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Le BYOD ou la promotion du smartphone à l'école
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Et surtout ce qu'en dit... Séverine Erhel, très impartiale sur la question !
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Réaction d'Anne Cordier, "spécialiste de l'éducation numérique" sur "TF1" du 31/04/24 : www.tf1info.fr/education/ecrans-de-la-ma...l-ecole-2297819.html
Vérifions :La fin du téléphone au collège, pas une nouveautéLa ministre de l'Éducation nationale, Nicole Belloubet, l'a encore répété ce mardi matin sur France Inter : elle souhaite imposer "une pause numérique" au collège , à la manière de ce qui se fait avant le Conseil des ministres (avant lequel les membres du gouvernement déposent leur portable). Via une interdiction du téléphone portable au sein de ces établissements ? Aussi bien au primaire qu'au collège, c'est en réalité déjà le cas, depuis 2018. Les élèves sont censés les éteindre et les ranger au moment d'entrer dans l'enceinte scolaire. "Ça, pour le coup, c'est vraiment hyper appliqué", assure Anne Cordier.
Des faits divers rares, mais derrière des utilisations pour se distraire dans la cour, dans les couloirs, en classe, pour téléphoner, photographier, filmer ou frauder à une échelle nouvelle.
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Pour la rentrée 2024, la "pause numérique" s'impose, décidée par le même ministère qui voulait donc numériser l'école : voir sur ce fil .
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Dans sa chronique, Bruno Devauchelle interroge aujourd’hui la politique de l’interdiction dans le champ éducatif, un choix pour lui, « aussi éthique et même philosophique et donc éducatif ». L’autorité de l’adulte peut-elle rendre libre ou l’argument d’autorité est-il « le signe d’un désarroi, probablement momentané » demande-t-il. Une question vive pour l’éducation…
Ce que l’on appelle la prévention est d’abord un pari d’éducation. Malheureusement, depuis plusieurs années, la prévention a laissé de plus en plus souvent la place à la répression, la sanction. Le dernier exemple dans le monde éducatif est celui de l’interdiction pure et simple du téléphone portable dans les collèges (volontaires pour l’instant). Alors que la loi de 2018 avait déjà posé les bases d’un contrôle et de restrictions sévères dans le domaine, l’annonce de cette rentrée montre bien, à la suite des différents rapports et lois récents, la tendance actuelle à la répression, la sanction. Il est vrai que dans le monde scolaire tel qu’il est actuellement, ce mode d’action vient accompagner les questionnements sur l’autorité.
Une mesure qui suscite des réactions
Sont parus récemment nombre d’articles (ce texte de Jean François Cerisier ou encore cet article du journal Le Monde) qui mettent en question l’idée d’interdire le téléphone portable à l’école et au collège , voire sa possibilité. C’est une petite musique qui n’est pas nouvelle, comme on le constate déjà en 2017, alors que le ministre d’alors « affute ses couteaux » pour annoncer le texte de 2018 sur l’interdiction des téléphones portables en milieu scolaire « et de tout autre équipement terminal de communications électroniques ». Une analyse plus large des articles parus dans les médias et les débats qui s’en suivent (en commentaires ou réseaux) met en évidence cette question de l’autorité et l’associe, entre autres aux usages du numérique par les jeunes. Au centre de ce questionnement se trouve l’idée que ce qui se passe « en ligne » n’est pas contrôlé ni contrôlable par les adultes. A cela s’ajoute que les contenus ainsi consultés, partagés, discutés mettent en question l’autorité des adultes. Le monde scolaire se trouve donc en première ligne, dans l’esprit de certains pour agir. Le symbole de l’interdiction « totale » mis en expérimentation à cette rentrée dans 200 établissements confirme ce choix politique, mais aussi éthique et même philosophique et donc éducatif.
L’autorité, une veille histoire
La déploration de l’autorité adulte n’est pas nouvelle. Socrate écrit en 400 avant JC « Nos jeunes aiment le luxe, ont de mauvaises manières, se moquent de l’autorité et n’ont aucun respect pour l’âge. A notre époque, les enfants sont des tyrans ». L’apparition de l’écrit, puis du livre et plus récemment du multimédia (cinéma, internet…) est accompagnée rituellement de ces discours qui visent à pointer les menaces potentielles qui viendraient de l’extérieur de la sphère éducative et qui mettraient en cause l’autorité des adultes. Et pourtant, malgré ces propos, le livre puis le cinéma et déjà les moyens numériques ont pris place dans l’école, avec l’assentiment, voire le soutien (comme pour Territoires Numériques Éducatifs) des responsables politiques. Nous avions déjà signalé le double discours (deux discours de ministres à Poitiers) ou plutôt le discours ambigu face au développement du numérique : il faut en assurer le développement dans la société et l’industrie et en même temps en limiter l’usage. En parallèle de l’interdiction on crée au lycée SNT (pour tous les élèves de seconde filière générale) et NSI (en spécialité de 1ère et de terminale). Ces choix politiques sont un bon reflet des difficultés qu’ont les adultes, parents, éducateurs, à contenir les usages des jeunes alors qu’eux-mêmes en ont fait des « outils du quotidien », personnel et professionnel.
Une autorité qui rend libre ?
Où se situe alors la question de l’autorité ? Bruno Robbes (dès 2011 ), à la suite de Jacques Ardoino, nous aide à comprendre comment ce terme prend des sens différents au fil du temps et des évolutions de la société. L’auteur écrit ainsi : « La crise des finalités que la société assigne à l’école et les modifications du rapport social au savoir provoquent une crise de la transmission des savoirs scolaires. L’enseignant ne peut plus se définir exclusivement comme le détenteur d’un savoir, mais comme celui qui crée les conditions didactiques et pédagogiques permettant à l’élève de s’engager dans l’activité d’apprentissage, d’accéder à un rapport critique et émancipateur au savoir ». Pour les chercheurs, l’autorité ne peut se confondre avec la discipline et la soumission à l’ordre imposé par les adultes. Le développement des pratiques sociales du numérique a été tel et en si peu de temps que le monde scolaire s’est senti menacé. De la même manière les parents, les adultes ont été contraints de prendre la mesure d’une transformation qu’ils ont portée jusque dans la famille. L’adhésion massive des jeunes à ces technologies a été un effet générationnel finalement connu et habituel. Elle a induit cette méfiance qui aujourd’hui par la volonté de limiter, d’encadrer, allant jusqu’à interdire est sur le devant de la scène. L’argument d’autorité ne doit pas nous tromper, il est le signe d’un désarroi, probablement momentané.
Un monde scolaire qui doit s’autoriser
Quelles réponses donner dans le monde scolaire ? Peut-on éduquer en faisant disparaître l’objet d’éducation de l’espace scolaire ? La mise à distance ne suppose-t-elle pas de tenter la recherche d’équilibre plutôt que de vouloir tout contrôler ? Car c’est aussi un des effets produits par la généralisation du numérique que l’émergence d’une société de surveillance, surtout caractéristique des politiques « autoritaires ». Les équipes enseignantes sont aujourd’hui confrontées à la nécessité d’une réflexion collective et d’une prise de responsabilité. La loi de 2018 permettait de « s’autoriser » pour des raisons pédagogiques (on aurait pu ajouter aussi éducatives). Il ne faudrait pas que cette autorisation disparaisse au sein des équipes éducatives, au risque d’abandonner les jeunes à un monde « étranger » à l’univers scolaire. Certains articles signalent la difficulté de mise en oeuvre des interdictions, d’autres renvoient à la responsabilité des équipes. Les téléphones portables ne sont qu’une surface parmi d’autres. Ce qui importe ce n’est pas l’objet mais ce qui en est fait : par ceux qui les utilisent mais aussi par ceux qui diffusent ces contenus. Devant l’inflation d’informations, vraies ou fausses, on ne peut rester sur une position trop facile d’interdiction. L’EMI est devenu indispensable, mais il reste sur le bord de l’établissement, alors que l’urgence est là : le monde informationnel ne se construira que si les jeunes peuvent apprendre à vivre avec, le comprendre, le prendre en main dans un cadre éthique, politique et philosophique clarifié.
Bruno Devauchelle
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Un fait divers médiatique (et peut-être sans rapport) le 10 juin 2025 et les réseaux sociaux doivent désormais être interdits avant quinze ans.
Dans "Le Monde" (abonnés) du 11/06/25 : "Surveillante poignardée à Nogent : les questions soulevées par l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans"
Après la mort d’une assistante d’éducation dans un collège de Haute-Marne, le 10 juin, le gouvernement et le président de la République ont annoncé vouloir instaurer très rapidement une interdiction effective des plateformes aux adolescents. [...]
Les réseaux sociaux ont-ils joué un rôle dans le meurtre de Nogent ?
On l’ignore à ce stade.
Edit : bon, finalement...
Le garçon n’était pas non plus « solitaire », menant une vie seulement virtuelle. « Il utilise peu les réseaux sociaux », a fait savoir le procureur. Mardi soir, quelques heures après les faits, le président de la République, Emmanuel Macron, avait évoqué sa volonté d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans en France si l’Union européenne ne prenait pas une telle mesure avant.
www.lemonde.fr/societe/article/2025/06/1...ne_6612271_3224.html
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Extrait : www.laviemoderne.net/images/forum_pics/2025/20251005_tf1_2.m4v
Où l'on voit l'efficacité de l'interdiction... et finalement, la promotion des smartphones (interdits) par l'école et la télévision.
Dans un article du "Monde" (abonnés) du 11/10/25 sur le temps scolaire :
[Les élèves] dénoncent à ce sujet le discours paradoxal de l’école : comme l’emploi du temps, les devoirs et parfois même les cours et les manuels sont sur écran, ils y sont « tout le temps ».
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Et le 31/12/25 : "Interdiction des portables au lycée : le gouvernement accélère sur une mesure à la faisabilité contestée"
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Alors que les effets de la surconsommation d’écrans sur la capacité d’attention et de concentration des jeunes et sur la construction de leur esprit critique sont largement établis, la régulation de l’utilisation des écrans durant le temps scolaire répond à des enjeux sanitaires, cognitifs, sociaux et civiques pour les adolescents.
Il est indispensable de garantir que le temps de l’École soit avant tout le temps des apprentissages et de la sociabilisation des élèves. Fidèle à sa mission d’émancipation par le savoir, l’École doit instruire les élèves dans un cadre serein, lequel est favorisé par la non-utilisation des téléphones portables et autres objets connectés. Permettre aux élèves de suivre une scolarité sans téléphone participe de l’amélioration du climat scolaire, réduit les risques de cyberharcèlement et d’exposition à des contenus violents, et favorise la concentration et la qualité des apprentissages, ainsi que la vie collective des élèves.
1. Étendre l’interdiction de l’utilisation du téléphone portable et des autres objets connectés au lycée pour une scolarité sans téléphone
L’article L. 511-5 du Code de l’éducation pose le principe de l’interdiction de l’utilisation du téléphone portable ou de tout autre équipement terminal de communications électroniques par un élève, sauf exception pour un usage médical ou dérogation exceptionnelle prévue par le règlement intérieur, dans les écoles et les collèges.
Dans les lycées, la loi offre d’ores et déjà la faculté pour les établissements de prévoir dans le règlement intérieur l’interdiction de l’utilisation du téléphone portable et des autres objets connectés dans tout ou partie de l’enceinte de l’établissement et pendant les activités scolaires se déroulant à l’extérieur de celle-ci.
Dans la perspective de l’adoption définitive de la proposition de loi visant à étendre aux lycées le principe de l’interdiction de l’utilisation du téléphone portable et des objets connectés en vigueur dans les écoles et les collèges, susceptible d’intervenir d’ici la rentrée, la présente circulaire vise à en faciliter la mise en œuvre dès la rentrée scolaire 2026.
Dès à présent, les lycées sont invités à se préparer à l’interdiction de l’utilisation du téléphone portable et des autres objets connectés par les élèves. L’extension de ce principe au lycée constitue une clarification et une harmonisation de la règle appliquée à l’école et au collège, garantissant une continuité dans le comportement attendu des élèves vis-à-vis de leur téléphone tout au long de leur scolarité.
Ce processus s’inscrit dans la continuité de la réflexion engagée par les établissements et conduite au sein des instances de démocratie scolaire afin de mobiliser les élèves sur la place du numérique, notamment du téléphone portable, au cours de l’année scolaire 2025-2026, conformément à la circulaire du 10 juillet 2025 visant à promouvoir un numérique raisonné à l’École.
2. Modalités de mise en œuvre de l’interdiction de l’utilisation du téléphone portable et des autres objets connectés au lycée
L’inscription du principe d’interdiction de l’utilisation du téléphone portable et des autres objets connectés au lycée a vocation à figurer dans la loi actuellement en cours de discussion ou, à défaut d’adoption de celle-ci avant la rentrée, dans le règlement intérieur de l’établissement. Il appartient aux établissements d’assurer un cadre propice aux apprentissages tout en prévoyant, dans le cadre de leur autonomie, les dérogations nécessaires pour répondre aux réalités locales. Ainsi, des dérogations limitatives peuvent être prévues pour permettre des usages pédagogiques ou s’adapter à certaines nécessités administratives ou organisationnelles telles que le fonctionnement du centre de documentation et d’information, du service de restauration ou d’hébergement. Un régime spécifique peut également être mis en place pour les étudiants suivant leur formation au sein d’un lycée afin de tenir compte de la différence de situation entre les étudiants et les lycéens.
L’inscription de ces dispositions dans le règlement intérieur ne peut intervenir qu’à la suite d’un dialogue avec les membres de la communauté éducative, notamment les élèves via le conseil des délégués pour la vie lycéenne (CVL), dont la consultation est obligatoire avant la réunion du conseil d’administration. En outre, les délibérations du conseil d’administration devant être transmises à l’autorité académique en application de l’article R. 421-55 du Code de l’éducation, une attention de la part des services académiques est demandée dans le cadre du contrôle de légalité de ces textes.
Afin d’accompagner au mieux les équipes éducatives dans la mise en œuvre de l’interdiction de l’utilisation des téléphones portables au lycée, un vadémécum est accessible sur Éduscol.
Le ministre de l’Éducation nationale,
Édouard Geffray
Il y a même un vademecum .
Dans le "Café pédagogique" du 6/07/26, coup de colère amusant de Bruno Devauchelle : "Un BO avant une loi : interdire le téléphone portable au lycée"
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