François Briatte - "Incertitudes du plagiat, édition web" (24/03/12)

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10 Mai 2012 23:49 #630 par Loys
François Briatte, doctorant en sciences politiques et ATER en science politique, "qui travaille sur les politiques publiques consacrées à la lutte contre le cancer", s'est senti concerné par mon expérience en lettres, comme le montre cet article sur son blog partagé.



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11 Mai 2012 00:06 #631 par Loys
Le titre de l'article montre déjà une profonde incompréhension du problème. La question n'est en effet pas de savoir si le plagiat a une légitimité, mais comment on en est arrivé à un problème de plagiat pour un exercice n'exigeant pas de recherche ou presque. Bref, encore un article hors sujet.

Mise à jour : Marie-Anne Paveau a pris le soin de réunir d’autres points de vue critiques, dont celui d’Olivier Bouba-Olga. Cette controverse me fait découvrir certains clivages dormants entre enseignants du secondaire et du supérieur troisième cycle, et permet aussi de “retrouver” une partie de la blogosphère universitaire.

Le plagiat d'élèves de seize ans et le plagiat d'étudiants sont difficilement comparables au départ...

Le récit d’une petite opération de contre-espionnage pédagogique a beaucoup circulé ces derniers jours : une enseignante a expérimenté avec le plagiat et observe qu’il s’est généralisé au point où elle ne souhaite plus faire confiance à ses élèves pour utiliser les technologies numériques.

"Une enseignante" ? :mrgreen:

Voilà quelqu'un qui lit un peu rapidement et sans vérifier ses informations...

Les universitaires connaissent intimement le problème du plagiat, et ne sont pas toujours très au clair sur les circonstances ou les technologies qui s’y appliquent. Mais dans le cas de figure présent, le plagiat scolaire est un problème commun à l’enseignement secondaire et aux études universitaires, et si j’étais dans le secondaire, je lirais attentivement les deux commentateurs pré-cités.

Et si je critiquais une expérience, je lirais attentivement le compte-rendu de l'expérience...

Je suis très partagé sur ce que la technologie fait aux études. [...] Concernant le plagiat, j’ai trop peu d’expérience –sauf quelques anecdotes tragicomiques— pour dresser un portrait de mes anciens étudiants qui ne soit pas excessivement déformé. Tout comme les notes, le plagiat est un aspect de l’enseignement que j’ai très vite choisi de traiter à la marge. Par exemple, je ne vais pas laisser passer un plagiat flagrant, mais je ne me change pas non plus en moteur de recherche quand je corrige mes copies. De la même manière, j’utilise une échelle de notes pour évaluer les travaux que je corrige, mais j’utilise un barème sans aucune sophistication, sur 5 ou 10 points. Dans les deux cas, je passe moins d’une minute par copie à penser au plagiat ou à décider de la note finale.

Le temps que je ne passe pas à me soucier du plagiat m’est offert par la nature des exercices que je donne. Le problème ne se pose par exemple presque pas en statistiques, tous les travaux sont personnalisés et “réplicalisés”. Les travaux doivent être accompagnés de leur code de réplication, ce qui impliquerait, pour un plagiaire, de falsifier des fichiers de programmation. Internet contient des milliers de fichiers de programmation, mais je n’ai jamais observé de plagiat, car mes étudiants plagient directement mon manuel pour le cours, comme je les y encourage, en leur montrant comment adapter mes snippets à leurs propres travaux. Le plagiat est une pratique encadrée, rationnelle et instructive en programmation, comme en calligraphie.

Mais pas en lettres... :roll:

Le problème est évidemment beaucoup plus présent dans d’autres enseignements. En première année, la science politique est un cours magistral, ingurgité en amphi, recraché en examen terminal, et vaguement travaillé en travaux dirigés—vaguement, car le niveau d’implication des deux parties est trop limité pour en faire plus : les étudiants sont rarement à jour sur leurs lectures et deviennent très rapidement captifs des travaux notés ; hélas, les enseignants ne disposent que d’une heure et demi hebdomadaire pour y changer quoi que ce soit, ce qui est insuffisant pour apprendre une méthode de travail et discuter du fond par la même occasion.

En lettres, pour un commentaire de texte, il n'y a rien à "ingurgiter" et "recracher"...

L’enseignement secondaire est directement confronté à cette configuration pédagogique défavorable, et n’a pas moyen d’en sortir sans toucher à la nature de ses exercices.

Car bien sûr ce n'est pas la servitude au web qui pose problème, c'est l'exercice qui oblige à penser par soi-même : supprimons le commentaire au bac, adaptons-nous et tout ira mieux. 8-)

L’absence de réflexion sur ce point dans l’expérience qui fait l’objet d’autant de commentaires en ce moment est assez frappante.

Nous attendons la vôtre.

Par exemple, le fait d’accumuler les commentaires sans autre forme de logique que celle du calendrier scolaire ne semble pas être préoccupant pour l’enseignante, alors qu’elle-même organise son propre travail sur un corpus dont elle connaît la structure et le contexte.

Quel est le sens de cette phrase ?

Il y a probablement moyen de rendre chaque objectif pédagogique justiciable d’une méthode d’enseignement et d’évaluation qui ne se solde pas par une course à l’armement au sujet du plagiat, mais il faudrait arriver à modifier l’enseignement autant que l’étude.

Quel "moyen" ? Comment "modifier l'enseignement" des lettres ? Nous attendons toujours, parce que les considérations vagues et générales...

Et aucune mention des sites de corrigés en ligne...

Ça m’a l’air mal barré. L’attitude des personnels est une chose (que je ne prétends pas connaître et encore moins applaudir ou regretter), mais de toute manière, la marge de manoeuvre logistique des personnels de l’éducation est nulle dans les contraintes institutionnelles et budgétaires qui sont celles des établissements.

Phrase signifiant qu'il n'y a pas d'argent. :mrgreen:

Aussi, on m’a fait remarquer que l’enseignante en question est un peu luddite sur les bords, et que c’est un enseignant, pas une enseignante (cette confusion a donné lieu à une micro-passe d’armes sur Twitter ; merci quand même).

"Luddite" est un mot anglais qui signifie "qui craint la (nouvelle) technologie". Tout à fait moi, ça, avec mon blog, ma tablette graphique, mon forum etc. :mrgreen:

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