que dans les pays asiatiques, réputés pour « mettre la pression », mais qui se classent, eux, en tête du peloton.

Quelle conclusion faut-il en tirer ? :twisted:

La responsabilité incombe-t-elle uniquement aux pratiques enseignantes ?
Il y a en France un surdéterminisme de l'école et des diplômes sur l'ensemble de la carrière professionnelle, le « parchemin scolaire » dictant tout – ou presque – de la vie future. Mais on ne peut ignorer que les élèves sont évalués très tôt, et notés au dixième de point près, pour être classés, plutôt que pour s'assurer de l'acquisition de compétences. Une « notation sanction »...

En quoi une notation qui s'assurerait de l'acquisition des compétences serait moins une "sanction" ? :scratch:
Et non : les professeur notent pour que l'élève se situe vis à vis des objectifs attendus, et non pour classer les élèves entre eux. :fur

...dont le corollaire est le redoublement : en France plus qu'ailleurs, il plane comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête des élèves.

Enfin il est en voie de disparition en France. Les résultats sont merveilleux ! :cheers:

Enfin, entrent aussi en ligne de compte les pratiques d'enseignement dites « verticales » : le cours magistral, la transmission des savoirs prime sur tout le reste.

C'est une collection de clichés néo-pédagogiques, encore une fois. :santa:

Sur une séquence d'une heure de cours, 60 % des élèves passent leur temps à prendre des notes.

Ce n'est vrai qu'au lycée et la prise de note est un acte d'intelligence.

Deux tiers disent n'avoir jamais travaillé en petits groupes, sur des projets collectifs, alors que pour construire une société moderne, il faut développer ces compétences.

Ah bon ? :shock:

Quel est l'impact du manque de confiance en soi sur les comportements professionnels, l'insertion économique et sociale ?
Des recherches, menées dans les pays anglo-saxons notamment, ont montré que les compétences non cognitives – autrement dit les compétences sociales, comme la capacité à coopérer avec autrui, l'empathie… – expliquent l'essentiel des comportements professionnels.

Ça tombe bien, les élèves français font partie de ceux qui socialement se portent le mieux dans PISA 2012. :devil:

Qu'elles permettent une insertion beaucoup plus élevée, avec dix points de plus en termes de taux d'emploi. Une expérience lancée en 1983 à Montréal (Québec) auprès de garçons de 7 à 8 ans issus de milieux défavorisés l'a confirmé. Parmi ces jeunes adultes aujourd'hui trentenaires, ceux qui ont bénéficié durant deux années d'un enseignement intensif tourné vers l'échange et l'estime de soi ont trouvé plus facilement un emploi.

"plus facilement" : c'est-à-dire ?

Dans l'imaginaire collectif, l'idée est bien ancrée qu'il faut souffrir pour apprendre…
Apprendre est effectivement associé à la peine, au sacrifice, parfois à la torture.

:santa:

Et pourtant, les études en neurobiologie ont montré que nous apprenons mieux lorsque nous nous sentons confortés dans nos aptitudes à réussir.

Et ces études sont confirmés par le classement PISA 2012 et la réussite des pays asiatiques, où l'empathie et la notation sont peu importants. :santa:

Prenons l'exemple d'un professeur qui donne un exercice à deux groupes d'élèves, expliquant au premier qu'il va les classer, au second qu'il va simplement valider leurs acquis. Les notes du premier groupe, dont les membres vont sécréter de la cortisone – l'hormone du stress –, seront plus faibles.

Ah les hormones, maintenant. Tout est dans ce futur empli de certitude. :santa:
C'est curieux, mais mon expérience de professeur montre exactement l'inverse. :P

Le deuxième groupe, lui, sécrétera de l'ocytocine, hormone associée au plaisir, qui favorise la mémorisation et le raisonnement.

:transpi:

Bien que les mentalités aient évolué depuis les années 1980, où l'on pensait que la compétition rendait les élèves plus productifs, la France reste attachée à sa petite élite malthusienne – 5 % de la société – très durement sélectionnée par l'école, et que le monde entier nous envie.

C'est vrai qu'à Shanghai, ce n'est pas la compétition du tout. :xx:

La confiance se fabrique, écrivez-vous dans « La Fabrique de la défiance… et comment s'en sortir » (Albin Michel, 2012). Alors, comment la reconstruire à l'école ?
Il n'y a pas de « fatalité » à ce mal français.

Absolument pas confirmé par PISA 2012 (voir le tableau plus haut), c'est dommage.

Les pratiques pédagogiques favorisant un élitisme forcené – élitisme scolaire qui nourrit l'élitisme des entreprises et de l'Etat – peuvent être infléchies. On peut réduire le primat des disciplines...

Nouvelle pédagogie.

...réviser les méthodes d'évaluation, développer des méthodes « horizontales » d'apprentissage…

Nouvelles pédagogies.

L'exemple de nombreux pays...

En tête de PISA ? :rirej
Finalement, parmi les pays où les élèves se sentent le mieux à l'école et sont "performants", la France s'en sort très bien.

...est là pour témoigner que cet objectif n'est pas inatteignable, même si son horizon est lointain. A plus court terme, c'est sur la formation des enseignants qu'il faut intervenir. La France reste le seul pays d'Europe où ils sont sélectionnés uniquement en fonction de leurs connaissances académiques.

Quel rapport avec le bien-être des élèves ?
Un professeur de Sciences-Po qui dénonce la sélection et l'élitisme à la française, il fallait oser ! M. Algan peut toujours aller enseigner dans les établissements défavorisés qui ont du mal à retenir les enseignants...

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Temps de génération de la page : 0.252 secondes
Propulsé par Kunena