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SUJET : La réforme de l'orthographe

Article "Demin dè l'obe..." 06 Jan 2013 15:20 #3010

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Typhon dit:
L'oral est justement une plus grande source de confusion que l'écrit. Mon fils jouait avec les mots ce midi ("les toiles"/"l'étoile"), s'amusant à créer des phrases à double sens. D'où des quiproquos au théâtre par exemple.

Oui, mais pas au point d'empêcher de se faire comprendre.
Parce que l'oral n'a sans doute pas le même degré de complexité que l'écrit.

En tout cas une discussion très intéressante, même si nous restons campés sur nos positions. C'est malheureusement souvent le cas dans ce genre d'échanges.

Pour bien faire, il faudrait une synthèse objective de nos échanges.
Ce qui est moderne peut (aussi) être idiot.
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Article "Demin dè l'obe..." 06 Jan 2013 15:47 #3011

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L'oral n'est pas moins complexe que l'écrit. C'est simplement une complexité différente.

En fait, j'ai cherché sur internet une bonne démonstration de l'absurdité de l'orthographe française, mais il semble que personne ne s'est donné la peine de l'écrire. Enfin, il y a le livre de Nina Catach, mais je ne l'ai pas encore lu, donc je ne sais pas ce qu'il vaut.

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« There are two kinds of fools: one says, "This is old, therefore it is good"; the other says, "This is new, therefore it is better." »
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Article "Demin dè l'obe..." 12 Jan 2013 19:28 #3220

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Typhon dit:
Je n'écarte pas ce facteur de façon définitive. Cela étant dit, je ne connais pas de démonstration probante de l'influence de la langue sur la façon de penser.

Sur http://internetactu.blog.lemonde.fr/201 ... -lectures/, noté par Loys "Notre cerveau à l’heure des nouvelles lectures" (Le Monde)
Pour autant, le circuit de la lecture n'est pas homogène. Quand on observe à l'imagerie cérébrale un anglais qui lit de l'anglais, un chinois qui lit du chinois ou le Kanji, un Japonais qui lit le Kana japonais, on se rend compte que ces lectures activent des zones sensiblement différentes selon les formes d'écritures. Ce qui signifie qu'il y a plusieurs circuits de lecture dans notre cerveau.

On lit différemment selon les langues (mais les langages sont différents), certes on n'en déduit pas qu'on pense différemment, mais je trouve que c'est un début.
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Article "Demin dè l'obe..." 12 Jan 2013 21:54 #3227

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La citation que vous faites vous-même dit bien qu'on ne lit pas différemment selon les langues mais selon le système d'écriture et aussi le support utilisé, et le reste de l'article est un peu bordélique et mélange des choses qui n'ont pas nécessairement de rapport et finit en eau de boudin, mais il insiste quand même avec juste raison sur le fait que l'écriture et la lecture sont des choses que notre cerveau n'est pas génétiquement programmé pour faire, et qui sont des créations tardives (à l'échelle de l'évolution) et artificielles.

Ce n'est pas le cas de la faculté de langage, qui est une capacité innée du cerveau humain, selon les théories linguistiques en vigueur actuellement.

Sans rentrer dans les détails de ces théorie, je peux faire observer que le langage est acquis de façon parfaitement inconsciente, instinctive semble-t-il, par les jeunes enfants, tandis que l'apprentissage de la lecture est un processus conscient, jusqu'à preuve du contraire.

http://linguistics.stackexchange.com/qu ... itten-ones

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"Sans accent ni lettre muette: le "nouvofrancet", une langue pour l'avenir?" (Mickael Korvin) 27 Jan 2016 16:04 #15771

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Dans "L'Express" du 27/01/16 : "Sans accent ni lettre muette: le "nouvofrancet", une langue pour l'avenir?"

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"Les accents tués" 04 Fév 2016 11:50 #15825

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"Non, l’accent circonflexe ne va pas disparaître 04 Fév 2016 13:17 #15826

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"L’Académie française et la « réforme de l’orthographe »" 04 Fév 2016 13:25 #15827

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"Réforme de l'orthographe" 06 Fév 2016 15:45 #15829

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6 février 2016

Du gouvernement ce communiqué : "Réforme de l'orthographe"

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"Le Journal du Dimanche" : "François Bayrou : "Ce n’est pas l’orthographe de nénuphar qui est un problème au collège""

Sur le blog de "Linguisticæ" (alias Romain) :



La vidéo a été vue (au total) plus de 200.000 fois. C'est un peu regrettable vu le nombre de contradictions ou de bêtises dites par Romain. Quelques exemples.

"ma lutte est contre les positions de l’Académie française dans sa volonté d’influencer l’usage de la langue"
Précisément
1. L’Académie française n’a fait qu’adopter les propositions du Conseil supérieur de la langue française. Dans l'esprit de l'Académie, l'approbation de ces rectifications ne signifiait pas qu'elles devaient être imposées mais qu’elles « soient soumises à l’épreuve du temps. »
2. L’Académie n’a certainement pas aujourd’hui l’intention d’influencer l’usage de la langue. Si volonté d’influencer il y a à l’époque, c’est de la part du premier ministre Michel Rocard le 24 octobre 1989 qui a saisi le Conseil supérieur de la langue française. De fait la plupart de ces rectifications ne sont pas entrées dans le dictionnaire de l’Académie.
2.. Les propositions du Conseil sont d’ailleurs très libres. Par exemple pour l’accent circonflexe sur le i ou le u, le rapport de 1990 indique qu’il n’est plus obligatoire : il est donc tout à fait autorisé et rien n’obliger à le supprimer.

"Que l’écrit colle plus à l’usage : alors non, je ne peux pas être contre : je salue l’initiative"
Précisément l’écrit ne colle pas aux usages (voir notre article).

"mais peu importe la direction que prend la réforme, c’est bien qu’on bouge l’orthographe"
Le mouvement pour le mouvement en somme. Une certaine stabilité m’aurait semblé une vertu pour ma part (comme c’est le cas d’ailleurs pour l’orthographe française depuis longtemps), mais il faut croire que l’innovation même idiote est préférable...

Romain reproche aux Français de s'être réveillés pour protester contre les usages, alors que la réforme est appliquée au Québec, nous dit-il (à vérifier à la vérité) : si les Français protestent, c'est bien la preuve qu'elle n'est pas entrée dans les usages... :santa:

Romain explique les rectifications sont l'orthographe de référence des programmes depuis 2008. C’est vrai que « l’orthographe révisée est la référence » en primaire en 2008 mais dans le secondaire on demande seulement aux professeurs de français d’en « tenir compte », formule très lâche, qui signifie sans doute qu’on ne peut plus la refuser sous la plume des élèves. Le plus amusant est que les programmes eux-mêmes ne suivent pas ces propositions (plus de 700 rectifications non faites dans les programmes de 2008). De même que la plupart des manuels scolaires.
Il faut dire que, comme nous l’avons vu, ces propositions ne sont que des propositions. Libre à chacun, élève, maître ou éditeur, d’écrire avec un circonflexe ou non.

Romain évoque "l'orthographe de base de la presse francophone belge depuis 2009". Si on consulte « la Libre Belgique », elle ne l’utilise pas... Il est paradoxal que celui qui veut « coller aux usages » et s’indigne de la volonté « d’influencer la langue », ne s’intéresse pas aux véritables usages. :devil:

1er argument "très merdique" : "les jeunes sont trop cons… on réforme pour leur faire plaisir"
Evidemment que les jeunes ne sont pas « trop cons » : c’est d’ailleurs exactement pour cette raisons qu’on peut leur demander d’apprendre la même orthographe (en dehors d’éventuelles incohérences ou points obscurs).
Le problème est surtout que Romain aurait dû lire le rapport le rapport de 1990 plus attentivement puisque c’est exactement une des justifications données à ces rectifications : « faciliter l’enseignement de l’orthographe ». C’est donc très factuel…

"la baisse du niveau"… "on a quand même pas mal changé de langue et d’écriture. Heureusement qu’on n’écrit plus comme en latin".
Certainement, mais quel rapport avec le débat puisqu’on parle de la même langue ici, la langue française… Romain pratique ici une reductio ad absurdum assez grossière : rendre absurde les arguments de ses adversaires en les caricaturant. Personne n’a jamais demandé à ce qu’on parle français et qu’on « écrive en latin », à supposer que cette expression ait un sens…

Romain évoque le "putain de mythe" de la grand-mère qui savait écrire. Puis les lettres des poilus qui sont censées démontrer le contraire.

En revanche, Romain qui nie "la baisse de niveau" devrait s'intéresser à la grave dégradation des compétences orthographiques des élèves de CM2 constatée par la DEPP entre 1987, 2007 et 2015...

Nouvel argument contradictoire : Romain fustige l'idée d'une orthographe révélatrice d’un bas niveau intellectuel. Pourquoi simplifier l’orthographe en ce cas ?

Nouveau relativisme. Romain évoque une correctrice qui affirme que tout le monde fait des fautes, même dans un journal. Sauf que tout le monde n'a pas la chance d'être relu par une correctrice...

"Faire des fautes, c’est normal, ce n’est pas grave"
« Normal » signifierait qu’il s’agit d’une norme. Non, faire des fautes, ça arrive à tout le monde. C’est beaucoup moins grave en situation d’apprentissage. Mais faire beaucoup de fautes et des fautes graves peut devenir très problématique dans la vie.
Romain parle ici de petites fautes mineures, celles qu’il peut constater dans son environnement immédiat. Il ne se rend pas compte, avec sa légèreté démagogique et provocatrice, qu’en renonçant à enseigner l’orthographe aux élèves les plus difficultés, il les enferme en réalité dans un destin social. Mal s’exprimer, à l’oral comme est l’écrit, est discriminant.

"Non on n'est pas plus intelligent quand on sait qu'enveloppe" prend deux "p""
Relativisme dévastateur : à quoi bon le savoir, alors ? Au passage, Romain montre quand même qu'il sait écrire "enveloppe", lui.

Pour Romain, s'il y a "des gens qui savent pas lire ou pas écrire en 6e", c'est parce que la langue française est plus difficile. Rappelons que ce n’est pas « grave » de ne pas savoir écrire.
Bon, dans la bouche de Romain, on a quand même l’impression que c’est un problème. Et que ce problème est nouveau. Pourtant le « code écrit » n’est pas devenu plus difficile : faut-il en déduire que les élèves ont plus de difficultés ? Non, ce serait supposer une baisse de niveau…

"la seule raison des difficultés : le code difficile à appréhender"
Romain n’a jamais étudié l’évolution des horaires dramatique des horaires de français (et des conditions d’enseignement car les horaires ne font pas tout).
1/3, ça ne veut pas dire grand-chose puisque le temps consacré à l’enseignement du français a été réduit drastiquement. Dans le primaire l’horaire hebdomadaire de français a été divisé par deux en moins d’un siècle. Et si on veut remonter moins loin un élève sortant du collège avant la mise en place du collège unique, en 1975, bénéficiait de presque 50% d’heures de français de plus qu’aujourd’hui.
Il y a une seule chose qui n’a pas évolué, en somme : c’est la langue. Si les élèves sont toujours aussi bons et si les horaires sont suffisants, où est le problème ? :santa:

Bon, pour Romain, tout ce temps qu’on passe à étudier le français, c’est du temps perdu. Il faudra le redire aux élèves qui ont d’immenses difficultés en français… L’argument donné ici est celui qui a justifié l’évolution des horaires de français.

"du temps perdu à apprendre des exceptions à la con"
Si Romain enseignait, il saurait qu’on a déjà du mal à enseigner les règles… Puisqu’il parle de temps perdu, il ne dit rien de l’enseignement de l’anglais en primaire depuis le début des années 2000, grignotant sur… les horaires de français. Une langue dont le « code écrit » est beaucoup, beaucoup plus difficile, avec huit fois plus de graphème qu’en français et que personne ne songe à simplifier…

"rectifier une norme pour qu’elle soit plus logique et cohérente"
C’est précisément un autre aspect qui est contesté (en plus de vouloir influencer des usages de façon idéologique). Ces rectifications suppriment une certaine logique et introduisent des incohérences. Ajoutons qu’une double orthographe complexifie la langue puisque les élèves liront dans leurs manuels scolaires une orthographe artificielle qu’ils ne liront pas ailleurs…

La comparaison avec le mariage homosexuel est insultante : les tenants de l'usage (que Romain prétend défendre par ailleurs) sont de s réactionnaires. Écrire « île » avec un circonflexe est anti-humaniste.

Romain évoque toutes les études sur le SMS qui ne rend pas con en évoquant "toutes les études" sur le sujet, en faut une seul que nous avions pris plaisir à analyser.

Viennent ensuite les arguments psychologiques...
"vous n’aimez pas le changement… ça provoque une forme d’insécurité"

L'argumentation devient ensuite plus confuse encore : savoir écrire, c'est appartenir à une élite qui a tout intérêt à ce que l’orthographe reste difficile. Il faudrait savoir : c’est grave ou ce n’est pas grave ? Notre blogueur veut donc que ceux qui ne savent pas écrire ne rejoignent jamais cette « élite » ?

Romain milite pour des transformations plus radicales encore de la langue : supprimer les h qui ne servent à rien, par exemple.
Et tant pis s'ils servent à comprendre, par l’étymologie, le sens des mots ou à les relier entre eux mais bon, comme les langues anciennes (mutilées au même moment avec la réforme du collège), il faut laisser ça à l’élite sans doute… D'ailleurs Romain le dit lui-même : "l’étymologie dans la langue c’est hyper important".

"La langue évolue"
C’est l’argument le plus fallacieux. Précisément les usages n’ont pas évolué. Pour 1 graphie « cout » on trouve 402 graphies « coût ». Un sondage dit d’ailleurs que 80% des Français sont opposés à la réforme (dont 55% tout à fait opposés, y compris chez les plus jeunes…). D'où vient ici que "la langue évolue" autrement que par une injonction ? C’est le plus amusant dans ce débat : des linguistes à la cool qui se comportent comme des académiciens du XVII ou du XVIIIe siècle…

Rabelais dans la version originale, c’est chaud, nous dit Romain. Mais, précisément, c'est parce qu’il n’y avait pas de norme au XVe siècle. Comme quoi, la norme, ça a du bon… :santa:

"Rabelais, héros de la lutte pour le purisme"
:scratch:

Il est plutôt connu pour sa créativité verbale réjouissante. Mais Rabelais précisément est un écrivain. D’ailleurs, comme tous les humanistes, sa langue est nourrie de latin et de grec…

Pour la simplification d'"oignon" en "ognon", pourquoi ne pas avoir simplifié en « onion » ? Toute simplification est un choix aussi arbitraire…

Romain évoque ensuite la simplification du ph en espagnol, italien, portugais. Il ne dit rien sur sur l’allemand ou l’anglais, la langue la plus parlée dans le monde, qui les conservent...

Sur « nénuphar », qui est un mot rare et une exception, notre blogueur a raison. Mais on voit que ce qu’il justifie l’orthographe par l’étymologie quand il refuse l’orthographe par étymologie pour tous les mots réguliers. Or sur 529 mots français comprenant la graphie -ph-, 517 viennent régulièrement du grec soit… 98%. Les racines grecques sont un trésor pour comprendre ces mots savants.

Ajoutons que la graphie « nénuphar » s’est imposée dans les usages, et ce bien avant l’intervention de l’existence de l’Académie. Bref, Romain veut changer les usages arbitrairement, non les suivre.

Sur le circonflexe, il faut choisir son argumentaire : minorer les rectifications ou défendre une simplification et une harmonisation.
Exemple de "âme" : on garde l'accent alors qu’il s’explique de façon compliquée mais pas ceux qui s’expliquent de façon simple et permettent d'établir un réseau lexical dans la langue.

Toujours plus loin : Romain estime qu'il n'est pas besoin de distinguer les homophones puisqu'à l'oral on s'en sort très bien. Il devrait donc critiquer les rectifications ! :rirej

Sur l'accent circonflexe, Romain estime que nous avons "trois siècles de retard"...

Pour "week-end", il est cohérent de supprimer le tiret parce qu’il faut faire comme les Allemands avec un mot anglais d’origine : c’est « bien plus cohérent » que les élèves, tous anglophones, apprennent à écrire "week-end" de deux façons, en effet ! :santa:

L'orthographe c'est sacré : un outil de ségrégation sociale, nous dit Romain, qui n'est visiblement pas allé dans une école depuis longtemps.

A la fin de la vidéo, Romain attaque ses contradicteurs qui seraient donc incapables d'argumenter ("je pose mes couilles et toi t’es un abruti"). Et qualifier des arguments de « cons » ou « pourris » ou « de merde », ou ses contradicteurs de « pédants » ?

Ultime contradiction : Romain défend le caractère facultatif de cette réforme qu'il faut donc imposer aux élèves...

Le plus amusant est que, sur Twitter, Romain n'applique pas nécessairement ces rectifications si bonnes pour les autres ! ;)
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"Réforme de l’orthographe : les contrevérités continuent" 08 Fév 2016 07:09 #15837

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7 février 2016

Sur son blog, Jean-Michel Zakhartchouk (un des rédacteurs des nouveaux programmes de français) : "Sur quoi met-on l'accent ?"

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Etc.


8 février 2016

"Libé" : "Réforme de l’orthographe : les contrevérités continuent"

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Ludivine Bénard sur "Le Comptoir" : "Réforme de l’orthographe : on ne négocie pas avec la République"

Elisabeth Levy dans "Causeur" : "Sans circonflexes et sans complexes"

"L'Express" : "Non, M. Chatel, l'orthographe révisée n'a rien à voir avec la réforme du collège"

Etc.
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"Réagir face aux théories du complot" (Najat Vallaud-Belkacem) 09 Fév 2016 19:53 #15855

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Discours de Najat Vallaud-Belkacem ce 9/02/16 : "Réagir face aux théories du complot"

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"La réforme de l'orthographe" 11 Fév 2016 13:43 #15863

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Dans le "téléphone sonne" du 11/02/16, plusieurs interventions consternantes d'Olivier Houdart, correcteur du "Monde".

Parallèle relativiste du présentateur avec Victor Hugo, accusé "d'avoir défiguré la langue française".

Intervention d'une auditrice qui défend une langue "en perpétuelle évolution" : elle doit évoluer "comme tous les êtres vivants". "La belle orthographe n'est pas la garante du beau langage". Une réforme déjà appliquée "par de nombreux instituteurs".

Sauf qu'ici "l'évolution" est tout sauf naturelle. :santa:

Pour Olivier Houdart, le reproche adressé à Najat Vallaud-Belkacem est "subliminal" : "être une femme et être marocaine". :shock:

Pour Olivier Houdart, ce sont les éditeurs qui ont décidé d'appliquer ces rectifications.

Tous d'un coup et en même temps que les programmes eux-mêmes : quel hasard !

Nouveau relativisme à propos de cette "norme", de ce "code qu'il faut apprendre".

Olivier Houdart dit:
Je dirais presque que l'orthographe, c'est une sorte de savoir un peu stérile. [...] Personne, absolument personne n'écrit sans faire de faute.

C'est ce discours qui aide les enseignants au quotidien...

Olivier Houdart, défendant la lecture, essaie de montrer que l'orthographe devrait être secondaire. Malheureusement ce discours a été beaucoup entendu...

Olivier Houdart dit:
L'orthographe ne s'apprend pas vraiment.

Bernard Pivot montre qu'on est passé d'un extrême à l'autre, du rigorisme au laxisme.

Olivier Houdart dit:
L'orthographe, ça permet de discriminer un peu. C'est-à-dire que les gens qui ont un certain savoir, peut-être que inconsciemment ils veulent le protéger parce que ça fait d'eux une espèce d'élite en quelque sorte et ils ricanent en voyant des gens qui ont une mauvaise orthographe ou qui font des fautes de français.
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"L'Académie s'oppose à toute réforme de l'orthographe" 13 Fév 2016 09:05 #15877

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"Hélène Carrère d’Encausse dénonce « l’effondrement » de l’éducation nationale" 14 Fév 2016 11:58 #15880

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"80% des Français opposés à l’introduction de la réforme de l’orthographe dans les manuels scolaires" (Atlantico) 14 Fév 2016 20:48 #15881

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14 février 2016

"L'Ecole des lettres" par Jacques Vassevière : "L’orthographe, prétexte politique"

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Et un sondage massue de l'Ifop : "80% des Français opposés à l’introduction de la réforme de l’orthographe dans les manuels scolaires". Le sondage : www.ifop.com/?option=com_publication&type=poll&id=3301

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Sur le blog de Bruno Dewaele : "Nouvelle orthographe : une curieuse conception de la « responsabilité » !"

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"Les contre-vérités sans fin d'une secrétaire perpétuelle!" (Claude Lelièvre) 15 Fév 2016 18:24 #15887

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15 février 2016

La "Lettre de l'éducation" : "Orthographe  : le déferlement d’un non-événement"

Sur le blog de Philippe Cibois : "Situation de l’orthographe"

Évidemment, Claude Lelièvre ne pouvait que monter au créneau, comme à son habitude : "Les contre-vérités sans fin d'une secrétaire perpétuelle!". Repris dans le "Café"

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"Les contre-vérités sans fin d'une secrétaire perpétuelle!" (Claude Lelièvre) 15 Fév 2016 18:46 #15888

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On ne saurait s'étonner que Claude Lelièvre défende le ministère (voir notre grande autopsie) contre de vils réactionnaires.

Les contre-vérités sans fin d'une secrétaire perpétuelle !

Hélène Carrère d'Encausse s'étant enferrée dans le déni de l'approbation par l'Académie française de certaines « rectifications orthographiques » en 1990, tente une fuite en avant en proférant des contre-vérités patentes. Peut-on tolérer cela de la part de la secrétaire perpétuelle d'une institution considérée comme vénérable ?

Dans « La Croix » du 13 février, Hélène Carrère d'Encausse réitère son déni en l'accompagnant d'une autre contre-vérité : « Je n'ai pas compris les raisons qui expliquent l'exhumation d'une réforme de l'orthographe élaborée il y a un quart de siècle et où l'Académie n'a eu aucune part à l'inverse de ce que l'on a voulu faire croire ».

Cette seconde contre-vérité (qui vise à faire perdre de vue la contre-vérité initiale, à savoir le déni de l'implication effective de l'Académie française dans les « rectifications orthographiques » de 1990)
Au sujet de la première, on notera que M. Lelièvre se contente, sans aucun argument à l'appui, d'affirmer qu'il s'agit d'une "contre-vérité" (PS "contrevérité" si l'on suit les rectifications...).

Ce point mérite pourtant d'être nuancé. Le rapport de Maurice Druon, certes secrétaire perpétuel de l'Académie française a été présenté devant le Conseil supérieur de la langue française : c'est Michel Rocard qui a créé cette dernière institution en 1989 et lui a commandé des propositions. Celles-ci ont ensuite été adoptées par l'Académie pour être "soumises à l'usage du temps". Selon Maurice Druon, "l’Académie, à l’unanimité, a approuvé les propositions du Conseil" pendant la séance du 3 mai 1990. C'est cette adoption que conteste Mme Carrère d'Encausse : "L'historienne précise qu'en ce qui concerne la réforme de 1990, l'Académie s'était prononcée sur des "principes généraux - un nombre limité de rectifications d'incohérences ou d'anomalies graphiques - mais non sur le projet lui-même, dont le texte était en cours d'élaboration". L'Académie a par la suite "marqué son désaccord" avec le texte."

Voilà ce qu'un historien devrait vérifier.

...c'est l'affirmation selon laquelle il y aurait eu, dans les programmes qui viennent d'être adoptés, « l'exhumation d'une réforme de l'orthographe élaborée en 1990 » alors que ces programmes ne font que reprendre sur ces points précis les indications des programmes de 2008 édictées sous le ministère de Xavier Darcos (devenu depuis un académicien tout à fait reconnu).

C'était, pour les rédacteurs de ces programmes, une pleine continuité et un non événement. En effet, les programmes de 2008 sous le ministère de Xavier Darcos (et sans qu'il y ait eu alors la moindre interpellation ou contestation) s'étaient déjà prononcés sur ces points là.
C'est juste, quoique à nuancer (cf infra)... mais les programmes de 2008 n'appliquaient pas eux-mêmes ces rectifications ! A l'inverse, les programmes de 2016 précisent pour la première fois que : "Les textes qui suivent appliquent les rectifications orthographiques proposées par le Conseil supérieur de la langue française, approuvées par l’Académie française et publiées par le Journal officiel de la République française le 6 décembre 1990".

Pour l'école primaire, la page 37 du Bulletin officiel de l'Éducation nationale hors-série no 3du 19 juin 2008 pose comme principe que :« L’orthographe révisée est la référence ». Pour le collège, la page 2, section « Orthographe », du Bulletin officiel de l'Éducation nationale spécial no 6 du 28août 2008 indique que « Pour l’enseignement de la langue française, le professeur tient compte des rectifications de l’orthographe proposées par le Rapport du Conseil supérieur de la langue française , approuvées par l’Académie française » (Journal officiel de la République française du 6 décembre 1990) »
"tenir compte" peut aussi bien signifier que les enseignants peuvent les tolérer ou les exiger !

De ce point de vue, les programmes de 2008 étaient plus lâches dans leurs recommandations. La "référence" ne valait en effet que pour le primaire... et encore : sans donner l'exemple. La plupart des manuels scolaires de 2008 n'appliquaient pas ces rectifications.

Sans doute pour ''noyer le poisson'' (comme on ne dit pas sous la Coupole, car ce serait ''vulgaire '' ; mais on le fait), la secrétaire perpétuelle ajoute dans l'article de « La Croix » du 13 février que, depuis 1990, le contexte a totalement changé : « En 2016, nous sommes devant une situation radicalement différente », avec un système éducatif qui « s'est écroulé » au point « qu'un élève sur cinq quitte l'école sans savoir lire ».

Il ne saurait être question de nier ce drame effectif, et encore moins de l'instrumentaliser comme elle à des fins douteuses. Mais cet argumentaire est également une contre-vérité dans la mesure où il ne s'agit pas (hélas, et cela n'a que trop duré) d'une constatation nouvelle, mais de longue date, qui était déjà faite dans les années 1990 contrairement à ce que prétend Hélène Carrère d'Encausse.
Curieuse logique : rien n'interdit que les choses aient encore empiré depuis plus de trois décennies ! Claude Lelièvre devrait relire Antoine Prost, historien qu'on ne peut soupçonner d'appartenir à la réaction, et sa tribune dans "Le Monde" en 2013 : "Le niveau scolaire baisse, cette fois-ci c'est vrai !"

Mais réjouissons-nous de cette bonne nouvelle : Claude Lelièvre, qui aime à citer Le Niveau monte (de ... 1989) déclare en 2016 qu'"il ne saurait être question de nier ce drame effectif". Son déclinisme est juste un peu en retard... :roll:

Dès mars 1989, le ministre de l'Education nationale Lionel Jospin a assuré une grande publicité au « rapport Migeon » qui évalue à « 20% au minimum » le pourcentage d'élèves qui « quittent l'école sans savoir lire » . Et au congrès de la PEEP du 20 mai 1993, le ministre de l'Education nationale François Bayrou déclare qu' « il n'est pas acceptable qu'un enfant sur cinq, sur quatre ou sur trois , ne sache pas lire en sortant de l'école »
En 2008 la DEPP a montré qu'en 2007, 21% des élèves avaient le niveau des 10% les plus faibles en 1987. Mais peut-être qu'il s'agit d'une "contre-vérité".

Mais la secrétaire perpétuelle n'en a pas fini pour tenter de se sortir de son pas de clerc initial . In fine, « elle remarque que la réforme est tombée en désuétude. Les Français dans leur pratique ne l'ont pas cautionné ». D'où tient-elle cela ? On l'ignore.
De l'observation des usages, comme nous l'avons fait par exemple pour l'accent circonflexe... :santa:

Chose amusante : comme on l'a vu, Claude Lelièvre n'applique pas lui-même les préconisations de 1990...

[ Cliquer pour agrandir ]

Les dictionnaires Larousse 3 et Robert 3 intègrent progressivement « les rectifications orthographiques ». L'édition de 1993 du Petit Robert en comportait déjà autour de 1500 en 1993, principalement comme graphies alternatives. Celle de 2009 a repris un grand nombre d'autres modifications. Dans son édition 2012 (parue en 2011), le Petit Larousse 3 intègre les graphies rectifiées. Le Conseil international de la langue française 3 (CILF) a adopté, pour son dictionnaire des termes officiels, la nouvelle orthographe. L'édition 2009 du Multidictionnaire de la langue française 3 a comme première orthographe 60 % des rectifications ; et les autres modifications sont indiquées sous la forme d'un commentaire en fin d'article.
Que les dictionnaires présentent deux graphies ne signifie certainement pas que les deux graphies sont entrées dans les usages : il s'agit d'informer les utilisateurs de la possibilité de deux graphies... On observe d'ailleurs que seulement une partie des rectifications a été intégrée.

Les correcteurs informatiques, maintenant tous à jour, participent désormais à faire la promotion des « rectifications orthographiques ». Depuis 2002-2003, ProLexis 3, très présent auprès des maisons d'éditions et de la presse en France, permet à l'utilisateur d'employer l'une ou l'autre des deux orthographes. Depuis octobre 2003, la cinquième édition d'Antidote 3, Antidote Prisme 3, intègre l'ensemble de la nouvelle orthographe.
Raison aggravante puisque ce choix n'a massivement pas été suivi...

Bon, si on sifflait la fin de la partie et d'une semaine de bruits qui n'ont pas grandi leurs auteurs ?A moins que ce ne soit une vraie campagne de désinformation et de manipulation, délibérément provoquée et dûment orchestrée? Mais que ferait là une secrétaire perpétuelle de l'Académie française ? Ce serait vraiment inadmissible !
Claude Lelièvre qui cèderait au complotisme ? On aurait tout vu ! :P

Hélène Carrère d'Encausse a surtout défendu l'Académie française, utilement présentée comme un parapluie pour justifier l'application aberrante en 2016 dans les programmes et dans les manuels scolaires de rectifications qui ne sont jamais entrées dans les usages...
Ce qui est moderne peut (aussi) être idiot.
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"En France, l’orthographe sert à se distinguer socialement" (Claude Lelièvre) 16 Fév 2016 15:49 #15898

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16 février 2016

Nouvelle déclaration de l'Académie : "Déclaration de l’Académie française sur la «réforme de l’orthographe»"

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Et, bien entendu, dans "Le Monde" du 16/02/16, toujours Claude Lelièvre : « En France, l’orthographe sert à se distinguer socialement »

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"Le Monde - Les Décodeurs" : "« Réforme » de l’orthographe : l’Académie comptait bien faire appliquer ses « rectifications » en 1990"

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"En France, l’orthographe sert à se distinguer socialement" (Claude Lelièvre) 16 Fév 2016 16:11 #15899

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L’historien Claude Lelièvre, spécialiste du système éducatif...
Et défenseur perpétuel du MEN lorsqu'il est socialiste...

La polémique sur cette « réforme » de l’orthographe qui n’en est pas une – puisque les rectifications proposées il y a un quart de siècle demeureront, à la rentrée prochaine encore, facultative – vire à la guerre de position. A-t-on connu de pareilles crispations en 1990 ?

On ne peut le nier. A l’époque, déjà, François Bayrou avait fait entendre son opposition aux rectifications orthographiques formulées par le Conseil supérieur de la langue française et défendues par le secrétaire perpétuel de l’Académie, Maurice Druon. M. Bayrou, qui n’était pas encore ministre de l’éducation [il le sera de 1993 à 1997], avait rassemblé autour de lui un petit groupe d’« anti », sous l’appellation « Le Français libre », regroupant des personnalités aussi diverses que Michel Tournier, Alain Finkielkraut… Sur la scène médiatique, d’autres intellectuels – Georges Wolinski, Jacques Vergès – s’étaient aussi positionnés contre. Dans l’autre camp, des acteurs de la francophonie, des associations de traducteurs réclamaient ces simplifications.
Pas de noms ?

Réforme ou « réformette » : comment percevez-vous les changements introduits ?

Le texte approuvé par les Immortels, en janvier 1991, entend sauver l’essentiel des rectifications soumises à un premier vote en mai 1990 (et voté à l’unanimité… des présents), mais avec souplesse et sans obligation : les changements orthographiques ne passeront pas par des mesures coercitives, l’usage devra l’emporter…
Quelle idée saugrenue !

On joue la montre, on donne du temps au temps, soit. Mais l’école peut-elle enseigner du facultatif ? Je doute qu’il soit possible que cela donne des résultats tangibles.
Donc, si l'on suit le raisonnement de Claude Lelièvre, il faut bien imposer les rectifications aux élèves...

Ces « rectifications », portées par les nouveaux programmes – ceux qui, du CP à la 3e, entreront en vigueur en septembre 2016 –, l’étaient en réalité déjà par les programmes de 2008, redéfinis sous la droite…

Et à l’époque, personne ne s’en est indigné ! L’Académie française est prise en flagrant délit de déni de réalité lorsqu’elle affirme qu’on « exhume » aujourd’hui cette réforme : les programmes remis en septembre dernier par Michel Lussault [le président du Conseil supérieur des programmes], qui inspirent les manuels en cours de réécriture globale, ne font que reprendre sur ces points précis les indications des programmes de 2008 édictées sous le ministère de Xavier Darcos – devenu, depuis, un académicien tout à fait reconnu : « L’orthographe révisée est la référence ».
Formule qui concerne seulement le primaire. Et les programmes comme les manuels ne les appliquaient pas

Comment, expliquer, alors, que le débat échappe à la rationalité ?

Si l’étincelle, sur cette question, prend aussi vite c’est que l’orthographe est bien une passion française. Une passion récente, certes – elle remonte au XIXe siècle – mais que nous nous plaisons à entretenir. Bien des ministres de l’éducation, dès l’époque de Jules Ferry, tentent de réduire la place de son enseignement dans le temps scolaire.
C'est à ce genre de considérations qu'on comprend beaucoup de choses sur le naufrage de l'école...

On a divisé par deux le temps scolaire consacré au français depuis 1923 : une grande réussite de notre école !



En vain. Même Ferdinand Buisson, considéré comme l’un des plus grands réformateurs de l’école, cale sur cette question. Aujourd’hui, nous sommes le seul pays à organiser des championnats internationaux d’orthographe.
Quel rapport avec l'école ? :scratch:

L’un des rares, aussi, à utiliser l’orthographe, la dictée, comme des outils de classement : regardez l’enquête internationale PISA, elle ne s’intéresse pas à ce domaine-ci…
L'orthographe, la dictée "comme des outils de classement" ? :shock:

Le raisonnement de Claude Lelièvre est admirable : PISA ne recourt pas à la dictée ou à l'orthographe, preuve de leur inutilité. C'est vrai que PISA devrait évaluer l'enseignement de la langue française dans les autres pays de l'OCDE. De fait, surtout, PISA n'évalue en rien l'expression écrite. Seulement la "compréhension de l'écrit"... :santa:


En France, même au XXIe siècle, l’orthographe sert à se distinguer socialement : on a le droit de ne pas maîtriser une règle de trois… mais pas de « fauter » en orthographe.
Ne pas savoir calculer n'est pas discriminant socialement ? Bonne nouvelle ! :santa:

Évidemment, cette tarte à la crème sociologique, avatar de la distinction de Bourdieu, oublie que 80% des Français sont opposés aux rectifications orthographiques (voir le sondage Ifop plus haut).

Le discours sur la distinction, sorte de snobisme progressiste, alimente un relativisme orthographique dont les effets sont dévastateurs, notamment pour les publics les plus éloignés de la langue. Mais au fait : en n'appliquant pas ces rectifications, Claude Lelièvre se distinguerait-il ?

Au demeurant, la valorisation de l'oral, comme dans la réforme du collège, prépare une reproduction accrue des inégalités. L'écrit a cette vertu de pourvoir être anonyme dans les examens.

La langue écrite est devenue l’un des deux totems – avec le roman national – constitutif de notre identité.
Amalgame grossier, dont Claude Lelièvre est coutumier...

Mais être français aujourd’hui, est-ce croire qu’on atteint les sommets de la culture quand on s’agrippe à la cime de l’accent circonflexe ? J’en doute.
Présenté ainsi, en effet...

Mais Claude Lelièvre ne parle jamais ici des rectifications elles-mêmes et de leur pertinence.

Peut-on, au vu de cette controverse, imaginer une réforme de l’orthographe plus ambitieuse – celle que certains linguistes appellent de leurs vœux ?

On se crispe déjà sur des petits détails – 2 400 rectifications, certaines déjà en usage… Imaginez ce que ce serait de règles plus importantes. Si l’orthographe a pu évoluer ces dernières années, après avoir été amplement réformée entre les XVIIe et XIXe siècles, c’est seulement à la marge : des « tolérances grammaticales » s’installent. On arrive à admettre qu’on écrive autrement telle ou telle expression. Mais personne ne se hasarderait à affirmer : « Il faut écrire ceci comme cela ».
On se demande surtout pourquoi on demande l'avis des linguistes s'agissant de l'enseignement. Et si on demandait l'avis des enseignants ?
Ce qui est moderne peut (aussi) être idiot.
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"J'enseigne en nouvelle orthographe et... tout va bien" (Charivari) 16 Fév 2016 16:17 #15900

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Sur le sujet, un article intéressant : "J'enseigne en nouvelle orthographe et... tout va bien" par Charivari (4/02/16)

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"J'enseigne en nouvelle orthographe et... tout va bien" (Charivari) 16 Fév 2016 16:23 #15901

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Kustolovic dit:
Sur le sujet, un article intéressant : "J'enseigne en nouvelle orthographe et... tout va bien" par Charivari (4/02/16)
Oui mais Delphine Guichard oublie certaines précisions données plus haut.

J'enseigne en nouvelle orthographe et... tout va bien.
Par Charivari dans Idées en vrac le 4 Février 2016 à 23:50
Numérique scolaire, nouveaux rythmes, nouveau jargon grammatical (le prédicat), nouvelle orthographe : pour Delphine Guichard, qui montre la voie à ses collègues sommés de faire "un effort", toute réforme est bonne à prendre ! :santa:

En l'occurrence, elle a évidemment toute liberté d'enseigner avec l'orthographe rectifiée : le problème n'est pas là... :roll:

Comme énormément de mes collègues de primaire (et la plupart des profs blogueurs), j’écris en nouvelle orthographe et je l’enseigne, depuis sept ou huit ans.
Affirmation non étayée : on pourrait aussi bien affirmer le contraire. D'ailleurs, quand on consulte le compte Twitter de Charivari, on s'aperçoit que le respect des rectifications est très variable : il est vrai que rien ne l'y oblige mais curieux d'applaudir à des rectifications harmonieuses... sans les appliquer soi-même.

Sur le même problème de perspective, on pourrait rappeler que la grande majorité des PE étaient hostiles ]à l'aberrante réforme des rythmes scolaires.

De plus en plus de mes manuels sont déjà à jour.
Affirmation parfaitement subjective : de tous les éditeurs scolaires, seul Hatier a adopté les rectifications à partir de 2010 pour le primaire, et encore : pas dans toutes ses publications !

Cela passe quasiment inaperçu tant ces rectifications sont légères, très loin de l’hystérie collective qui s’est emparée des réseaux sociaux ces jours-ci.
Bien sûr, elles sont minimes. Mais certaines sont aberrantes, parce qu'elles ne respectent pas les usages et parce qu'elles ne sont pas pertinentes en elles-mêmes.

Comme mes collègues (lisez Mistinguette, ici), j’applique les programmes qui, depuis 2007, puis 2008, puis 2015*, demandent aux profs d’adopter comme référence l’orthographe révisée de 1990.
Sauf que les programmes de 2008 ne respectaient pas eux-mêmes l'orthographe de référence. On trouve dans ces programmes plus de 700 rectifications non appliquées. C'est d'ailleurs la raison qui a conduit les éditeurs à rester prudents.

Ce blog est écrit en nouvelle orthographe, depuis 2008, et, soyez honnête, est-ce qu’il vous pique les yeux ? Est-ce que la langue française vous semble défigurée ? Alors on respire un coup, on ne se laisse pas manipuler par les lanceurs de psychodrames, TF1 et autre BFM en tous genres, et on se documente avant de faire une crise d’hystérie... (et ensuite on passe à autre chose parce qu’il y a bien d’autres dossiers plus importants concernant l’orthographe de nos élèves que ces quelques millepattes sur leur nénufar).
Il y a quand même visiblement de quoi écrire un long article de blog. ;)

À l’IUFM, j’ai eu un professeur de français qui nous a expliqué les raisons de ces rectifications. J’ai compris qu’il ne s’agissait pas de simplification, ni de nivèlement par le bas, mais seulement de faire vivre notre langue, comme l’ont fait les académiciens durant les siècles passés.
Drôle de façon de "faire vivre notre langue" en imposant des usages au lieu de les suivre.

En effet, au cours des siècles, l’orthographe française n’a cessé d’évoluer. Par exemple, y a-t-il encore un seul enseignant qui écrirait :

En sortant de la chosrale du collége, les enfans sont allés rue du Roy, pour veoir leur grand’mère et lui ont donné un poëme.

Non, n’est-ce pas ?
Le travail de l'Académie était relativement différent : il s'agissait de rationaliser des usages hésitants, ce qui est loin d'être le cas dans la plupart des rectifications proposées en 1990.

Si vous n’écrivez plus le français ainsi, c’est parce que l’Académie française a, une fois ou deux par siècle, proposé un "toilettage" de la langue et que les instituteurs de nos grands-parents ont accepté de les appliquer. Ils ont accepté d’écrire désormais voir et non veoir (clic), de remplacer l’apostrophe de grand’mère par un trait d’union (1932), d’abandonner ce joli tréma sur poëme (1878), de changer l’accent aigu de collége (1878) en accent grave, d’écrire enfants et non enfans (1835)...
C'est qu'il y avait deux graphies concurrentes pour "enfant" : on a d'ailleurs gardé celle qui permettait d'établi un réseau lexical à partir du latin. De même, pour les deux usages concurrents de "poème".

Pour "voir", l'Académie n'a fait que suivre l'usage dominant.

Le trait d'union de "grand-mère" a bien été imposé en revanche, mais difficile de voir dans l'apostrophe une marque de sens.

Bref les comparaison choisies ne semblent pas très pertinentes. Il n'y a pas deux graphies concurrentes de "île" aujourd'hui, même si "ile" est autorisé depuis 26 ans.

Aujourd’hui, depuis les rectifications de l’orthographe de 1990, l’Académie française* nous demande :
- d’écrire assoir et non plus asseoir (comme on écrit aujourd’hui voir au lieu de l’ancien veoir)
- d’écrire évènement et non plus événement (comme on écrit collège au lieu de l’ancien collége [1878])
...
La seconde "rectification" suit du moins un usage oral.

PS : l’Académie française ne "demande" pas : elle propose. C'est l'autorité politique qui, précisément, veut imposer ces rectifications.

Certains profs prétextent que ces règles sont peu employées. Cela justifierait, selon eux, qu’ils ne les enseignent pas.

Première chose : ce n’est pas vrai.
Tout dépend des mots considérés. S'agissant des circonflexes, par exemple, les sources imprimées sont sans appel...

Vous utilisez au quotidien l’orthographe rectifiée sans même le savoir. La preuve, ce test du Figaro (qu’on ne peut guère soupçonner de complaisance à l’égard de ces rectifications) dans lequel les lecteurs devaient choisir entre deux graphies pour une dizaine de mots. À la fin du test, le site indiquait s’ils avaient utilisé en majorité l’orthographe traditionnelle ou l’orthographe rectifiée :

Capture d’écran du 20/2/2016 - Quiz "Traditionnelle ou rectifiée ? Testez-vous pour savoir quelle orthographe vous utilisez" Site du Figaro en ligne

Ce quiz porte sur dix mots, toujours les mêmes : les rectifications concernent 2400 mots...

Aucun de ces dix mots ne fait partie des plus fréquents et il n'y a qu'un circonflexe... sur un mot rare. Quatre mots suivent un usage oral ou un usage écrit bien antérieur à 1990. Le quiz ne donne pas le détail par mot (comme si on avait adopté la graphie rectifiée à 100% : quel résultat pour "ognon" par exemple ?) mais le résultat brut, peu nuancé.

Bref le quiz aurait sans doute donné des résultats bien différents avec deux ou trois autres mots. "Une preuve" plus que discutable, en somme. :roll:

Dans le détail, les mots du quiz
- "scénarios" n'a fait que suivre l'usage
- "mille-cent-trente-deux" : ngram viewer montre que la règle est respectée de manière erratique
- "épître" continue de l'emporter largement dans les sources imprimées
- événement" continue de l'emporter largement dans les sources imprimées, mais l'usage oral justifie la nouvelle graphie "évènement".
- "a capella"
- "oignon" : la graphie est tout à fait nouvelle. On aurait d'ailleurs aussi bien pu écrire "onion" : choix purement arbitraire.
- des "après-midi"
- "nous cèderons" cède à l'usage oral.
- "aigüe" est une nouvelle graphie.
- "référendum" : graphie concurrente largement majoritaire depuis les années 40.


Deuxième chose : il est normal que les adultes ne les utilisent pas (toutes). En effet, on ne le leur demande même pas puisque les deux orthographes restent acceptées.
Pas dans les manuels et pour les enseignants. Il s'agit donc de créer un double usage : l'un naturel, l'autre artificiel. Très pratique pour les élèves.

Le correcteur d’orthographe de Word est à jour depuis la version 2007, celui d’OpenOffice également, les dictionnaires commencent à y venir (Hachette depuis 2002, Larousse depuis 2012). Des livres de références comme le Littré, le Grevisse (Du bon usage) ou plus simplement la collection "Les Dicos d’or" font tous référence aux nouvelles règles. Sur le site www.nouvelleorthographe.info, menu 13, on peut voir 150 titres de livres écrits conformément à l’orthographe rectifiée.
On aurait donc dû voir des évolutions dans les sources imprimées... ce qui n'a pas été le cas, comme le montre "boîte" depuis 1990.

Personne n’est obligé d’utiliser la nouvelle orthographe (l’ancienne orthographe reste admise) mais les textes officiels demandent aux professeurs de l’enseigner en classe.
Donc "personne" sauf... les professeurs. :roll:

La formule était plus lâche dans les programmes du secondaire ("Pour l’enseignement de la langue française, le professeur tient compte des rectifications").

Cela vaut le coup, si le sujet vous intéresse, de lire Maurice Druon (secrétaire perpétuel de l’Académie française à l’époque), présentant ces rectifications de l’orthographe au Premier ministre, en 1990 (c’est là : clic). Il disait, notamment :
"Il a été entendu que les propositions des experts devraient être à la fois fermes et souples : fermes, afin que les rectifications constituent une nouvelle norme et que les enseignants puissent être informés précisément de ce qu’ils auront à enseigner aux nouvelles générations d’élèves ; souples, car il ne peut être évidemment demandé aux générations antérieures de désapprendre ce qu’elles ont appris, et donc l’orthographe actuelle doit rester admise. La situation est en fait la même qu’en 1835, quand la graphie oi fut remplacée par la graphie ai conforme à la prononciation d’usage dans les mots j’avais, j’aimais, français. Chateaubriand approuva cet ajustement, tout en continuant d’écrire comme il en avait l’habitude."
Tout est dit.
Dans ce cas précis, la rectification suivait un usage...

On peut approuver le principe d’un toilettage de la langue, sans les appliquer soi-même, mais en laissant aux professeurs le soin d’enseigner les nouvelles règles aux enfants. Les enfants vont les apprendre. Ils grandiront et, dans dix ou quinze ans, ils écriront comme ils l’ont appris. C’est comme cela que les réformes précédentes se sont diffusées, peu à peu.
Les élèves vont surtout apprendre des graphies qui ne sont pas dans les usages...

C’est parce que les enseignants de nos grands-parents ont accepté de jouer le jeu, accepté de ne pas enseigner "comme ils avaient appris"...
Les enseignants du XIXe siècle ont soit suivi des usages (oraux par exemple), soit suivi une rationalisation entre plusieurs usages. C'est sans rapport avec certaines rectifications arbitraires de 1990.

...que notre langue est ce qu’elle est aujourd’hui et que nous la trouvons belle. Aujourd’hui, c’est à nous, professeurs, de faire le même effort.
C'est ici sous-entendre que le refus serait lié à la mauvaise volonté des enseignants, ce qui est assez contradictoire avec l'affirmation préliminaire que les enseignants appliquent déjà ces rectifications. :santa:

L'opposition peut parfaitement être rationnelle, comme nous nous efforçons de le montrer ici. De fait, c'est l'imposition de certaines de ce rectifications qui est irrationnelle, voire idéologique.

De mon côté, comme vous, j’imagine, j’ai eu peur, au début, de participer à une dégradation de la langue, à un nivèlement par le bas. Mais il n’en est rien.

D’abord ces rectifications sont mineures. Il y a encore beaucoup d’occasions de faire des erreurs. Mais surtout ces rectifications ne visent pas la simplicité, elles visent l’harmonie.

Prenons l’exemple des mots souffler et boursoufler. Si on avait vraiment cherché à simplifier, on aurait écrit les deux mots avec un seul f. Au contraire, l’Académie française demande qu’on écrive désormais deux f à boursouffler, pour que l’on retrouve dans ce mot sa famille de souffler : souffle, soufflet, essoufflé… boursouffler.
L'harmonisation est en effet bienvenue ici. A noter que la simplification aurait obligé à changer tant d'autres mots que ce n'aurait pas été une simplification. :P

Toutes les rectifications relèvent de ce même objectif...
Affirmation tout à fait abusive : tous les mots en -aître portent le circonflexe, par exemple. Il s'agit bien d'une simplification (arbitraire).

...tout comme les rectifications des siècles précédents.
On a vu que la comparaison n'était pas pertinente dans de nombreux cas.

À ce titre, elles s’inscrivent vraiment dans l’histoire de notre langue. Une langue plus harmonieuse, c’est une langue qui a plus de « tenue », une langue plus belle.
Curieuse façon d'être plus harmonieuse en privant les mots dont le s est tombé de faire famille avec ceux qui ont conservé le s : goût, dégoût/déguster, gustatif (et l'anglais disgusting).

... et cette remarque vaut même pour nénufar. Savez-vous que ce mot s’est toujours écrit avec un f jusqu’en 1935 ? (Je le prouve : ligne 9 de cette édition originale de Chateaubriand, ou encore ici chez Mallarmé). Ci-dessous, dictionnaire de 1878 (Source : clic)

Dans les usages, "nénuphar" s'est toujours imposé avec ph (fautif étymologiquement mais ce sont les usages). La preuve par les sources imprimées :



Dès lors, affirmer de façon aussi péremptoire que "ce mot s’est toujours écrit avec un f jusqu’en 1935"... :roll:

Oui, Victor Hugo, Monet, Zola... écrivaient nénufar.
Est-ce si sûr ?

Dans la dernière édition des "Châtiments" (édition de 1870) revue et corrigée par l'auteur :



Ou dans "Une farce" (édition de 1888) de Zola :



Il semblerait que ces deux monuments de la littérature aient été enrôlés un peu trop légèrement dans cette polémique...

De même que dans les éditions des œuvres de Chateaubriand on trouve les deux graphies.
Atala, édition de 1801 : gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6511552f/...mage.r=n%C3%A9nuphar
Atala, édition de 1830 : gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5618942n/...r=n%C3%A9nuphar.zoom
Oeuvres complètes (édition de 1838) : books.google.fr/books?id=dewMAQAAIAAJ&pg...ge&q=nenufar&f=false
Mais en 1935, on s’est trompé en pensant que le mot était de la famille du mot grec nymphéa, alors on a décidé de l’écrire avec ph. Depuis lors, on s’est rendu compte de l’erreur. Le mot vient du persan et le ph n’est pas du tout justifié. On réserve la graphie ph aux mots qui viennent du grec (lettre phi). Donc on écrira nénufar, mais on ne touche pas à éléphant ni à philosophie !
On a surtout suivi les usages (cf supra)...

Et l’accent circonflexe, me direz-vous ? C’est vrai que l’accent circonflexe avait souvent pris la place d’un ancien s, mais cette règle n’était même pas constante. Pourquoi coût et pas coûtume (qui vient pourtant de l’ancien français coustume et du latin consuetudo) ?
Peu importe en l'occurrence : aucun autre mot français de la famille de coutume n'a conservé le s. Ce qui importe dans le circonflexe, c'est moins de rappeler une étymologie que de faire réseau.

Pourquoi jeûner mais déjeuner, dûment mais éperdument, grâce mais gracieux, fantôme mais fantomatique, mêler mais mélange, bête mais bétail (...) ?
On remarquera que les trois derniers exemples ne sont pas "rectifiés"... :santa:

La graphie "déjeûner" (même étymologie que "dîner") a été abandonné dans les usages au début du XIXe siècle, ce qui n'est pas le cas des mots concernés par la réforme. L'exemple est d'ailleurs mal choisi car précisément l'accent circonflexe de "jeûne" est conservé...

Le circonflexe de "dûment" n'est pas lié à un s. Le mot n'a aucun rapport étymologique avec "éperdument".

Pourquoi pas moûche (qui vient de musche et musca) ni soûtenir (qui vient de sustinere) ?
Tel est l'état de la langue aujourd'hui...

Hasard ? Il y a très peu d'autres mots de la même famille en français ("sustenter").

Pourquoi les mots drôle, extrême, théâtre, symptôme (...) portent-ils un accent alors qu’il n’y avait aucun s dans leur mot d’origine ? Décidément, rien de constant dans cet accent.
Pour d'autres raisons, comme pour "dûment". Et encore une fois ces mots ne sont pas concernés par les "rectifications". Donc, quand le circonflexe fait sens sur le î ou le û, on le supprime, et quand il ne fait pas sens sur d'autres lettres on le conserve : belle "harmonisation" en effet !

C’est pourquoi le Conseil Supérieur de la Langue française propose de le retirer sur les i et les u (sauf lorsqu’il y a risque de confusion), c’est à dire sur les lettres où ces accents ne se prononcent pas.
Le "c'est pourquoi" est ici très mystérieux. :santa:

J’écris aussi, désormais, un millepatte, même si la bébête a beaucoup de pattes, tout comme vous écrivez aujourd’hui un portefeuille ou un millefeuille, parce qu’il n’y a qu’un seul objet, qu’un seul gâteau. D’ailleurs, cette règle de l’orthographe des noms composés était terrible : un chausse-pied ou un chausse-pieds ? On chausse un pied à la fois, mais on a deux pieds, alors... -s ou pas ? Même les grands auteurs se contredisaient. Désormais, unijambiste ou pas, j’écris un chausse-pied, des chausse-pieds.
Pourquoi pas, en effet.

Certains ont peur que les élèves soient perturbés d’apprendre une orthographe et d’en lire une autre dans leurs revues ou romans. C’est oublier que nos élèves ont bien d’autres chats à fouetter en orthographe, et surtout que beaucoup de mots avaient déjà deux orthographes possibles, même dans mon enfance, sans que personne n’ait été empêché de dormir (clé/clef, pic-vert/pivert, cuillère/cuiller, lys/lis, saouler/soûler, tsigane/tzigane, gaiement/gaîment, resto/restau [il y en a beaucoup d’autres]...
Dans ce cas, pourquoi imposer une graphie ? :shock:

A noter que c'est très différent dans le cas qui nous occupe : il s'agit de créer des doublons artificiels...

Rassurez-vous, nous sommes très nombreux, dans les classes de primaire, à enseigner ces nouvelles règles et cela se passe vraiment sans aucun souci. Quand, dans le meilleur des cas, un élève remarque deux graphies différentes, cela donne l’occasion de parler un peu de l’histoire de la langue et de son évolution.
Donc les élèves ne seraient pas perturbés par deux graphies différentes mais ne pourrait pas apprendre celle qui correspond aux usages ?

On lit aussi, ici et là, que certains éditeurs rechigneraient à appliquer la nouvelle orthographe sur les textes classiques. Pourtant, même ces éditeurs-là publient déjà aujourd’hui les textes classiques dans une orthographe différente de celle que l’auteur avait utilisée, puisque d’autres réformes de l’orthographe ont été, elles, appliquées.
En attendant ils ne le font pas. Pire, comme l'annoncent certains éditeurs : dans les manuels, on peut rencontrer l'orthographe traditionnelle quand il s'agit de textes littéraires...

Jugez plutôt de ce que donnerait une fable de La Fontaine en orthographe d’origine :

La Cigale ayant chanté
Tout l’Esté
Se trouva fort dépourveuë
Quand la Bize fut venuë.
[Non, non, il n’y a pas d’erreur, il s’agit bien de l’édition originale ! Voir ici]
D'une époque où l'orthographe n'était pas fixée. La première édition du Dictionnaire de l'Académie date de 1694 : elle est postérieure à cette fable...

Cela ne choque personne que l’on ne publie pas les fables de la Fontaine telles que le fabuliste les avait écrites. Les élèves, même lycéens, ne lisent ni Ronsard, ni Hugo, ni Maupassant dans leur orthographe d’origine. Alors, si on applique bien les réformes précédentes sans sourciller, pourquoi faudrait-il refuser d’appliquer la dernière ? Pourquoi faudrait-il figer la langue dans son état de 1935 [date de la réforme précédente) ?
La vraie question est différente : pourquoi changer des graphies sans aucune nécessité et selon des choix arbitraires ?

On peut, bien sûr, publier Victor Hugo en nouvelle orthographe. Les modifications, en plus, seront tellement minimes que peu d’élèves s’en apercevront.
On a vu qu'il écrivait "nénuphar"...

Car oui, ces modifications sont minimes. Antoine Fetet (l’auteur de la méthode Cléo, aux Éditions RETZ) a compté : Dans son Cléo CE1, qui fait 128 pages, 21 mots ont été touchés par la réédition en nouvelle orthographe. Seulement 21 mots sur 128 pages de manuel... C’est dire si la nouvelle orthographe ne "défigure" en rien la langue française.
Argument contradictoire avec celui de "l'harmonisation" nécessaire.

Rien à voir avec le "langage SMS" ou une transcription phonétique, comme on le lit parfois.
Effectivement...

En conclusion ? Pour tous les visiteurs de ce blog qui ne sont pas professeurs, soyez rassurés : on peut faire confiance à l’Académie française pour défendre la langue.
Sauf quand elle "défend la langue" en soulignant que les graphies autorisées ne sont pas rentrées dans les usages depuis un quart de siècle... :santa:

Et pour tous mes lecteurs enseignants qui n’ont pas encore sauté le pas, un peu de courage. Osez le changement, faites confiance aux experts de la langue et enseignez ces quelques règles.
L'argument du "changement" laisse pantois : l'innovation pour l'innovation, en somme.

Cela se fait très facilement, en configurant, par exemple, le correcteur de votre traitement de texte pour qu’il n’accepte que les nouvelles règles (clic pour la procédure pour Microsoft Word).
La procédure ne laisse pas le choix des formes.

J’ajoute un dernier mot à l’intention de nos IEN : quand j’ai commencé à enseigner, en 2008, notre IEN avait rappelé à tous que le programme était le programme et qu’il attendait donc que nous adoptions comme référence ces fameuses rectifications de l’orthographe ("dans les leçons des cahiers, au tableau et sur vos affichages"). Il n’en avait pas fait une montagne non plus (même à cette époque, il y avait bien d’autres sujets à traiter)...
Comme quoi.

... mais nous avait demandé de faire passer le miniguide de l’orthographe recommandée dans tous les cahiers de liaison. Cette directivité assumée nous a, finalement, facilité la tâche. Aux parents grognons ou inquiets, il nous était plus facile de répondre "c’est le programme, et l’Inspecteur qui y tient" que si nous avions eu à assumer et justifier une décision individuelle.
C'est tellement mieux d'enseigner contre les usages...

Mais comment se fait-il que des parents aient été "grognons" contre des modifications aussi minimes et harmonieuses : "J'enseigne en nouvelle orthographe et... tout va bien" ? :santa:

Il me semble que, si le sujet a autant de mal à passer, c’est aussi que les consignes n’ont pas partout été aussi explicites.
C'est le moins qu'on puisse dire... Et surtout qu'une grande partie des "rectifications" sont en réalité aberrantes. On notera à ce sujet que Delphine Guichard ne formule AUCUNE critique, si minime soit-elle, des rectifications.

D’ailleurs, ce n’est pas un service à rendre aux IO que de laisser entendre que leur application serait optionnelle, à mon avis.
En somme, tout le monde aurait le choix, élèves compris... mais pas les enseignants !

On notera la contradiction avec le caractère facultatif des rectifications comme argument rassurant.

(*) Puisque certains disent que l’Académie française ne serait pas d’accord avec ces rectifications, je redonne le lien que tout le monde peut aller lire : clic
Les rectifications ont été proposées par le CSLF, sur demande politique : elles ne sont pas le fait de l'Académie qui a d'ailleurs soumis les nouvelles graphies "à l'usage du temps". On a vu ce qu'il en était depuis un quart de siècle...

En résumé, que d'affirmations gratuites, des généralisations abusives, d'informations erronées ainsi que de contradictions dans ce long billet ! Et surtout un regard critique... dans une seule direction : quand Delphine Guichard critique les circonflexes, elle oublie de signaler qu'une grande partie d'entre eux sont conservés.
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"Guerre de l’orthographe, angoisse existentielle typiquement française" (Le Monde) 16 Fév 2016 20:19 #15902

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16 février 2016

Sur "Europe 1" du 16/02/16 : "Orthographe : Vallaud-Belkacem ou l'Académie française, qui a raison ?"

Voir aussi cette synthèse : line.do/fr/lorthographe-et-son-histoire/a3z/vertical

Trois nouveaux articles dans "Le Monde" :

Un éditorial : "Guerre de l’orthographe, angoisse existentielle typiquement française"

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Toujours dans "Le Monde" : "Orthographe : Mme Vallaud-Belkacem fait part de son « étonnement » à l’Académie française"

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Et les "Décodeurs" : "« Réforme » de l’orthographe : l’Académie comptait bien faire appliquer ses « rectifications » en 1990"

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"Guerre de l’orthographe, angoisse existentielle typiquement française" (Le Monde) 16 Fév 2016 23:52 #15910

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Le Monde dit:
A la longue, dans l’orthographe, l’usage triera ce qui est secondaire et ce qui relève de l’immarcescible
Le tri aurait déjà pu être fait, depuis 26 ans... D'ailleurs les rectifications étaient déjà censées entériner en 1990 des usages qui n'existent pas.

Mais rien d’essentiel n’est ici en jeu et, d’ailleurs, rien n’est vraiment obligatoire : « l’ancien » coexistera avec le nouveau.
Pourquoi dès lors les manuels se l'imposent-ils ?

Plus que de cet ajustement mineur, on devrait s’inquiéter de la permanence d’une forme d’illettrisme, de la dégradation générale de la langue écrite et parlée ou de la progression des anglicismes (notamment dans ces colonnes). Voire, comme l’écrit dans Le Figaro, l’académicien Marc Fumaroli, de « l’angoisse existentielle » que révèle le débat provoqué dans le pays par cette mini-réforme (ici, on gardera le tiret, mais pas à chauvesouris ni à croquemonsieur).
Parce que c'est un tout. Ces rectifications aberrantes s'ajoutent à bien d'autres réformes scolaires idéologiques en 2016.

Du XVIIe siècle, qui vit le premier dictionnaire de la langue française, au XXe, la langue et son orthographe n’ont cessé d’évoluer, le plus souvent sous la pression de l’usage plus que de l’Etat. C’est le propre d’une langue vivante.
Sauf que c'est précisément l'inverse ici...
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"Hélène Carrère d'Encausse : "L'orthographe n'a pas à être imposée par un pouvoir politique" (Le Point) 17 Fév 2016 16:59 #15921

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17 février 2016

Dans "Le Monde" : "Najat Vallaud-Belkacem : « La réforme de l’orthographe n’existe pas ! »"

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Dans "Le Point" : "Hélène Carrère d'Encausse : "L'orthographe n'a pas à être imposée par un pouvoir politique""

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Dans "Télérama" : "Réforme de l'orthographe : “Les langues appartiennent à ceux qui les parlent !”" avec Louis-Jean Calvet

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Dans "Libération" avec Fabrice Jejcic : "Notre orthographe si compliquée ? «C’est un choix politique»"

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"La réforme de l’orthographe : un enjeu national ?" (France Culture) 18 Fév 2016 14:26 #15931

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18 février 2016

Sur "France Culture" : www.franceculture.fr/emissions/la-grande...he-un-enjeu-national

Et aussi : "Pour ou contre la réforme de l'orthographe ?" avec Jean-Rémy Girard et Pierre Encrevé

Dans "Le Monde", Cécile Ladjali : "Oublier l’histoire des mots, c’est renoncer à nous-mêmes".

Dans "L'Express" : "Polémique sur l'orthographe: Najat Vallaud-Belkacem s'en prend à ses prédécesseurs de droite"

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Ce n'est pas comme si le MEN version PS avait supprimé, en catimini, le Capes de lettres classiques en 2013… :santa:
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"La réforme de l’orthographe : un enjeu national ?" (France Culture) 19 Fév 2016 14:52 #15939

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Pour mémoire : un député d'opposition a été sanctionné d'un retrait de salaire pour n'avoir pas pratiqué la politique linguistique décidée par la majorité de gauche, et avoir dit "Madame le ministre".

A partir de là, quoi d'étonnant ?
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"Réforme ou rectification de l’orthographe ? Le point sur la question" (Chantal Contant) 24 Fév 2016 14:59 #15978

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22 février

"The Conversation" : "Réforme ou rectification de l’orthographe ? Le point sur la question"

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25 février 2016

Dans "La Fabrique de l'Histoire" ("France Culture") : "Débat historiographique : « Réformer l’orthographe : toute une histoire »"
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"Réforme de l'orthographe : les journalistes sont-ils pro-circonflexe ?" 28 Fév 2016 13:11 #16004

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27 février 2016

"Secret des sources" du "France Culture" : "Réforme de l'orthographe : les journalistes sont-ils pro-circonflexe ?"
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"Demin dè l'obe..." 28 Fév 2016 22:00 #16006

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Je me pose une simple question : si les enseignants doivent utiliser et faire apprendre les nouvelles graphies, quel va être le statut de la "faute d'orthographe" sur les mots rectifiés ? Une application rigide semble bien difficile... Un élève n'a pas les mêmes enseignants dans toute sa scolarité, il sera confronté à des "anciens" et des "modernes"; ces propres parents seront peut-être attachés aux anciens usages; lisant des livres il verra souvent les anciennes graphies et l'on sait à quel point l'orthographe est souvent affaire de mimétisme. Bref, il semble difficile de lui faire reproche de l'ancienne graphie.

Mais si l'ancienne graphie est conservée, on n'a rien simplifié, on n'a que complexifié... apprendre qu'il existe deux orthographes, c'est plus compliqué que d'en apprendre une, me semble-t-il. Et si on dit : "libre choix", alors c'est la fin d'une certaine idée de la norme linguistique (déjà bien mise à mal à vrai dire). Après-tout si "nénufar" est plus logique, régulier, simple, moderne, swag que "nénuphar", pourquoi pas "fare" (pour phare) ?

Il me semble donc que l'incertitude est la pire des solutions. Quitte à proposer les nouveaux usages, il faut les imposer avec plus de forces que ce que l'on fait en ne cessant d'osciller entre contrainte et tolérance. Mais comme la contrainte est difficile à tenir, alors... c'est une mauvaise réforme.

Mais pendant qu'on parle de ça, on ne parle pas d'autre chose.
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"La guerre de l’orthographe n’aura pas lieu" (Jean-Marie Rouart) 01 Mar 2016 21:11 #16018

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1er mars 2016

Jean-Marie Rouard, académicien, dans "Paris match" : "La guerre de l’orthographe n’aura pas lieu"

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