La salle de classe, problème dans l'école actuelle

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13 Nov 2013 09:49 #8400 par Loys
C'est en effet ce qu'il faut retenir de la lecture de cet article de Claude Tran dans "EducaVox" du 13/11/13 : "Architecture et pédagogie : quel avenir ?"


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13 Nov 2013 10:07 - 13 Nov 2013 10:28 #8401 par Loys

Dans le billet qu’il vient de publier sur Educavox, "Un milieu d’apprentissage" Jean François CECI, "pour mieux comprendre la notion d’environnement d’apprentissage, décortique l’acte pédagogique" .
Il évoque tout d’abord le "où apprendre ", le lieu d’apprentissage.
Il y a bien sûr les lieux où l’enseignant est présent et force est de constater que la classe est le lieu le plus commun et surtout le plus fréquent où élèves et enseignants se rencontrent et cela depuis longtemps pour ne pas dire toujours.

Et depuis toujours ce lieu a posé problème ! :doc:

Pour Pierre-Philippe BUGNARD, historien de l’éducation à l’Université de Fribourg et de Neuchâtel, « l’apparition de la salle de classe s’inscrit dans le grand élan de la construction des collèges au XVIe siècle. Il fallait instruire de manière fonctionnelle de grands effectifs qui ne pouvaient plus être enseignés individuellement.

C'était effectivement l'objectif : être "fonctionnel"... Comment s'étonner dès lors que cela ne fonctionne pas ? :roll:

On ordonna donc les élèves par âges, on les soumit à des plans d’études rigoureux et l’on opta pour la méthode frontale, simultanée. L’espace le plus adapté à ce type d’instruction était la salle de classe : un rectangle avec des fenêtres sur le levant pour faciliter la prise de notes.
Cette pédagogie du XVIe siècle produisit une architecture qui n’a guère évolué depuis. La ratio studiorum (règlement des études) des Jésuites dissociait schola, la fonction pédagogique de l’école, de classis, le niveau. Le problème est qu’on a mis une volée par niveau au lieu de faire des groupes de capacité. La classe est donc devenue une année du programme scolaire, suivie simultanément dans le même local par une volée de quelque 30 élèves de même niveau. »

Les nouveaux pédagogistes qui ont réclamé la suppression du redoublement ou fustigé les groupes de niveaux sont également ceux qui critiquent les classes par âge ou réclament "des groupes de capacités"... :scratch:

Toutes les salles de classe de lycées construits au 19e siècle se ressemblent. Les lycées Napoléoniens qui succèdent en 1802 aux Ecoles Centrales créées en 1795 pendant la Révolution française se caractérisent par une architecture quasi unique.
Les lycées de la République, des Républiques, n’ont rien, ou si peu changé. On les retrouve aujourd’hui d’ailleurs : des salles d’une soixantaine de mètres carrés, un éclairage naturel latéral, un tableau noir, une estrade, des tables et des chaises pour une quarantaine d’élèves et un bureau pour le professeur. [...] On peut faire le même constat pour les classes du primaire qui existeront en lycée jusqu’en 1963 et se généralisent dans toutes les communes de plus de 500 habitants avec la loi Guizot en 1833, mais également avec l’histoire du collège.
Avec la décentralisation on construit et on rénove un très grand nombre d’établissements et la norme pour la salle de classe évolue guère.

Quel manque cruel d'imagination ! Attendons les propositions innovantes de Claude Tran.

Pour Pierre JAVELAS, le modèle traditionnel de la classe relève historiquement d’une logique « catholique « : une estrade-une chaire, un maître-un clerc, une leçon-un prêche, des élèves-des fidèles assis face à l’officiant, un manuel scolaire (le même pour tous)-un missel, un temps limité (la sonnerie-ite missa est), la médiation systématique du maître-du clerc entre le sujet et la vérité, la transmission d’une vérité non discutable, et dogmatique. » Et il ajoute : « On voit bien que cet espace-classe mérite d’être repensé, tellement il relègue les élèves au rang d’exécutants passifs qui ont tellement de difficultés à quitter leur blouson et à ouvrir leur cartable. »

Sans oublier les conseils de classes-tribunaux de la sainte Inquisition. :santa:
Merci Pierre Javelas, principal et secrétaire départemental du SNPDEN, pour ce morceau d'anthologie des nouvelles pédagogies ! :cheers:

Si trop peu de choses ont changé dans le secondaire, on doit pourtant constater depuis une quinzaine d’années une lente évolution pour donner plus de caractéristiques à des salles afin de les adapter aux disciplines enseignées. C’est le cas des salles de langue, d’histoire-géographie et surtout de technologie puis d’« informatique ».

Le concept même de salle informatique, avec ce qu'il a supposé d'investissement, est déjà obsolète. :P

C’est bien sûr dans l’enseignement technologique que l’organisation spatiale du lieu d’enseignement se modifie considérablement avec l’installation de machines et de postes de travail spécialisés.

Voilà qui procède effectivement d'une volonté de renouveler le principe de la classe. :doc:

Cela entraîne automatiquement une autre forme de relation pédagogique entre l’apprenant et l’enseignant. Celle-ci peut s’appuyer sur « les principes de la pédagogie active et la confiance dans les ressources propres à chacun » caractéristique de l’Education nouvelle.

Une pédagogie ne peut être "active" que dans une salle de classe qui n'en est pas une. :doc:

L’aide individualisée, le dédoublement de classes, les groupes de niveau nécessitent également d’autres formes de salles de classe, plus petites, moins frontales ...mais on utilise les salles existantes !

C'est pourtant si simple de faire pousser les petites salles de classe comme des champignons.

Aujourd’hui, ce sont les collectivités territoriales qui définissent au plan local et non plus sur des directives nationales, l’architecture des établissements. Les salles de classe évoluent encore très peu.
Seuls les tiers lieux prennent une place croissante dans le construction des collèges et des lycées en surface comme en design. J’ai pu accompagner dans deux lycées la rénovation mise en œuvre par le Conseil régional et constater les efforts entrepris pour développer ces tiers lieux. Il faut citer les CDI qui ont succédé aux bibliothèques, qui évoluent vers le learning center et qui permettent aux élèves de véritable travaux de groupe en autonomie ;

Il suffit d'appeler un CDI "learning center" pour que son architecture change. :mrgreen:

... les Maisons des lycéens qui sont une forme adaptée à la gestion autonome des anciens Foyer Socio Educatifs en sont des exemples typiques.

Lieux d'enseignement, bien sûr. :doc:

La fonction du professeur documentaliste est au CDI, essentielle pour accompagner l’élève et permettre ainsi d’autres modes d’apprentissage. C’est l’apparition dans les « programmes » de nouveaux enseignements comme les Travaux Personnels Encadrés en classe de première qui préfigure un véritable changement dans les pratiques, en particulier dans l’enseignement général. Où peut-on « enseigner les TPE » ? Surtout si dans l’emploi du temps deux enseignants sont simultanément à la disposition des élèves qui doivent construire leur projet évalué pour le baccalauréat ! Réponse possible : Partout ! Et même hors du lycée ! Donc aussi sur le Web !

Voilà qui résout bien des problèmes d'architecture, en effet, et est beaucoup plus fonctionnel ! :santa:

C’est, je pense, au CDI que peut s’inventer progressivement un autre mode d’organisation de la future salle de classe tant du point de vue pédagogique que du point- de vue architectural.

Voilà qui sera simple à mettre en place et judicieux, compte tenu du fait qu'on fait la même chose dans un CDI et dans une classe.

Plusieurs projets voient le jour tant aux USA qu’en Europe
A Bruxelles c’est le projet “Future Class Lab”. Le FCL est un laboratoire de pratiques pédagogiques expérimentales qui s’appuient sur l’utilisation du multimédia. Les séquences pédagogiques innovantes, fruits de cette classe du future, sont élaborées dans un espace modulable divisé en 5 zones : salle de classe interactive, zone d’échange, de présentation, de recherche et de création. Elles sont testées ensuite en situation réelle. European Scoolnet est actuellement très impliqué dans les projets comme eTwinning.

Voilà de nouveaux espaces encore une fois faciles à mettre en place. :santa:
Il ne faudrait pas oublier la salle de classe "immersive" de Microsoft .

En France c’est dans l’enseignement supérieur qu’apparaissent les maquettes d’avenir comme celle de l’Ecole de Management de Grenoble.

C'est vrai que le supérieur et le primaire et le secondaire, c'est bien la même chose.

[...] En abordant la nécessité de repenser l’espace-classe dont la restructuration « est une condition à l’échange, au débat, à la socialisation, à une nouvelle distribution des rôles, à l’élaboration de nouvelles règles et procédures qui permettent de réguler les conflits, et où l’argumentation l’emporte sur la force », ce qui permet un meilleur exercice de la citoyenneté.

:santa:

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