"Avec le numérique, le professeur doit se réinventer" (Le Monde)

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27 Oct 2013 01:57 - 27 Oct 2013 01:57 #8163 par Loys
A lire dans "Le Monde" du 25/10/13 : "Avec le numérique, le professeur doit se réinventer" par Maryline Baumard


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28 Oct 2013 15:34 - 29 Oct 2013 09:58 #8188 par Loys

Avec le numérique, le professeur doit se réinventer
Le plus vieux métier du monde n'est pas celui que vous croyez. Dès la Haute Antiquité, des enseignants déambulaient sous les portiques : le passeur de savoir a largement préexisté à l'invention de la salle de classe et à l'enseignement frontal tel que nous le connaissons. Sous quelle forme leur survivra-t-il ? Que deviendra, demain, celui qui fut hier précepteur d'un ou deux élèves avant de s'adresser à ce groupe que l'on appelle « une classe » ?

Le professeur, pour "se réinventer", devrait revenir aux formes antiques de l'enseignement ? :scratch:
Trois remarques sur cette analogie historique :
- avec le Portique, la référence n'est pas scolaire mais philosophique : il ne s'agit pas d'enseigner à des élèves, mais à des disciples
- un enseignement peut parfaitement être frontal même sans s'adresser à une classe. Il peut même être frontal sans que le maître fasse face à ses disciples...
- L'enseignement à Rome se pratiquait déjà sous la forme de classe. L'expression ex cathedra vient d'ailleurs de la chaire du professeur (cathedra) tout comme l'expression "cours magistral" vient de professeur (magister).

On considérait comme éternel ce regroupement par âges...

Le "regroupement par âge" est encore une considération distincte du principe de la "classe". Ou comment tout mélanger.

...inventé au XVIe siècle dans les collèges jésuites, qui a permis de dispenser la connaissance plus largement et plus efficacement ; mais l'enseignement en classe implose.

Ici le lien logique n'est pas explicité. :shock:

NOUVEAUX HORIZONS
Dans l'hémisphère nord, à force d'être en décalage avec les attentes de la jeunesse, il produit des « décrocheurs », qui considèrent que ce qu'on leur demande en cours, écouter et noter, sont des activités trop éloignées de leur vie.

Bien sûr que ce sont des activités éloignées de leur vie, et pas seulement des décrocheurs. Pourquoi assimiler toute "la jeunesse" aux "décrocheurs" puisque les trois quarts d'une génération obtiennent le Baccalauréat ? La scolarité n'a jamais été poussée si loin et les décrocheurs n'ont jamais été si peu nombreux, et c'est maintenant, en 2013, que le concept de "classe" poserait problème ? Et pourquoi "à force d'être en décalage" ? Ce décalage de la classe a toujours existé et il produirait - on ne sait pourquoi aujourd'hui - de l'échec ?
Évidemment il ne vient pas à l'idée de Maryline Baumard que cet "écart" peut provenir d'un système qui génère désormais artificiellement de l'échec scolaire et une forme d’illettrisme institutionnalisé. Et qu'il peut provenir de l'allongement de la scolarité (85% au niveau Terminale aujourd'hui) ou de la suppression du redoublement qui permettait aux élèves de ne pas accéder à un niveau de scolarité qui les dépasse ?

Dans certains pays du Sud, il est impossible à mettre en place, faute de crédits publics suffisants, faute aussi de maîtres suffisamment formés….

Tant mieux en même temps : comme ça ils n'ont pas de décrocheurs ! :doc:

Toute une partie de la planète n'a pas les moyens de s'offrir ce vecteur de développement qu'est l'école traditionnelle, tandis que l'autre moitié ne parvient plus à intéresser sa jeunesse à cette forme d'enseignement séculaire.

Encore la confusion entre les décrocheurs et l'ensemble de la jeunesse. :shock:

C'est dans ce contexte que le numérique s'installe et ouvre de nouveaux horizons.

Ou les bouche pour les plus défavorisés, c'est selon. Un exemple parmi d'autres : www.laviemoderne.net/mirabilia/13-biblio...ues-le-fond-du-fonds

Que l'enseignant se rassure, la machine ne le remplacera pas. Elle le rendra même plus nécessaire encore.

Sur ce point nous sommes d'accord.

Lorsque le chercheur indien Sugata Mitra met des ordinateurs à disposition des enfants dans les villages de son pays, il les ramène vers l'école et l'assiduité.

Alors que cela aurait été impossible avec une classe traditionnelle. :roll:

Le robot qui fait classe à la place du maître, c'est de la science-fiction, certes, mais la pièce qui commence à se jouer n'est plus tout à fait la même qu'hier. Aussi faut-il en redéfinir les scénarios. Pour le consultant américain Marc Prensky, le visionnaire qui a forgé, en 2001, le concept de digital natives (pour désigner ceux qui ont grandi dans un environnement numérique), quelques grands principes régiront les missions de l'enseignant du futur.

Le concept de "digital natives" est ridicule par bien des aspects alors les leçons de ce pédagogue autoproclamé nous sont bien égales.

D'abord, il « n'aura plus la responsabilité d'enseigner les disciplines aux élèves, mais devra les guider dans des apprentissages qu'ils mèneront eux-mêmes à partir de ressources Internet ».

Du bête constructivisme en somme. C'est comme donner un manuel à un élève : rien de bien nouveau et surtout rien de bien efficace dans cette démarche.
C'est par ailleurs concevoir l'enseignement de manière extraordinairement réductrice, comme s'il s'agissait simplement d'accéder à des informations. L'approche d'un texte littéraire ou la résolution d'un problème mathématique ne correspondent en rien à cette vision informationnelle de l'enseignement.

Dans l'enseignement supérieur, les massive online open courses (MOOC, des cours en ligne ouverts à tous) parient déjà sur cette pratique.

Ils parient, et de manière intéressée.

Ajoutons que les moocs supposent l'abolition non seulement de la classe mais de la présence physique même. On mélange encore tout ici...

Demain, la logique s'étendra à l'enseignement scolaire.

Qu'est-ce qui permet d'affirmer une chose pareille avec autant d'assurance ? :shock:

PERSONNALISATION
Ainsi, les Bridge Academies, qui proposent des cours sur écran, gagnent à vive allure du terrain sur le continent africain.

Ce qui constitue un mode dégradé et économique d'enseignement serait donc l'avenir ? :cheers:

Marc Prensky parie que la logique va être poussée bien plus loin, avec une personnalisation plus fine en fonction des intérêts, des capacités, et des finalités d'études de chacun.

Les moocs parient surtout sur l'adaptation aux besoins du marché. :devil:
Quant à parler de personnalisation avec un type de cours sans personne physique, il faut quand même oser ! Aucun questionnaire en ligne ne pourra jamais remplacer le regard d'une personne sur un travail complexe, comme un écrit (traduction, dissertation etc.)

Aux côtés de la machine, le professeur, « recruté sur ses compétences humaines et non plus seulement disciplinaires », précise le penseur...

Marc Prensky est devenu un "penseur". :cheers:
C'est vrai que les "compétences humaines" sont importantes quand l'enseignement devient dématérialisé. :doc:

... se devra plus que jamais d'assurer une mission que l'ordinateur ne pourra lui ravir : enseigner comment « penser de manière efficace », « agir de manière efficace », « communiquer de manière efficace » et « assurer son développement personnel ».

Des termes de management bien appropriés au monde de l'école, conçu comme un lieu de productivité.

Jamais une machine ne sera capable d'enseigner le respect et la compassion pour construire un honnête homme du XXIe siècle...

Un honnête homme est celui qui a du respecte et de la compassion ? :shock:

...d'enseigner « ce qu'est être humain »...

Ce qui est plus facile à distance. :doc:

...comme le formule le philosophe et sociologue Edgar Morin.

Pas sûr qu'il apprécierait d'être ainsi enrôlé.

Le prof est mort ? Vive le prof !

Au lieu de coudre les uns aux autres des clichés mal ajustés sur l'école numérique, peut-être que le journaliste devrait "se réinventer" et écrire de vrais articles de fond, avec ce qu'il faut de distance critique.

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29 Oct 2013 09:56 #8198 par Loys
Nouvel article de fond de "Maryline Baumard" dans "Le Monde" du 25/10/13 : "Le cours est dans la machine"


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29 Oct 2013 09:56 #8199 par Loys
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