"Numérique à l'école : une stratégie sans tactique ?" (EducPros)

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23 Déc 2013 11:23 - 26 Oct 2014 09:57 #8922 par Loys
A lire sur "Educpros" cette chronique d'Emmanuel Davidenkoff : "Numérique à l'école : une stratégie sans tactique ?" (23/12/13)


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23 Déc 2013 13:42 - 23 Déc 2013 13:51 #8924 par Loys

"Numérique à l'école : une stratégie sans tactique ?"
Officiellement, le numérique à l'école est une priorité. Mais sur le terrain, les bonnes volontés se heurtent parfois à l'indifférence voire à l'hostilité de la hiérarchie intermédiaire.

Il faut toujours un coupable et ça ne peut pas être le Ministre ou les enseignants innovants. :doc:

L'Education nationale a donc une "stratégie numérique". Portée par un discours politique ministériel, soutenue par des déclinaisons académiques. Mais a-t-elle une tactique pour en faire une réalité sur le terrain ? A entendre quelques échanges informels qui ont eu lieu la semaine dernière à Cenon (Gironde) en marge des Boussoles du numérique, on peut en douter. Ici, le coût d'une ligne haut débit reste inaccessible à un collège.

Et ça par exemple, c'est la faute de la "hiérarchie intermédiaire" et de son "indifférence" voire de son "hostilité", bien sûr. :santa:

Là, un inspecteur de l'Education nationale se fait prier pour signer des ordres de mission.

Alors que le numérique ne demande aucun examen : dans la connexion, tout est bon.

Ailleurs un chef d'établissement décourage les initiatives de ses enseignants.

Quelles initiatives ? On ne le saura pas.

Ailleurs encore, une guerre picrocholine entre autorités académiques et élus vitrifie l'élaboration de tout projet conjoint.

Il faut dire que le pilotage est quelque peu problématique puisque les élus n'ont aucune espèce de connaissance des vrais besoins de l'enseignement. L'équipement en tablettes ou en TNI par exemple sert surtout à faire briller la politique d'une collectivité locale.

Par tous ses pores, la machine Éducation nationale...

Quitte à faire une métaphore, autant la filer. Une "machine" a des ports USB par exemple, mais guère de "pores". :mrgreen:

... tente d'expulser des évolutions dont elle sait qu'elles constituent une révolution qui ne dit pas son nom : le fonctionnement coopératif versus la compétition "méritocratique" ;

Emmanuel Davidenkoff est en grande forme. :santa:
Où de nouveau les fadaises technologiques rejoignent les fadaises pédagogiques.

... la reconnaissance d'une possible évaluation par les pairs versus la sacrosainte "note" d'essence divine tombant de l'estrade ;

Car une estrade, c'est le ciel et le maître, c'est Dieu. :papy:
On va donc vers une évaluation "par les pairs" : quelle heureuse perspective, quoique encore un peu floue. :cheers:

...un temps éducatif augmenté...

Le langage publicitaire des grands groupes technologiques a contaminé Emmanuel Davidenkoff !

... versus des horaires confinés aux strictes "obligations de service" ;

C'est lamentable, ces statuts qui protègent les enseignants. Au moins on sait ce que pense Emmanuel Davidenkoff à ce sujet.

...la reconnaissance explicite des compétences versus la seule référence aux connaissances ;

Bien sûr, car l'école n'a jamais reconnu que les connaissances. :santa:

...la porosité des frontières entre collectivités et État versus la séparation qui cantonne les premières aux basses œuvres du bâti pour laisser aux secondes la noblesse des contenus et des programmes ;

Oui, vivent les contenus et les programmes définis par les conseils départementaux ! :cheers:

... le dialogue obligé avec le secteur privé versus le dédain pour les "marchands du Temple"...

Encore une grâce de la révolution numérique (même si c'est oublier jusqu'à l'existence du logiciel libre mais peu importe). Il est vrai que M. Davidenkoff est quasiment le VRP des grands groupes technologiques dans la presse.

La révolution numérique est évidemment et avant tout une révolution pédagogique...

Bien sûr. Internet, conçu uniquement en ce sens, est d'abord mû par le souci d'améliorer l'éducation.

... en aidant les enseignants à individualiser les apprentissages...

Car un écran individualise toujours mieux qu'un maître. :doc:

...elle tente ce que la loi d'orientation de 1989 a raté – mettre l'enfant au cœur du système...

Voilà ce qui nous manquait en effet. La proposition d'Emmanuel Davidenkoff a au moins le mérite d'être claire.
Il faudra quand même qu'il nous dise en quoi cette loi "a raté". :santa:

....articuler les prérogatives abstraites des programmes aux besoins réels des élèves, placer la notion "d'apprentissage" au-dessus de celle "d'enseignement" (learning versus teaching).

Voilà une formule qui est d'une grande limpidité.

Cette révolution du numérique reste portée par des initiatives individuelles

C'est surtout que cette "révolution" n'a encore rien démontré. :devil:

Les cadres dirigeants du système, qui disent soutenir cette révolution, ne peuvent ignorer que les échelons intermédiaires sont loin d'être unanimes à la souhaiter, et très loin d'avoir été préparés à l'accompagner. Tout comme ils ne peuvent ignorer les armes que le système sait mettre en œuvre pour décourager sans jamais s'exposer les initiatives qui le dérangent : procédures tatillonnes, paperasse à n'en pas finir, harcèlement sur les détails formels, absence de réactivité, silence radio (tous maux qui ne touchent pas seulement les projets liés au numérique).

Il faut couper des têtes ! Le numérique doit passer !
Toujours pas d'exemples concrets. Et pas un mot sur le réseau des CARDIE qui est supposé développer ces merveilleuses pratiques. Emmanuel Davidenkoff s'en prendrait-il à un ennemi imaginaire ?

Cette révolution reste donc portée par des initiatives individuelles, des réseaux collaboratifs, la volonté d'un proviseur, le dévouement d'une professeure des écoles, le militantisme d'un inspecteur... Ils rivalisent d'imagination, se serrent les coudes, sourient de se voir et de se savoir chaque jour une minorité plus nombreuse... Jusqu'à quand résisteront-ils au dédain voire aux humiliations infligées par machine ? Subiront-ils le même épuisement que tant d'enseignants d'avant le numérique, amers d'avoir tant donné pour recevoir si peu – d'aide, d'encouragement, de considération ?

En même temps créer un compte Twitter pour une classe, ce n'est pas non plus un acte sacrificiel. :P

Si la stratégie numérique de l'Éducation nationale est autre chose qu'une concession à l'air du temps, la "machine école" doit impérativement et rapidement être mise en ordre de marche.

Jolie formule de conclusion, sans fournir aucune piste. :xx:

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