Les derniers résultats de PISA

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29 Aoû 2014 14:03 - 30 Aoû 2014 10:29 #11495 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Les derniers résultats de PISA
A lire dans "Le Monde" du 29/08/14 : "« En France, l'enseignement n'est pas pertinent »" , un entretien avec Andreas Schleicher par Maryline Baumard.

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A lire ou relire : micheldelord.info/hdm-letter.pdf
Dernière édition: 30 Aoû 2014 10:29 par Loys.

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30 Aoû 2014 10:20 - 30 Aoû 2014 14:07 #11512 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Les derniers résultats de PISA
Nous allons voir que cet entretien est un tissu de contradictions assez sidérant. :shock:

« En France, l'enseignement n'est pas pertinent »

On notera le titre, stigmatisant pour les enseignants, que retient Maryline Baumard en cette veille de rentrée. La phrase est d'ailleurs tronquée et c'est bien dommage : "En France plus qu’ailleurs, on n'enseigne pas suffisamment ce qui sera pertinent pour réussir sa vie!"
Voilà une perspective utilitariste, au sens le plus restreint, qui change bien des choses : l'école doit avant tout former des employés.

Andreas Schleicher fait et défait la réputation des systèmes scolaires.

Au mépris de toute considération scientifique ou de toute logique, comme nous allons le voir.

Directeur de l'éducation de l'OCDE, il est le grand patron de PISA, l'évaluation du niveau des élèves à 15 ans dans 65 pays. La France s'y classe mal...

Aucune mise à distance sur ce classement, bien sûr... Voir notre "Nouvelle livraison de PISA" .

...et selon lui, c'est d'abord parce qu'on ne gère pas les enseignants.

Tiens, ce sont exactement les termes employés par la Cour des comptes dans le titre de son rapport.

Pour la première fois de son histoire, la France a une femme à la tête du ministère de l'éducation. Est-ce que les ministres femmes se distinguent ?
Andreas Schleicher : Dans quelques pays, des réformes majeures, qui ont totalement modifié le visage de l'école, ont été menées par des femmes ministres.

:scratch:

Je pense à mon pays, l'Allemagne, où le système a été très largement réformé dans les années 2000.

Mais où on a su conserver un collège à trois vitesses. :devil:

Comment qualifieriez-vous globalement le système français ?
Les résultats obtenus dans les classements internationaux sont très en dessous de ce qu'on pourrait attendre de la France. Par ailleurs, l'école française est l'une des plus inégalitaires au monde...

Il faut dire que, contrairement à la plupart des pays évalués, elle scolarise tous ses élèves dans le secondaire. Dans les autres pays l'évaluation PISA ne prend pas en compte les élèves non scolarisés : c'est plus égalitaire comme ça ! :santa:

... alors que l'égalité est un sujet omniprésent dans le débat. Elle est très loin de l'idéal dont rêve ce pays, en dépit d'efforts conséquents comme le temps que les jeunes Français passent en classe et l'âge précoce auquel on les y envoie !
Quelle est la raison majeure de ce marasme ?

Mais de quel "marasme" parle-t-on puisque "Le Monde" a célébré le 10 juillet "un taux record de 87,9 % de réussite" au bac ainsi qu'un taux record d'une génération accédant au bac (77,3%)... :mrgreen:

L'enseignement n'est pas pertinent en France. On y est en décalage. Le monde moderne se moque bien de ce que vous savez. Il s’intéresse à ce que vous savez en faire.

Mais comment peut-on savoir-faire sans savoir ? :scratch:
Mais au fait : qui est "le monde moderne" qui "s'intéresse à ce que vous savez en faire" ? L'entreprise, bien sûr ! Voilà toute une philosophie, bien libérale, de l'éducation qui s'exprime ainsi ingénument ! Le savoir libérateur, émancipateur, libéral au sens premier du terme, on s'en moque. Ce qui compte, c'est le savoir exploitable.

On a besoin de gens créatifs, capables le croiser les sujets quand l’école française fait encore trop réciter les leçons.

Car, quand on sait quelque chose, on ne peut plus être créatif. En revanche, quand on ne sait rien, on peut l'être. :doc:

En France plus qu’ailleurs, on n'enseigne pas suffisamment ce qui sera pertinent pour réussir sa vie!

"réussir sa vie" au sens de l'OCDE bien sûr : dans cette philosophie libérale, c'est être facilement employable.

Les pays asiatiques, premiers dans Ies classements enseignent aussi beaucoup de « par cœur », non ?
On se protège par des stéréotypes sur l'école asiatique. Allez dans une classe japonaise. Le professeur sait optimiser le temps qu'il passe avec chaque élève dans une classe et mobiliser chacun d'eux. Avoir 40 élèves ne lui pose pas problème ;

Il a intérêt à "optimiser en effet, avec 1,5 minutes à consacrer à chaque élève par heure ! A noter qu'en France, au lycée, on arrive dans des chiffres voisins : j'avais 37 élèves l'an passé dans la classe dont j'étais professeur principal...
Quant aux stéréotypes, M. Schleicher nous ferait presque croire que les pays asiatiques, qui viennent de déclasser la Finlande, eldorado pédagogique des réformateurs en perte de vitesse, pratiquent les nouvelles pédagogies ! :P

il les met en activité. En Chine, c'est de plus en plus la même chose.

La Chine est évaluée par PISA ? première nouvelle ! :mrgreen:

Les enseignants sont formés à la gestion de classe, bien mieux qu’en France.

Il faudrait savoir : c'est le contenu enseigné qui pose problème, ou bien la gestion de classe ? :scratch:
C'est vrai qu'en France il y a comme un petit problème de discipline puisque, selon PISA, la France est 58e sur 64 pour le climat de discipline en cours. Mais ça, M. Schleicher se garde bien d'en parler

Pourquoi ne parvient-on pas à la même chose en France?
J'ai rencontré beaucoup d'enseignants formidables, très investis.

Habituelle clause de style préfigurant un matraquage.

Mais le système ne leur facilite pas le travail. En France, les maîtres ne collaborent pas. Ils ne se perçoivent pas comme membres d'une communauté professionnelle.

:shock: :rirej

L’institution les traite comme des exécutants qui sont là pour faire passer un programme.

Alors que s'ils étaient "gérés"... :santa:

Ils sont comme à l'usine, font leur travail dans leur coin.

En même temps c'est M. Schleicher qui recommande qu'ils aient plus de pièces à façonner et qu'ils apprennent à "optimiser" (sic) leur enseignement comme les Japonais pour améliorer leur productivité ! Le concept de liberté pédagogique semble totalement échapper à M. Schleicher : un concept qui fait d'eux des "exécutants", en effet.

S’ils étaient à Shanghai, on viendrait tous les jours dans leur classe leur donner des conseils.

Voici ce qui serait ne plus les considérer comme des "exécutants", en effet. :santa:

A Singapour, ils auraient 100 heures annuelles de formation.

Chiche ! :cheers:

C'est à vos yeux la clé pour améliorer notre école ?
La qualité d'un système éducatif n'est jamais supérieure au talent de ses enseignants.

Et c'est là qu'intervient le problème du recrutement, des conditions de travail et des salaires particulièrement bas en France, non ?

On ne changera les mentalités des élèves qu’en changeant celles des professeurs. Et pour ça, il faut leur donner les moyens d’enseigner différemment en adaptant par exemple leur pédagogie au niveau des élèves.

"Adapter sa pédagogie au niveau des élèves", c'est vrai que jamais un enseignant français n'y avait pensé : merci pour ce précieux conseil, M. Schleicher ! :cheers:

Vous seriez ministre, vous commenceriez par quoi ?

Tiens, c'est vrai, ça : quelle est la légitimité démocratique du directeur de l'OCDE ?

Déjà, la formation initiale est trop académique. Il y aurait plus de pratique, ce ne serait que meilleur même s’il faut reconnaître que les reformes vont fort heureusement dans ce sens.

C'est-à-dire que PISA n'est pas seulement un programme d'évaluation mais un programme de prescription. :fur

Mais le vrai défi est de changer le quotidien des enseignants, les rendre acteurs de leur métier, arrêter de les considérer comme s’ils étaient des ouvriers.

En les infantilisant et en réduisant leur liberté pédagogique, bien sûr.

Ça changera l'attrait du métier. Aujourd’hui, même si vous payiez mieux les professeurs, vous ne les attireriez pas.

Question réglée. Aucune considération sur le fait que tous les autres pays de l'OCDE ont fait le choix de revaloriser le traitement de leurs enseignants (+20% en moyenne sur dix ans) pour attirer les meilleurs : en France -8%. :fur
www.laviemoderne.net/veille/etre-enseign...aire-des-enseignants

Qui a encore envie d'être un exécutant ?

:roll:

Vous proposez de leur fixer des objectifs... et d'en finir avec des programmes très précis?

Vive les curricula ! C'est vrai que les programmes n'ont rien à voir avec des objectifs...

Exactement. Avec un point à ne pas oublier, puisque la France est en pleine réécriture de son socle commun de connaissances, de compétences et de culture : il faut se fixer un idéal élevé. La Suède et la Finlande ont deux écoles assez proches. A une limite près : la Finlande a défini des standards qui disent ce qu’est l'excellence ;

Et qu'est-ce ?
C'est vrai que la Finlande applique également une politique d'excellence puisque l'entrée au lycée, à l'issue d'une école fondamentale supposée égalitaire, se fait par sélection, voire par examens pour les meilleurs lycées. Et ne parlons pas de l'entrée à l'université, qui n'est pas de droit et ne concerne qu'une minorité !

la Suède s'est contentée de rappeler le minimum à acquérir par tous. En termes de résultats, la Finlande arrive bien devant la Suède, car chaque enseignant, chaque famille sait ce qu'est l'excellence et tend dans cette direction. C’est important pour les enfants des familles les moins favorisées pour qui l'école est la seule chance.

De trouver un emploi, c'est bien ça ?

Si cette liberté importe, l'affectation des enseignants est tout aussi essentielle à vos yeux...
Oui, or en France, vous défiez le bon sens. Plus un enseignant est installé dans le système, plus il a le choix de ses élèves. A contrario, un jeune diplômé est tout de suite confronté à une immense difficulté. Cela crée d'emblée une envie de fuir ! Ou de ne pas venir...

En même promettre à l'inverse que les difficultés iront grandissantes avec la carrière n'est guère engageant non plus ! :santa:

A Shanghai, un chef d'établissement talentueux d'une école pour l'élite qui veut progresser dans sa carrière doit d'abord montrer ce qu’il sait faire dans une école difficile.

Cette phrase est totalement contradictoire avec ce qui vient d'être dit juste avant. :lol:
Par ailleurs c'est exactement ce qui se passe en France. M. Scheiccher a l'air d'être un grand connaisseur de notre système scolaire.

C'est la même chose à Singapour, au Canada ou en Finlande et c'est aussi vrai pour les enseignants.

Donc il faut bien commencer par "une école difficile"... La logique de M. Schleicher est légèrement déroutante. :santa:

Cela permet d'attirer les plus dynamiques dans les établissements difficiles. Car l'équité n'est pas de donner plus d'enseignants aux élèves les plus en difficulté, mais de leur offrir les meilleurs.

Dans la logique de M. Schleicher; les "meilleurs" sont donc les plus arrivistes.

Et côté enseignants, il s'agit de mettre les gens face à un challenge qu'ils soient en mesure de relever.

Une phrase absolument creuse...

Oui, mais les ministres sont paralysés par la peur des syndicats...
Un pays a les syndicats qu'il mérite.

Merci M. Schleicher !
C'est vrai que le Ministère est tellement paralysé par la peur des syndicats qu'il a su imposer récemment des mesures comme la réforme des rythmes scolaires, la baisse du pouvoir d'achat des enseignants avec le gel du point d'indice de la fonction publique depuis 2010, la suppression de rares avantages avec la réforme des statut de 1950 etc.

La nature des syndicats reflète l'identité d'un système éducatif. Si vous avez un système très « industriel », les syndicats reproduisent cette structure et se battent comme ceux des ouvriers pour les salaires, les effectifs.

Quelle idée aussi de se battre pour que des salaires ne soient pas davantage dévalorisés dans un pays où ils sont déjà très inférieurs à nos voisins !

Si vous avez un système éducatif axé sur la pédagogie, les syndicats investissent ce champ.

Et ils abandonnent derechef la question des salaires ! :santa:
En même cette considération a quelque chose de vrai quand on considère la position des syndicats réformistes, plus préoccupés de nouvelles pédagogies destructrices que des conditions de travail de leurs adhérents... Le rêve de l'OCDE libérale : une France ou le Sgen et le SE-UNSA règneraient sans partage sur les syndicats enseignants !
Les pédagogistes et les libéraux de l'éducation main dans la main, un spectacle toujours touchant ! :)

En Suède, en 1994, au moment de l’instauration du salaire au mérite, ils se sont largement mobilisés. Quatre ans après, 70% des syndicats s l'approuvaient.

Et la Suède est le pays qui a le plus dévissé dans les résultats PISA depuis douze ans (-6%) ! :santa:
Merci pour vos conseils avisés, M. Schleicher !
Dernière édition: 30 Aoû 2014 14:07 par Loys.

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02 Sep 2014 10:43 - 02 Sep 2014 14:07 #11534 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Les derniers résultats de PISA

Dans cette infographie du "Monde" (2 septembre 2014), on apprend que :

De ce fait la journée des écoliers français était plus dense et plus chargée que celle de la plupart des autres élèves dans le monde. Elle a été signalée par de nombreux experts comme préjudiciable aux apprentissages et la cause principale de la médiocrité des résultats du système scolaire français dans les classements internationaux.

:shock:
Dernière édition: 02 Sep 2014 14:07 par archeboc.

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02 Sep 2014 14:09 - 02 Sep 2014 14:10 #11536 par archeboc
Réponse de archeboc sur le sujet Les derniers résultats de PISA
J'ai bien aimé aussi la moyenne de 22 élèves par classe en France. Dans l'école de mes enfants, en primaire, on arrive à sanctuariser vers 22 élèves les classes doubles et les CP. En CM2, c'est 29-30 élèves.
En fait, la moyenne française reflète une réalité éclatée entre les très petite classes uniques des zones rurales et les classes bien plus chargées des zones urbaines.
Selon la géographie du pays et les choix d'implantation des écoles, les moyennes représenteront des situations très différentes.
Dernière édition: 02 Sep 2014 14:10 par archeboc.

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02 Sep 2014 14:27 - 02 Sep 2014 17:21 #11537 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Les derniers résultats de PISA
Mes enfants (du CP à CM1) sont à 28 ou 29 élèves par classe, effectivement, sauf ma fille en double niveau (24 élèves).
Je reposte ce graphique :
Dernière édition: 02 Sep 2014 17:21 par archeboc.

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02 Sep 2014 20:54 #11551 par Frist
Réponse de Frist sur le sujet Les derniers résultats de PISA
Pas de corrélation avec le score PISA ? :D

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02 Sep 2014 20:56 - 02 Sep 2014 20:56 #11552 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Les derniers résultats de PISA
Graphique classé par ordre de score décroissant. ;)
Dernière édition: 02 Sep 2014 20:56 par Loys.

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02 Sep 2014 21:15 #11555 par Frist
Réponse de Frist sur le sujet Les derniers résultats de PISA
Merci :P
Donc on peut en conclure un effet de seuil. Jusqu'à un certain nombre d'élève par classe, ce paramètre n'est pas significatif, mais dès qu'on commence à dépasser 25 élèves par classe, on a une densité critique propice à la réussite de PISA.
La seule conclusion logique à prendre, c'est qu'on ne fait pas assez d'effort, les salles de classes ne sont pas suffisamment des poulaillers pour qu'on voit l'effet sur nos enfants, mais nous ne sommes plus très loin. En fait c'est encourageant tout ça :D

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09 Sep 2014 22:32 #11649 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Les derniers résultats de PISA
Sur le blog d'Eric Charbonnier, "expert éducation de l'OCDE" cette analyse de rentrée : "Un vœu en cette rentrée scolaire 2014 ? Ne plus entendre parler des rythmes !"

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09 Sep 2014 23:18 - 09 Sep 2014 23:39 #11650 par Loys
Réponse de Loys sur le sujet Les derniers résultats de PISA

Un vœu en cette rentrée scolaire 2014 ? Ne plus entendre parler des rythmes !

La meilleure façon de ne plus entendre parler des rythmes, ç'aurait été de revenir aux rythmes d'avant 2008...

L’éducation en France, on en parle abondamment au moment de la rentrée scolaire chaque année, mais malheureusement beaucoup moins le reste du temps. Pire encore, cette année, le débat sur la mise en place des nouveaux rythmes scolaires a une nouvelle fois monopolisé l’attention, au détriment d’autres sujets autrement plus importants pour le redressement du système éducatif français.

Pourtant les ministres successifs ont insisté sur l'importance de cette réforme... :mrgreen:

Pourtant, en passant de quatre jours à quatre jours et demi d’école dans le primaire, la France ne fait que se mettre au diapason de ses voisins, où les cinq journées d’école sont la norme et où, rassurons les parents, on ne déplore jusqu’à présent aucune fatigue excessive chez les enfants.

On ne fait surtout que revenir au même nombre de journées en France qu'avant 2008... M. Charbonnier a l'air de croire que nous vivons au rythme de quatre journées depuis un siècle. :xx:
Simplement, les "rythmes", ce n'est pas que le nombre de journées : ce sont les journées non allégées, la semaine sans pause, la désynchronisation du week-end conservée voire aggravée, la perte des pics de vigilance du milieu d'après-midi.

Dans les pays les plus performants dans les enquêtes internationales, le débat n’est pas focalisé sur le rôle des animateurs ou sur les activités périscolaires.

Ou leur absence, plus exactement.

Dans ces pays-là, on ne ferme pas les écoles en guise de protestation. Dans ces pays-là, toute la communauté éducative coopère pour recenser les bonnes pratiques liées aux rythmes scolaires et les appliquer dans la majorité des établissements.

Quel est le sens de cette phrase qui fleure bon la langue de bois ?

Il est temps de faire de même en France, de prendre de la hauteur et d’admettre que les activités périscolaires auront peu, voire aucune influence sur les résultats obtenus par les élèves.

A transmettre au ministre ! :P

La réussite de cette réforme passera uniquement par une meilleure utilisation du temps scolaire.

De ce point de vue c'est une réussite, comme signalé plus haut...

Ainsi, il sera crucial de faire de ces nouveaux rythmes une utilisation « qualitative », par exemple en tirant profit de cette demi-journée supplémentaire pour changer les pratiques pédagogiques et, à terme, trouver une alternative au redoublement pour prendre en charge les élèves en difficulté.

On se demande bien quel est le rapport mais il faut bien caser le fétiche de l'OCDE, la suppression du redoublement, pourtant divisé par trois ou quatre depuis trente ans...

Pour le moment, les enseignants français sont loin d’y parvenir. Ainsi, à titre d’exemple, selon l’enquête internationale de l’OCDE sur les enseignants au collège (Talis), ils sont bien moins nombreux que leurs collègues des autres pays à déclarer utiliser des pédagogies différenciées pour les élèves qui ont des difficultés d’apprentissage et/ou qui apprennent plus vite (22 % en France, contre 44 % en moyenne dans les pays participant à Talis, et 63 % en Angleterre).

L'Angleterre dont les résultats dans PISA ont baissé de 5% en douze ans, une des baisses les plus remarquables...
Ajoutons que la pédagogie différenciée avec les taux d'encadrement français, voilà qui peut faire sourire. Curieusement Eric Charbonnier évoque asse peu les pays en tête du classement PISA s'agissant des pédagogies différentiée...

Rappelons aussi que la France, avant cette réforme, était dans une situation atypique en Europe et dans le monde, cumulant un nombre élevé d’heures d’instruction par an dans le primaire (864 heures contre 794 selon la moyenne de l’OCDE) réparties sur un petit nombre de semaines de cours (36 semaines par an, contre 38 en moyenne dans les pays de l’OCDE) et sur quatre jours par semaine (au lieu de cinq partout ailleurs).

Et chez nous avant que les experts décident que la semaine de quatre jours était une bonne chose...

En d’autres termes, ce rythme engendrait des journées denses, des coupures de rythme tout au long de l’année et une véritable fatigue, notamment chez les élèves en difficulté.

Alors qu'en l'état la semaine sera beaucoup moins dense... :roll:

Cette réforme met donc un terme à cette exception française. On ne peut que s’en féliciter, tout en reconnaissant clairement que les nouveaux rythmes à eux seuls ne règleront pas tous les maux de l’école française.

C'est peu de le dire... :santa:

Pour cela, il faut recentrer le débat et admettre que le système français a besoin d’une réforme beaucoup plus profonde que celle des rythmes scolaires, et fixer des objectifs clairs à atteindre rapidement. Soyons optimistes, des progrès rapides sont possibles. D’autres pays avant la France (l’Allemagne, l’Estonie, la Pologne ou le Portugal, pour ne citer que des pays de l’Union européenne) ont ainsi vu les premiers effets positifs de leurs reformes au bout d’à peine cinq ans.

Tiens, l'Angleterre n'est plus citée.
Faut-il une pédagogie différenciée, façon abandon du collège unique, comme en Allemagne, avec des filières dès dix ans ? :devil:

Aujourd’hui, la réforme essentielle pour sauver le système français, c’est une réforme qui luttera contre l’échec scolaire croissant (selon l’enquête PISA, la proportion d’élèves de 15 ans en échec est passée de 15 % à 20 % en l’espace de dix ans), renforcera les chances de réussite des élèves issus des milieux défavorisés et, enfin, permettra aux 150 000 jeunes qui sortent chaque année de l’école sans qualification...

111 000 pour 2009-2011...

... de trouver à travers l’éducation une deuxième chance pour sortir de la précarité et s’insérer sur le marché de l’emploi.

Car c'est avant tout la vocation de l'école, selon l'OCDE, qui visiblement ne connaît pas les Lumières...

Tout doit être mis en œuvre pour parvenir à cet objectif.
A cet égard, les rythmes scolaires apparaissent comme une réforme secondaire ;

Encore une fois, à transmettre...

...les priorités doivent se porter avant tout sur la mise en place de cinq grands chantiers qui, si vous lisez régulièrement ce blog, vous sont familiers.
Renforcer le volet pédagogique dans la formation initiale des enseignants
En France, la formation des enseignants est bien trop académique.

Les choses ont pourtant bien changé depuis un quart de siècle, avecles IUFM, ce me semble...

Les enseignants s’estiment bien préparés au contenu de la matière qu’ils enseignent, mais près de 40 % d’entre eux se sentent insuffisamment préparés sur le volet pédagogique de leur métier, soit la proportion la plus élevée des 34 pays participant à l’enquête Talis. Cependant, avec la mise en place des écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE) depuis 2013, la formation des enseignants a récemment évolué en France...

Même chose que la semaine de 4,5 jours plus haut : on dirait que pour Eric Charbonnier les IUFM n'ont jamais existé. :shock:

... et les étudiants suivent maintenant une formation mêlant apprentissage des savoirs et maîtrise du savoir-faire.

Il faudra m'expliquer comment on peut savoir sans savoir faire et réciproquement...

Il conviendra de faire un point régulier sur la mise en place de cette réforme qui, comme en Finlande dans les années 1970, peut aider le système français à se redresser.

Il se redresse depuis 1989, voyons. :devil:

Redonner toute sa place à la formation continue des enseignants

Ou la donner tout court... Soyons honnêtes : dans un système qui tourne à l'économie, cette perspective est iréraliste.

La qualité d’un système d’éducation n’excède jamais la qualité de ses enseignants. En général, les pays dont le système d’éducation est performant accordent autant d’importance à la formation continue des enseignants qu’à la formation initiale. Les enseignants doivent avoir les moyens d’évoluer tout au long de leur carrière pour tirer bénéfice des avancées technologiques de la société...

La logique de cette phrase m'échappe quelque peu... :scratch:

...et pour acquérir au fil du temps des compétences sur de nouvelles pratiques pédagogiques qui leur serviront à faire face à des classes de plus en plus hétérogènes.

Ah bon... et pourquoi de plus en plus ? :shock:
Quant aux nouvelles pratiques pédagogiques, c'est vrai qu'elles n'ont pas du tout été imposées en France depuis les années 1990... avec les merveilleux résultats que l'on constate. De même la suppression du redoublement, quasi effective aujourd'hui.

Or la formation continue en France est délaissée et insuffisamment ciblée sur leurs besoins.

Les salaires des professeurs ne suivent pas l'inflation, alors la formation... Et c'est presque tant mieux si cette formation devait ressembler à celle pratiquée dans les IUFM.

A titre indicatif, à Singapour, chaque enseignant est évalué annuellement sur ses forces et ses faiblesses...

:mrgreen:
On notera que, dans l'esprit d'Eric Charbonnier, la formation se confond avec le management. :doc:

... et bénéficie de 100 heures de formation professionnelle par an pour lui permettre de s’améliorer.

C'est vrai que comparer une ville de 700km2 et la France a beaucoup de sens. :doc:

Donner davantage de moyens aux établissements défavorisés
Les établissements défavorisés ne sont pas très bien lotis en France car on y affecte souvent de jeunes enseignants inexpérimentés et insuffisamment préparés à cette tâche. Il convient donc d’améliorer la qualité du corps enseignant dans ces établissements en dispensant une formation spécialisée permettant de doter les enseignants des compétences et connaissances nécessaires pour exercer leur métier auprès d’élèves défavorisés et/ou en difficulté, et surtout en créant des incitations financières conséquentes pour attirer des enseignants expérimentés dans ces établissements difficiles.

Ces incitations existent déjà, à un faible niveau, et ne sont pas efficaces. On peut de toute façon douter de la réussite d'un système où la motivation serait purement financière. Il serait plus avisé de garantir aux enseignants affectés dans ces établissements difficiles des conditions de travail beaucoup plus favorables.

A titre d’exemple, le Brésil a accordé à la fin des années 1990 une augmentation de salaire de 60 % aux enseignants des régions les plus pauvres.

Le Brésil est l'un des derniers pays dans PISA.

L’Estonie, elle, verse une prime de 12 750 euros sur trois ans aux enseignants qui iront exercer dans les zones rurales défavorisées.

L'Estonie est plus petite que certaines régions françaises : les zones rurales sont à quelques dizaines de kilomètres d'une ville...

Valoriser les filières professionnelles et développer les programmes de seconde chance

Jamais les filières professionnelles n'ont été autant valorisées en France avec le bac professionnel obtenu par un nombre record d'élèves.

Il serait temps d’agir pour qu’en France, échec scolaire ne rime pas avec échec tout court, tant ceux qui sortent précocement sans diplôme du système d’éducation aujourd’hui ont peu de possibilités de réintégrer une formation professionnelle et de terminer leurs études.

Heureusement qu'il y a "42"... :P

Bon, ils n'ont jamais été si peu nombreux. D'après Eurostat 2013 la proportion des 18-24 ans sortis du secondaire avant l’obtention d’un diplôme, et qui ne sont ni en formation ni en études est plus faible en France qu'en Allemagne ou au Royaume-Uni...

Dans certains pays, a contrario, il est courant d’obtenir son diplôme de fin d’études secondaires après l’âge de 25 ans. Ainsi, environ 10 % des diplômés du secondaire au Danemark, en Finlande et en Norvège ont décroché leur diplôme à 25 ans ou plus ; ce pourcentage s’établit à 20 % en Islande et à plus de 40 % au Portugal.

Et ça c'est la preuve d'un système éducatif performant. :santa:

De plus, en France, par comparaison avec les autres pays de l’OCDE, la formation professionnelle n’est pas suffisamment dispensée en alternance, c’est-à-dire qu’elle se passe trop au lycée et pas assez en entreprise. Par opposition, les pays dits « d’apprentissage » (c’est-à-dire l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, les Pays-Bas et la Suisse) ont le mieux réussi à assurer, avec l’aide des partenaires sociaux, une formation de qualité à tous en agissant bien en amont.

Dans cette logique renonçons donc au collège unique. :devil:

Ainsi, l’Allemagne organise des formations de préapprentissage pour les jeunes qui ont des faibles compétences scolaires et les accompagnent afin qu’ils n’échouent pas dans l’obtention d’une qualification.

Car un bon système scolaire est un système qui renonce à apporter des compétences scolaires et les remplace par des qualifications. Bref qui n'est plus scolaire.

Lutter activement contre l’échec scolaire dès l’école maternelle
Les politiques qui ont pour objet de s'assurer dès la maternelle que tous les élèves atteignent au moins un niveau minimum de compétences à la fin de l'enseignement secondaire sont essentielles. Recentrer les programmes sur la définition et l’acquisition du socle commun des compétences et aider les élèves dans l’apprentissage de la lecture dès la dernière année de l’école maternelle sont des initiatives clés pour réduire l’échec scolaire et s’assurer que les difficultés sont traitées dès le début de l’apprentissage.

Et de "quelles politiques" parle-t-on concrètement pour y arriver ?

L’Allemagne s’est d’ailleurs engagée dans cette voie en 2005-2006 et a défini un socle commun de connaissances et de compétences que tous les élèves doivent acquérir au cours de leur scolarité obligatoire.

En France le socle date de 2004...
Définir un socle, c'est définir une "politique" contre l'échec scolaire ? :shock:

Toutes les études de l’OCDE, qu’il s’agisse de l’étude PISA sur les élèves de 15 ans, de l’étude PIAAC sur les compétences des adultes, de l’étude Talis sur les enseignants au collège ou encore du dernier Regards sur l’éducation qui paraît mardi 9 septembre ( www.oecd.org/edu/rse.htm ) ont pointé ces faiblesses et mis en avant l’importance d’activer simultanément ces cinq leviers pour lutter efficacement contre l’échec scolaire.

Tiens, rien sur les salaires des enseignants pour attirer les étudiants les plus compétents, rien sur le climat de discipline déplorable en France, rien sur la taille des classes en France dès la maternelle (voir graphique)... :spider:

Il ne faut pas sombrer dans le fatalisme. L’école française a su faire face par le passé à des mutations importantes, comme en témoignent l’enrichissement des compétences et l’accroissement du niveau de formation de sa population.

Oui, avec le taux record d'une génération au bac en 2014, on se demande bien pourquoi il faudrait redresser quoi que ce soit.

Elle a aussi des points forts, comme par exemple un niveau préprimaire bien structuré et ouvert au plus grand nombre. Elle produit également des élites avec, rappelons-le, un tiers de bons élèves à l’âge de 15 ans, soit plus que la moyenne des pays de l’OCDE.
Cependant, elle doit faire face aujourd’hui à un défi de taille qu’elle se doit de relever et de surmonter, au risque de voir son système devenir encore plus inégalitaire qu’il ne l‘est.

Il est moins inégalitaire que tous les pays qui n'incluent pas tous les élèves dans le secondaire et ne les présentent pas aux évaluations PISA... :fur

Pour être efficace, la réforme du système éducatif aura besoin du soutien de tous : politiques, parents, enseignants et syndicats. Et dans un premier temps, il sera essentiel que le débat prenne de la hauteur, que l’on cesse de remettre en question le bénéfice des nouveaux rythmes scolaires pour s’atteler en priorité au reste.

Quelle perte de temps et d'énergie depuis 2008...
Dernière édition: 09 Sep 2014 23:39 par Loys.

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